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Révolte en Grèce


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104 réponses à ce sujet

#41 ambre

ambre

    Bricoleur autonome

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Posté 02 septembre 2012 - 10:06


Une communauté végétalienne défie la crise grecque
Créé le 02-09-2012 à 10h45 - Mis à jour à 10h45
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Nouvel Observateur
par Deepa Babington et Lefteris Papadimas

AGHIOS, Grèce (Reuters) - Il y a deux ans, quand ils ont vu Panos Kantas et trois de ses amis débarquer d'Athènes pour lancer une communauté autosuffisante, vivre dans des yourtes et faire pousser leurs propres légumes, les habitants du village d'Aghios, sur l'île grecque d'Eubée, au nord-est d'Athènes, n'ont pas caché leur surprise.

En Californie ou en Scandinavie, cette initiative n'aurait pas fait autant de bruit. Mais dans un pays où la question écologique n'existe qu'en ville, dans l'arrière-pays grec, très conservateur, elle a éveillé les soupçons des locaux et causé l'hilarité de beaucoup.

Aujourd'hui, ce sont les quatre amis qui rient.

"Il y a encore deux ans, tout le monde pensait que nous étions fous. Mais ce n'est plus le cas", se félicite Panos Kantas, un ancien programmeur informatique âgé de 29 ans qui a cofondé le projet Mont Telethrion. "La crise a validé un constat qui nous semblait évident, et qui l'est maintenant pour tout le monde."

Les débuts sur ce mont abrupt, face à la mer, n'ont pas été évidents, entre le feu de bois pour se tenir chaud l'hiver et l'inquiétude des villageois alentour, qui pensaient qu'ils communiquaient avec l'espace.

Aujourd'hui, la communauté végétalienne compte entre 15 et 20 enthousiastes, membres à plein temps, et, alors que la crise économique grecque ne cesse de s'aggraver, des dizaines de personnes sont venues se renseigner pour éventuellement les rejoindre.

Près de 80% de la nourriture consommée est produite dans le potager, assure Apostolos Sianos, un des quatre co-fondateurs de la communauté, et le groupe obtient le reste en troquant ses produits avec les villageois.

Le but ultime - se passer d'argent - n'est pas atteint puisqu'il faut bien payer l'électricité ou la construction d'une structure destinée aux projets d'agrandissement de la communauté, sur un terrain voisin.

Pourtant, si ce sont des yourtes qui ont été choisies pour vivre, c'est parce qu'il s'agit du seul habitat qui ne nécessitait pas un permis coûteux de la part des autorités locales.

LA CRISE A CHANGÉ LES MENTALITÉS

Il y a dix ans, quand le pays était en plein 'boom' économique, le projet Mont Telethrion n'aurait pas trouvé beaucoup de volontaires, estime Dimitris Ibrahim, coordinateur en Grèce pour Greenpeace.

"A l'époque les gens étaient davantage intéressés par leur bien-être, gagner de l'argent, les marchés financiers. On se serait moqué de ces gens - la société grecque n'était pas prête à entendre ce genre de message", dit-il.

"Aujourd'hui, c'est vraiment pertinent. Cela touche au coeur: n'importe quel Grec connaît quelqu'un qui se tourne vers ce genre de pratique."

Cette communauté fait partie d'une série d'initiatives écologiques qui ont fleuri en même temps que la crise de la dette.

"D'une façon générale, la crise a donné à beaucoup de gens l'occasion de changer leur façon de penser et d'essayer de s'organiser différemment", explique Theocharis Tsoutsos, professeur à l'université technique de Crète et qui étudie les projets à énergie renouvelable.

"Par exemple faire les choses à une plus petite échelle, créer son propre jardin, ou essayer de promouvoir les enjeux écologiques à une petite échelle, ou promouvoir les initiatives agricoles à bas coût."

Yannis Razakias et Maria Eikosipentaki ont ainsi quitté Athènes il y a trois mois pour venir vivre au sein de la communauté. Ce couple a appris l'existence du projet sur internet et y a vu le moyen idéal de tourner le dos à une vie urbaine emplie de stress.

"La crise a clairement joué psychologiquement dans notre décision. Nos clients, nos employeurs, tout le monde parlait de la crise et de comment l'on pourrait s'en sortir", raconte Maria Eikosipentaki, qui était coiffeuse depuis 14 ans.

Néanmoins, la communauté a encore quelques batailles à gagner. Il est ainsi plus difficile de convaincre les villageois des environs du bien-fondé de leur projet que les habitants d'Athènes.

"Ils ne peuvent pas s'en sortir sans argent et avec juste un lopin de terre", estime Stathis Raxiotis, un agriculteur de 65 ans, en buvant son café dans le centre d'Aghios.

"Nous sommes fermiers depuis des décennies", ajoute-t-il. "Nous avons des centaines d'arbres, énormément de terres, mais avec la crise, même nous, nous ne nous en sortons pas tous seuls."

Baptiste Bouthier pour le service français, édité par Julien Dury

#42 _Henri_

_Henri_

Posté 07 septembre 2012 - 14:57

Ah, ah, ah....

"http://www.youtube.c...bed/oJFSZMVZzc0"

#43 _(re)passant_

_(re)passant_

Posté 13 septembre 2012 - 06:58

A propos des liens sur youtube: j'ai un copain de sport qui est prof de latin-grec ancien. Passionné par ce pays, il l'a beaucoup parcouru avant d'être chargé de famille et parle bien le grec moderne. D'après lui, comme c'est une langue peu parlée et lue hors de Grèce, les gens mettent ce qu'il veulent comme sous-titres pour faire dire ce qu'ils ont envie d'entendre aux interlocuteurs. Il y aurait pas mal de bidonnages.

