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les personnes agées.


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97 réponses à ce sujet

#1 lynia

lynia
  • Localisation:banlieue parisienne

Posté 24 juillet 2009 - 14:10

Je ne savais pas trop où mettre ce topic,

Question: mes 4 grands-parents étaient merveilleux, humains et aimants. A partir de leur 80-85 ans, une dégénérescence normale du corps est apparu après une globale bonne santé.

Avec leur économie et notre aide, nous avons pu les tenir un maximum à leur domicile avec des assistants. Mais dans leur retraite, ils ont pris leur petite habitude, je dirais que finalement ils voulaient absolument contrôler le seul monde (leur intérieur) sur lequel ils avaient encore une influence pour intellectuellement être stimulé. Et notre enfer a commencé, mes grands-parents profondément bons et humanistes, ouvriers à 8 ou 12 ans sont devenus des teignes envers les infirmières et les aides, il fallait que les serviettes soient pliés comme ceci, une minute de retard n'était pas tolérable...Une valse incessante de personnes renvoyés et la course pour trouver de nouvelles.

A côté tous les soins qu'ils demandaient, les rdv, les prises de médicaments, étaient aussi très prenant.

Finalement nous avons été contraint de mettre mon grand-père en maison de retraite alors qu'il avait toute sa tête. Une belle maison mais dont la majorité des occupants n'avaient plus aucune conscience intellectuelle. comment ne pas devenir fou devant certains qui hurlaient continuellement? Mon grand-père essayait de se rendre utile en faisant des petits bricolages qu'on lui a finalement interdit, et finalement malgré la gym il s'est laissé mourir.

Les "vieux" sont un tabou absolu.

Il y a la solution de faire deux sortes de maison de retraite, des mouroirs et des maisons pour les gens qui ont encore toutes leurs têtes, scandale!!!pourtant on sacrifie bien les gens qui se rendent compte de leur état au profit des autres.

Il y a la solution préconisée par les décroissants où de toute façon les maisons de retraite sont trop chers ou contraire à leurs principes, où les parents habitent avec leurs enfants mais je me vois mal rentrer en guerre contre mes parents, parce qu'ils doivent s'adapter à mon rythme de vie, à mes enfants, à mes travaux. Mes grands-parents bien que n'habitant pas chez nous nous rendaient la vie infernale. Et pourtant aller contre la volonté des gens n'est--il pas favoriser leur perte d'autonomie et donc leur abandon de la vie?

j'ai lu un reportage sur un village dans un pays sub-saharien où au contraire des coutumes, les personnes âgées avaient été regroupés dans leur propre maison pour leur plus grand bonheur, étant plusieurs à pouvoir papoter plutôt que rester seuls dans la maison de leurs enfants. Bien sûr la problématiques des personnes âgés n'est pas totalement la même, vu que là-bas les personnes qui demandaient beaucoup de soins ou diminués intellectuellement ne peuvent pas être maintenu en vie 5 ou 20 ans de plus comme chez nous.

Voilà je voudrais avoir vos réflexions vu c'est un "problème" qui ne peut que grandir.

#2 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

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Posté 24 juillet 2009 - 14:21

Témoignage est la bonne place pour ton témoignage… Lynia.

Quelle est la bonne place pour les "ainés" quand ils deviennent dépendants ou tyraniques?

Si des pédo-psychiatres développent utilement leurs savoirs au service de l'enfance, existe-t-il des spécialistes pour aider les gens à passer la meilleure fin de vie possible?

Ce qu'il me semble c'est que toutes les solutions habituelles montrent leurs limites.
J'avais déjà cité le cas d'un fils de 70 ans qui soignait sa mère de 90 ans, avec un dévouement exemplaire.

#3 christian ardèche

christian ardèche

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Posté 24 juillet 2009 - 15:20

Bonjour,

Merci, lynia, pour ce témoignage. Nous vivons à peu prés la même chose avec mes beaux parents et c'est dur.

Le sujet avait été abordé dans " douces craintes". Mais bien sûr, il n'a pas été épuisé....

