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Conseil de lecture
Ecovillage : un rêve à bâtir
L'objectif d'un écovillage est de
réunir en un même lieu tous les équipements nécessaires
à une vie en harmonie avec la nature et les voisins.
Outre la construction écologique, les initiateurs d'écovillages
tentent de rassembler des services et moyens à partager en commun.
De cette façon, les investissements sont rentabilisés sur
plusieurs habitations et il est possible de faire vivre des petits villages
agréables, économes, confortables et respectueux de l'environnement.
Une grande serre, un potager géant labouré en traction animale,
un verger bien entretenu, quelques animaux soignés par les enfants,
des poules, un four à pain pour les gâteaux, rôtis
et pizzas, quelques marmites géantes. Alors produire en commun
son alimentation devient l'occasion permanente d'une grande convivialité.
Échanger des livres, des jeux de société, des disques,
des services, des petites fabrications individuelles, des coups de main
sur les chantiers de construction. Créer un centre de santé
plus ou moins alternatif, ouvert à la population environnante,
avec sa propre serre de culture des simples et plantes médicinales.
Aménager une petite salle des fêtes pour recevoir. Faire
des enfants et provoquer l'ouverture d'une école à forte
participation parentale. Mettre en commun une camionnette pour le transport
de charges, de matériaux, du bois. Développer le covoiturage,
ouvrir une salle de jeux et de télé communes, trouver des
partenaires aux échecs, au tarot ou au ping-pong, créer
un logement disponible à tous pour les accueils de courte durée,
famille ou autre. Se faire livrer l'épicerie au prix de gros, partager
des abonnements de journaux, des jeux de jardin, des rollers et des vélos,
des boules et des ballons, du matériel de camping et de jardinage,
un atelier de menuiserie ou de mécanique.
Mais aussi, grâce à des financements importants, qui dépassent
les ressources de chaque participant mais deviennent accessibles en commun,
il devient possible de construire une très grande citerne et de
collecter l'eau en grand, d'installer une station d'épuration naturelle
réellement efficace, de creuser et construire une piscine, de faire
poser une grosse éolienne, de produire eau chaude et chauffage
en cogénération, etc.
Vivre en collectivité, s'organiser de façon écologique
et alternative, est un choix plein de potentialités. A dire vrai,
ce sont celles d'une tribu, celles du «on a toujours besoin d'un
plus petit que soi» et de «l'union fait la force», celles
de la puissante complémentarité de tous qui jaillit de l'excellence
de chacun.
Il s'agit bien d'un rêve à mettre en oeuvre mais, on le constate
à chaque fois, c'est un rêve d'humain, un rêve où
je..., un rêve ballotté dans l'océan des contingences,
des obligations, couché sous les rafales de compromis, quelquefois
même échoué sur le récif des incompatibilités
profondes et du désamour insidieux.
Mais un rêve toujours renouvelé, celui de retour à un mode de vie plus conforme à notre nature, la tribu. Cela fait bien 2 ou 300 000 ans que nous avons commencé à délaisser ce type d'organisation sociale, lentement, jusqu'au néolithique. Seuls les régions de forêts tropicales et les déserts ont réussi à abriter quelques groupes humains rassemblés en tribus jusqu'à nos jours. Pourtant, notre carnet d'adresses personnel ne compte habituellement pas plus d'une centaine de personnes, tout compris. C'est assez peu et, dans ces personnes, il y a celles qui nous exaspèrent, celles avec lesquelles nous nous sommes fâchés, celles qui nous sont simplement inutiles et celles que nous ne rencontrons que rarement. Ce tissu relationnel reste donc aujourd'hui, malgré l'abondance moderne de moyens de communication, à peu près le même qu'à l'époque de Tautavel.