#44 nicolasdelaréunion

nicolasdelaréunion
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Posté 16 septembre 2012 - 23:40



#45 flanar l'ancien

flanar l'ancien

    promeneur égaré

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    Éventuellement, on en discute.

Posté 20 dcembre 2012 - 15:44

 En octobre 2012, voilà la Grèce qui se présentait à lui : des femmes enceintes jusqu’aux dents courent les hôpitaux en suppliant qu’on les y admette, mais parce qu’elles n’ont ni assurance-maladie, ni suffisamment d’argent, personne ne veut les aider à mettre leur enfant au monde. Des gens qui, il y a peu, faisaient encore partie de la classe moyenne, glanent les restes de fruits et de légumes dans la rue, dans une banlieue d’Athènes.

Un vieil homme explique qu’il ne peut plus payer ses médicaments pour ses problèmes cardiaques. Sa retraite a été sabrée de moitié. Ayant travaillé pendant plus de 40 ans, il pensait avoir fait tout ce qu’il fallait, et aujourd’hui il ne comprend plus le monde. Les gens qui vont à l’hôpital sont tenus d’apporter leurs draps et leur nourriture. Depuis le congédiement des équipes d’entretien, ce sont les médecins, les infirmières et les aides-soignants, privés de salaires depuis des mois, qui se chargent du ménage. L’hôpital manque de gants jetables et de cathéters. L’Union européenne met en garde le pays contre la propagation des maladies infectieuses.

Par manque de moyens financiers, des pâtés de maisons entiers ne sont plus approvisionnés en fioul à l’heure qu’il est. Au printemps, un homme de 77 ans s’est suicidé avec une arme devant le Parlement d’Athènes. Juste avant de passer à l’acte, il aurait crié : "Comme cela, je ne laisse aucune dette à mes enfants !" Le taux de suicide a doublé au cours des trois dernières années.

 

Le reste de l'article: UNE SOCIETE TRAUMATISEE 



#46 _Philbill_

_Philbill_

Posté 26 fvrier 2013 - 14:55

Le pot de terre contre le pot de fer, une fois de plus...

Et  visiblement, au nom des quelques milliards que rapporteront les concessions aurifères aux caisses exsangues du gouvernement, celui-ci se contre-fiche de l'environnement, de la pollution irreversible (Plomb, arsenic...) qui découlera de l'exploitation, de l'avenir des hommes, des femmes, de leurs enfants...

 

L'argent ne se mange pas, messieurs!!!!

 

 

 

De l’or, à n’importe quel prix ...  
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Les travaux de construction de la mine de Skouries. Grèce , le 26 octobre 2012.

Bloomberg via Getty Images

Afin de réduire sa dette, l’Etat grec a bradé de nouvelles concessions minières dans le Nord du pays. Les habitants, bien que frappés par le chômage, se méfient des conséquences environnementales des nouveaux projets d’exploitation.

“Là-haut. Tu vois ? C’est là qu’ils veulent faire leur trou.” Lazaros Toskas pointe du doigt le sommet de la montagne. C’est là, au milieu des forêts de chênes, de hêtres et de pins, que la compagnie minière Hellas Gold prévoit de creuser la grande carrière qui lui permettra d’exploiter le trésor que recèlent les entrailles du mont Kakavos, dans la forêt de Skouries. Cela fait des millénaires que l’on connait la richesse de ce petit coin de Chalcidique, dans le nord de la Grèce : du cuivre, de l’argent, du plomb, du zinc mais surtout de l’or, minerai dont le cours a été multiplié par quatre depuis dix ans. Mais là où certains entrevoient pour cette région minée par le chômage des perspectives d’affaires et d’emploi, d’autres redoutent la destruction d’un écosystème au profit d’un développement à tout crin.

 

Lazaros Toskas, 54 ans, est ingénieur en génie civil. Il vit à Megali Panagia, le village le plus proche de l’exploitation de Skouries. Il est l’un des meneurs du mouvement d’opposition au projet, qui a organisé plusieurs actions ces derniers mois. L’ingénieur nous montre les travaux déjà réalisés pour le drainage de l’eau : “Il faut vider la montagne pour pouvoir creuser les galeries.” Sous la mine à ciel ouvert, qui atteindra 250 mètres de profondeur, des tunnels seront creusés jusqu’à 700 mètres dans la terre. La population locale craint pour les ressources hydriques de la région. “La terre est riche en minerais en tout genre, avec notamment une forte concentration en arsenic… Nous n’avons aucune idée de ce qui peut se passer”, s’inquiète Toskas.

L'emploi, ligne de fracture des pro et des anti

Le sujet de l’arsenic revient souvent quand on discute avec les opposants à la mine. Selon eux, le procédé d’extraction de l’or que l’entreprise prévoit d’utiliser n’est pas recommandable sur un site présentant de telles concentrations d’arsenic. Eduardo Moura, vice-président d’Eldorado Gold (le géant canadien de l’exploitation minière, propriétaire d’Hellas Gold à 95 %), réplique, par courrier électronique, que son entreprise respecte scrupuleusement les réglementations environnementales grecque et européenne, et que “l’étude d’impact sur l’environnement des mines de Chalcidique aura pris cinq ans, entre son élaboration, sa révision et son approbation par l’Etat grec.” Quant au procédé d’exploitation choisi, la société assure avoir réalisé “des tests pour vérifier qu’il était viable, et efficacement viable.”