C'est sans doute un des sujets les plus importants qu'on puisse soulever, mais pour moi ce n'est pas trop la saison d'internet. Pas assez de temps pour développer, mais je lirai avec attention...

Floyd, le spécialiste de la personne agée, c'est le gériatre, mais il agit généralement au coeur de l'institution...et le travail sur le mental est souvent fait avec l'aide de médicaments. Pas toujours évitables... Qui voudrait se passer d'une anesthésie quand la douleur est trop forte....

#4 nicole sa tribu et sa ménagerie

nicole sa tribu et sa ménagerie

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Posté 24 juillet 2009 - 18:06

Je pense que tout est à inventer.

Dans mon village il y a une maison médicalisée; les parsonnes âgées qui ont des proche dans le villages peuvent garder une certaine autonomie.

Une de mes options; entrer dans un couvent avec un grand jardin (dommage qu'il n'en existe pas de laïques).

#5 sylvie86

sylvie86
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Posté 24 juillet 2009 - 18:56

C'est un sujet plus que préoccupant !!
Bientot ce sera nous les vieux, et dur dur !
Dans les maisons de retraite ou autre accueil, un des problème est la sécurité à tout crin qui empèche toutes ces personnes qui ont un savoir de pratiquer que ce soit en cuisine, bricolage ou autre, on leur interdit tout par sécurité, hygiène, donc se sentir inutile, non reconnu tue le peu de vie (d'envie) qu'ils peuvent avoir .
Quand déjà ils se sentent diminués et qu'ils ne peuvent même pas éplucher les légumes ... à quoi bon vivre, alors, commence le syndrome de glissement ...

#6 christian ardèche

christian ardèche

    Bricoleur autonome

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Posté 25 juillet 2009 - 05:19

Je pense que tout est à inventer.

Une de mes options; entrer dans un couvent avec un grand jardin

Bonjour,

Nicole, un couvent c'est un lieu où vit une communauté..... religieuse.

Un couvent laïque, comme tu le souhaites, c'est probablement un lieu de vie communautaire.

Est-ce que ça peut fonctionner durablement sans règles aussi "fortes" que celles issues de la religion ??

On retrouve le problème du collectif, augmenté de la dépendance, de la maladie et finalement de la mort. La vie quoi....

#7 crepidule

crepidule
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Posté 25 juillet 2009 - 08:18

Bonjour à touTEs,

La vieillesse est-elle un tabou? Je ne le pense pas bien que le sujet soit souvent abordé en ce moment (hier soir sur France Inter, une émission sur les tabous et un long passage sur la vieillesse et la mort).

A mon sens il n'y a pas de tabou de la vieillesse/ mort mais un glissement psycho-social qui c'est produit à ce sujet depuis une trentaine d'année. Comme tant d'autres.

La vieillesse/ mort est devenu comme toute chose une valeur marchande, un segment de marché, bien lucratif pour ceux qui ont investi dedans; Il n'y a qu'à voir les publicités sur ces thèmes.

L'économie de marché a permis, dans le monde industrialisé de se délaisser de nos frayeurs face à la vieillesse/ mort en échange d'argent. Nous sommes maintenant à la deuxième génération de personnes en maison de retraite sous divers prétextes rarement analysés. Le rituel de la recherche d'une place pour nos ascendant à remplacé d'une certaine façon le deuil, diluant celui-ci parfois sur de nombreuses années. Au lieu de créer une rupture (la mort puis le deuil ritualisé) le « marché » à gommé le rite en le remplaçant par des factures qui permettent de se débarrasser du fardeau.
Il faut bien avoir en tête que tout comme le système carcéral, la vieillesse est devenu avec l'assentiment discret de la population un marché juteux. Dans des régions sans grand gisement d'emploi il ne reste que ces « métiers », peu qualifiés mais durables et tant pis si il y a maltraitance. Par exemple ici en centre Bretagne hormis l'agro alimentaire (peu pourvoyeur d'emploi) les seuls emplois sont dans les maisons de retraite, et chez les « fous ».

