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Bien ventiler son habitation

Depuis quelques décennies, les multiples campagnes d'incitation aux économies d'énergie ont conduit à une réduction générale du taux de ventilation dans l'habitat, au profit d'une isolation thermique parfois poussée à l'extrême et utilisant bien souvent des matériaux imperméables à l'air et à la vapeur d'eau. Problèmes d'humidité, développement de moisissures, de bactéries, concentrations des polluants (souvent issus des matériaux en question)... sont les conséquences de l'étanchéification de la maison. La ventilation ne sert donc pas seulement à renouveler l'oxygène de l'habitat. Bien ventiler, c'est aussi éviter certains désagréments de santé (pathologies respiratoires, ORL) pour cause d'humidité excessive, ou autres maux de tête, fatigue, etc... dus aux composés organiques volatils. Ventilation et isolation, voilà deux impératifs a priori contradictoires qu'il faut concilier.

Une ventilation adaptée

Comme souvent dans l'habitat, un choix avantageux d'un coté devient problématique de l'autre et la meilleure solution réside en un compromis savamment étudié. Bien isoler ou bien ventiler ? La question ne peut se trancher simplement.
En effet, les besoins en terme de ventilation varient selon les situations. Ainsi, une maison dont les parois intérieures sont imperméables devra être pourvue d'une bonne ventilation pour éviter les problèmes d'humidité. Si, de plus, elle est constituée de matériaux occasionnant une pollution atmosphérique importante, le renouvellement de l'air devra être encore plus rapide. A l'opposé, une maison composée de matériaux plus sains ayant des murs qui laissent transiter la vapeur d'eau ne nécessitera pas une installation aussi performante.

Ventilation et déperdition

N'importe quelle maison subit des déperditions de chaleur. Le toit, le murs, les portes, les fenêtres sont autant d'éléments qui laissent s'échapper une partie de la chaleur à l'extérieur. La ventilation, elle aussi, est responsable d'une partie de ces pertes (rarement plus de 20% de la déperdition totale toutefois). Il est donc indispensable de mettre en place une isolation de qualité afin de minimiser la déperdition globale de chaleur sans sacrifier la ventilation. Cela passe par quelques mesures simples :
• s'assurer de la qualité des finitions aux niveaux des liaisons entre menuiseries et murs, mur et plafonds, etc. ;
• adopter si possible une isolation extérieure qui limite les ponts thermiques ;
• accorder une attention toute particulière à l'isolation de la toiture.

La ventilation naturelle

Utilisée depuis toujours, elle est l'art de créer des courants d'air dans le logement pour renouveler l'air à l'intérieur. Elle peut être assurée par la pose de bouches d'entrée d'air dans les pièces de séjour et de bouches de sortie dans les pièces plus humide (WC, salle de bains, cuisine). Contrairement à la VMC (ventilation mécanique contrôlée), elle ne nécessite qu'un faible investissement et ne consomme aucune énergie.
Technique à la fois fort simple et très efficace, l'aération d'une pièce par simple ouverture d'une ou plusieurs fenêtre(s) est souvent suffisante pour renouveler l'air dans une maison. Il est préférable en hiver d'ouvrir toutes les fenêtres en grand pendant dix minutes plutôt que de les laisser entrouvertes plus longtemps. Ainsi, chaque pièces sera efficacement aérée sans que les murs n'aient le temps de se refroidir. Une fois l'opération terminée, les murs réchaufferont l'air de la maison.

Source :

  • Les clés de la maison écologique, Oikos, Terre Vivante