 

“Je ne suis ni pour, ni contre. Mais j’aimerais bien que le travail nous vienne d’autres projets”, déclare le propriétaire d’une bijouterie, à Ierissos, bourgade touristique de Chalcidique devenue le quartier général des opposants à la mine. Le bijoutier résume bien les préoccupations de la population, y compris ceux qui, comme lui, n’ont pas participé aux mobilisations. “L’eau que nous buvons ici vient de la montagne. Si elle est polluée, on fait quoi ?”, se demande-t-il. Et puis il y a la question du tourisme : “Vous croyez qu’un touriste viendra en sachant qu’il y a une mine à quelques kilomètres ?” Le bijoutier dit comprendre aussi l’inquiétude des chômeurs – de fait, l’emploi est la principale ligne de fracture entre les pro et les anti. Et l’entreprise minière emploie déjà 1 100 personnes. “A terme, nos activités créeront plus de 5 000 emplois directs et indirects”, promet Eduardo Moura.

Bataille rangée dans la montagne

Mais beaucoup restent convaincus que les bénéfices ne compenseront pas les risques et se méfient des informations officielles. Pour justifier cette méfiance, ils rappellent que l’Etat a vendu à perte les droits d’exploitation de cette mine, dans une région, le nord de la Grèce, qui renferme des richesses minières évaluées à 20 milliards d’euros.

 

En décembre 2003, Athènes avait en effet repris le contrôle de la mine, en vertu d’un règlement extrajudiciaire conclu avec TVX Hellas, l’ancien propriétaire, qui avait abandonné le projet en raison de l’opposition de la population locale. L’Etat grec a ainsi racheté la mine pour 11 millions d’euros, avant de la revendre, le même jour et au même prix, à Hellas Gold, fondée trois jours plus tôt, à qui il a cédé tous les droits d’exploitation. Peu après, 95 % du capital de Hellas Gold ont été rachetés par la canadienne European Goldfields (EG). Un audit avait estimé la valeur de la société sur le marché à quelque 400 millions d’euros. En 2012, Eldorado Gold a pris le relais d’EG.

 

L’entreprise défend son projet, assurant “détenir tous les permis environnementaux nécessaires”. Mais les organisations qui s’y opposent ont déposé un recours contre l’étude d’impact devant le Conseil d’Etat grec qui n’a pas encore rendu sa décision.

 

“D’importantes batailles de la guerre civile ont eu lieu ici entre 1947 et 1949”, rappelle Yorgos Tarazas, un chômeur qui est en première ligne de l’opposition au projet de Skouries. Certaines actions des opposants ont débouché sur des affrontements violents avec la police. L’été dernier, après une véritable bataille rangée dans la montagne, les forces antiémeutes sont descendues dans le centre-ville de Ierissos où elles ont chargé et lancé des gaz lacrymogènes. “Nous étions plusieurs à ne les avoir jamais vues ailleurs qu’à la télé”, se souvient Yorgos Tarazas.

 

Lien source: http://www.presseuro...porte-quel-prix


Modifié par Philbill, 26 fvrier 2013 - 14:56 .


#47 _G.Lecolo_

_G.Lecolo_

Posté 12 mars 2013 - 17:16

Je suis tombé sur un article qui montre qu'en Grèce comme ailleurs, les gens s'organisent aussi, et qu'ils font sans le système s'écroulant qui veut les aspirer avec...

trouvé cet article

Donc, ça cause permaculture, semences anciennes, variété locales, entraide, etc... bref, ça change un peu de la vision "le monde s'écroule, on n'y peut rien" :)

 

 

Du champ à l’assiette, en Grèce les initiatives se multiplient !

entr%C3%A9e.pngSemences locales et biodiversité, agriculture biologique, permaculture et agroécologie, réseaux de producteurs-consommateurs, jardins urbains autogérés et cuisines collectives : les grecs s’approprient leur agriculture et leur alimentation !

C’est dans un contexte difficile pour les agriculteurs (voir en fin d’article) et les consommateurs 1 que naissent ou se consolident des initiatives pour former et informer sur d’autres modes de production agricoles, plus écologiques mais aussi plus économes. D’une manière générale, ces initiatives visent une nouvelle population plutôt jeune qui cherche à la fois un échappatoire économique et un projet de vie. Depuis quelque temps, il semblerait qu’on assiste à un retour à la terre, et même s’il ne s’agit pas d’un phénomène social de masse (40 000 agriculteurs de plus pendant la période 2009-2010), une aspiration à un rapprochement à la vie agricole et rurale semble s’ancrer dans une majorité de la population (sondage Kappa Research, 70% des sondés désirent s’installer à la campagne).

agorecologie.png

L’école d’agro-écologie gratuite près d’Athènes est un immense succès

Ces initiatives en termes de mode de production allient les aspects écologiques (agriculture biologique, permaculture, etc.) aux avantages économiques d’un changement de techniques de culture et d’élevage, argument non négligeable dans le contexte actuel de crise. Ces formes d’agricultures apportent des premières réponses aux agriculteurs qui voient leurs systèmes économiques s’effondrer : moindres investissements, auto-production de l’alimentation, économies énergétiques, petite échelle de production et bénéfices des apports des agro-écosystèmes. En somme, ce qui s’adressait à quelques écologistes convaincus dans la phase précédente peut potentiellement aussi bien intéresser les nouveaux arrivants des villes que les agriculteurs déjà installés qui se posent la question de comment sortir du cercle infernal dans lequel ils se trouvent (endettement, manque de débouchés pour leurs productions, saturation des possibilités naturelles de production). Evidemment, la réponse ne se situe pas uniquement sur le plan individuel mais aussi à niveau plus politique, puisqu’il s’agit également de changer de politiques agricoles (notamment pour soutenir les petites fermes, comme le demande la gauche paysanne grecque).

