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Conseil de lecture
Auto-construire
Construire soi-même sa maison permet de réduire les coûts dans des proportions importantes, les
matériaux ne représentant que 20 à 30% du coût
d'une maison. Si vous pratiquez la récupération et le travail
manuel, il est possible de construire un logement de 33 m² pour 400
euros, et il n'y a pas d'erreur, comme le montre l'exemple du Collectif
Habitat d'Urgence Totale de Montpellier.
Alors, ne vaut-il pas mieux passer 6 mois à construire plutôt
que 20 ans à travailler pour rembourser la banque ? Des matériaux
économiques et écologiques comme la terre, la paille ou
les rondins de bois empilés, permettent de réaliser de belles
maisons saines et confortables et leur mise en oeuvre ne demande pas de
grande technicité.
Etre auto-constructeur est à la portée de tous. Il existe
des livres, des stages, des artisans qui peuvent aider à franchir
le pas psychologique et à nous rendre autonome. On peut se jeter
à l'eau ou bien prendre son temps. On peut prendre le risque de
se renseigner au fur et à mesure ou commencer par participer à
des chantiers chez des amis pour se faire la main et prendre de l'assurance,
et puis inviter ensuite ces mêmes amis pour son propre chantier.
Des associations d'autoconstructeurs mettent ainsi en relation les personnes
qui souhaitent échanger des coups de mains et des conseils. Elles
organisent des réunions pour visiter en groupe des habitations
autoconstruites, rassembler et négocier les commandes de matériaux,
aider à dessiner des plans, mettre en commun les recherches de
terrains, etc... Certaines d'entre-elles regroupent un nombre étonnant
de participants, ce qui incite à penser qu'il pourrait en exister
beaucoup d'autres un peu partout dans notre pays. Mais ces associations
sont encore rares et certaines n'ont pas de vrai souci écologique,
même si toutes se penchent petit à petit sur les solutions
alternatives, ce qui est logique vu leur recherche permanente de la qualité
à moindre coût.
Les Castors, dont plusieurs délégations existent en France,
sont des groupes associés dans un mouvement déjà
ancien, issu de la solidarité ouvrière. Ils proposent aux
autoconstructeurs une assurance pour leur chantier, ce qui est capital,
surtout si l'on reçoit des coups de main bénévoles.
Ils regroupent les commandes et négocient les meilleurs prix. Ils
acceptent de donner des conseils sur les projets privés et même
de venir sur le site d'un chantier pour initier une phase de travaux et
s'assurer que tout va bien. Ils sont bénévoles et leur disponibilité
sera limitée, mais leur expérience est grande et ils peuvent
enseigner beaucoup en peu de temps.
Selon l'excellent et beau livre "Eco-Logis", chez Könneman, les économies en autoconstruction varient selon le type de travaux. La pose d'un escalier, de portes ou d'un chauffage central par un professionnel ne coûtent pas grand chose en plus de matériel et apportera la garantie d'un travail bien fait. De même pour la construction des murs. Concernant la pose de fenêtres, des sols, des sanitaires et des carrelages, le travail d'un professionnel n'excède pas 20 à 30% de surcoût. Par contre, pour la pose de la couverture, de l'isolation, celle de l'électricité ou le montage des cloisons, l'autoconstruction représente une réduction de moitié du budget de ces postes. Ce sont les travaux de décoration qui sont les plus intéressants à prendre en charge, 80% de frais en moins.
- Construire en terre : aujourd'hui, les maisons en terre crue abritent encore un tiers de la population mondiale. La construction en terre respecte les terres agricoles, évite de provoquer des problèmes d'environnement par l'extraction des sables de rivière, utilise beaucoup moins d'eau. Elle permet de construire des logements sains et d'assurer un langage architectural créatif, chaleureux et spécifique aux particularismes culturels.
- Construire en fibres végétales : la paille est un matériau de construction économique. On utilisait autrefois ses excellentes qualités isolantes en la mélangeant à de la terre pour monter les murs. Elle est aujourd'hui utilisée sous forme de bottes rectangulaires, assemblées comme des briques géantes avec un liant à la chaux.
- Construire en bois : le bois est un matériau de construction
vivant et très naturel. Mais son aspect «naturel» peut
dissimuler de nombreuses substances toxiques invisibles, que ce soient les
produits de traitement contre les insectes et les champignons ou les colles
utilisées pour les assemblages ou dans les agglomérés.
Il est arrivé que des maisons de bois aient dû être évacuées,
à la suite de traitements toxiques provoquant des séquelles
importantes chez leurs habitants.
La plupart des meubles industriels sont fabriqués avec des bois agglomérés camouflés qui dégagent du formol toxique. Préférez des meubles en bois massif avec des essences de bois de nos pays, boycottez les bois exotiques qui sont volés dans les pays du tiers monde en expulsant les populations locales.