J'ai travaillé en maison de retraite comme animateur, après avoir accompagné ma grand mère dans les années 1990 dans son long purgatoire en maison de vieux (je ne l'avais pas choisi c'était une décision familiale). La maltraitance y est systématique. Oh pas des violences formelles qui seraient facilement répréhensibles, non simplement plein de petits trucs infantilisant, d'abandons, de manque de temps de la part d'un personnel qui la plupart du temps fait ce « métier » par défaut. J'ai refusé un poste en CDI dans mon village, je ne peut pas adhérer à ce système.

Nos vieux sont devenus des segments de marché avec un tri à l'entrée, institutionnalisé, tenant non pas compte de leurs besoins mais de ce qu'ilLES vont rapporter. Le système est bien bouclé, quantifié selon des critères précis qui donnent une valeur marchande aux personnes (plus illes sont dépendant, plus ils rapportent. Moins longtemps ils restent mieux c'est, permettant un satisfaisant turn over du stock.

Et pourtant, malgré les normes, le nombre impressionnant de textes législatifs, administratifs des règlements divers et variés que de mal être chez nos anciens.
Et pourtant, quel gâchis de savoir faire, de connaissances, de rapports humains. Pour ma part j'ai énormément acquis au contact quotidien avec nos ancienNEs qui sont la dernière génération ayant connu l'autre monde, celui d'avant la mondialisation, du capitalisme outrancier.

Cordialement.

#8 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

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Posté 25 juillet 2009 - 09:07

Merci Crépidule pour ton témoignage,
Animateur en maison de retraite, je ne savais pas que le poste existait jusqu'à ce qu'un copain de mon age y trouve à employer ses talents et sa gentillesse. Tellement bien apprécié qu'il faisait, dit-on, de l'ombre à la directrice.

Bref, grâce à son sens du contact il réalise des sortes d'interviews des anciens. Ils sont ravis de parler de leur vie (mariage, métier, évolution du monde…) et passent ainsi de bons moments. Pas trop longs ni trop fréquents, mais suffisants pour stimuler la mémoire, la parole, le geste aussi.

Une exposition de photos de mariage a pu être montée; loin d'être le triste moment de constater la fuite et les dégats du temps, elle s'est révêlée une activité à part entière, qui a mobilisé les ainés et leurs famille dans un même élan.

#9 christian ardèche

christian ardèche

    Bricoleur autonome

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Posté 25 juillet 2009 - 11:21

Crépidule, ce constat est tout à fait réaliste et attristant.

Mais, comme en témoigne lynia, il y a des moments où on ne peut plus assumer seul le maintient à domicile d'une personne devenue trop dépendante, et parfois il faut bien le dire, insupportable.

Le seul collectif qui existe alors, c'est la maison de retraite, qui pour un prix souvent exorbitant va prendre en charge ce parent qu'on ne peut plus gérer correctement.

Car on peut aussi rentrer dans une logique de maltraitance familiale bien involontaire quand on est maltraité soi même par la personne agée, soit à cause de son caractère aigri, soit du fait de la disponibilité permanente que cette prise en charge suppose.

Il semble que des structures collectives bien organisées permettraient peut-être de s'en sortir un peu mieux. Reste à inventer, à modéliser et à confronter l'institution à ces propres difficultés pour faire des proposions audible par la collectivité qui commence à se trouver bien encombrée....

Bien sûr il s'agit de s'attaquer à un marché "juteux" pour l'instant, mais pour en avoir encore parlé récemment avec la directrice d'un établissement qui sortait d'une réunion importante, les paiements auront sans doute de plus en plus de mal à être assurés dans l'avenir.

Modifié par christian ardèche, 25 juillet 2009 - 11:22 .