kangourou.png

« Permaculture urbaine : Inspiration pour une vie plus vivable en ville » et séminaire de jardinage à Dafni (kangourou.gr)

Initiatives sur le mode de production : biologique, permaculture, agro-écologie

Ecole agro-écologique : http://oikosxoleio.wordpress.com/
Réseau Ecocommunauté : Δίκτυο Οικοκοινότητα, http://oikodiktyo.espivblogs.net (tentative de mise en réseau producteurs-consommateurs, souveraineté alimentaire, agro-écologie),
Centre de culture naturelle : Κέντρο Φυσικής Καλλιέργειας, www.naturalfarming.eu (apprendre à cultiver des légumes, des céréales et des arbres. L’objectif est d’aller vers la souveraineté alimentaire mais aussi de développer des relations humaines basées sur l’échange, le partage…),
Permaculture Περμακουλτούρα, www.permaculture.gr/gr/ (informations diverses sur les luttes écologiques actuelles, sur la situation globale ainsi que l’installation en agriculture),
Kangorou Καγκουρό, www.kangouro.gr (blog d’informations, ateliers et séminaires sur la permaculture, l’agriculture biologique, les alternatives en agriculture…),
Permaculture en Grèce, http://permaculture-greece.org (informations sur la permaculture, ateliers et séminaires),
Pélion : http://www.spititonkentavron.org/ (écovillage, centre d’éducation holistique),
Centre de durabilité appliquée : Κέντρο εφαρμογών βιωσιμότητας, www.kevio.gr (agriculture durable urbaine, potagers, élevage de basse cour. L’idée est également de retrouver l’autonomie perdue).
Ecocommunauté urbaine : Αστική οικοκοινότητα, www.astoiko.eu (agriculture périurbaine, soutien aux petites fermes, circuits-courts)

 

A l’origine, la semence

Le mouvement qui se développe depuis les années 2000 autour des échanges des semences est central dans ce récent foisonnement. Peliti, véritable réseau national de préservation, recense et diffuse des variétés de semences et de races animales locales et anciennes, donne la possibilité concrète à plusieurs milliers de personnes de cultiver.  Ces graines libres de droits de propriété intellectuelle, rendent indépendants les agriculteurs à l’égard des firmes semencières. C’est autour de Peliti (mais aussi de Sporos – réseau de commerce équitable), qui apporte concrètement le savoir faire et la mise en réseau nécessaires à l’apprentissage de l’agriculture, que se sont construites un certain nombre d’initiatives que nous recensons ici. Peliti a donné le cadre et l’impulsion au renouveau des préoccupations agricoles en Grèce que ce soit en ville ou à la campagne. Lors de sa fête annuelle à Paranesti (niché aux pieds des montagnes du Rhodope) près de 6000 personnes ont afflué en 2012 pour récupérer des semences et les replanter dans leurs champs, leurs terrasses, leurs terrains occupés ou pour en parler autour d’eux. Le développement d’échanges entre paysans est une condition nécessaire au développement d’une agriculture paysanne : sans semences paysannes, pas d’adaptation locale et donc de souveraineté alimentaire. Autour de ces différents réseaux et collectifs (Spori Limnou, Aegilops, Archipelagos, Helession), un véritable apprentissage des méthodes de cultures alternatives et d’intérêt pour la souveraineté alimentaire se construit qui permettra la conservation dans les champs d’un patrimoine semencier vivant.

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Peliti : maison des semences et fête d’échanges de semences

Banques et échanges de semences Τράπεζες και ανταλλακτήρια σπόρων

Το Πελίτι, www.peliti.gr (réseau national),
Σπόρι Λίμνου (banque de semences à Limnos), www.sporilimnou.blogspot.com,
Αιγίλοπας (collectif pour les semences près de Volos), www.aegilops.gr,
Αρχιπέλαγος (τράπεζα σπόρων, banque de semences égéennes et insulaires), www.archipelago.gr,
Ηλέσιον, www.helession.gr (variétés de vignes anciennes)

 

Alliance des producteurs et des consommateurs

Le fameux désormais dénommé « mouvement des patates » a révélé un véritable besoin de la société grecque. Il a aussi mis en avant un certain nombre d’initiatives qui visent à rapprocher les consommateurs des producteurs. Quiconque se rend au supermarché en Grèce, et même dans une épicerie ordinaire s’étonne du manque de produits locaux : par exemple, les oranges proviennent souvent d’Espagne alors que la Grèce en est productrice. En comparant avec les multiples expériences françaises (AMAP, points de vente collectifs, paniers paysans, marchés de producteurs), la Grèce a été en retard sur tout ce qui est « circuit court ». Mais la crise a remis les pendules à l’heure : comment se fait-il que les producteurs gagnent si peu quand les consommateurs payent si cher ? La logistique a été organisée d’abord par des groupes de volontaires, souvent de militants écologistes, des citoyens actifs comme on dit en Grèce. Cet effort continue actuellement et est souvent géré par les mairies qui recensent les commandes y compris dans les quartiers très peuplés d’Athènes. Le mouvement des patates a donc pris une certaine ampleur et tente, tant bien que mal, de relever le défi de l’approvisionnement de certains quartiers urbains.

