Accueil » Articles » Un autre regard sur l'économie, par André-Jacques Holbecq

08 - Les évolutions génératrices de la crise

Les évolutions technologiques : les machines peuvent remplacer l’homme.

Si une production de 1000 € a été faite pour 800 € par des hommes et pour 200 € par des machines, cette production n’a distribué au maximum que 800 € de pouvoir d’achat.
Mais avec 800 € on ne peut acheter la production que pour 800 € et non pas pour 1000 € car les machines n’ont pas de pouvoir d’achat. Le manque de pouvoir d’achat entraîne donc la chute des prix, ce qui oblige encore à accroître la rentabilité donc à remplacer des hommes par des machines.
C’est une spirale sans fin. De plus, pour maintenir les cours, il y a parfois destruction des surplus dans un monde qui a faim.

Les évolutions commerciales : le libre-échange est sans régulation.

Dans ce cas c’est une concurrence sauvage qui impose une recherche effrénée de rentabilité.
L’écoulement des biens et des capitaux est fluidifié par la suppression des frontières et ainsi il n’y a plus de coupe-feu. Les salaires de misère pratiqués en Extrême-Orient tirent les prix vers le bas et motivent les délocalisations.
Les prix baissent, les revenus diminuent, le chômage et l’exclusion s’amplifient.

Les évolutions financières : les taux de change flottants induisent la spéculation.

L’argent est maintenant une marchandise qui se vend et s’achète !
Les taux de change sont déterminés par les flux financiers internationaux (environ 1.000 milliards d'euros par jour), 50 fois supérieurs aux échanges commerciaux qui ne représentent que 2 %.
Le rôle régulateur des marchés est devenu un mythe. L’argent ainsi « gagné » par des jeux financiers spéculatifs et improductifs vient enrichir la sphère financière et il est soustrait au monde économique des échanges.

Les évolutions monétaires

Les États ont abdiqué leur droit de créer leur monnaie ; ils empruntent au « marché » pour financer leurs déficits.
Ainsi, tout développement économique avec accroissement de richesses réelles se traduit par une augmentation des dettes, donc une augmentation des intérêts à payer. Les impôts ne peuvent qu’augmenter alors que les gains de productivité devraient les faire diminuer, et de plus ils sont alourdis encore plus par le "remboursement" de la dette sociale.

Les conséquences de chacune de ces quatre évolutions majeures conduisent à une diminution régulière du pouvoir d’achat distribué.
La résultante conduit à la situation suivante : des porte-monnaie vides devant des magasins pleins.
• En continuant à ne rechercher que la rentabilité immédiate, le système économique génère la misère dans l’abondance.

Le problème est d’ordre monétaire
• Il y a chômage parce qu’il y a pénurie de monnaie et insuffisance de pouvoir d’achat.
Toutes les mesures prises pour aider l’emploi ont été sans effet autrement qu’à la marge ; elles n‘ont pas pris en compte l’aspect monétaire neutralisé dans les théories économiques libérales (voile de la monnaie) et elles n’ont eu pour but que d’aider la production, comme si nous étions encore en période de pénurie.

Article publié le 19/08/2004

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