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Rénovation d'habitats troglodytes berbères pour un écovillage

écovillage troglodyte berbère tunisie économie solidaire fromagerie

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80 réponses à ce sujet

#21 actionsahara

actionsahara
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Posté 25 mai 2012 - 12:59

Actionsahara, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée de faire appel aux "instances publiques" car les jessour ont probablement été victimes de leur modernisation et de la volonté de l'état d'agrandir la superficie des oasis. Actuellement les terres arables sont l'objet de toutes les convoitises des multinationales et de certains états et il me semble plus prudent de créer un petit projet autonome à la mesure de la population locale sans trop faire de bruit autour.

Oui, je pense que tu as raison.
Actuellement, les projets gouvernementaux se concentrent sur un barrage entre Douiret et Tataouine, un ouvrage énorme sensé réguler les descentes sauvages de l'eau venant des montagnes, vers la ville, emportant parfois avec elle troupeaux, bergers et maisons.
Notre projet se situe bien en amont, au sommet de ces montagnes qui se déversent comme des cuvettes. En cet endroit peu de terres arables, l'érosion a fait son oeuvre. Il faut vraiment retravailler l'espace, les terrasses cultivables sont très petites,, quelques parcelles anciennes morcelées. Comme il s'agit d'un tout petit projet expérimental, cela nous suffit. Il s'agit de nourrir une poignée de volontaires et de relancer la végétation.
Il faudra simplement convaincre les bergers de ne pas faire pâturer sur les nouvelles cultures. Et comme on va travailler avec eux, cela ne devrait pas être trop compliqué. On leur offre un peu de bétail, en échange ils nous donnent du lait pour nos fromages et ils surveillent l'oasis.
En cet endroit, point besoin de gros jessours, car on est plutôt vers le haut, juste canaliser, faire une citerne, répartir correctement l'eau...à voir après étude approfondie du terrain qu'on doit réaliser en juillet.

#22 actionsahara

actionsahara
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Posté 27 mai 2012 - 14:49

tout juste. C'est un projet goutte d'eau dans l'océan...à l'échelle humaine. Avec de petits moyens, une belle volonté...et du coeur à l'ouvrage.

#23 Tis

Tis

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Posté 27 mai 2012 - 16:14

Sûr qu'il va vous en falloir !
Lorsqu'on voit la fragilité de ces oasis isolées entre les gigantesques éboulis dénudés du Dahar j'avoue que cela semble presque surhumain de tenter de les maintenir.
La photo suivant celle-ci est nettement plus terrifiante : http://www.sahara-na...isie_avril_2006 :

1479114270.jpg

A noter que ce site recèle non seulement de très beaux albums de voyage mais aussi des chapitres très bien documentés sur la faune et la flore : http://www.sahara-nature.com/



#24 Yamabushi

Yamabushi
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Posté 27 mai 2012 - 23:12

Merci Tis !
C'est magnifique !

#25 actionsahara

actionsahara
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Posté 28 mai 2012 - 16:57

Oui, c'est terrifiant, comme le sont le cobra égyptien que j'ai croisé ce printemps et les scorpions grands comme ma main un certain soir du mois d'août. C'est vrai qu'on ne se bouscule pas pour ce genre de projets ! :)) Un défi certes, mais aussi une attraction irrésistible qui s'explique par la beauté sauvage du Dahar.

#26 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 30 mai 2012 - 13:09

Quelques extraits d'un article sur un arbuste qui pourrait vous aider à fixer les éboulis avec l'aide des oiseaux :

Le câprier est l’une des rares espèces arbustives qui présente autant de qualités avec de nombreux usages. Plante spontanée, xérophyte et héliophile, elle est très répandue dans le bassin méditerranéen. Elle tolère les conditions climatiques contraignantes des zones arides et semi-arides ainsi que des températures extrêmes .Elle peut donc jouer un rôle écologique très utile,dans ces régions, pour la protection contre l’érosion. Mais le câprier est aussi cultivé. Il fournit un condiment recherché, la câpre, qui correspond au bouton floral de la plante. Il est utilisé également comme fourrage, plante mellifère et ornementale. Surtout, il possède des qualités médicinales importantes utilisées dans la médecine traditionnelle.

(...) En Algérie, le câprier couvre de vastes surfaces mais de manière éparse. Il a été redécouvert depuis peu par les forestiers qui ont alors engagé l’étude de son développement. Celui-ci pourrait, il est vrai, être planté dans les espaces inaptes à l’agriculture, pour la reconstitution végétale des zones où on ne saurait faire pousser des espèces délicates. En effet, le câprier est doté d’un système racinaire très puissant qui mobilise des volumes importants de sous-sol. Cette caractéristique lui confère une forte tolérance à la sécheresse. Il a donc la particularité de se développer sur les sols les plus ingrats et sur de fortes pentes, d’où son intérêt écologique contre l’érosion dans les zones arides et semi-arides.