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Le réseau Agronaftes relie des producteurs à des consommateurs

Dans certains cas, ces initiatives ont pris des formes différentes, plus pérennes : sur Internet (www.xoris.gr) ou sous forme de coopératives de consommateurs à Thessalonique qui se dotent d’épiceries (spame et bios coop), de groupes d’achat (omotrapezoi), de réseau de paniers à Athènes (agronaftes pour les producteurs du Péloponnèse ou gineagrotis qui installe des paysans en Eubée) et même une tentative de labellisation « circuit court » de l’huile crétoise (inipirouni). Des aliments de toutes sortes échappent ainsi aux intermédiaires : patates bien sûr, légumineuses, riz, huile, fruits et légumes ou miel et même dans certains cas, des produits frais ou transformés. Il est évident que ces « courts-circuits » des intermédiaires ne permettent pas une politique aboutie de relocalisation de l’agriculture qui nécessiterait de re-diversifier les productions par région et d’organiser en coopératives « alternatives » les agriculteurs pour la production et la vente de leurs produits. Mais ces expériences sont des moments d’appropriation collective de la problématique agricole et alimentaire, ainsi que des espaces de créativité et de liberté, nécessaires dans une Grèce en crise.

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Epicerie à Théssalonique : SPAME

Réseaux producteurs-consommateurs, coopératives alimentaires
Δίκτυα παραγωγών- καταναλωτών, καταναλωτικοί συνεταιρισμοί

Συνεταιριστική Παράκαμψη Μεσαζόντων, ΣΠΑΜΕ, http://www.spame.gr/,
Δίκτυο Αγροτών – Καταναλωτών Αγροναύτες, http://agronaftes.blogspot.com,
Ομοτράπεζοι, http://omotrapezoi.blogspot.com,
Κίνημα αλληλέγγυας συναλλαγής παραγωγού καταναλωτή, «ΥΝΙ ΠΙΡΟΥΝΙ» (Χανιά), www.inipirouni.gr,
Κοινωνικός Καταναλωτικός Συνεταιρισμός Θεσσαλονίκης, www.bioscoop.gr

 

Auto-culture

Mais les grecs ne se contentent pas de se rapprocher des producteurs, ils cultivent et occupent aussi des terrains et des bâtiments en friches (comme celui du jardin botanique www.votanikoskipos.blogspot.com), des parkings (parkingparko), l’ancien aéroport d’Elliniko (agroselliniko), des terrains militaires (perka)…

perka.jpg

PERKA : occupation périurbaine d’anciens terrains militaires : « La nourriture ne pousse pas dans les supermarchés, la terre et les semences appartiennent à tous »

La culture, le jardinage, l’autonomie alimentaire et la réappropriation de ces aspects de la vie vont de pair avec un projet politique radical. Assemblées générales, démocratie directe, remise en cause écologique et sociale du système économique actuel : ces initiatives traduisent un renouveau réel du mouvement social et écologiste grec sur un fond autogestionnaire indéniable. Les occupations participent aussi à la construction d’un rapport de force plus global, comme c’est le cas pour Elliniko ou Perka, où les habitants luttent contre les projets de construction (du gouvernement ou des investisseurs privés) qui vont détruire leur cadre de vie et leurs jardins, pour payer la dette !

Activités de plantation d’arbres à Elliniko :

Jardins urbains – Astikoi αγροί

Βοτανικός Κήπος Πετρούπολης, www.votanikoskipos.blogspot.com
Αγρός, eleftherosagros.blogspot.com, Πάρκο Ναυαρίνου, http://parkingparko.espivblogs.net/
Αυτοδιαχειριζόμενος Αγρός Ελληνικού, http://agroselliniko.blogspot.com
Αστικός αγρός Χαλανδρίου, www.astikosagrosx.blogspot.com
Ομάδα Αστικών & Περιαστικών Καλλιεργειών (ΠΕΡ.ΚΑ.), http://perka.oneirografos.net
Συλλογικοί Λαχανόκηποι, http://agrotespolis.wordpress.com
Συνεργατικός λαχανόκηπος Κομοτηνής, http://laxanokiposko...s.blogspot.com/

 

Cuisines collectives

cuisine1.jpgEnfin, les centres sociaux, les occupations de bâtiments ou de terrains s’accompagnent très souvent de la création de cuisines collectives. Il existe des initiatives très différentes mais elles s’opposent toutes à l’idée de la « philanthropie ». Il s’agit d’initiatives de solidarité pour permettre collectivement à plus de personnes de s’alimenter.

« L’idée de créer la Cuisine Sociale  »L’Autre » est venue lorsque nous avons observé, sur les marchés des fruits et légumes d’Athènes, des gens de tous âges, de toutes nationalités et classes sociales, fouillant les ordures pour trouver des aliments qu’ils ne peuvent plus s’acheter. La première réaction s’imposa d’elle-même: cuisiner des repas à la maison et de les distribuer sur les marchés. Puis, nous avons demandé aux producteurs de nous donner un produit de leur étal pour continuer le lendemain. Nous avons décidé de préparer un repas devant les gens, de manger ensemble, de se rapprocher et de briser la honte que certains peuvent ressentir en attendant de recevoir sa portion de repas distribué. L’idée de la Cuisine Sociale « L’Autre » est un geste de solidarité et d’amour pour un autre être humain dans l’espoir de conscientiser les gens et d’encourager d’autres personnes et d’autres groupes à faire de même. Nous ne faisons pas de philanthropie et ne pratiquons pas la charité. Nous cuisinons sur le tas, nous mangeons tous ensemble et nous vivons tous ensemble ! Un repas avec nos semblables dans la rue. Venez bâtir avec nous un quotidien plus agréable !  2 »

