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La violence est-elle inéluctable?


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34 réponses à ce sujet

#21 christian ardèche

christian ardèche

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Posté 30 septembre 2012 - 21:45

Aucun doute, on peut être en colère sans avoir des actes véritablement violents.
Mais ça ne donne pas une réponse à ma question. Violent sans colère?

#22 _Philbill_

_Philbill_

Posté 23 janvier 2013 - 15:52

En commençant d'écrire cette réponse, je me suis aperçu que je venais de taper assez violemment sur la touche "E" qui m'avait agacé, en ne voulant pas se mettre en majuscule...

 

Oui Christian, des personnes peuvent être violentes sans colère...

Le Colonel Paul Tibbetts, par exemple... Lorsque son B29 a largué la bombe atomique sur Hiroshima le 6 août 1945, ce fut un acte d'une incommensurable violence et de folie destructrice! Mais lui n'avait point de colère... Il faisait son boulot, point barre... What else?

Et en écrivant ces quelques mots: "il faisait son boulot, point barre... What else?", je mesure aussi leur violence, la violence de mes propos, donc ma violence, et mon absence de colère également... Ma neutralité d'écriture... 

Paul Tibbets, un brave gars, au fond... Bien formaté par le système, convaincu qu'il a oeuvré pour le monde libre, aucuns remords, aucune haine envers les japonais, aucun états d'âme...

 

Tiens! En parlant de l'âme... Voici une petite histoire:

 

Un jour, un samouraï croise un autre homme sur un chemin étroit.

L'homme, très excité, lui dit: "écartes-toi, laisses moi le passage ou je te tue!"

Le samouraï répondit: " Il n'est nul besoin d'en venir aux armes. Mettons nous de côté pour nous croiser et chacun poursuivra son chemin"

L'homme répondit en hurlant: "Ainsi tu l'auras voulu!"

Et avant que l'homme puisse sortir son sabre, le samouraï l'avait tué.

L'acte du samouraï a été violent, sans le moindre soupçon de colère. Mais il savait que si l'homme le tuait sans raison, gratuitement, pour une simple question de fierté, cet homme perdrait son âme...

Alors le samouraï a frappé le premier, et lui a sauvé son âme...


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#23 naturel

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Posté 25 janvier 2013 - 11:31

Moi aussi j'ai de la "violence" dans le sens que j'ai perdus mon pouvoir d'être ce que je suis...

 

j'ai remarqué que quand ont exprime un état d'être qui ne nous convient pas,ont peut ne plus le choisir par après,mais tant qu'ont ne la pas essayer ont reste bloqué..donc on ne peut savoir ce qui nous convient sans l'avoir essayé

 

Se que je dit (intérieurement) sait que si je m'emporte ou me battre physiquement la situation sera pire (et en m'emportant sa ne va pas vraiment mieux)

 

j'arrive pas à trouver mon équillibre



#24 naturel

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Posté 25 janvier 2013 - 12:20

On est au bord d'une 3 ème guerre mondial...



#25 nemo32

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Posté 04 fvrier 2013 - 19:57

la violence est elle le propre de l homme ? (je veux dire être humain ).  ?

oui c est pour moi une certitude et aussi une vue de l esprit .

car quant je vois (documentaires) ; un prédateur qui tue puis dévore sa proie , la scène est "violente" pour ma "sensibilité" , mais ce n est pas instrumentalisé .c est innocent. ce n est pas violent ni cruel . c est la vie .

la violence sans raison sociale n a pas lieu d être .il y a toujours un but avouable ou inavouable . 

 

les insectes sociaux font usage de la violence (esclavagisme chez les fourmis razzia etc...)...

 

mais cela n est jamais le fruit du hasard .un territoire une guerre a gagner ..

 

 peut on naître violent ? sommes nous prédestinés a la violence ? question de contexte d époque d éducation  ...

 

il ne faut pas faire de confusion entre violence et colère . la violence est nécessairement négative a mon sens .

la colère est une énergie puissante . une décharge d adrénaline qui peut sauver  ou tuer . donc deviens un acte de violence  mais beaucoup moins prémédité.

 c est ponctuel .de tous temps l homme a du gérer ses comportements .

 

des société plus ou moins  violentes existent ou ont existé .  (indiens Amérique nord par exemple ).pour eux .prouver et éprouver son courage est important .

cela peut passer par des actes violents mais mutuels . (une sorte d égalité , un consentement réciproque ; des règles du jeux ) .

  c est au contact des européens qu ils ont compris un peut tard ce qu étais la vrai violence .la destruction .