#10 Argentaël

Argentaël
  • Localisation:Côtes d'Armor

Posté 25 juillet 2009 - 23:46

J'ai eu la chance d'avoir une grand-maman qui a vécu jusqu'à 99 ans. D'abord chez elle, puis dès le début des années 70 dans le premier petit appartement protégé. Cela faisait longtemps qu'elle demandait d'aller en maison car elle disait avoir de la peine à supporter que des personnes viennent chez elle faire ce qu'elle ne pouvait plus faire elle-même. Papa avait de la peine à accepter cette demande, car pour lui, entrer dans une telle maison c'était le premier pas vers la mort. Puis il l'a inscrite dans la meilleure maison de la région, mais il y avait une longue liste d'attente...
Jusqu'à ce que Grand-Maman chute, soit opérée puis envoyée en convalescence dans une maison de retraite. Or, là-bas, ils ont tellement apprécié ma Grand-Maman, et comme elle s'y plaisait, elle a été acceptée pour un long séjour. Elle y a passé de nombreuses années. La seule chose que j'ai pu reprocher dans les soins donnés est la mauvaise prise en charge de la douleur (articulations, etc.), et de l'oedème aigü du poumon en toute fin de vie (pour finir, soulagé après notre visite sur place, un téléphone à mes parents qui avaient demandé à ce que tout traitement soit arrêté et qui pensaient que les médicaments pour soulager l'OAP allaient prolonger sa fin de vie, et la pression des infirmières envers le médecin). Elle a enfin pu s'en aller le lendemain, paisiblement, avec son fils à ses côtés. La veille toute la famille a pu lui dire au revoir.

J'ai travaillé de nombreuses années auprès de personnes âgées, à l'hôpital, en maison pour personnes âgées, en hôpital psy (courte mission), et par choix, à domicile, dont des appartements protégés. Jusqu'à ce que j'en aie marre de devoir courir d'une personne à l'autre, n'aimant pas bâcler mon travail. J'ai alors demandé à faire des veilles, ce qui me permettait de rester toute la nuit chez une personne. Bien sûr, c'était souvent pour des fins de vie, mais pour moi, ce moment partagé avec la personne et si possible son entourage était précieux.
Ce service étant repris par une autre structure, sans que j'aie été prévenue de suite (plus de travail pendant plusieurs semaines, j'ai été mise au courant par un centre médico-social pour qui j'avais déjà fait plusieurs missions et qui a souhaité que j'en fasse encore deux), j'ai travaillé quelques mois comme intérimaire dans plusieurs milieux. Il faut dire que les missions intérimaires ont souvent lieu dans des structures rencontrant de nombreuses difficultés (gestion du personnel, mesures d'économies, etc.). Or, après deux missions dans des conditions très difficiles, surtout pour les personnes âgées, car trop peu de personnel et de moyens, dans des maisons pour personnes âgées, dont une toute nouvelle, où j'étais seule avec 25 personnes en psycho-gériatrie lourde, dont plusieurs à changer, j'en ai eu plein le dos, au propre et au figuré. J'ai décidé d'arrêter ce travail, en 2001.

En 1999, année où, voulant refaire une formation d'infirmière, j'ai fait 6 mois de préstage au centre hospitalier vaudois, voyant le peu de temps et d'attention consacré au patient (surtout les 3 mois aux urgences de médecine), j'ai décidé de renoncer, et, une nuit de novembre, j'ai écrit mon projet de vie. Un des buts principaux est un lieu intergénérationnel, où des personnes du 3ème et 4ème âge peuvent y venir pour une demi-journée, une journée, un court, moyen ou long séjour, y vivre et participer à la vie du lieu en fonction de leurs envies et possibilités, dans des appartements que j'appelle protégés, où les personnes sont chez elles tout en bénéficiant si nécessaire d'une surveillance, d'une assistance aux actes de la vie courante, de l'aide au ménage et aux repas. Elles ont aussi la possibilité de prendre leur repas avec les autres personnes du lieu.
Si elles nécessitent des soins infirmiers ou médicaux, ils leur seront apportés par des intervenants extérieurs.

Tout au long de ma vie, j'ai eu la chance de rencontrer des personnes âgées qui m'ont énormément apporté et appris. Aujourd'hui, où nombre de familles sont dispersées, où nombre d'enfants n'ont plus ou peu de contact avec leurs aînés, alors que la transmission de savoir-faire et savoir-être est plus que jamais vitale, j'aimerais enfin pouvoir les accueillir. Un tel lieu est important tant pour les familles, afin qu'elles puissent de temps en temps souffler, se ressourcer, que pour les aînés, afin de ne plus dépendre de leurs proches pendant un moment, voir d'autres visages, rencontrer d'autres aînés, et s'ils le souhaitent, les enfants, jeunes et adultes fréquentant le lieu. Un lieu où les aînés peuvent décider de leur emploi du temps, chanter s'ils en ont envie (j'ai connu un animateur d'une maison de retraite qui a interdit à un monsieur de continuer à chanter alors que nombre de pensionnaires appréciaient).

