Aller au contenu


Photo

Le tirage au sort : une bombe durable contre l'oligarchie

vote démocratie aristocratie oligarchie etienne chouard

  • Veuillez vous connecter pour répondre
140 réponses à ce sujet

#41 Libelule

Libelule
  • Genre: Femme
  • Localisation:la Gaude (06)
  • Intérêts:partons du principe que tout est intéressant...
    toutes fois prédominent pour moi les sujets tels que la vie, l'amour, la nature, la créativité et la spiritualité.

Posté 01 dcembre 2011 - 10:31

alors voilà, je suis complétement d'accord avec le principe que l'argent comrrompt les politiques, c'est un fait réel mais qui existe depuis si longtemps...
Par aileurs, Chaudron, ce que tu dis sur le fait d'agir à un niveau individuel avant de le faire collectivement, ça résonne en moi et c'est une chose que j'ai toujours adopté.
Il m'est arrivé quelque chose récement, dont je vais vous faire part, qui me fait complétement fliper et qui me pousse à réfléchir encore un peu plus sur le sujet:

L'autre soir, en rentrant chez moi, je tombe sur un gars qui était complétement bourré et qui me demande du feu. Il commmence à marcher à côté de moi et on discute...
Il a 27 ans, est d'origine marocaine, né en italie. Il travaille comme carriste et aussi dans un cabaret célèbre de Paris, il gagne 2000 euros par mois.
De fil en aiguille, il en vient à parler politique.
Pour remettre dans le contexte, c'était à Montreuil, une ville pour ceux qui ne connaissent pas d'extrème gauche.
Bref, il me dit qu'il va voter Marine Le Pen, qu'il n'est pas raciste bien évidemment mais qu'il veut que des têtes soient coupées...
j'essaye de lui dire que selon moi, les problèmes ne viennent pas de l'immigration mais des politiques et du gouvernement. Ce fut vain car il discutait surtout pour lui et un dialogue n'était pas possible.
Il finit par me dire que je suis comme sa grand mère, d'extrème gauche (je ne confirme pas, je ne réfute pas non plus) et sur ce, il dit texto: "ma grand mère est partie vivre en Normandie, le problème avec les gens de gauche, c'est qu'ils partent tous!"
On s'est quitté là dessus...

ce petit événement, en apparence anodin, a soulevé en moi de nombreuses questions:

Déjà, comment peut on avoir un raisonnement aussi simpliste et vouloir voter Le Pen qui combat corps et âme l'immigration, alors qu'on est soi même d'origine étrangère? pour moi c'est tout simplement un non sens...
De plus ça m'a rappelé que j'entends pleins de gens autour de moi qui pensent voter Le Pen aux élections?
d'un côté, ça me terrorise, de l'autre, je me dis que faire sinon voter pour le moins pire et cela même si je ne suis en accord avec aucun parti?
De plus, je me dis que si effectivement le front nationnal passe, on tend un peu plus vers une révolution???

Mais par ailleurs, partant du principe que l'on commence à changer individuellement...
Il a raison ce gars là de dire que les personnes en désaccord avec le système partent (je me reconnais aussi là dedans), c'est logique, on recherche tous un meilleur niveau de vie et pour moi être plus heureuse revient à adopter un mode de vie plus simple, en harmonie avec dame nature...

Pourtant, l'idée que le front nationnal passe me donne à penser qu'il va y avoir une logique de grande gueguerre contre les modes de vie alternatifs, les marginaux, la différence en générale, alors là que fait on?
Je ne veux pas me cacher, je ne veux pas non plus faire la guerre... et encore moins me fondre dans la masse et donner l'illusion que je suis un bon petit soldat de la société!

S'il vous plaît donnez moi matière à réfléchir parce que là, je tourne en rond...

#42 _chaudron_

_chaudron_

Posté 01 dcembre 2011 - 12:37

alors voilà, je suis complétement d'accord avec le principe que l'argent comrrompt les politiques, c'est un fait réel mais qui existe depuis si longtemps...
Par aileurs, Chaudron, ce que tu dis sur le fait d'agir à un niveau individuel avant de le faire collectivement, ça résonne en moi et c'est une chose que j'ai toujours adopté.
Il m'est arrivé quelque chose récement, dont je vais vous faire part, qui me fait complétement fliper et qui me pousse à réfléchir encore un peu plus sur le sujet:

L'autre soir, en rentrant chez moi, je tombe sur un gars qui était complétement bourré et qui me demande du feu. Il commmence à marcher à côté de moi et on discute...
Il a 27 ans, est d'origine marocaine, né en italie. Il travaille comme carriste et aussi dans un cabaret célèbre de Paris, il gagne 2000 euros par mois.
De fil en aiguille, il en vient à parler politique.
Pour remettre dans le contexte, c'était à Montreuil, une ville pour ceux qui ne connaissent pas d'extrème gauche.
Bref, il me dit qu'il va voter Marine Le Pen, qu'il n'est pas raciste bien évidemment mais qu'il veut que des têtes soient coupées...
j'essaye de lui dire que selon moi, les problèmes ne viennent pas de l'immigration mais des politiques et du gouvernement. Ce fut vain car il discutait surtout pour lui et un dialogue n'était pas possible.
Il finit par me dire que je suis comme sa grand mère, d'extrème gauche (je ne confirme pas, je ne réfute pas non plus) et sur ce, il dit texto: "ma grand mère est partie vivre en Normandie, le problème avec les gens de gauche, c'est qu'ils partent tous!"
On s'est quitté là dessus...


si t'essayais de le convaincre qu'il avait tord et qu'il restait camper sur ses positions c'est sûr que c'est un peu un dialogue de sourd XD

ce petit événement, en apparence anodin, a soulevé en moi de nombreuses questions:

Déjà, comment peut on avoir un raisonnement aussi simpliste et vouloir voter Le Pen qui combat corps et âme l'immigration, alors qu'on est soi même d'origine étrangère? pour moi c'est tout simplement un non sens...


je sais pas, je pense que chacun peut avoir ses raisons de voter un tel ou un tel, ça nous permet de nous diviser ^^ pour mieux régner XD et honnêtement je trouve que ça soit de la gauche à la droite c'est grossièrement la même soupe dégueulasse avec juste des nuances d'épices suivant si on aime le piquant ou bien salé etc... c'est pour quoi j'ai utilisé ma carte électoral pour autre chose et à la place je fais ma vie et je m'en fou que les gens soit de l'extrème gauche à l'extrème droite, tant qu'ils m'imposent pas trop violemment leurs idées XD