 

la violence commence quant on a la conscience d être fort et que l on abuse de cette force . 

la violence commence des que l on oublie le sentiment de respect ; et d égalité  (ce qui devrais être un du ) , de celui qui est en face .

la violence c est l exploitation des faibles par les forts . la violence est la grande sœur de la possession ;de la monnaie; du bien matériel .

 

les micros sociétés sont de fait non violentes .rien a voler   ..pas de survie sans tribue . pas d entraide a l être violent , au mauvais qui sera abandonné si la récidive est manifeste .

voir mis a mort ?    donc la violence peut aussi être justice humaine . mais l acte est réfléchit ; douloureux et parfois utile dans ce cas précis .

comme le mauvais loup peut être chassé de sa meute ..

 

le problème d une société non violente . c  est sa survie en cas de rencontre avec un adversaire qui ne voit pas les choses de la même façon .(ça manque pas )

si la violence est en nous . (comme tout le reste) . c est  notre conscience qui nous dicte et conditionne nos actes .

 

 a hautes conscience la non violence , ? oui et non . car si il existe des "saints " il existe aussi des "génies du mal" . et ils ont aussi leur conscience , leur intelligence .



#26 _Henri_

_Henri_

Posté 09 fvrier 2013 - 17:45

la violence est la sage-femme de l'histoire

Marx

 toute révolution, toute remise en cause d'une société passe-t-elle par la violence ?



#27 flanar l'ancien

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Posté 09 fvrier 2013 - 20:07

C'es très relatif.

Tout d'abord parce que c'est la violence de ladite société qui va engendrer la révolution.

Ensuite parce que la seule solution non violente face à la violence de départ est par essence la non-violence.

Or, la non-violence implique une véritable risque de risques. Est-on prêt à mourir pour une cause? Est-on prêt à s'avancer sans arme face à une répression armée? Si oui, alors c'est possible. 

Mais quelque soit la solution, il faut être conscient que c'est à la violence initiale que répondront les révolutionnaires.

 

Après se pose la question de la nécessité d'une révolution quand peut-être une simple évolution peut suffire. 



#28 ambre

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Posté 10 fvrier 2013 - 01:17

Pour approfondir je conseille le petit livre (paru au printemps 2012) sur la non violence édité aux éditions "Indigènes" les mêmes qui ont édités le livre "indignez vous de S Hessel. Le livre n'est pas plus gros ni plus cher que celui de S Hessel et il explique bien que la non violence n'est pas synonyme d'aucune violence.... Dommage et j'en suis désolée mais j'ai offert ce livret à mon neveu et ne l'ai donc plus sous la main pour vous écrire qq une des phrases de cet ouvrage qui expliquent très bien ce qu'est réellement la non violence tel qu'il a été initié par Gandhi.

Je n'ai aucun conflit d'intérêt avec les éditions "Indigènes" (hi hi hi) c'est juste un conseil que je donne de lecture qui exprime très clairement cette pensée. Des indiens contemporains de Gandhi avait mal compris cette idée de non violence et s'étaient comportés comme des lâches, ce que surtout Gandhi n'a jamais voulu....Il arrive un moment ou la violence est une nécessité....



#29 _Philbill_

_Philbill_

Posté 10 fvrier 2013 - 05:53

Et si la violence était en quelque sorte un héritage?

Héritage social, émotionnel...?

Peut-être même que le mécanisme de la violence est du même ordre que celui de la pulsion sexuelle?

De tout temps et dans toutes les guerres, les soldats violent, comme si c'était l'épilogue incontournable du processus de domination, de soumission, de destruction et d'asservissement de l'autre...

 

Nos sociétés ont galvaudé et par la même totalement dénaturé ce qu'est l'acte d'aimer, ou plus simplement aimer l'autre, sans pour autant qu'il soit d'ailleurs question de sexe...

Mais le plus grave est que tout a été codifié par le dogmatisme, religieux ou laïque, qui ne manque pas de nous rappeler ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui est autorisé ou interdit...

 

Et la frustration engendrée par tout cela développe à coup sur des mécanismes de perversion, qui, poussés à l'extrême, débouchent sur la violence... Et des pulsions d'ordre sexuel (C'est, sous réserve et si je me rappelle bien, Willem Reich qui en parlait dans "psychologie de masse du fascisme", écrit dans les années 30 en Allemagne... Le gars s'est vite barré aux States d'ailleurs, parce que les nazis ont pas aimé du tout, du tout...)...

