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Aujourd'hui
Raphaël a 61 ans.
Sur son terrain, il a construit une hutte : les murs sont élaborés
par lassemblage de bottes de paille recouverts de chaux. Le toit
est constitué de brandes, un assemblage de brindilles destiné
habituellement à lédification de clôtures. Le
sol est également fait à base de chaux, car le béton
coupe la connexion avec les énergies de la terre.
Il lui aura fallut 3 mois pour cette construction.
A deux pas de la hutte, Raphaël a monté une
yourte, telle que lon peut en trouver en Mongolie. Avec
un ami il lui a fallu 3 jours pour linstaller car lun et lautre
ny connaissaient rien. Cependant, Raphaël affirme quune
seule journée est nécessaire pour ceux qui savent sy
prendre. La sienne a coûté 3800 euros. Cependant, il nous
a avoué que lon pouvait trouver une yourte pour beaucoup
moins cher. Par exemple en passant par lambassade de Mongolie, ou
par internet, on pouvait sen procurer une pour 2300 euros.
A lépoque, la yourte était le seul habitat qui convenait
à son budget. Il a découvert ce type dhabitation en
lisant un article de journal, il a trouvé le principe très
intéressant. Il était également intéressé
par la forme circulaire quil trouve plus harmonieuse. Sous la yourte
est disposé un plancher qui comporte plusieurs avantages : il évite
la remonté dhumidité de la terre, présente
une certaine souplesse.
Il utilise la hutte comme habitation et la yourte comme dojo et salle
de méditation.
Pour la plupart des matériaux, il na
pratiquement rien payé : ce sont les amis, voisins et autres qui
lui ont amenés ou indiqués les matériaux dont il
avait besoin, qui provenaient dun peu partout. Pour lui, "lorsque
lon accomplit ce qui doit être, tout vient à nous,
cela se fait tout seul."
Il y a deux ans, il a subit un procès pour coupe de pins non-autorisée
et construction illégale. On lui a demandé de payer une
amende de 1200 euros. Il échappa à son paiement grâce
à lamnistie présidentielle. Une aide précieuse
lui a été apporté dans la constitution de son dossier
de défense, qui fut monté avec la collaboration de lassociation
« Vivre en montagne » (Brigitte Hart à Biert, 09).
Pour choisir lemplacement, les dimensions
des deux constructions ainsi que diverses autres choses, il utilise un
pendule. Souvent ce quindique cet instrument ne correspond pas exactement
à ce quil souhaiterait, mais avec le recul il réalise
que ce fut toujours le meilleur choix.
Il a aussi cherché à savoir sil y avait de leau
sous le sol de sa propriété. Pour ce faire, il a déplacé
le pendule au-dessus de la carte du terrain en posant la question. Linstrument
a indiqué un endroit précis, qui fut ensuite confirmé
par un radiesthésiste et un sourcier. Il a donc creusé et
il a trouvé la source. Il utilise cette eau pour boire.
Il a élaboré un autre système pour collecter leau
de pluie. Un bassin a été aménagé sous la
yourte pour collecter leau argileuse qui ruisselle naturellement
car il habite à flanc de montagne. Étrangement, même
en août 2003, durant la forte canicule, le bassin fut toujours remplit
de manière suffisante. Celui-ci nest fait que de manière
naturelle, sans plastique ni béton, simplement à base dargile,
de sable de briques pilée et de chaux.
Il utilise cette eau principalement pour sa douche solaire. Cette dernière
est formée dun tube noir contenant leau qui est chauffé
par les rayons du soleil. Linconvénient est l'épuisement
trop rapide de leau chaude ; de plus en hiver le système
ne fonctionne pas, le soleil nétant pas assez présent.
Au départ, il avait utilisé des panneaux solaires pour sa
consommation électrique, mais le résultat fut insuffisant.
Selon lui, il navait pas assez de panneaux pour assurer toutes ses
dépenses énergétiques. Il a donc abandonné
ce système. Pour information, il en coûte 900 euros pour
se raccorder à EDF, ce qui est trop cher pour lui.
Sinon il se chauffe au feu de bois aussi bien dans la hutte que dans la
yourte.
Raphaël a aussi mis en place des toilettes
sèches avec de la sciure. Tous les 6 mois, il les vide
en sen servant comme compost.
Ce compost est recyclé dans son potager, quil ne cultive
pas tous les ans. Raphaël na pas vraiment de règles
ni dobligations.
Pour la disposition de tous les éléments : terrasse, mobilier,
plantes
Raphaël se sert de ses connaissances en Feng Shui.
Pour sapprovisionner, il va faire ses courses à St Giron
à ½ heure en voiture. De même pour la lessive, il
se rend dans une laverie.
Il nutilise pas de produits chimiques pour la vaisselle, etc
sauf à de rares occasions.
Ses sources de revenus sont principalement le RMI,
ainsi que des séances telles que du shiatsu données ici
et là.
Le projet quil est en train de mettre en place, et qui lui donne
droit au RMI, est la création dune association qui se nomme
«Bouddha Nature» qui aura pour objectif de proposer divers
services : Shiatsu, Feng Shui, méditation Zen, alimentation macrobiotique
Il veut développer un site Internet où sera présenté
ce quil offre avec les tarifs et tous les détails.
Avec ses voisins, Raphaël a de bonnes relations. Il échange
des services (des séances de Shiatsu) contre dautres services.
Cependant il sent parfois quil ne doit pas continuer. Il travaille
beaucoup en tenant compte de son intuition.
Raphaël se déplace en 4x4 et fait le
plein en stations services, mais il envisage lutilisation de carburant
alternatif.
Bien quayant 61 ans, il jouit dune très bonne santé.
En 30 ans, il na jamais rendu visite à un médecin,
ni pris de médicaments. Selon lui, il doit sa très bonne
santé à son alimentation macrobiotique basée sur
le Yin et le Yang, végétarienne, sans lait, rarement des
ufs et du poisson, ainsi quà la pratique du Taï
Chi et de la méditation.
Il na renoncé à rien, il dit
plutôt avoir transcendé certaines choses. Quand il na
plus besoin dune chose, il la laisse ; mais il ny a pas de
renoncement. Il ne pourrait plus vivre en ville, il se sentirait comme
un poisson dans un bocal. La nature le «nourrit».
Bien quayant mené et menant toujours certains projets, il
insiste bien sur le fait quil ne se projette pas dans le futur,
il dit vivre pleinement linstant présent.
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