De plus ça m'a rappelé que j'entends pleins de gens autour de moi qui pensent voter Le Pen aux élections?
d'un côté, ça me terrorise, de l'autre, je me dis que faire sinon voter pour le moins pire et cela même si je ne suis en accord avec aucun parti?


y'a trop plein de truc à faire !! vivre les rêves par exemple, voter pour le moins pire c'est continuellement se contenter de quelque chose de misérable. perso je préfère faire avec ce qui me rend heureux, ce qui me rempli ^^ parceque de toutes façons on se fait entuber de tous les côtés, comme dirait danakil y'a beaucoup trop de lois pour pouvoir vivre en toute légalité, il est interdit de vivre simplement, alors on peut faire la révolution à notre échelle personnel en se réappropriant la vie, puis de tous pleins de côtés les gens se libère, on avance petit à petit ^^

en fait faut réussir à construire un pont par dessus la faille qui sépare nos rêves de nos actions, comme ça notre vie dépend plus d'un maître exterieur, mais du maître interieur, on est plus en proi aux fluctuations exterieur, à un méchant politique voté au moins pire, à des aliments de mauvaise qualité, etc...... on redevient des créateur ^^ et ça c'est le pire qu'il puisse y'avoir pour les politique et notre système cancérigène XD

De plus, je me dis que si effectivement le front nationnal passe, on tend un peu plus vers une révolution???

Mais par ailleurs, partant du principe que l'on commence à changer individuellement...
Il a raison ce gars là de dire que les personnes en désaccord avec le système partent (je me reconnais aussi là dedans), c'est logique, on recherche tous un meilleur niveau de vie et pour moi être plus heureuse revient à adopter un mode de vie plus simple, en harmonie avec dame nature...

aucun des politique ne le propose ça, il faut se le réapprooprier, ou alors se contenter de se donner bonne conscience en adoptant allant en consommant bio ou éthique ou en faisant du développement durable

Pourtant, l'idée que le front nationnal passe me donne à penser qu'il va y avoir une logique de grande gueguerre contre les modes de vie alternatifs, les marginaux, la différence en générale, alors là que fait on?
Je ne veux pas me cacher, je ne veux pas non plus faire la guerre... et encore moins me fondre dans la masse et donner l'illusion que je suis un bon petit soldat de la société!

S'il vous plaît donnez moi matière à réfléchir parce que là, je tourne en rond...


t'en fais pas on est déjà dans une logique de gueguerre contre les modes de vie alternatif, contre ceux qui font avec rien, on est obligé d'avoir un travail, un crédit, ou de toujours dépendre de quelque chose pour vivre, on doit payer de la sueur de notre front le droit de vivre ^^ alors vivre simplement c'est incompatible parceque déjà la nature n'a plus sa place dans notre monde, tout est privé et réglementé, et on détruit la faculté de la nature de nous nourrir, d'années en années je vois de moi en moins de poissons et de crabes et autre dans la mer, et c'est pas mieux dans les rivières et dans les forêts.

#43 Niko57

Niko57
  • Genre: Femme
  • Localisation:Dans les vosges chez soi !
  • Intérêts:Chevaux, permaculture, jardin expérimentaux, autonomie...

Posté 01 dcembre 2011 - 12:43

J'ai trouvé le point de vue de Monsieur Chouard très intéressant, d'abord car il a raison et ouvre les yeux sur la réalité de notre "démocratie" et ensuite parce que vous l'avez tous dit il propose une solution.
Mais la solution est clair, par contre, il ne propose pas de chemin pour arriver à obliger les 1% à se plier sous les 99% que nous sommes !

En attendant dans cette video il y a pas mal de vérité intéressante aussi .

#44 _NosLibertes_

_NosLibertes_

Posté 01 dcembre 2011 - 12:53

Tout système a comme fonction première de se reproduire, se développer, se maintenir, comme les animaux, les insectes, les humains le font au quotidien.

Dans notre système actuel il existe aujourd’hui peu de choix, et surtout pas de choix pour anéantir ce système, car le système n'a pas vocation à se tirer une balle dans le pied. Pour simplifier :
- Les représentants du système actuel (PS-UMP).
- Les représentants du système actuel en version 2.0 (améliorée) : les verts.
- Les fausses alternatives (Front de Gauche, Front de Droite).

Chaque parti représente une clientèle différente :
- PS-UMP : classe moyenne, classe supérieure.
- Les Verts : urbains du tertiaire et femmes urbaines du tertiaire.
- Front de gauche, front de droite : classe populaire croyant que ces partis font faire ce que 219 ans de politique (1792 : 1ere République) n’ont jamais réalisé : donner le pouvoir au peuple ou au moins arrêter de taxer à tout va et d’interdire à tout prix.

Ton jeune homme de 27 ans en question, ne réfléchit pas par rapport à l’immigration, mais par rapport au fait que le Front de droite promet de faire le ménage chez les politiciens corrompus. Donc il y voit un espoir de vivre mieux.

Notre système n’a aucune envie d’évoluer, car en réalité tout est parfait : Les multinationales dirigent le monde, contrôlent les politiques et les médias et travaillent à nous rendre le plus pauvre possible et le plus docile possible. Pourquoi changer un modèle parfait, dont la meilleure représentation, en 2011, est le capitalisme collectiviste (communiste) chinois : travaille pour la gloire de la Chine dans un camp de travail forcé et tais-toi !

Certains pensent que le système pourrait évoluer par le haut, comme Étienne Chouard par exemple. C’est-à-dire que le système accepterait de ne plus être au service d’une petite oligarchie (quelques milliardaires, pour faire simple). C’est assez illusoire, il me semble, car ce serait comme proposer à une entreprise qui vend des appareils de chimiothérapie, et réalise des milliards d’euros avec ce commerce lucratif, de tout arrêter pour donner des conseils gratuits afin de soigner les cancers par l’action de certaines vitamines, ou bien de demander à un marchand de canons de vendre de la charcuterie ou du pain dans une modeste boulangerie...

Notre système est dans l’impasse du fait, selon moi, de la taille gigantesque de certains acteurs économiques (pétrole, chimie, pharmacie, nucléaire, alimentaire, militaire, etc.). Une des solutions, face à ce constat, pourrait être de développer le plus possible l’autonomie de chacun (santé, alimentation, énergie, culture, transport, etc.). Nous serons alors, peut-être, en mesure de supprimer, ou de diminuer les pouvoirs du tyran central : l’État-Multinationales.