 

Ambre, lorsque tu dis qu'il arrive un moment où la violence est une nécessité, tu as raison effectivement! Mais il me semble que c'est uniquement parce qu'elle a été programmée.

Si l'humain pouvait se "déprogrammer" et retrouver le vrai sens d'aimer, la violence ne serait certainement plus une nécessité et par extension, l'acte sexuel (L'acte d'amour en fait!) prendrait une tout autre dimension...

 

Par extension, peut-on alors dire que dans une forme de mémoire, de programmation individuelle et collective, que la violence serait génétique? Là, je ne m'avancerai pas plus, n'étant pas expert en la matière... C'est juste une question que je pose...

Ce que je crois, par contre, c'est que violence et sexualité sont liés. Et cela questionne à coup sur ce qu'est devenu l'homme, et son impossibilité à aimer d'une façon universelle, et pas seulement avec sa b.... et son couteau!

 

C'est bien Gandhi qui a dit: " Appeler les femmes le sexe faible est l'injustice de l'homme envers la femme. Si la non-violence est la loi de l'humanité, alors certes, l'avenir appartient aux femmes"...



#30 _Philbill_

_Philbill_

Posté 10 fvrier 2013 - 06:21

Petit rajout...

Je viens de retrouver le nom de l'auteur et le titre du bouquin que j'avais lu il y a déjà pas mal de temps:

"La sexualité en islam" d'Abdelwahab BOUHDIBA. Sa relecture, ce que je ne vais pas manquer de faire, peut permettre aussi de mieux comprendre la violence qui secoue les peuples musulmans...

 

Et précision d'usage, il n'est pas question dans ce propos de stigmatiser une religion, mais de proposer une piste de réflexion plus universelle...

On pourrait aussi bien citer les thèses de Luigi CASCIOLI sur le sexe et le christianisme...



#31 _Henri_

_Henri_

Posté 10 fvrier 2013 - 12:12

Après se pose la question de la nécessité d'une révolution quand peut-être une simple évolution peut suffire. 

  Eh, oui...

la révolution est une violence qui réagit à une autre violence : on tourne en rond; La révolution se nourrit du passé

l'évolution propose un ajustement intérieur sans réaction avec le passé, donc sans violence...L'évolution est dans le présent...

 

Les pacifistes sont des révolutionnaires déprimés

Michael Brown

 

 

 


Modifié par Henri, 10 fvrier 2013 - 12:20 .


#32 passagerdusol

passagerdusol

Posté 20 mars 2013 - 17:40

j'ai du mal à écrire ce que je pense sur le sujet

 

 l'année dernière j'ai cogité sur le sujet, on m'a beaucoup jugé par rapport à ce que j'ai fait à une certaine période de ma vie donc j'ai voulu me trouver un prétexte, nous sommes tous des animaux, et dans la nature il n'y ni règles ni lois ni état pour les appliquer, les chiens mangent les chiens comme le dit jo (le père) dans les démons de jésus

 

mais de par notre éducation, si on comet des écarts, notre conscience se réveille, nous guide, nous fait morfler.............ou pas

 

néanmoins, je crois et j'espère toujours trouver un lieu ou on peut simplement vivre en paix

 

juste pour dire, il y a à peine deux jours je me suis fais virer gentiment de dordogne, on m'a fait comprendre que je ne pouvais pas vivre comme je le souhaite parce que certains s'imposent ou le font sentir...............et je ne veux plus rentrer , du moins pour l'instant, en conflit pour vivre ce que j'ai envie de vivre........



#33 Tis

Tis

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Posté 21 fvrier 2019 - 10:23

A propos de l'origine de la violence cet article me semble éclairant et induit de nombreuses pistes de réflexions à chaque fois que je le relis :
 

La violence n’aurait pas toujours existé
Nic Ulmi  / Publié vendredi 23 janvier 2015, modifié lundi 3 avril 2017

Des scientifiques et des militants de l’empathie sont rassemblés dans un projet simple et ambitieux: montrer que la brutalité n’est pas inhérente à l’animal humain – et que nous pouvons changer

Il fut un temps où la violence n’existait pas. Ce n’est pas un rêve, une fable, de la spéculation philosophique. De plus en plus, c’est le scénario qu’ébauchent les sciences, au confluent de l’archéologie, de l’anthropologie, de la biologie de l’évolution, des disciplines qui étudient le cerveau et la psyché. A l’image d’une nature humaine pétrie de violence et de compétition, le savoir contemporain en substitue une autre, faite d’empathie et de coopération. Les connaissances sur la nature humaine rendent ainsi possible d’imaginer un monde sans massacres, sans guerres, sans brutalité: rien de ceci ne serait en effet inévitable, eu égard à ce que nous sommes… Médecin, psychothérapeute et cinéaste, le Français Michel Meignant explore ce territoire dans un documentaire l’Odyssée de l’Empathie.