#11 christian ardèche

christian ardèche

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Posté 26 juillet 2009 - 05:31

Bonjour,

Un grand merci pour ce témoignage.

Où en es-tu de cette idée de lieu de vie ?

#12 crepidule

crepidule
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Posté 26 juillet 2009 - 07:48

Crépidule, ce constat est tout à fait réaliste et attristant.

Mais, comme en témoigne lynia, il y a des moments où on ne peut plus assumer seul le maintient à domicile d'une personne devenue trop dépendante, et parfois il faut bien le dire, insupportable.

Le seul collectif qui existe alors, c'est la maison de retraite, qui pour un prix souvent exorbitant va prendre en charge ce parent qu'on ne peut plus gérer correctement.

Car on peut aussi rentrer dans une logique de maltraitance familiale bien involontaire quand on est maltraité soi même par la personne agée, soit à cause de son caractère aigri, soit du fait de la disponibilité permanente que cette prise en charge suppose.

Il semble que des structures collectives bien organisées permettraient peut-être de s'en sortir un peu mieux. Reste à inventer, à modéliser et à confronter l'institution à ces propres difficultés pour faire des proposions audible par la collectivité qui commence à se trouver bien encombrée....

Bien sûr il s'agit de s'attaquer à un marché "juteux" pour l'instant, mais pour en avoir encore parlé récemment avec la directrice d'un établissement qui sortait d'une réunion importante, les paiements auront sans doute de plus en plus de mal à être assurés dans l'avenir.

Bonjour à touTEs, Bonjour Christian.

Je suis tout à fait d'accord avec toi, les institutions ont leur utilité, à un certain moment, elles sont indispensable tant pour lale vieILLe que pour la famille. Je ne remettais pas en cause leur fonction mais le fait que la vieillesse ne soit (comme tout dans le capitalisme) qu'un segment de marché.

cordialement

#13 nicole sa tribu et sa ménagerie

nicole sa tribu et sa ménagerie

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Posté 26 juillet 2009 - 10:44

J'aimerais un lieu de vie mixte, centre sociaux culturel et maison familiale avec des studios et cantine.
Un lieu ou mes poussins ou petits-poussins pourraient venir pratiquer leurs activités(bricolage, gym,....)...
Un lieu où encore chez moi, je pourrais pratiquer la musique ou autres activités. Lieu où encore valide, je peux aider ponctuellement les personnes agées (pousser un fauteuil roulant jusqu'au boulanger (retour aussi). possibilité de passer des annonce du type:
Samedi deux heures à ma mer sous un parasol possibilité d'amener une personne avec nous.
En cas de fatigue, accès à une cantine en self (si possible en liaison avec mon boucher qui prépare des plats principaux du tonnerre).

En cas de convalescence :possibilité de louer un studio dans lequel on pourrais me livrer un plat ou la totalité de mes repas...Avec une grande salle que différents kiné s pourraient utiliser.

Possibilité en cas de perte d'autonomie toujours de louer ce studio.

Mais une grande pièce commune dans laquelle je pourrais m'impliquer: préparations de lots pour une fête d'école., ramasser des fonds pour les associations..Jardin bio (en carrés surélevés pour jardiner en roulant)...Un lieu ou chacun pourra continuer sa passion, même en fauteuil roulant: aide aux devoirs, jardinage, spectacles musicaux, spectacles théâtraux....(Remunéré symboliquement ou pas?)

Lieu d'un marché hebdomadaire...

Lieu d'implantation de diverses associations (aide téléphoniques...dans lesquelles on pourrait s'impliquer) avec une liaison Internet dans le studio...Pour continuer à causer avec les valides qui veulent changer le monde (oplf), possibilités d'aides à des projets...financés par des activités de ventes ponctuelle (crêpes gâteaux, le troisième et plus dans les associations se réunissent dans mon village pour fabriquer des oreillettes, dessert délicieux mais que vous avez rarement le temps de préparer quand vous êtes en activité)...