« C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir a tendance à en abuser. Tout homme va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. » (Montesquieu)

Bonne journée,

Modifié par NosLibertes, 01 dcembre 2011 - 12:58 .

  • EcliptuX et sebashi aiment ceci

#45 pitibonom

pitibonom

    Apprenti décroisseur.

  • Membres
  • 376 messages
  • Genre: Homme

Posté 01 dcembre 2011 - 13:19

Intéressantes toutes vos remarques, bien que s'éloignant du sujet initial.

@libellule:
Concernant MLP, il n'y a objectivement aucune raison valable qu'elle soit mieux ou pire que le président actuel.
Si elle arrive aujourd'hui dans les favoris, ce n'est pas parce qu'elle présente ou parle mieux que son père, ni grace
à son brushing, pas plusqu'à son apparente intelligence. Elle est une actrice choisie par le casting et mise en scène
par le réalisateur. Et elle joue son role.... son role de maman....

Les francais ne raisonnent plus depuis bien longtemps. Ils sont comme des poupons qui braillent pour une raison
qu'ils ne parviennent pas à analyser et encore moins à exprimer. La présence rassurante de la maman, du sein
maternel nourricier et protecteur est pensent-ils la réponse inconsciente à tous leurs maux.
Mais ne soyons pas dupes. Car si mélenchon a un fond de commerce différent, son but est le même que MLP:
nous vendre des berceuses....

Il faut pousser les gens a réapprendre à avoir un esprit critique. Ou au moins a (se) poser des questions.

Et c'est là, à la fois le plus difficile, le plus douloureux et le plus important.


Bonnes routes à tous ! :)
  • Shivaya aime ceci

#46 leadthump

leadthump
  • Genre: Homme

Posté 01 dcembre 2011 - 13:31

c'est comme dans un métro , quand on est sur le quai tout le monde veut rentrer , une fois dedans on se rend compte qu'il y a trop de monde et on espère que les autres ne rentrent plus .
On ne veut pas partager ce qu'on a eu du mal a acquérir ..la peur que d'autre prennent notre place ou nous face de l'ombre;
Dans ce cas ,que l'autre ai des points commun ,cela nous importe peu .
C'est la compétition .

Modifié par leadthump, 01 dcembre 2011 - 13:43 .


#47 erudìhen

erudìhen

Posté 30 dcembre 2011 - 14:23

Dommage, on entend bien quelqu'un qui rêve d'une société nourrie aux aliments synthétiques, c'est très révélateur. On dirait qu'on passe de Tocqueville (un être humain qui se prend pour un dispositif choisit pour nous) à Asimov (un dispositif choisit pour nous). La logique reste de surcroît guerrière, on pose des bombes durables, faut pacifier, rien à voir avec le fait d'être pacifique. Or si il y a bien une chose à laquelle il faut se détacher c'est cette idéologie guerrière qui est derrière tout ici et surtout de faire de la nourriture naturelle qui puisse soigner. Ensuite de voir que le quotidien est comme une houle, par contre ce qui nous emporte c'est le courant, le passage d'un habitat naturel à celui entièrement artificiel (koyaanisqatsi), avec des objets techniques tellement omniprésents qu'on est inconscient de leur présence.
En restant dans la guerre et l'aliment artificiel, on se pose d'emblée comme une continuation de la civilisation présente : la politique n'est qu'un milieu incroyablement désastré et pollué parmi d'autres, avant de commencer à réparer, on doit soustraire le blessé aux causes du sinistre. Ce qui n'est pas simple, c'est même, le coeur du problème et de la solution, il n'est pas tant matériel que ça n'est-ce pas.

L'égalité politique nous est aussi étrangère que les poulets 'd'élevage', disons de rabaissage, la lumière du soleil.
C'est sûr que la dépolitisation est une grosse bêtise, c'est comme si la radio passait que de la musique pourrie, tellement pourrie qu'on peut difficilement la qualifier de musique, et qu'on se mettait à ne plus écouter du tout de musique. Ce n'est pas la musique qu'il faut éviter, non, c'est la radio, et surtout savoir reconnaître la vraie musique, pas celle artificielle, celle naturelle d'un parc arboré, un savoir presque totalement perdu.
On voit d'ailleurs la même méprise face à la nourriture : l'agriculture n'est plus qu'un truc infâme, qu'à cela ne tienne on ne va plus faire d'agriculture du tout et faire des aliments synthétiques issus des machines, or faire ça ce n'est qu'une continuation de la manière de faire actuelle, on passe de la nourriture faite machinalement à partir d'êtres vivant à de la nourriture faite machinalement tout court puisque le vivant nous gêne.
Même chose en politique, à vrai dire, les politiciens ne s'occupent même pas de politique, ou le moins possible, on a encore mis un mot à la place d'un autre, partout où on regarde sur les titanics en béton, c'est l'absence totale d'organisation et de gestion réussie des villes, choses aussi connues sous le nom de politique. On peut aussi faire le rapprochement avec ceci : dans la taïga, les clairières s'appelaient les "poliés", c'est dans les clairières que sont apparues les villes, puis le béton a recouvert complètement le polié, comment peut-on encore l'appeler ainsi, la "poliétique", un mot plus précis ce serait la "bétonitique". Comme si on pouvait résoudre un problème de math en voulant écrire sur la copie en faisant des traces de pneus avec une voiture, impossible d'arriver à quoi que ce soit à part bousiller la copie, s'énerver parce qu'on connaît la solution sans pouvoir l'écrire.

J'ai bien aimé lorsqu'il parle de Tocqueville, il expose bien la manière libérale de faire, amorphe, aux cent visages -celui qui vous plaîra de voir, cruel parmi les cruels, doux parmi les doux, bref la neutralité ou l'art du ni oui ni non porté à la perfection. Autant dire qu'il est incroyablement difficile de se débarrasser de ce truc, on est là dedans tous comme ces oiseaux mazoutés, la première chose à faire c'est de prendre conscience de cette pollution, car autant le milieu est pollué, autant la tête des gens l'est aussi. Quand on regarde les villes idéales qu'ils nous pondent dans leur livres, on y voit souvent des villes en quadrillage, des gens en uniforme gris, bref une organisation autour des machines et non pas du milieu, ou plutôt, la machine a supplanté le milieu. On y cache si bien sa pensée qu'il ne peut y avoir de pensée, comme si on faisait tourner son intellect tout seul, chose purement mécanique, détaché de l'esprit -d'où l'invocation du mot liberté, pour dire un déchaînement- or toute les mécaniques, les objets s'entendent parfaitement : l'objet ne ressent par définition rien. Ce n'est pas pour rien que cette manière est née en même temps que l'arrivée de la machine à vapeur et du chaos industriel : l'Occident tire sa force de domination de la soumission absolue aux machines, et cette soumission s'accompagne de la manière de faire (même pas de penser) adaptée, qui consiste à diluer dès qu'un fragment de pensée apparaît. Ce n'est pas un contrôle très lourd et invasif de l'individu, c'est simplement qu'on dilue sa substance dans une obésité purement intellectuelle ou matérielle quelconque, on peut simplement prendre conscience de ça.


