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Bostryche


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4 réponses à ce sujet

#1 leonpierreforte

leonpierreforte

Posté 28 octobre 2011 - 12:01

L'invasion d'un parasite due au changement climatique et son incidence sur les forêts alpines :

http://lionel-roquef...bostryche-a5514

#2 Tis

Tis

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Posté 18 avril 2019 - 17:31

Bostryche, gourmandise de pic
 
Il est connu depuis plus de 40 ans, par les études américaines, que la densité de pics augmente considérablement dans les surfaces riches en bostryches suite à des perturbations naturelles. Cette tendance est particulièrement marquée chez les pics tridactyles (fig. 1) en quête de nourriture. Durant les pullulations de bostryches, on a compté jusqu’à 22,2 individus par hectare en Amérique, surtout entre août et décembre quand les juvéniles s’éloignent de leur habitat de naissance. Dans le canton de Schwyz, on a dénombré, en été 1994, entre 14 et 16 pics tridactyles sur une surface de 1 hectare de forêt atteinte par les bostryches. La densité des pics nicheurs peut également augmenter d’un facteur de 2 à 21.
Les analyses des déjections et du contenu stomacal des pics tridactyles renseignent sur la composition de leur régime alimentaire. La nourriture des individus adultes est dominée par les bostryches, les longicornes (Cerambycidae) et les araignées. Durant la période de reproduction, les oiseaux adultes consomment surtout des longicornes, tandis que le reste de l’année ce sont essentiellement des larves et des adultes de bostryches. Les jeunes, par contre, sont souvent nourris avec des araignées et des larves de longicornes. Ainsi, la consommation de bostryches varie au cours de l’année pour atteindre le niveau le plus faible durant la période de reproduction.
Dans le parc national de Berchtesgaden, en Allemagne, les bostryches composaient plus de 80% de la nourriture des pics tridactyles adultes. En Finlande, avant la période de reproduction, les bostryches constituaient 97% des proies, tandis qu’en Amérique, lors de pullulations, ce chiffre atteignait 99% pour la nourriture hivernale. D’une manière générale, la proportion de bostryches dans le régime alimentaire augmente lorsque la taille des populations de ces insectes s’accroît. Par une température de −12° C, le besoin énergétique du pic tridactyle correspond à 3200 larves de bostryches par jour, tandis qu’à 10° C, il est d’au moins 1700 larves. Dès le début de la reproduction, le pic réduit sa consommation de bostryches en faveur d’une nourriture plus riche en calories, telle celle des larves plus grandes de longicornes.
 
Plus efficaces que les pièges

Une étude suisse estime le nombre de bostryches – larves, imagos et adultes – consommés annuellement par un pic à environ 670'000 individus. Ainsi, l’ensemble de la population de pics tridactyles en Suisse ingère environ 1,7 milliard de bostryches par an. En comparaison, entre 1984 et 1999, les 5000 à 25'000 pièges à bostryches ont attrapé en moyenne 85 millions d’individus par année, les valeurs les plus élevées ayant été atteintes après l’ouragan Vivian, avec 137 millions d’individus piégés en 1992. Les pics tridactyles sont donc beaucoup plus efficaces que les pièges à bostryches, surtout pendant les phases latentes.

 

Forte destruction indirecte

 

Outre qu’il prélève quantité de larves de bostryches, le pic tridactyle cause également une mortalité indirecte dans les pontes d’insectes par son travail de recherche de nourriture sur les troncs. En effet, lors de sa quête d’insectes, ce pic détache d’innombrables bouts d’écorce par ses coups de bec. Lorsqu’il trouve un arbre riche en nourriture, il peut le peler presque complètement en un temps record (fig. 2). Ainsi, les pontes de bostryches se retrouvent exposées aux intempéries, et les larves peuvent succomber aux températures extrêmes ou à la sécheresse.
En outre, des champignons pénétrant dans les galeries des bostryches grâce aux trous occasionnés par le pic peuvent à leur tour infester les larves. Finalement, les oiseaux et petits rongeurs dévorent les larves délogées et tombées à terre avec les bouts d’écorce. L’activité du pic favorise également le parasitisme des larves de bostryches: grâce à l’amincissement de l’écorce entamée par le pic, certains hyménoptères ayant un ovipositeur court deviennent capables d’atteindre les larves sous l’écorce.

