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biodiversité


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222 réponses à ce sujet

#221 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 11 janvier 2017 - 17:49

Pourquoi faire une généralité d'une seule expérience ratée ?

 

 

Au jargon technico-industriel de ton article, axé sur les brevets et donc l'accaparement et l'érosion du vivant, je préfère infiniment les expériences participatives pratiquées par certains paysans bio qui, comme leurs ancêtres, créent de la diversité pour en faire un bien commun. Par exemple celle-ci :
 

La Maison de la Semence d’AgroBio Périgord s’est enrichie en décembre 2006 d’une importante collection de semences potagères. Ces nouvelles semences ont été confiées à l’association par Francis ROULEAU, jardinier amateur passionné de variétés anciennes. Le deuxième volet «semences potagères», adressé aux maraîchers et jardiniers amateurs, a donc été créé en 2007.
La Maison de la Semence «Potagères» compte aujourd’hui plus de 200 variétés de tomates, poivrons-piments, courges, aubergines, haricots, basilics... Une centaine de jardiniers amateurs et une quinzaine de maraîchers expérimentent, multiplient et sauvegardent ces variétés chaque année.
Depuis 2009, une trentaine de variétés de tomates sont suivies et observées afin d’évaluer leur rendement moyen et leur sensibilité aux maladies. Cinq ateliers de dégustation de tomates ont été mis en place depuis 2008 lors de différents événements : l’objectif était d’évaluer la valeur organoleptique de ces variétés et par la même occasion de sensibiliser le grand public à l’intérêt de la biodiversité cultivée.
 
Le projet de sélection participative de variétés potagères au CIVAM AgroBio 47 :
Depuis 2010, un projet de sélection participative sur des variétés paysannes de carottes, melons, laitues et oignons a débuté. Celui-ci est mené par différents partenaires : le CIVAM AgroBio 47, des maraîchers bio du Lot-et-Garonne, la CABSO (Coopérative en fruits et légumes bio) représentée par Anne-Marie LAVERNY (productrice de semences pour Germinance) et le RSP, représenté par Philippe CATINAUD (artisan semencier à Biau Germe).
Actuellement, une dizaine de producteurs participe à ce projet. Les premières sélections ont commencé et portent principalement sur le comportement agronomique des variétés de  légumes, leur tenue à la récolte (notamment pour les laitues) et leurs qualités organoleptiques (goût, texture...).
Pour cela, des suivis techniques réguliers sont organisés chez les différents maraîchers ainsi que des réunions de sélection des légumes. Les maraîchers reçoivent régulièrement des notes d’information sur les semences (informations générales et techniques). Des formations sur le goût et l’analyse sensorielle seront proposées aux participants afin que ceux-ci puissent mieux caractériser les variétés, les comparer entres elles et les sélectionner.
Ce projet a pour objectif d’intégrer de nouveaux maraîchers ainsi que des jardiniers amateurs (pouvant multiplier les variétés chez eux)... Avis aux volontaires !
 
En parallèle, Bio d’Aquitaine a réalisé et publié, en 2010 – 2011, cinq fiches techniques sur la «Production de semences potagères à la ferme». Ces fiches techniques sont le fruit des expériences développées au sein de ces deux projets départementaux s’inscrivant dans le programme «L’Aquitaine cultive la Biodiversité».

http://www.bio-aquit...ns-semences.pdf



#222 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

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Posté 12 janvier 2017 - 01:46

Cette nouvelle génération de cultivateurs et de semenciers mène à petite échelle des travaux d'obtention et de sélection avec les mêmes méthodes et les mêmes objectifs que leurs devanciers du XIXe.

En soi, ces initiatives me plaisent bien. Je n'y vois rien d'extraordinaire, mais je suis sûr que cette réappropriation et cette diffusion de savoirs et de savoir-faire est utile.

… comme jadis au XIXe, durant le siècle d'or de l'horticulture.



#223 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 13 juin 2017 - 06:40

Quelques recherches dans diverses archives montrent que ces techniques sont bien plus anciennes et que de très nombreux paysans, sur toute la planète, ont toujours cherché a améliorer et à diversifier leur production.
En voici un autre exemple :
 

La patate douce en Papouasie-Nouvelle-Guinée : une multitude de variétés créées par les petits producteurs
06/2014

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, plus de 1 000 variétés de patates douces sont cultivées par de très petits producteurs. Une situation paradoxale pour cette plante à multiplication végétative, importée d’Amérique latine. D’où provient cette remarquable diversité et comment les producteurs l’utilisent-ils ? Les chercheurs du Cirad et du Cefe viennent de montrer que la plupart de ces variétés ont été sélectionnées localement à partir de plants issus de recombinaisons par voie sexuée, apparus spontanément dans les parcelles. Un processus dynamique qui permet aux producteurs de s’adapter au changement et constitue un atout pour l’avenir.