"D'une manière générale, entre êtres humain, les rapports de domination et de soumission, n'étant jamais pleinement acceptables, constituent toujours un déséquilibre sans remède et qui s'aggrave perpétuellement lui-même ; il en est ainsi même dam le domaine de la vie privée, où l'amour, par exemple, détruit tout équilibre dans l'âme dès qu'il cherche à s'asservir son objet ou à s'y asservir. Mais là du moins rien d'extérieur ne s'oppose à ce que la raison revienne tout mettre en ordre en établissant la liberté et l'égalité ; au lieu que les rapports sociaux, dans la mesure où les procédés mêmes du travail et du combat excluent l'égalité, semblent faire peser la folie sur les hommes comme une fatalité extérieure. Car du fait qu'il n'y a jamais pouvoir, mais seulement course au pouvoir, et que cette course est sans terme, sans limite, sans mesure, il n'y a pas non plus de limite ni de mesure aux efforts qu'elle exige ; ceux qui s'y livrent, contraints de faire toujours plus que leurs rivaux, qui s'efforcent de leur côté de faire plus qu'eux, doivent sacrifier non seulement l'existence des esclaves, mais la leur propre et celle des êtres les plus chers ; c'est ainsi qu'Agamemnon immolant sa fille revit dans les capitalistes qui, pour maintenir leurs privilèges acceptent d'un cœur léger des guerres susceptibles de leur ravir leurs fils.
Ainsi la course au pouvoir asservit tout le monde, les puissants comme les faibles. Marx l'a bien vu en ce qui concerne le régime capitaliste. Rosa Luxemburg protestait contre l'apparence de « carrousel dans le vide » que présente le tableau marxiste de l'accumulation capitaliste, ce tableau où la consommation apparaît comme un « mal nécessaire » à réduire au minimum, un simple moyen pour maintenir en vie ceux qui se consacrent soit comme chefs soit comme ouvriers au but suprême, but qui n'est autre que la fabrication de l'outillage, c'est-à-dire des moyens de la production. Et pourtant c'est la profonde absurdité de ce tableau qui en fait la profonde vérité ; vérité qui déborde singulièrement le cadre du régime capitaliste. Le seul caractère propre à ce régime, c'est que les instruments de la production industrielle y sont en même temps les armes principales dans la course au pouvoir ; mais toujours les procédés de la course au pouvoir, quels qu'ils soient, se soumettent les hommes par le même vertige et s'imposent à eux à titre de fins absolues. C'est le reflet de ce vertige qui donne une grandeur épique à des œuvres comme la Comédie humaine, ou les Histoires de Shakespeare, ou les chansons de geste, ou l'Iliade. Le véritable sujet de l'Iliade, c'est l'emprise de la guerre sur les guerriers, et, par leur intermédiaire, sur tous les humains ; nul ne sait pourquoi chacun se sacrifie, et sacrifie tous les siens, à une guerre meurtrière et sans objet, et c'est pourquoi, tout au long du poème, c'est aux dieux qu'est attribuée l'influence mystérieuse qui fait échec aux pourparlers de paix, rallume sans cesse les hostilités, ramène les combattants qu'un éclair de raison pousse à abandonner la lutte.

Aussi ce ne sont pas les hommes, mais les choses qui donnent à cette course vertigineuse au pouvoir sa limite et ses lois. Les désirs des hommes sont impuissants à la régler. Les maîtres peuvent bien rêver de modération, mais il leur est interdit de pratiquer cette vertu, sous peine de défaite, sinon dans une très faible mesure ; aussi, en dehors d'exceptions quasi miraculeuses, telle que Marc-Aurèle, deviennent-ils rapidement incapables même de la concevoir. Quant aux opprimés, leur révolte permanente, qui bouillonne toujours bien qu'elle n'éclate que par moments, peut jouer de manière à aggraver le mal aussi bien que de manière à le restreindre ; et elle constitue surtout dans l'ensemble un facteur aggravant, du fait quelle contraint les maîtres à faire peser leur pouvoir toujours plus lourdement de crainte de le perdre. De temps en temps, les opprimés arrivent à chasser une équipe d'oppresseurs et à la remplacer par une autre, et parfois même à changer la forme de l'oppression ; mais quant à supprimer l'oppression elle-même, il faudrait à cet effet en supprimer les sources, abolir tous les monopoles, les secrets magiques ou techniques qui donnent prise sur la nature, les armements, la monnaie, la coordination des travaux. Quand les opprimés seraient assez conscients pour s'y déterminer, ils ne pourraient y réussir. Ce serait se condamner à être aussitôt asservis par les groupements sociaux qui n'ont pas opéré la même transformation ; et quand même ce danger serait écarté par miracle, ce serait se condamner à mort, car, quand on a une fois oublié les procédés de la production primitive et transformé le milieu naturel auquel ils correspondaient, on ne peut retrouver le contact immédiat avec la nature. Ainsi, malgré toutes les velléités de mettre fin à la folie et à l'oppression, la concentration du pouvoir et l'aggravation de son caractère tyrannique n'auraient point de bornes s'il ne s'en trouvait heureusement dans la nature des choses. Il importe de déterminer sommairement quelles peuvent être ces bornes ; et à cet effet il faut garder présent à l'esprit que, si l'oppression est une nécessité de la vie sociale, cette nécessité n'a rien de providentiel. Ce n'est pas parce qu'elle devient nuisible à la production que l'oppression peut prendre fin ; la « révolte des forces productrices », si naïvement invoquée par Trotsky comme un facteur de l'histoire, est une pure fiction. On se tromperait de même en supposant que l'oppression cesse d'être inéluctable dès que les forces productives sont assez développées pour pouvoir assurer à tous le bien-être et le loisir. Aristote admettait qu'il n'y aurait plus aucun obstacle à la suppression de l'esclavage si l'on pouvait faire assumer les travaux indispensables par des « esclaves mécaniques », et Marx, quand il a tenté d'anticiper sur l'avenir de l'espèce humaine, n'a fait que reprendre et développer cette conception. Elle serait juste si les homme étaient conduits par la considération du bien-être ; mais, depuis l'époque de l'Iliade jusqu'à nos jours, les exigences insensées de la lutte pour le pouvoir ôtent même le loisir de songer au bien-être. L'élévation du rendement de l'effort humain demeurera impuissante à alléger le poids de cet effort aussi longtemps que la structure sociale impliquera le renversement du rapport entre le moyen et la fin, autrement dit aussi longtemps que les procédés du travail et du combat donneront à quelques-uns un pouvoir discrétionnaire sur les masses ; car les fatigues et les privations devenues inutiles dans la lutte contre la nature se trouveront absorbées par la guerre menée entre les hommes pour la défense ou la conquête des privilèges. Dès lors que la société est divisée en hommes qui ordonnent et hommes qui exécutent, toute la vie sociale est commandée par la lutte pour le pouvoir, et la lutte pour la subsistance n'intervient guère que comme un facteur, à vrai dire indispensable, de la première. La vue marxiste selon laquelle l'existence sociale est déterminée par les rapports entre l'homme et la nature établis par la production reste bien la seule base solide pour toute étude historique ; seulement ces rapports doivent être considérés d'abord en fonction du problème du pouvoir, les moyens de subsistance constituant simplement une donnée de ce problème. Cet ordre semble absurde, mais il ne fait que refléter l'absurdité essentielle qui est au cœur même de la vie sociale. Une étude scientifique de l'histoire serait donc une étude des actions et des réactions qui se produisent perpétuellement entre l'organisation du pouvoir et les procédés de la production ; car si le pouvoir dépend des conditions matérielles de la vie, il ne cesse jamais de transformer ces conditions elles-mêmes. Une telle étude dépasse actuellement de très loin nos possibilités ; mais, avant d'aborder la complexité infinie des faits, il est bon d'élaborer un schéma abstrait de ce jeu d'actions et de réactions, à peu près comme les astronomes ont dû inventer une sphère céleste imaginaire pour s'y reconnaître dans les mouvements et les positions des astres."