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Cuisine « el chef »

Une autres initiative, celle d’elchef vise à soutenir les luttes en apportant aux grévistes quelques repas (pendant les grandes manifestations de 2012, les occupations d’usines). Les références aux expériences coopératives du XXème siècle sont tout à fait assumées : l’alimentation en temps de crise redevient une préoccupation centrale, et la gauche doit donner des perspectives d’auto-organisation pour affronter ces défis. Une autre expérience est destinée aux chômeurs : ils se regroupent et cuisinent comme dans le cas du centre social autonome à Athènes http://autonomosteki.espivblogs.net. Dans le squat de Skaramagka est aussi organisé une cuisine collective : les lundis après-midis, ceux qui le veulent cuisinent et mangent. En même temps, s’est créé une épicerie de réciprocité où chacun apporte des aliments qu’il peut échanger contre d’autres aliments ou contre de l’argent. Dans cette occupation athénienne, l’engagement anarchiste et autogestionnaire se mêle à des préoccupations écologistes : non seulement il s’agit de ne pas manger n’importe quoi mais il s’agit de le faire de manière collective et démocratique !

kitchen.jpg

Cuisines collectives Κοινωνική- Συλλογική κουζίνα
Ο άλλος άνθρωπος, http://oallosanthropos.blogspot.com
Xanadu, http://xanadu.espivblogs.net
Συλλογική Κουζίνα Στεκιού Μεταναστών ELCHEf, www.elchef.gr
Συλλογική Κουζίνα Αυτόνομου Στεκιού, http://autonomosteki.espivblogs.net
Συλλογική Κουζίνα κατάληψης Σκαραμαγκά, http://pat61.squat.gr

 

Pour comprendre la situation agricole grecque :

L’histoire récente de l’agriculture grecque rappelle amèrement celle de l’agriculture française. Dès les années 1980,  l’application de la Politique Agricole Commune a provoqué les mêmes effets qu’en France : disparition de la petite et moyenne paysannerie  au profit des grandes exploitations qui ont progressivement vu leurs subventions croître et leur propriété foncière se développer (cette tendance s’inverse avec la crise puisque le secteur voit apparaître de nouveaux acteurs). Aujourd’hui, la Grèce garde une population agricole importante en comparaison à d’autres pays européens (environ 12% contre 3% pour la France). Par contre, à la différence de la situation française, la Grèce a vu ses importations agro-alimentaires tripler depuis le début de l’intégration européenne,  phénomène qui s’est accentué avec l’entrée dans la zone euro. Dans l’espace européen où les produits agricoles voyagent sans distinction, il y a des perdants et des gagnants. Le processus d’intégration européenne de l’agriculture grecque n’a aboutit ni à des territoires vivants, ni à la sécurité alimentaire du pays.
Dans ce pays où les souvenirs de l’agriculture familiale restent très vifs, les paysans subissent la crise de plein fouet. Les impôts fonciers, les taxes spéciales, l’augmentation générale des prix des intrants (surtout pour l’alimentation animale), le prix de l’énergie qui a augmenté de 100% y compris pour l’usage agricole, les menaces sur leur possessions hypothéquées (terres, bâtiments, matériels) qui sont récemment passées de la banque agricole grecque publique aux mains d’une banque privée, les toutes petites retraites agricoles qui sont désormais en dessous du seuil de la dignité, le cartel des intermédiaires et des coopératives qui fait du profit sur le dos des producteurs en pratiquant l’entente illicite, et pour finir la vente à prix cassé de coopératives comme celle de Dodoni (produits laitiers dont la feta) très profitable, à laquelle livraient leur lait près de 7000 éleveurs de l’Epire. C’est pour ces raisons que les agriculteurs bloquent régulièrement les axes routiers et, depuis peu, manifestent aux côtés des artisans, des salariés et des chômeurs.


  • cerise et Gallizour aiment ceci

#48 Bastringue

Bastringue
  • Genre: Homme
  • Localisation:Bretagne

Posté 12 mars 2013 - 22:55

Le coté positif du bordel actuel c'est que ça peut pousser les gens à sortir de l'individualisme et à retrouver de la solidarité en fonctionnant en réseau. Le net est super véhicule pour ça. Dans mon coin au niveau ultra local il y a tout un système d'échange qui se met en place et ça me parait très positif. J'y crois à cette possibilité de réinventer quelque chose qui ressemble au système D. Je viens d'un milieu pauvre qui ne manquait de rien et je me suis retrouvé bombardé dans un monde où même quand tu gagnes ta croute t'es pas content parce que t'as un sentiment de manque et d'insatisfaction que t'essaies de combler en cramant ta tune à travers des gadgets avec lesquels tu vas faire mumuse 5 minutes.

Il y a plein de trucs à faire, partout. Planter des noyers, des chataigniers, des fraisiers, des framboisiers, des noisetiers là où c'est possible, jusque dans les villes à la place de ces putains de pareterres de fleurs à la con; prendre  la place quoi.

 

Faut pas rester tout seul dans son coin. Il y a tout un monde à réinventer.

 

Vive la crise.


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#49 _(re)passant_

_(re)passant_

Posté 13 mars 2013 - 07:58

En Grèce les gens ne sont qu'a une grosse dizaine d'années de l'abandon de la vie rurale semi-autarciques avec souvent les vieux parents qui sont encore installés, le retour est plus facile qu'en France.

