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Du rififi dans le covoiturage


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4 réponses à ce sujet

#1 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 22 avril 2012 - 16:51

Ou comment une entreprise déficitaire lève des fonds pour lancer une OPA hostile sur ses concurrents et rackéter les covoitureurs :

Covoiturage.fr lève 1,25 million d'euros auprès d'ISAI
Publiée par Alexandre Laurent le Lundi 14 Juin 2010

Covoiturage.fr bénéficiera du premier investissement réalisé par la structure ISAI – pour Internet Savvy & Active Investors, à l'issue d'un tour de table complété par le fonds de l'entrepreneur espagnol Luis Martin Cabiedes. Le site profitera ainsi d'une enveloppe de 1,25 million d'euros, grâce à laquelle il assurera son développement. Parmi les pistes évoquées : un lancement à l'international, un élargissement des services grand public ou le renforcement de l'activité B2B.

Comme son nom l'indique, Covoiturage.fr est destiné aux particuliers ou professionnels qui souhaitent partager un trajet en voiture, de façon à mutualiser les frais et profiter d'un peu de compagnie. Il revendique aujourd'hui 600.000 membres qui réaliseraient 160.000 opérations de covoiturage par mois.

Dans le cadre de cet investissement, deux membres d'ISAI rejoignent le comité stratégique de Comuto, la société éditrice du service. Il s'agit de Didier Kuhn, fondateur de Screentonic (acquis par Microsoft en 2007) et de Pierre Kosciusko-Morizet, PDG fondateur de PriceMinister.

La suite :http://pro.clubic.co...upres-isai.html

Puis (pour leur donner un coup de pouce ?), le Ministère du Développement organise la 1 ère journée nationale du covoiturage le 17 septembre 2010.


Covoiturage.fr prépare son passage au payant
Guillaume Novello - publié le 26/05/2011

Avec plus d'un million de membres inscrits, le site internet covoiturage.fr est le leader incontesté du secteur. Mais, comme souvent sur internet, cette popularité ne suffit pas à remplir les caisses. Difficile d'être plus précis car le site refuse de communiquer sur sa santé financière. On sait seulement que Comuto, la société éditrice, a essuyé une perte de 110.000 euros pour un chiffre d'affaires de 140.000 euros en 2009, selon les derniers chiffres disponibles sur Infogreffe. De quoi inciter le site de covoiturage à expérimenter un nouveau modèle économique.
Depuis l'origine, en effet, il suffit de s'inscrire gratuitement sur le site pour proposer ou demander un covoiturage. Quelques coups de fils pour réserver sa place et en voiture. Le paiement s'effectue en général en liquide et à l'issue du trajet.
Mais une innovation a été introduite début mai sur le trajet Paris-Rennes, à titre de test: il il faut désormais réserver sa place sur le site et la payer en ligne. Le conducteur, quant à lui, perçoit l'argent par virement sur son compte en banque si le trajet s'est bien déroulé. Sur chaque transaction réalisée, covoiturage.fr empoche 2 euros.
Jusqu'à présent, le site se finançait grâce " à la publicité et à la fourniture d'un service de covoiturages pour les salariés de diverses entreprises comme Ikea, Carrefour, ou Castorama ", indique Laure Wagner, de covoiturage.fr. " Nous avons récemment levé des fonds pour rester à flot mais il faut payer les frais, notamment les serveurs qui font tourner le site. " Cette commission de 2 euros sur chaque trajet devrait donc apporter une nouvelle source de financement.

L'article complet : http://lexpansion.le...ant_256214.html

Et, bingo, l'appétit venant en mangeant, l'entourloupe prend de l'ampleur et s'attaque aux sites européens.

Covoiturage.fr lève 7,5 millions d'euros
Publiée par Alexandre Laurent le Mardi 17 Janvier 2012


Covoiturage.fr n'aurait sans doute pas pu trouver meilleure semaine que celle où toute la presse titre sur le plus haut historique des prix du carburant pour annoncer sa seconde levée de fonds. Réalisée auprès de ses investisseurs historiques, ISAI et Cabiedes & Partners, ainsi que d'un nouvel entrant, Accel Partners, celle-ci porte sur un montant de 7,5 millions d'euros. Objectif affiché : développer les services de covoiturage en Europe, via la marque Covoiturage.fr en France, mais aussi par l'intermédiaire de Blablacar.com (langue anglaise) et de Comuto.es (espagnol).