#48 Sortirdelhiver

Sortirdelhiver
  • Genre: Femme
  • Localisation:Lorraine

Posté 11 janvier 2012 - 13:56

J'ai eu l'occasion d'assister à une conférence d'Etienne Chouard à ce sujet. C'était passionnant, même pour les profanes comme moi.

Un article du Monde daté de ce jour sur une initiative de tirage au sort chez les écologistes messins ici .

#49 néothé

néothé
  • Genre: Femme
  • Localisation:environ montelimar

Posté 25 janvier 2012 - 11:19

merci sortiedel'hiver pour cet article intéressant et qui illustre ce que j'ai écris je ne sais plus sur quel fil à ce propos
le parti EELv a aussi voté dans ses statut une clauses qui désigne au hasard des représentant, pour la coordination nationale
l'idée est bien de lutter contre le carriérisme, présent chez beaucoup d'humain y compris écologiste!
les règles sont bien la en garde fou, non cumul des mandats, pas le droit de se représenter plus de 2 fois sur un poste...
pour ma part je ne milite pas pour que les écologiste du parti EELV soient majoritaire, je pense qu'il faut participer aux élections pour tenter d’être représenter dans les instances politiques, car la où je vois des écologistes, même ultra minoritaire, je vois avancer les choses dans le bon sens, parce qu’ils ont des choses à proposer innovante et viable, de l'intérieur ils arrivent petit à petit à les expliquer et les appliquer
c'est pourquoi, pragmatique comme je suis, je ne comprend toujours pas ceux qui refusent de voter alors qu'ils défendent les mêmes idées, ce qui pour moi tiens de l’infantilisme (désolé si je choque mais comme à mon habitude je revendique ma pensée et je me sent libre de l'exprimer)
le jeu est ainsi fait avec ses règles actuelles, le seul moyen de changer les règles est d'être élu démocratiquement..;enfin avec ces règles "démocratique" la...
ceux qui refusent de jouer ont ils la capacité à changer les règles? que proposent-ils de plus concret,?
j'ai toujours pensé que dire non ne suffisait pas, j'ai toujours craint l'anarchie pas plus protecteur de l'emprise des gros égo sur les petits...que le systhème actuel
je pense que le hasard à du bon mais sur un groupe défini de personnes engagées, parce que cela porte le groupe et pas l'individu, mais pas un tirage au sort dans la population lambda, mais bien au sein des parti au sein de leur groupe, afin de rappeler que lorsqu'on est élu on représente le groupe!!
voila en vrac mes considérations perso...

#50 sebashi

sebashi

    Apprenti terrien

  • Membres
  • 343 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Aveyron

Posté 25 janvier 2012 - 16:52

Je pense que si l'on pouvait tous décider (referendum, vote, enfin nous demander notre avis ) des grandes décisions d'un pays au niveau national et action internationale , ça changerai déjà du tout au tout .

Si on pouvait tous se mettre d'accord sur ses grandes lignes (à peu prêt, on a tous des avis divergeant ) :

- Continuité de l'armée ( et les gueguerres , peut importe les tenants et les aboutissants )
- L'education libre
- La santé libre
- L'energie libre et sereine ( pour les enfants de nos enfants, et les progénitures de nos créatures )
- la liberté, l'amitié, la fraternité ... ^^

A court terme, on demande à tous est ce qu'ils veulent ou non sur la question du nucléaire avec prise de conscience des enjeux
-- ------- ------- --- ------------ - --- etc ...

Quand on laisse un gouvernement, un groupement élu .. faire ce genre de choix tout seul ( ce qui se passe depuis un moment ) c'est corrompu, magouille, arrangement et compagnie .

Si on arrivait à mettre juste cette "subtilité" en place, ça serai un grand pas en avant ... mais je vous fait pas un dessin, c'est la fin de l'argent roi, et le roi ne fera rien qui risquerai de faire perdre son trône !

#51 _strychnine_

_strychnine_

Posté 26 janvier 2012 - 06:24

Le problème est que la démocratie actuelle n'est plus pour moi une démocratie. Les gens sont élus, mais ils ne font pas la politique pour laquelle ils ont été élus...
Ça ne marche plus, c'est complètement biaisé.
Quant à attendre l'homme ou la femme providentiel dans ce régime qui est complètement corrompu, je n'y crois pas. J'aimerais un Vaclav Havel, mais je n'en vois pas.
Donc, j'estime que la bonne façon aujourd'hui de pousser à un changement populaire de constitution, c'est de pousser à l'abstention. Une abstention de plus de 51%, ce qui annulerait l'élection et leur rabattrait le caquet, à tous ces pourris!
Je pense que ça ferait un effet " An 2001 " : On arrête tout, on réfléchit et c'est pas triste...
Une révolution douce en quelque sorte.