 

Bastringue dit: " Il y a plein de trucs à faire, partout. Planter des noyers, des châtaigniers, des fraisiers, des framboisiers, des noisetiers là où c'est possible, jusque dans les villes à la place de ces putains de parterres de fleurs à la con; prendre  la place quoi"

 

Avec la densité urbaine autour ça donnerai quoi?Trois framboises et une châtaigne par personne?  Au delà du symbole ça ne ferai pas grand-chose. Les espèces plantées sont choisies pour leur résistance à la vie urbaine comme le Ginkgo Biloba  qui est l'un des rares végétaux à se complaire des bords d'autoroute.  



#50 _Philbill_

_Philbill_

Posté 13 mars 2013 - 08:37

(( Avec la densité urbaine autour ça donnerai quoi? ))

 

Un monumental bazar...

Autre cas de figure: je me pose souvent la question de savoir ce qui se passerait en cas de très grave crise dans les grandes métropoles... Et ce n'est pas de la politique fiction.

il suffit d'imaginer un conflit "gravissime" au Proche Orient, ce qui nous pend au nez d'ailleurs, avec un brusque arrêt des approvisionnements en pétrole, donc dans un deuxième temps des ruptures d'approvisionnement dans les villes (Il faut bien transporter les denrées, et comme c'est à flux tendu, en quelques jours c'est la pénurie...

Si ces personnes déboulent à la campagne, rien ne sera organisé pour nourrir tout ce monde et surtout les éventuelles réserves ne suffiront pas...

Ce n'est qu'avec une remise en question globale et collective de ce système que nos sociétés pourront amortir les conséquences d'une telle éventualité... Car effectivement, on ne va pas nourrir ces foules avec une patate et trois haricots verts... 



#51 cerise

cerise
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  • Localisation:Provence

Posté 13 mars 2013 - 08:43

Je ne l'ai pas vu cité dans les pages précédentes : http://www.greekcrisis.fr/

C'est le blog de Panagiotis Grigoriou, un historien et ethnologue grec qui écrit en français. Il est aussi le fil conducteur du documentaire Khaos de Ana Dumitrescu, c'est d'ailleurs suite à ce film que j'ai eu envie d'en savoir plus et découvert son blog. Il fait un travail remarquable et mérite d'être suivi.

Il y a aussi le site d'infos en français http://www.okeanews.fr/



#52 Bastringue

Bastringue
  • Genre: Homme
  • Localisation:Bretagne

Posté 13 mars 2013 - 09:49

"Avec la densité urbaine autour ça donnerait quoi?"

 

C'est certainement dans les villes que ça va bouger le plus vite. ça bouge déjà. nécessité fait loi. Vous avez entendu parler du mouvement des "incroyables comestibles"?



#53 _(re)passant_

_(re)passant_

Posté 13 mars 2013 - 11:05

Oui , mais ultra marginal et il faut un minimum d'espace, un gros minimum même. Par chez moi la seule marge serait le vaste jardin de l'hopital  à transformer en potager. Qui le cultiverai ? Il faut compétences, suivi et coordination et ça ne dépasserai pas les cuisines du même hopital,  au dela il n'y a rien de crédible.  



#54 _(re)passant_

_(re)passant_

Posté 13 mars 2013 - 11:08

(( Avec la densité urbaine autour ça donnerai quoi? ))

 

Un monumental bazar...

Autre cas de figure: je me pose souvent la question de savoir ce qui se passerait en cas de très grave crise dans les grandes métropoles... Et ce n'est pas de la politique fiction.

il suffit d'imaginer un conflit "gravissime" au Proche Orient, ce qui nous pend au nez d'ailleurs, avec un brusque arrêt des approvisionnements en pétrole, donc dans un deuxième temps des ruptures d'approvisionnement dans les villes (Il faut bien transporter les denrées, et comme c'est à flux tendu, en quelques jours c'est la pénurie...

Il y a normalement 6 mois de stocks stratégiques + les pétroliers en route (plusieurs semaines) pour laisser le temps aux gouvernements de s'organiser ....théoriquement.

 

Il existe un forum ou on se préocupe beaucoup de ce genre de situation: forum olduvai (pas lien cliquables par l'ordi du travail!)



#55 Anonimo

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Posté 13 mars 2013 - 12:19

(( Avec la densité urbaine autour ça donnerai quoi? ))
 
Un monumental bazar...
Autre cas de figure: je me pose souvent la question de savoir ce qui se passerait en cas de très grave crise dans les grandes métropoles... Et ce n'est pas de la politique fiction.
il suffit d'imaginer un conflit "gravissime" au Proche Orient, ce qui nous pend au nez d'ailleurs, avec un brusque arrêt des approvisionnements en pétrole, donc dans un deuxième temps des ruptures d'approvisionnement dans les villes (Il faut bien transporter les denrées, et comme c'est à flux tendu, en quelques jours c'est la pénurie...
Si ces personnes déboulent à la campagne, rien ne sera organisé pour nourrir tout ce monde et surtout les éventuelles réserves ne suffiront pas...
Ce n'est qu'avec une remise en question globale et collective de ce système que nos sociétés pourront amortir les conséquences d'une telle éventualité... Car effectivement, on ne va pas nourrir ces foules avec une patate et trois haricots verts... 