La grande île de la Nouvelle-Guinée, qui correspond à la province indonésienne d’Irian Jaya et à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, est le deuxième centre de diversité génétique de la patate douce (Ipomoea batatas), une plante à tubercule originaire de l’Amérique latine.

Cette culture vivrière de base, dont la consommation peut atteindre trois kilos par jour et par personne chez certaines communautés isolées, présente un cycle court et de forts rendements, de 20 à 40 tonnes par hectare en 4 mois. Elle a colonisé les vallées d’altitude, peu propices aux plantes à racines et tubercules des basses terres comme l’igname et le taro, offrant ainsi aux populations la possibilité de s’installer dans un environnement frais, exempt de paludisme.

Une diversité exceptionnelle pour une plante à multiplication végétative

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, plus de 1 000 variétés sont cultivées par de très petits producteurs, qui ne bénéficient pas d’une filière semencière pour cette plante à multiplication végétative.

Cette situation, pour le moins paradoxale, suscite plusieurs questions. D’où viennent les patates douces de Nouvelle-Guinée ? Sont-elles des camote, ces introductions effectuées par les Espagnols dans les comptoirs commerciaux du Pacifique, surtout des Philippines, aux XVIe et XVIIe siècles ? Ou des batatas, des introductions réalisées par les Portugais dans les comptoirs d’Indonésie à la même époque ? Ou encore des kumara, que les Polynésiens ont introduits depuis le Pérou à l’époque préhistorique ? Comment se fait-il qu’il existe autant de variétés différentes chez une plante à multiplication asexuée, donc toujours plantée à l’aide de boutures, et pour laquelle il n’existe pas de programme d’amélioration génétique et de création variétale ? D’où provient la remarquable diversité observée au champ et comment est-elle manipulée ?

Une origine centre-américaine

Pour répondre à ces questions, les chercheurs du Cirad et du Cefe ont étudié la diversité génétique de l’espèce à l’aide de marqueurs microsatellites, nucléaires et chloroplastiques. Ils ont analysé un échantillon de 417 variétés locales, représentatives de la variabilité morpho-agronomique existant en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et comparé les résultats à ceux d’un échantillon originaire d’Amérique latine, analysé avec les mêmes marqueurs.

Ils ont ainsi montré que la diversité existant en Papouasie-Nouvelle-Guinée, bien que moins forte que celle de l’aire d’origine de l’espèce, était importante et que les variétés de cette région provenaient, en majorité, du centre domestication centre-américain, celui des camote et des batatas, plutôt que sud-américain, d’où proviennent les kumara.

De véritables races de pays sélectionnées par les paysans

Enfin, ils ont pu établir que la plupart de ces variétés étaient des sélections locales de plants issus de recombinaisons par voie sexuée, apparus spontanément dans les parcelles (la reproduction naturelle par graines est toujours possible chez cette espèce). Ces plants, clonés par les producteurs, ont donné naissance à de nouvelles variétés, qui sont donc de véritables races de pays.

Créer de nouvelles variétés pour s’adapter au changement

Cette étude démontre que de petits producteurs, très isolés et livrés à eux-mêmes sans le soutien de centres de recherche ou de filières organisées, sont tout à fait capables de créer des variétés locales d’une espèce exotique introduite par voie végétative, pour peu que cette espèce soit capable de produire des graines et qu’elle présente suffisamment de diversité génétique, pour éviter l’écueil d’une base génétique trop étroite.

Pour que ce système puisse se maintenir et qu’il permette aux populations de s’adapter aux changements à venir, il est maintenant nécessaire d’introduire de la diversité allélique et de favoriser la sélection participative.

En savoir plus
Roullier C., Kambouo R., Paofa J., McKey D., Lebot V., 2013. On the origin of sweet potato (Ipomoea batatas (L.) Lam) genetic diversity in New Guinea, a secondary centre of diversity. Heredity, 110 : 594-604. Doi : 10.1038/hdy.2013.14

http://www.cirad.fr/...its-producteurs


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