Nous avons interrogé deux de ses intervenantes.

Une préhistoire paisible
La mort violente infligée par un humain à un autre apparaît plus tard que l’humanité elle-même et reste longtemps un phénomène très limité. C’est ce qu’indiquent les traces archéologiques. Préhistorienne, directrice de recherche au CNRS, Marylène Patou-Mathis a consacré un livre au sujet en 2013, Préhistoire de la violence et de la guerre (Editions Odile Jacob). «Je suis partie d’un agacement qui venait du fait d’entendre toujours la même chose – nous sommes violents, c’est la nature humaine, ça a toujours existé –, alors que ces affirmations ne se basent sur rien. En tant que scientifique, je me suis dit: interrogeons les données.»
Résultat? Si la violence est très rare au paléolithique, elle existe dans des circonstances particulières. «Ses premières traces sont rattachées au cannibalisme. Celui-ci peut être un rite funéraire, mais aussi un rituel lié au sacrifice d’un individu, qu’on mange ensuite pour fédérer le groupe: tout le monde prend une partie de la faute, si l’on peut dire, au cours du repas cannibalique.» Le sacrifice, pourquoi, au juste? «Pour tenter de répondre à un problème, une crise majeure telle qu’une épidémie ou une famine, on sacrifie quelque chose de très précieux: un membre du groupe.»
Voilà qui tranche avec les idées reçues, où la violence primitive serait activée par la compétition pour les ressources ou par des rivalités des appétits. «Selon un imaginaire largement partagé, la violence commencerait en agressant l’autre pour lui prendre quelque chose. Il y a plusieurs mythes de ce genre qui circulent, sans être basés sur aucune considération archéologique ou anthropologique: celui du rapt des femmes, par exemple, qui est une projection de la société du XIXe siècle.»
 
Pas d’angélisme, pourtant: on n’est pas dans le jardin d’Eden, on garde les pieds sur terre. «Il ne faut pas confondre violence et agressivité. Cette dernière est un réflexe, quelque chose d’animal, qui nous permet de survivre.» Mécanisme de défense, l’agressivité naturelle est liée à notre statut de prédateur. «Les chasseurs-cueilleurs tuent des animaux pour s’en nourrir. Mais là aussi, il y a toujours des rituels – avant, pendant et après la chasse. On ne connaît pas un peuple de chasseurs qui n’ait pas de tels rituels. Il les leur faut, pour pouvoir tuer ce proche, ce presque semblable, ce quasi-frère qu’est pour eux l’animal.»
L’absence de violence ne signifie pas qu’il n’y ait pas de conflit: «Les témoignages ethnographiques récoltés auprès des peuples dits traditionnels – tels que les Bochimans, ou San, d’Afrique australe, chez qui j’ai eu la chance de vivre pendant une période – montrent qu’il y a chez eux très peu de violence. Quand on se dispute, tout le monde se réunit. Si on n’arrive pas à une solution, il y a scission: une partie s’en va avec l’un des protagonistes du conflit.»
L’archéologie permet-elle de retracer la préhistoire de l’empathie? «Oui. On la voit quand on trouve des squelettes qui présentent des blessures handicapantes ou des malformations congénitales. Il y a de nombreux cas, par exemple un Néandertalien retrouvé à Shanidar, en Irak, qui était dépourvu d’un avant-bras et qui avait vécu plus de 40 ans: cela signifie que le groupe l’avait pris en charge, qu’on ne l’avait pas rejeté et laissé mourir.» Que sait-on des attitudes préhistoriques à l’égard des enfants? «On n’a pas de moyens archéologiques pour savoir comment les enfants du paléolithique étaient éduqués. Mais si on regarde les peuples chasseurs-cueilleurs contemporains, on constate qu’il n’y a pas de violence éducative chez eux. La fessée, la claque, ça n’existe pas.»
Comment l’humanité paisible des débuts devient-elle brutale? «Dès que les groupes se sédentarisent, la démographie augmente. Cela entraîne un changement économique, la domestication des plantes et des animaux. Du stockage apparaît, des biens. C’est là que, dans les peintures rupestres, on voit surgir des personnages plus grands que les autres: des élites. Je ne veux pas me la jouer Rousseau, mais les faits sont là.» Y a-t-il des peuples sédentaires sans violence? «Des sociétés dites horticultrices de petite taille La question du nombre est essentielle.»