J'ai franchement hate de voire l'arret totale!
...enfin la liberté!
Quant a m'approvisionnement alimentaire, l'humain fait preuve d'immagination
parfois! wink

a+

#56 Bastringue

Bastringue
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Posté 13 mars 2013 - 22:27

(re)passant: "Oui mais ultra marginal"

 

 

Oui mais, oui mais, oui mais... Tu sais pas dire oui sans un mais derrière?  :-D

 

Bien sur que c'est encore marginal, mais c'est par la marginalité que les choses vont bouger, pas par l'ordre établi.



#57 _(re)passant_

_(re)passant_

Posté 13 mars 2013 - 23:08

Quarante ans que je suis ce genre de sujets je suis à la fois sceptique et désabusé. 



#58 laurely

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Posté 14 mars 2013 - 19:00

Bonjour

 

Il ne faut peut-être pas oublier que le climat de la France n'est pas celui de la Grèce... Les possibilités agricoles sont différentes et différemment reparties sur l'année. Et en France le chauffage est une priorité qui prend du temps et de l'energie.

Sans parler des pays d'Europe centrale et du nord... une carte des climats d'Europe.



#59 _Philbill_

_Philbill_

Posté 15 mars 2013 - 08:08

Comme tu le dis, (re)passant, il y a "théoriquement" un peu de pétrole d'avance...

Et il y a aussi les travers de l'humain! Je suis également sceptique...

 

Ce qui pourrait arriver en cas de grave crise internationale qui toucherait la France par ricochet, c'est dans un premier temps une pénurie "artificielle" liée à la peur de manquer. Un réflexe individualiste et inévitable...

On a déjà vu des magasins vides en 2 ou 3 jours suite à des crises de bien moindre importance. Les gens vont se ruer sur les rayons des grandes surfaces, les stations services, etc...

Après, si les choses durent effectivement, une vraie pénurie bien "costaude" peut s'installer et là, ce sera bien plus compliqué à gérer!

Lorsque les populations des villes vont débouler dans les zones rurales ou péri-urbaines en se disant tout naturellement "là-bas, il y a de quoi manger", ce sera un joli chaos avec la violence qui va avec...

 

Et les expériences alternatives, d'abord les urbaines puis les rurales, malheureusement complètement marginales, seront confrontées à 2 choix:

- Ouvrir leurs porte par solidarité et elles seront balayées et pillées...

- Se protéger par tous les moyens et... elles seront balayées puis pillées!..

 

Car l'humain reste l'humain et lorsqu'il a faim ou froid ou soif, les belles idées ne tiennent pas 10 secondes confrontées à cette réalité... 

J'aime pourtant ces alternatives solidaires, j'ai adhéré à certaines, soutenu d'autres... Mais il ne faut pas se leurrer: avant qu'un nouveau système se mette en place, ce que l'on risque de devoir traverser n'aura vraiment rien à voir avec l'échange des semences aux portes ouvertes de l'association alternative du coin ou avec la discussion sur les vertus du rutabaga à l'AMAP de quartier!

Sans oublier que l'ordre établi sera aux abois et que sa priorité sera aussi de se préserver en maintenant justement l'ordre! Et pas avec des fleurs dans le canon des fusils...

 

Enfin, les chiffres parlent d'eux-mêmes: en 2010, 78% de la population française était urbaine, soit 48 millions de personnes qui dépendent en majorité du système pour leurs approvisionnements.

Les grecs sont au bord du gouffre, pas tout à fait encore, mais pas loin... Et lorsque les 3.500.000 habitants de l'agglomération d'Athènes vont débouler à la campagne pour simplement se nourrir, nous aurons un petit aperçu de ce qui risque de nous attendre.

Et je ne parle pas de ce qu'une désorganisation importante et anarchique donnerait sur la sécurité des centrales nucléaires. Ne l'oublions pas non plus!



#60 Shivaya

Shivaya
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Posté 15 mars 2013 - 11:04

Je ne crois pas à cette "ruée urbaine vers les campagnes" pour deux choses : l'instinct grégaire et surtout l'instinct de la grotte, et ça, c'est inscrit tellement profondément dans nos gènes que ça va en freiner beaucoup :) Je m'explique : si cette crise avec manque d'approvisionnement arrive, les urbains qui partiront à la campagne sont ceux qui ont une résidence secondaire (ou de la famille, minoritairement)  et qui auront peur de rester en ville. Pour les autres, la relative sécurité de leur domicile urbain sera beaucoup plus importante que partir chercher à manger en campagne avec le risque de dormir dehors, de croiser des "loups" sur le chemin, etc. Ils se débrouilleront pour trouver en ville, sur leur "lieu de chasse" habituel. De plus, grégairement, la majorité des urbains continueront à compter sur le "gouvernement" pour trouver une solution. Les plus débrouillards trouveront la solution pour organiser le ravitaillement en faisant du commerce entre campagne et ville. Il suffit de voir ce qui s'est passé à New York avec les inondations : il n'y a pas eu de ruée en masse vers l'extérieur, pourtant sur place, c'était vraiment la cata. Donc je pense que ceux qui iront en campagne (hors ceux qui ont une résidence secondaire) seront peu nombreux, par contre ce seront ceux qui n'auront pas peur des "loups" et sauront trouver une "grotte", donc les plus "forts" (avec tout ce que l'on peut entendre par "fort"). Je suis pas sure que ce soit mieux :)

D'après ce que j'ai lu, beaucoup de Grecs ont encore leurs parents en campagne, ils en sont à la première génération de "déruralisation" donc le retour à la campagne serait plus facile. Ce n'est pas sur que la situation en Grèce soit un modèle, du coup.