Lieu de vie mais entouré de copines de mon âge (pourquoi pas un trois pièce en collocation si affinités), la surveillance serait assurées par les copines au lieu d'une infirmière.

Le hic, si je perds la tête...Un lieu différent mais où je peut fréquenter ce lieu social accompagnée de soignants...Lieu à côté d'un cat, ou les adultes handicapées peuvent m'aider à assurer plein de choses.

En fin de vie....pouvoir mourir dans mes meubles mais avec une possibilité d'être soulagée...Le cimetière pas loin...Pour pouvoir jardiner sur les tombes des copains.

Modifié par nicole sa tribu et sa ménagerie, 26 juillet 2009 - 11:05 .


#14 _strychnine_

_strychnine_

Posté 26 juillet 2009 - 11:10

J'aimerais bien retrouver le lien d'une émission d'Arte que j'ai vu il y a environ 3 ans. Ca devait être le soir à 20H, tous les jours de la semaine, on suivait des femmes qui achetaient un grand appartement, en Allemagne ou en Hollande, en vue de vieillir ensemble. C'était expérimental. J'avais trouvé ça très sympa.
Je dois avouer, comme Nicole, que le couvent a un côté apaisant. J'ai passé toutes mes vacances scolaires au couvent où était ma Tante, et j'y étais vraiment bien.
C'était une école, ça l'est toujours, et une partie est aussi maintenant une maison de retraite privée et pour les soeurs aussi...
Quand Papa a commencé à être très diminué, j'avis commencé à demander s'il était possible de prendre un appartement pour lui et maman..; Il est parti très vite, donc ce n'est pas allé plus avant...

#15 _strychnine_

_strychnine_

Posté 26 juillet 2009 - 11:15

J'aimerais bien retrouver le lien d'une émission d'Arte que j'ai vu il y a environ 3 ans. Ca devait être le soir à 20H, tous les jours de la semaine, on suivait des femmes qui achetaient un grand appartement, en Allemagne ou en Hollande, en vue de vieillir ensemble. C'était expérimental. J'avais trouvé ça très sympa.
Je dois avouer, comme Nicole, que le couvent a un côté apaisant. J'ai passé toutes mes vacances scolaires au couvent où était ma Tante, et j'y étais vraiment bien.
C'était une école, ça l'est toujours, et une partie est aussi maintenant une maison de retraite privée et pour les soeurs aussi...
Quand Papa a commencé à être très diminué, j'avis commencé à demander s'il était possible de prendre un appartement pour lui et maman..; Il est parti très vite, donc ce n'est pas allé plus avant...

Pardon pour le double post, apparemment, tout a buggé, le site était inaccessible ;)

Modifié par strychnine, 26 juillet 2009 - 11:16 .


#16 lynia

lynia
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Posté 26 juillet 2009 - 11:37

Oui je me souviens d'un reportage moi aussi en Allemagne c'est très courant que des personnes âgées non dépendantes se regroupent en appart ce qui fait baisser les frais et permet des contacts et une aide commune.

Quand je parlais de tabou, je veux dire qu'on a encore une réflexion vieux de 65 ans à 120 ans dont la vie est sacré. Hors les personnes de 65 à 80 ans en presque bonne santé et les personnes totalement dépendantes et/ou qui ont perdu la tête ne demandent pas le même suivi ni le même débat. J'ai vu des médecins goguenards s'acharner à garder en vie mon grand-père alzhiemer, parkinson qui aurait détester être dans cet état et laisser mourir chez elle ma grand-mère qui ne voulait pas mourir qui avait toute sa tête. Au pays-bas, les personnes de plus de 70 ans ne peuvent plus aller aux urgences. Ce nombre est trop bas vu les progrès médicaux, mais voilà pourquoi garder en vie des gens qui n'ont plus aucun plaisir qui ont perdu la tête quand on ne peut pas offrir des soins de qualité à des personnes qui veulent vivre. Ne nous leurrons pas on aura beau dire "il faudrait que tout le monde ait ça", ne sera jamais le cas, personnellement je préfererais manger des gateaux à 80 ans, quitte à mourir un an trop tôt et que mes petits enfants n'aient pas à attendre une intervention médicale. Il ne s'agit pas seulement d'argent mais de personnes qui doivent se former en 10 ans, un déséquilibre de personnel médical ne se résoud pas en 3 ans.