#52 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

  • Membres
  • 14 062 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:LE MANS

Posté 26 janvier 2012 - 08:00

A l'échelon très local des collectivités que je côtoie d'assez près, il n'est pas possible d'affirmer le "tous pourris".
Par contre, les élus doivent composer et de plus en plus avec diverses pressions sans avoir les budgets nécessaires pour parer à tous les besoins.
Parmi les pressions, celles des normes de sécurité, celles des assos, des parents d'élèves, des artisans et commerçants, des financements sous conditions, du personnel communal, des administrations départementales et d'état… tous gens de bonne volonté qui ne cherchent que le bien public.
  • Aenor aime ceci

#53 _strychnine_

_strychnine_

Posté 26 janvier 2012 - 09:01

Je suis d,accord avec toi au niveau local, Floyd, encore que pas partout... Il y a des endroits où c'est aussi franchement une installation de mafia locale, voire une monarchie de droit quasi divin où le fils succède au père.
Là je parle des élections générales nationales.
De toute façon, je ne pense pas que cela ferait du mal à des personnes qui font en conscience leur boulot au niveau local de se retrouver dans un nouveau système complètement remanié. Quand une personne est estimée, elle est souvent reconduite dans un village. Ici, en Hongrie, on l'a vu dans certains villages. Des types qui étaient en place du temps du communisme, qui ont été réélus après, simplement parce qu'ils étaient des personnes bien.
Donc pour le bien de la communauté, même dans le cadre d'un tirage au sort, ils se remettraient sans nul doute au service de la dite communauté, pour aider.

Modifié par strychnine, 26 janvier 2012 - 09:02 .


#54 néothé

néothé
  • Genre: Femme
  • Localisation:environ montelimar

Posté 26 janvier 2012 - 12:25

l'élection présidentiel est la pire des élection, celle qui personnalise à fond le candidat, de par la volonté de de gaule qui raisonnais en militaire
moi je prône le travail d'équipe, le collectif
s'abstenir pour moi c'est se dédire, et du coup s'empêcher d'être actif....c'est contre productif
la part de hasard dans le choix du candidat permet une représentativité accru et lutte contre le carriérisme!
si les politique ne pouvais faire carrière et vivre de la politique comme ils le font actuellement, ils y auraient moins d'égo-candidat!!
je persiste à dire que les lois doivent etre amélioré et elle ne le seront que de l'intérieur, tant que 2 parti se partage la partie de ping-pong et font les lois à leurs avantages, ca ne progressera pas (réforme territoriale qui est un bel ex de comment se servir et recentraliser)
je n'aime pas quand on souhaite un homme providentiel, meme le meilleur des hommes, ou des femmes, ne trouvera grace à mes yeux s'il n'est pas le représentant d'un groupe et travail en transversalité plutôt qu'en pyramide!!
pour moi la démocratie c'est l'idée qu'on travail en groupe et que c'est la somme de nos réflexions qui nous font décider!!
alors apres quand ca discute, les journalistes qui n'ont pas l'habitude de voir des groupe politique non pyramidale, vont dénigrer, je suis éffaré de la vision négative relayé par les journalistes des mouvements politique écologique, avec par ailleurs des analyses de société qui indiquent que les idées portées par ces mouvements sont les seules viable et respectueuse de l'humain et de la planète...avec des idées novatrice dans l'organisation du travail, les échanges économiques etc...
mais encore une fois entre les abstentionistes, qui sont rarement de droite, et la mauvaise image véhiculé par la presse, le mouvement écologique qui a kle plus fort capital sympathie dans les sondage en terme général, devient ultra minoritaire quand il s'agit de le transformer en vote!!! ca m'énerve!!! et la ce n'est plus du hasard, mais bien une volonté loobing de la presse, qui est détenue par des marchand d'argent!!

#55 Didoune

Didoune
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Poitiers

Posté 17 fvrier 2012 - 14:18

OK, alors déjà, si un modo pouvait enlever mes deux messages stériles précédents, je suis pour. ok
Tout d'abord, MERCI à cette vidéo que j'ai découvert en début de semaine et qui m'a pas mal fait cogiter depuis.
En même temps que la découverte du système politique Athénien dont je n'avais pas idée, il me parait mettre en forme et en mot pas mal de choses déjà comprises pour moi mais qui ne trouvait pas l'idée réelle qui lui faisait écho. En plus de donner de l'espoir, ça donne enfin à réfléchir et envie de s'impliquer dans quelque chose qui a du sens.

Dans les objections que je voient à travers dans vos réponses :
- On n'est pas tous capable, j'aimerais pas voir mon voisin avec ces discours à la cons au pouvoir. (c'est rigolo cette peur du voisin : moi, peut-être je suis capable, mais les discours de mon voisin, c'est conneries et consors...)
Je crois que Chouard y réponds c'est "va-t-on désigner des incompétents". Et il donne une réponse qui me parait juste :
1/ Que déjà on n'est pas compétents si on ne s'y interesse pas, s'il n'y a pas une forme d'engagement politique. Je ne suis pas compétent sur un dossier avant de m'y coller, et de m'y coller correctement. Il faut donc que la société prévoit de rendre compétent. L'exemple qu'il prends avec les OGM est très parlant. Si je me désinteresse d'un sujet, je me rends incompétent sur ce sujet. Si je m'y investi, je deviens éclairé. "Des institutions ouvertes font des citoyens actifs"
2/ On tire au sort non pas un chef, mais un président du conseil qui change tous les jours : quelqu'un non pas désigné pour prendre les décisions, puisque ce sont les gens présent à l'assemblée, c'est à dire nous, n'importe lequel d'entre nous qui décide de s'y rendre et de s'interroger qui discutons et prenons les décisions. Et, une fois qu'elle s'est posé le problème à fond, va voter. C'est nous tous, non le tiré au sort : le tiré au sort coordonne, détermine l'ordre du jour, répartie la parole, etc. C'est très différent du shémas présidentiel, il ne faut pas confondre les deux concepts.
3/ Si on tire le sort un Le Pen. Il y réponds aussi, la société prévoit qu'il y aura des affreux dont on ne veut pas. C'est l'ostracisme qui permet de dire, une fois par an maxi, et si on pense qu'il faut le faire, quelqu'un dont la majorité ne veut pas. On n'élit pas quelqu'un à qui on se confie totalement, mais on décide collectivement de se garder des garde fous s'il apparaissait quelqu'un qui collectivement nous paraissait dangereux. C'est encore très différent :smile:
Je pense que si on faisait un vote aujourd'hui d'une personne dont on ne voudrait sous aucun prétexte, il y ait des chances pour que beaucoup restent en lice mais qu'un sarko dégage manu militari.
4/ La reddition des comptes : quelqu'un qui va être tiré au sort pour un an ou 6 mois, doit ensuite passer au moins 6 mois à rendre les comptes. Je pense que ça mets dans une mentalité différente quand tu sais dès le départ que tu es responsables devant tes pairs comme il le sont en face de toi.
Chouard le dit à un moment "le seul risque que prends un élu s'il fait de l'abus de pouvoir ou prends de mauvaises décisions qui mettent en péril la communauté, c'est de ne pas être réélu" ! Effectivement, l'enjeu est minime comparé aux bénéfices qu'il peut tirer.