 
+ d'infos dans l'article complet : https://www.waldwiss...kaefer/index_FR



#3 Tis

Tis

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Posté 22 juin 2019 - 09:21

Chez nous cet insecte est plus souvent nommé Ips typographe ou Scolyte.
Si mes souvenirs sont bons, Pierre Déom lui avait consacré un numéro de La Hulotte.
 

Le typographe n'attaque que les épicéas, ou presque. Il colonise généralement les arbres malades, stressés ou récemment abattus. On parle alors d'épicéas attractifs ou d'épicéas propices à la ponte (ou simplement arbres de ponte). Les mâles partent en pionniers à la recherche de tels arbres. Ils sont attirés par des substances odorantes émanant des tissus corticaux de ces arbres (kairomones) et par les substances attractives sécrétées par leurs congénères (phéromones). Après avoir foré un couloir de pénétration et s'être accouplés, ils forment une nouvelle génération.

Un épicéa sain peut empêcher l'intrusion des scolytes en sécrétant de la résine collante.

https://fr.wikipedia...yche_typographe



#4 michmuch80

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Posté 25 juin 2019 - 07:58

Les sapins du pied du Jura meurent par centaines

«Des arbres qui meurent en si grand nombre et à cette période de l’année, c’est du jamais vu», constate l’inspecteur cantonal des forêts, Jean-François Métraux. Le mal touche le pied du Jura, entre Nyon et Yverdon, mais aussi les secteurs secs des Préalpes.

Facteurs multiples

Cette mortalité massive est le résultat de plusieurs facteurs s’alliant pour nuire: les sécheresses et les pics de chaleur qui affaiblissent les arbres, les coups de vent qui cassent des branches et les insectes, comme le bostryche, qui profitent de la situation pour proliférer et achever le travail. «De manière générale, depuis la tempête Lothar, en 1999, et la grande sécheresse de 2003, les écosystèmes sont fragilisés, explique Jean-François Métraux. La sécheresse de l’été passé a sans doute été le coup de trop pour ces arbres. Ils n’ont pas réussi à reprendre leur cycle ce printemps.» https://www.tdg.ch/s.../story/19287757


Modifié par michmuch80, 25 juin 2019 - 07:59 .


#5 Tis

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Posté 30 juin 2019 - 13:04

La carte publiée récemment par la Draaf (1) de Nouvelle-Aquitaine montre que le phénomène est bien présent sur toute la montagne limousine. Et qu'il essaime désormais dans de nombreux foyers en Creuse, Corrèze et Haute-Vienne.
« Le scolyte a toujours existé dans les épicéas, c'est un parasite endémique de cette essence. Mais son activité depuis quelques mois semble décuplée », constate-t-on d'une même voix à l'ONF (2) et au CRPF (3).
En vigilance renforcée, ces deux organismes parlent d'un stade pré-épidémique et redoutent que l'été à venir ne fasse qu'empirer la situation. Car c'est à l'été dernier que le phénomène a pris de l'ampleur.
« Le scolyte est actif dès que les températures dépassent les 18°C et s'attaque aux arbres affaiblis. La sécheresse de l'an dernier lui a donc été favorable. Tout comme la douceur des températures jusque tard en automne, qui ont permis à une deuxième génération d'insectes de voir le jour dans une même saison, là où il n'y en aurait qu'une seule d'habitude », schématise Jean-Luc Farges du CRPF de la Creuse.
[...]
Afin de tempérer les inquiétudes, la profession rappelle que des attaques de scolytes ont déjà été observées par le passé, notamment après la grande tempête de 1999.
Il n'en reste pas moins que l'attaque d'aujourd'hui semble irréversible dans le paysage : sous les assauts du scolyte et sans replantations, on estime que  l'épicéa disparaîtra à moyen terme des zones qui lui sont le moins favorables. C'est à dire en dessous des 800 mètres d'altitude, comme en Limousin.

https://www.lamontag...reuse_13588956/
 
A Egletons, en Corrèze, la commune a d'ailleurs décidé de replanter des érables fastigiés à l'automne prochain pour remplacer les épicéas atteints qui ont été prélevés en mars dernier.