Une image me hante celle de jeanne calmant soufflant ses bougies devant les habitants de sa ville, heureux comme un fermier devant leur vache devant les flash, mangeant devant elle son gateau qu'elle n'aura pas le droit de toucher pour que les autres puissent parader l'année d'après.

Les appartements en résidence sont une bonne solution mais cela coûtent très cher à mettre en place, toutes les familles ne peuvent pas se le permettre et encore une fois je préfère que mes enfants aient une belle vie plutôt que mes dernières années soient sacralisés. Accoler les maternelles ou centres aérés est aussi une source de grande joie pour les personnes agées en maison de retraite. Un parc commun, que de rires et de joie pour tout le monde!!!

Modifié par lynia, 26 juillet 2009 - 11:42 .


#17 Dr Kunastrokius

Dr Kunastrokius
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Posté 27 juillet 2009 - 17:22

Dites je me trompes pas les personnes agées en question ce sont bien celles qui se sont goinfrées de conso toute leur vie qui ont dilapidé les ressources naturelles qui ont brulé la moitié du pétrole de tout le globe qui ont vidé les mers stérilisé les terres?
pour qui on dépense des milliards dans la santé pour qui je suis sensé payer la retraite moi qui n'en aurait pas qui monopolisent l'essentiel de l'immobilier du foncier?
qui votent sarko?
qui n'en ont pas encore assez?
Moi j'ai la solution à leur "problème" pas besoin de vous faire un dessin...

#18 hum

hum
  • Localisation:gard

Posté 27 juillet 2009 - 18:09

Moi j'ai la solution à leur "problème" pas besoin de vous faire un dessin...

La solution finale ?

#19 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

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  • Localisation:LE MANS

Posté 27 juillet 2009 - 20:30

Fait fort l'angevin débutant!
Dans les établissements d'accueil pour personnes agées, il y a aussi les gens qui ont subit la guerre, ont recontruit la France, ont pensé à faire des enfants après 1968.

Il n'y a pas tous ceux qui n'ont pas survécu à la guerre, sont morts au travail, ont été abandonnés par leur progéniture.

#20 fougère

fougère

    Bricoleur autonome

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Posté 27 juillet 2009 - 22:00

:)

René Dumont, né en 1904...
Masanobu Fukuoka, né en 1913....
Jacques Ellul, 1912...
Ivan Illich, 1926...


Je dois à ma mère, née en 1930, tout mon apprentissage de l'écologie, des sittings anti nucléaires, ma curiosité, mon perpétuel gout de remettre en question ce qui devrait etre un acquis pour la masse...

je dois à Clément, vieux paysan décédé aujourd'hui, tout ce que je sais des chevaux et de la nature, des petits levers aux aurores pour guetter le renard et les rapaces, tous mes savoirs faire quotidiens dans mon jardin et ma capacité vivre dehors sans en faire une idéologie mortifère pour les autres.

Je dois à l'accompagnement de mon père sur son dernier chemin la plus grande leçon de ma vie au sujet de la mort, et de la vie.

Faudrait peut etre arreter de croire qu'on a inventé le fil à couper le beurre en 2009; que notre désir de décroissance et d'écologie est une génération spontanée.

Les vieux, ils nous ont aussi légué notre capacité de ce jour de prendre concience du "merdier" que l'homme est effectivement capable de créer autour de lui.

cette reconnaissance là, c'est aussi celle de se demander ce que serait une société d'humains qui déclarerait une partie d'humains comme des rebuts.

Alors oui, je pense urgent de savoir donner une dignité à la vieillesse, avant de penser à les parquer dans les lieux sans âmes que l'on rencontre partout.