Comme le démontre le bonhomme, la société athénienne assume sa relation humaine au pouvoir et installe une liberté et suffisamment de garde chiourme pour servir cette liberté.
Nous n'avons aucun garde fous aujourd'hui pour nous garantir que nos élus servent bien réellement nos intérêts...

Erudihen :
Par rapport au boeuf au pétrole et autres imbécilités... Je ne suis pas sure qu'il le défende, c'est un exemple qu'il prends en pensant que la société va aujourd'hui vers ça. Et s'il le défend, je suis en désaccord complet sur ce sujet avec lui. Cela ne rends pas ininteressant la totalité de son propos.
Comme il le dit également à un autre moment, faudrait voir à quand une idée est pourrie pas tout mélanger avec le reste et dire que tout est caca parce qu'il y a une merde.... C'est l'intérêt d'avoir du discernement. Qu'est-ce qui me parait juste dans ton dicours, qu'est-ce que moi j'en garde, qu'est-ce que j'en rejette. C'est pas parce qu'un des trucs que tu dis est faux que tout est idiot dans ce que tu vas me raconter.
Donc oui, c'est dommage, ceci dit il n'y a aucune raison pour ne pas discuter du fond de ce qu'il présente en lumière de cet exemple là.

Ensuite, ça m'a soulevé des questions ce texte. En particulier, comment cette démocratie est née, pourquoi, et comment elle a disparue....

J'ai trouvé ça pour le début :

Les origines de la démocratie athénienne : la crise de la cité grecque

La démocratie trouve son origine dans la grave crise de la cité grecque et les mutations propres à Athènes. Au VIe siècle av. J.‑C., les cités du monde grec sont confrontées à une grave crise politique, résultant de deux phénomènes concomitants : d'une part l'esclavage pour dettes, liant situation politique et situation financière, touche un nombre grandissant de paysans non propriétaires terriens : l'inégalité politique et le mécontentement sont forts dans le milieu rural ; d'autre part le développement de la monnaie et des échanges commerciaux fait émerger une nouvelle classe sociale urbaine aisée, composée des artisans et armateurs, qui revendique la fin du monopole des nobles sur la sphère politique. Pour répondre à cette double crise, de nombreuses cités modifient radicalement leur organisation politique. À Athènes un ensemble de réformes amorce un processus débouchant au Ve siècle sur l'apparition d'un régime politique inédit : une sorte de démocratie pour les hommes libres mais avec la continuation de l'esclavage. À titre d'exemple le philosophe Jacques Rancière estime que :
« La démocratie est née historiquement comme une limite mise au pouvoir de la propriété. C’est le sens des grandes réformes qui ont institué la démocratie dans la Grèce antique : la réforme de Clisthène qui, au VIe siècle av. J.-C., a institué la communauté politique sur la base d’une redistribution territoriale abstraite qui cassait le pouvoir local des riches propriétaires ; la réforme de Solon interdisant l’esclavage pour dettes. »

(la suite et l'article en entier : http://fr.wikipedia....t.C3.A9_grecque )

Tiens tiens, c'est plutôt interessant comme début

Et la fin, encore sur le même article :

Les grandes crises : guerre du Péloponnèse et coups d'État


L'empire athénien à la veille de la guerre du Péloponnèse

L'année -430 marque le début du déclin d'Athènes, la désastreuse lutte contre Sparte conjuguée à une épidémie de fièvre typhoïde, fatale pour Périclès en -429, conduit inexorablement la cité désormais démoralisée à sa perte. L'occupation par les troupes spartiates aboutit au retour de la tyrannie en -411, avec le coup d'État des Quatre-Cents, renversée dans un premier temps puis revenant sous une nouvelle forme en -404 avec les « Trente tyrans ». Ceux-ci suppriment l'Héliée, restaurent les prérogatives passées de l'Aréopage, et relèguent l'Ecclésia à un simple rôle consultatif, s'assurant eux-mêmes les rênes du pouvoir. Ce régime, profondément réactionnaire et méprisant au plus haut point la démocratie, ne survivra pas au départ de l'occupant spartiate au début de l’an -403.

IVe siècle av. J.‑C. : une cité faible et un régime mis en doute

Au IVe siècle av. J.‑C., la cité, puissance déchue, est considérablement appauvrie. L'empire athénien a disparu, la démocratie athénienne n'est plus un modèle s'exportant. Toutefois, un renouveau de l'élan démocratique souffle sur la cité, l'extension du misthos (jusqu'alors réservé aux héliastes et bouleutes) aux citoyens se rendant à l'Ecclésia, provoque un afflux d'urbains de tous milieux (nobles, petits et grands commerçants, potiers, et dockers) dans l'assemblée, dont la souveraineté ne sera plus remise en cause. Ce succès populaire de la démocratie (qui est, rappelons-le, à l'origine une invention de politiciens aristocrates pour faire face aux revendications d'une petite bourgeoisie naissante) est critiqué. Pour Aristophane, qui critiqua notamment le passage à trois oboles du misthos sous Cléon dans sa pièce les Guêpes, mais aussi Aristote, les pauvres, de plus en plus impliqués dans l'exercice du pouvoir, sont plus sensibles aux arguments des démagogues. Ainsi la foule des citoyens, sous l'influence de la vindicte populaire, prend des décisions irréfléchies comme la condamnation à mort de l'exemplaire Socrate, le populisme est né. Il n'est donc pas étonnant que la critique intellectuelle de la démocratie apparaisse d'abord, sous une forme particulièrement sévère, chez le principal disciple de Socrate : Platon. Celui-ci hiérarchise dans la République les régimes politiques en plaçant la démocratie juste devant la tyrannie et derrière l'aristocratie, la timocratie, et l'oligarchie.