Comuto revendique aujourd'hui 1,6 million de membres sur les différentes déclinaisons de son service, lequel permet pour mémoire aux conducteurs de proposer leurs sièges vacants à des tiers, en échange d'une participation aux frais associés au trajet. Ses différents sites représenteraient une audience de l'ordre de 40 millions de pages vues par mois. Le service se finance notamment via la publicité, ainsi que par l'intermédiaire d'offres dédiées aux entreprises.

« L'activité continue de grandir à un rythme exponentiel. Nous sommes ravis qu'un fonds de capital-risque aussi prestigieux qu'Accel Partners nous soutienne dans notre ambition de révolutionner le marché du transport », se réjouit Frédéric Mazzella, PDG et co-fondateur de Covoiturage.fr. En juin 2010, Comuto avait levé 1,25 million d'euros, accueillant alors à son board Didier Kuhn, fondateur de Screentonic (acquis par Microsoft en 2007) et Pierre Kosciusko-Morizet, PDG et fondateur de PriceMinister (racheté par Rakuten).

Voir :http://pro.clubic.co...e-leve-7-5.html

#2 Gallizour

Gallizour
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Posté 23 avril 2012 - 11:34

Quand le dernier arbre aura été abattu
Quand la dernière rivière aura été empoisonnée
Quand le dernier poisson aura été péché

Alors on saura que l’argent ne se mange pas

Go Kha Yeh dit Géronimo
Chaman et guerrier Apache



#3 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 30 avril 2012 - 12:39

Pour lutter contre cette emprise monopolistique, Nicolas Raynaud a créé en novembre dernier un site associatif : http://www.covoiturage-libre.fr

Faire simple et gratuit plutôt que sophistiqué et payant

Ici, pas de gestion de compte, pas d'avis sur les utilisateurs, pas de photo, pas de réservation en ligne, pas de SMS automatique...juste une annonce (avec téléphone et email) et un moteur de recherche. C'est la base du covoiturage, et rien de plus.


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#4 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 04 fvrier 2019 - 10:30

Le 23 novembre dernier, l'association Covoiturage-Libre s’est transformée en une Scic nommée Mobicoop.

 

En 2017, après 6 ans de route, l’association a relevé deux constats :

- le covoiturage peut et doit être un bien commun, c’est-à-dire un service de transport au service de tout.e.s, dont les richesses nécessitent de rester entre les mains de ses utilisateurs.

- l’offre de Covoiturage-libre doit s’améliorer, tant au niveau quantitatif (nombre de trajets) que qualitatif (expérience utilisateur).

Le statut associatif ne permettait pas de développer de nouvelles fonctionnalités, d’avoir une équipe dédiée au développement et d’assurer une communication suffisante pour augmenter rapidement le nombre d’utilisateurs sur le site. D’autre part, les dons n’accordent aucun droit aux donateurs sur la prise des décisions.

Ainsi, pour passer à la vitesse supérieure tout en garantissant à sa communauté que le capital lui sera ouvert, l’association Covoiturage-libre a décidé de se transformer en coopérative, au sein de laquelle tout le monde (un utilisateur, un salarié, une entreprise privée ou un organisme public) peut prendre une part sociale en devenant sociétaire.

Mobicoop, de son nouveau nom, pourra également recruter des personnes pour améliorer les services et offrir une vraie alternative aux sites de covoiturage existants.

 

+ d'infos : https://www.mobicoop.fr



#5 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

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Posté 04 fvrier 2019 - 12:54

Merci Tis pour l'info.

Les grosses associations, et je commence à mieux connaitre les limites du statut loi de 1901, sont particulièrement surveillées par les services fiscaux.

Un seuil lié aux recettes, est assez facile à franchir à mesure que se développe les activités rémunérées. Le versement de la tva devient rapidement obligatoire, puis les taxes et les impôts.

Tout cela réduit les maigres avantages du statut associatif.

 

En outre une association ne peut entrer explicitement dans un champ concurrentiel face à des entreprises.

 

Sans aucun doute, le statut de coopérative, permet encore de préserver une forme particulière de gestion démocratique.

Un ancien éleveur caprin  m'a raconté que les plus grosses coopératives agricoles, les structures particulières comme le crédit agricole créé sous statut syndical, ont du évoluer, en scindant la partie associative et en décidant  une gestion de type société anonyme.

Pas facile de jouer dans la cour des grands sans adopter leurs règles.