Brutalité «soft» de l’éducation
Il existe deux catégories de violence sur les enfants: elles se transmettent, toutes les deux, entre les générations et font le relais entre les atteintes individuelles et les dégâts sociaux. Médecin, psychothérapeute, auteure de plusieurs livres sur le sujet ( Sommes-nous tous des abusés? chez Georg, Victime? Non merci! chez Jouvence), attelée à la rédaction d’une somme en plusieurs tomes, la Genevoise Cornelia Gauthier a étudié ces deux formes de violence, mais surtout la plus banale: «La maltraitance est le fait de gens qui ont été autrefois abusés eux-mêmes. La violence éducative ordinaire est commise, elle, par à peu près tout le monde, plus ou moins à son insu, en croyant bien faire, avec l’idée que l’enfant en a besoin pour devenir quelqu’un de bien.»
Faite de menaces, de cris, de pleurs ignorés et de quelques gifles et fessées, elle paraît bénigne, voire bienfaisante, alors qu’elle serait «le terreau de toutes les violences»: en entamant la capacité d’empathie de l’enfant, elle permettrait, à terme, le déploiement de nos violences adultes. Elle contiendrait ainsi le mécanisme de sa reproduction. «C’est un langage qu’on apprend depuis tout petit: puisque l’enfant apprend par imitation, le modèle éducatif qu’on met en place détermine ce qui sera perçu comme normal et comme bon à ses yeux.»
Mais… En écartant toute forme de violence soft de l’arsenal éducatif, ne risque-t-on pas de fabriquer des enfants rois? «Oubliez cette idée reçue! Est-ce qu’on va laisser l’enfant faire n’importe quoi? Bien sûr que non. Il a besoin d’avoir des limites. En fait, il les cherche. C’est l’un des plus grands malentendus entre l’adulte et l’enfant.» Voyons cela de près. «L’adulte met une limite. C’est sécurisant pour l’enfant, qui va vérifier par conséquent si la limite existe. Quand on lui dit: «Tu ne dois pas faire ça», c’est donc clair, c’est prévu d’avance, l’enfant va le faire. Et là, l’adulte se vexe, s’énerve, parce qu’il interprète sous l’angle de la désobéissance une chose qui pour l’enfant est en fait une vérification.» Que faire? «Répéter: «Non, ne fais pas ça», sans menaces, calmement et fermement. Il y aura un effet apaisant pour l’enfant, même s’il est frustré, et il pourra grandir ainsi sans les blocages émotionnels qu’on lui fabrique en lui faisant subir la violence éducative.»
Autre malentendu classique: «On dit à un enfant de 2 ans: «Non, tu ne dois pas toucher la télécommande.» Il entend «télécommande», il assimile l’information avec son petit lobe frontal, il n’est pas encore mature du point de vue neurologique pour annuler en même temps cette image dans son esprit afin de suivre l’interdiction. Il va donc la toucher en nous regardant droit dans les yeux en faisant très lentement le geste: il ne désobéit pas, il vérifie.»
A la suite d’Olivier Maurel (lire ci-dessous), Cornelia Gauthier considère que la violence éducative apparaît dans l’histoire de l’humanité dans le sillage de la sédentarisation. «Le nombre de naissances augmentant par rapport aux sociétés de chasseurs-cueilleurs, les enfants plus âgés ont dû être sevrés pour que les plus jeunes puissent être allaités. Cela a dû créer de l’agressivité chez les aînés, qui ont commencé à taper sur leurs cadets. La mère, que les hormones liées à l’allaitement rendent hyperagressive si l’on touche à son bébé, a dû commencer alors à taper sur son aîné… C’est une hypothèse plausible pour expliquer l’apparition du cycle de la violence dans le cercle familier.»

https://www.letemps....toujours-existe


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#34 Livy-Dagore

Livy-Dagore
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Posté 16 mars 2019 - 16:25

Mais moi je pense que le violence n'est pas naturelle,et quel est même contre-nature. :grognon2:



#35 l'ombre

l'ombre

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Posté 29 mars 2019 - 17:34

Tout les formes vivantes ont des gênes de violence :rolleyes: