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Epistémologie économique
Changer les paradigmes de l'économie

Epistémologie économique
Réflexion inspiré d’une publication de Daniel Favre et Philippe Foucou (symposium écrit, 9° livraison, août 1995, Institut de la Méthode, Bienne – CH)

Qu’est ce que l’épistémologie ?

La définition d’Eric Schwarz est la suivante : « L’épistémologie étudie les méthodes, les outils, les présupposés de la science, le non-dit, ce qui va de soi, ce que tout le monde fait sans se poser de question, bref, ce qu’on tient pour vrai »

Les problèmes économiques : problèmes d'économie ou problèmes d'épistémologie ?

Les médecins et les physiologistes qui ont refusé collectivement pendant plus de 100 ans la théorie d'Harvey sur la circulation sanguine présentaient-ils tous un déficit intellectuel majeur pendant toute cette période ?. … non, évidemment pas . Seulement, un changement de paradigme nécessite le plus souvent de surmonter des obstacles épistémologiques qui désignent « des représentations induites en particulier par les expériences premières que nous avons associé à un concept » (Bachelard). Cette notion d'obstacle permet de comprendre les raisons de l’exemple de la circulation sanguine. Face à un changement de paradigme, les partisans d’un ancien paradigme ne sont pas sensibles aux caractéristiques d’un nouveau ni aux démonstrations qui réfutent l'ancien.

Les effets des dysfonctionnements économiques actuels, qui contribuent à plonger notre société dans le désarroi, ont autant une origine épistémologique qu’économique, car les applications du dogme des théories économiques actuelles sont toutes fondées sur la gestion des ressources rares (Voir l'article : Pénurie et abondance ) .

Ce paradigme actuel nous propose quatre choix pour assurer notre « perdition »

soit par l’augmentation sans fin du chômage
soit par l’augmentation de l’inflation
soit par l’augmentation du déficit budgétaire
soit par l’augmentation du déficit extérieur.
… la guerre étant la seule solution trouvée à ce jour pour permettre à l’économie de dépasser ces contradictions

Or, le concept de la monnaie a évolué et s’est transformé au cours des siècles, des coquillages à l’or, pour aboutir à une totale dématérialisation (depuis 1978) qui a pour conséquence qu’aucune monnaie n’a de contrepartie en matières précieuses ou rares.

Or, si une collectivité a :
1 – un besoin,
2 – la volonté de le satisfaire,
3 – les moyens techniques et énergétiques,
4 – un excès de main d’œuvre et le savoir-faire,
… pourquoi ne peut-elle réaliser ce besoin par faute de financement ?

L’obstacle épistémologique est le suivant...

La monnaie reste conçue comme une réalité matérielle (précieuse) de quantité finie donc rare et épuisable, alors qu’elle ne l’est plus puisqu’elle est dématérialisée et qu’un nouveau paradigme devrait pouvoir être assimilé. Ce nouveau paradigme, c’est celui dans lequel :

  1. Aucune loi physique n’empêche un Etat, une Banque Centrale ou de second rang de créer toute la monnaie nécessaire. Ne pas le faire est la conséquence d’actes volontaires, de lois humaines.
  2. Contrairement à l’ancienne prémisse (ressources rares), le nouveau est : comment écouler nos surplus pour mieux satisfaire nos désirs et nos besoins dans le respect de l’écologie planétaire ( abondance permise par le progrès technologique).
    La création monétaire peut être ajustée de telle manière à ce que l’ensemble du pouvoir d’achat soit équivalent à l’ensemble des productions susceptibles d’être vendues, et ceci en fonction de trois paramètres :
       a) le potentiel de production
       b) les désirs d’achat
       c) les conséquences écologiques
  3. L’équilibre des balances commerciales est à prendre en compte car il ne faut ni affaiblir les autres pays qui sont nos clients potentiels, ni s’affaiblir, pour éviter le risque de dépendance.
  4. Le déficit budgétaire est signe que les créations monétaires relatives aux échanges économiques possibles à l’intérieur du pays sont insuffisantes

Faut-il attendre que les responsables inventent de nouveaux paradigmes ?
Non, il faut agir nous-mêmes ! Nous essayons, pour notre part, sur le site "societalism"


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