J'ai mis en rouge ce qui m'interpelle particulièrement.
Cela semble contredire ce que dit E. Chouard, comme quoi dans la démocratie athénienne, les pauvres gouvernent toujours. Là à la lecture de ce truc là, en fait non, et sur la fin quand "ils" sont arrivés, ça aurait amorcé le déclin de cette démocratie et aurait rendu le débat ininteressant ?
Je fais bien sur attention à ce qui est dit sur Wikipédia, et historiquement, sur Athènes, je suis incompétente.
Quelqu'un peut en dire plus ?
  • EcliptuX aime ceci

#56 EcliptuX

EcliptuX
  • Genre: Homme
  • Localisation:sur Terre
  • Intérêts:la Vie et les gens :)

Posté 18 fvrier 2012 - 16:56

J'ai pris le temps, ces dernières semaines, d'écouter plusieurs de ses conférences. Je trouve son travail particulièrement intéressant et très stimulant intellectuellement.
Il démontre clairement que nous ne vivons pas en Démocratie (stricto sensu « le pouvoir par le peuple »). De ce qu'on nous enseigne à l'école, nous sommes dans une "Démocratie Représentative", ce qui est un oxymore : les deux termes totalement antagonistes. En réalité, nous sommes dans un Gouvernement Représentatif. Autrement dit : à chaque élection, nous désignons nos maîtres, mais en AUCUN cas nous, le peuple, avons notre mot à dire dans l'organisation des lois au quotidien.

Il estime par ailleurs avoir mis le doigt sur « la Cause des Causes » du bazar dans lequel nous nous trouvons actuellement : nos Constitutions sont écrites par ceux-là mêmes qui devraient les craindre.

Aussi, pour nous réapproprier notre souveraineté, la solution qu'il préconise est de mettre en place une Assemblée Constituante démocratique, donc tirée au sort. En agissant ainsi, on écarte les risques de corruptions, les conflits d'intérêts et bon nombre d'autres déviances présentes de notre système actuel.

En résumé, son travail permet de répondre à la question suivante : si un jour le système actuel doit tomber (suite à une révolution pacifique ou violente), que souhaiterions-nous mettre à la place ?
Le site « Le Message » synthétise particulièrement bien cette problématique.

Pour les plus gourmands, il reste bien entendu le site officiel d'Étienne Chouard, avec notamment sa page de vidéos et le Wiki de rédaction d'une Nouvelle Constitution Citoyenne par et pour le Peuple


Pour finir, je ne saurai répondre à tes questions bien intéressantes Didoune :smile:
Sache juste que mon équipe sur ONCT va très prochainement (d'ici 15 jours) interviewer Etienne Chouard.
Je t'invite à venir poser tes éventuelles questions sur le topic ouvert pour l'occasion. Tous les membres d'OPLF sont bien entendu invités à poser leur question après s'être documenté un minimum, cela va de soi ;)

Modifié par EcliptuX, 18 fvrier 2012 - 18:50 .
ajouts et corrections avant mise en ligne sur la page d'accueil du site


#57 Anonimo

Anonimo

    Bricoleur autonome

  • Membres
  • 1 615 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:Ztigania-celtika
  • Intérêts:Les plus divers, mais avant tout l'humain et l'environnement

Posté 18 fvrier 2012 - 17:03

Intéressant!

#58 POP

POP

Posté 18 fvrier 2012 - 23:29

Voila autre chose de positif, on s'y prendra à rêver que ce qu'il se passe en Islande se rependent partout.
Que deviendrait nos vies? Sommes nous prêt ? Le serons nous ? :D
Le tirage au sort vu par les islandais.


#59 Anonimo

Anonimo

    Bricoleur autonome

  • Membres
  • 1 615 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:Ztigania-celtika
  • Intérêts:Les plus divers, mais avant tout l'humain et l'environnement

Posté 19 fvrier 2012 - 12:30

En France nous vivons la meme chose! il serait intéressant d explorer la voie citer par cette personne .

#60 Didoune

Didoune
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Poitiers

Posté 23 fvrier 2012 - 18:07

Hey Ecliptux.
J'ai mis du temps à répondre parce que je voulais prendre le temps de bien tout lire ce qui avait été posé comme question avant, et prendre le temps de regarder d'autres vidéo. J'en avais déjà vu pas mal, j'en ai encore vu pas mal, mais le boulot est énorme.... Et il me reste pas mal de chose à visionner. D'autant que j'aimerais bien lire les bouquins qu'il conseille, prendre le temps de lire la constitution... Et que j'ai une vie, aussi...
Pour les questions, je t'en fait suivre en MP (parce que je n'ai pas de compte sur onnouscachetout), s'il n'est pas trop tard, et que je voulais pas dévier ce sujet.

Si ça interesse quelqu'un, j'ai découvert une vidéo (sur le fil de questions à Chouard) qui répond en partie à mes questions posées sur mon précédent post.
http://rim953.fr/?s=etienne+chouard

Merci aussi POP pour ta vidéo...

Libelule, par rapport à tes questionnements.... Je suis passée par toute les phases pour ces élections, aucun des candidats ne me convenant.
Sur les deux "favoris", j'en suis arrivée là : est-ce qu'on choisirait un hollande, qui poursuivrait une même politique capitaliste mais en moins pire... Ou on arriverait pas aux extrèmes sarkozistes inimaginables il y a même 5 ans...
Ou prendre le risque qu'un sarko repasse et détruise tellement tous les acquis sociaux qu'on finisse entre se soulever ou crever ?

Et en même temps, tant que le pouvoir appartient aux financier, qui pourra quelque chose ? Une droite socialiste ou un socialisme de droite ?
Doit-on élire le moins pire ou quelqu'un qui accélérera peut-être un soulèvement du peuple ? Mais se soulever pour quoi ?

C'est là ou Chouard m'interesse, car entre la peste et le choléra il propose une autre voie.... Qui me parait extrêmement intéressante à creuser, et qui me donne un espoir politique...

Du coup je trouve qu'il faut prendre, comprendre, lire.... Pour pouvoir ingérer cette démocratie par tirage au sort, la comprendre, la défendre... Se dire que c'est pas tout de suite, qu'il faut que ça fasse son chemin.
Et au printemps, prendre peut-être le parti du moins pire, de ce qu'on appelle "le vote de coeur" (mais, tu parles !) sans en attendre grand chose.
  • EcliptuX aime ceci