(...) Les expositions Sud et Sud-est, les sols marneux et schisteux très fragiles, les rochers calcaires concentrent les plus importants peuplements de câpriers. Mais, ils sont également présents sur les pentes argileuses, les terres légères, graveleuses et les sols sablonneux secs. Le pH courant est de 7,5 à 8. Les tiges, les feuilles et les fruits sont teintés de rouge sur les sols schisteux, couleurs probablement liées aux anthocyanes. L’absence de matière organique est observée dans 75% des relevés. Le câprier s’accommode donc bien des sols les plus mauvais. D’un point de vue climatique, on le rencontre souvent dans les secteurs semi-arides et en second lieu dans le subhumide. Son cycle végétatif et son développement floral exigent un climat sec et chaud (Gorini, 1984). Les espèces végétales accompagnatrices les plus fréquentes dans les relevés sont le jujubier sauvage, l’olivier, le pistachier lentisque et quelques fois le pin d’Alep. On remarque surtout qu’il y a une constante écologique correspondant à un décor minéral toujours ensoleillé : gorges, falaises, pentes rocailleuses, éboulis, ravins et vieux murs de pierres en zones urbaines. En effet, les baies, très appréciées des oiseaux (Maire, Monod, 1950), expliquent la forte relation entretenue avec l’habitat des oiseaux. Des stocksde graines enrobées de matières fécales ont été trouvés, en bas de falaises, dans les gorges de Palestro et de Midès. Par ailleurs, les oiseaux semblent être les disséminateurs potentiels de la graine, ce qui explique son extension dispersée. En effet, on pense que le passage des graines par le suc gastrique des oiseaux facilite la régénération naturelle. Cette observation rejoindrait l’hypothèse confirmée par les travaux relatifs à l’effet positif de l’acide sulfurique sur la dormance des graines de câprier (Benseghir Boukhari et al., en préparation).


L'article complet : http://mediterranee.revues.org/117

 

1451630735.jpg

http://www.iavcha.ac.../1178810090.jpg



#27 actionsahara

actionsahara
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Posté 30 mai 2012 - 16:01

C'est excellent comme conseil. Je crois avoir repéré cette plante entre les rocailles. Effectivement elle serait une solution très appréciable pour commencer à fixer le sol si on arrive à la multiplier, ce qui, d'après l'article, apparait comme tout à fait possible. Je cherche également la plante idéale pour "pomper" l'eau résultant d'une mini-station d'épuration écologique, en fin de cycle. J'ai pensé au figuier...à voir.

#28 Yamabushi

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Posté 30 mai 2012 - 22:11

En général il vaut mieux éviter de mettre des arbres à fruits commestibles si des fois l'eau n'était pas tout à fait filtrée, et qu'il reste des résidus, il y a risque de contamination.

#29 actionsahara

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Posté 31 mai 2012 - 09:38

Merci du conseil Yamabushi. En deuxième choix j'avais l'alfa qui est une plante de la région qui est coupée régulièrement pour le fourrage des animaux, et qu'on peut tresser pour faire des nattes. Je pense que cela serait la meilleure solution.

#30 Tis

Tis

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Posté 31 mai 2012 - 09:57

Actionsahara, peux-tu décrire ton système d'épuration écologique et le fonctionnement prévu (quantité d'eau usée quotidienne, produits utilisés et nombre d'usagers) ?

#31 FLOYD

FLOYD

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Posté 31 mai 2012 - 16:32

Comme Tis et comme nous tous, je suis curieux de connaitre le devenir de "l'eau résultant d'une mini-station d'épuration écologique, en fin de cycle".
Je serai surpris qu'il s'agisse de très nombreux mètres cubes…

A l'inverse, je crains que ce soit plutôt le manque d'eau, voire d'humidité qui pose soucis, pour aider par exemple au compostage des produits des toilettes sèches ou à la mise en culture d'une pépinière d'acclimatation ou de multiplication.

Le régime des pluies parfois brutal doit inciter à placer mini-station, compost, réserves d'eau, à l'écart du lit de crue des écoulements.

Dans le topic "faire reverdir le désert" initié par Tis en 2004, on trouvera l'évocation de plusieurs techniques qui pourraient être mise en œuvre.
http://www.onpeutlef...rir#entry130346

#32 actionsahara

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Posté 01 juin 2012 - 15:31

Effectivement, on ne peut pas parler de grandes quantités d'eau. Une source, des citernes à différents endroits pour une autonomie raisonnable capable d'alimenter les besoins en eau d'une cinquantaine de personnes maxi. Variation de 10 à 50 personnes plus exactement. Nous en sommes au début du projet. On essaie de ne rien "gaspiller", de tout recycler.
Les études doivent être réalisées sur terrain courant juillet et en automne. Les difficultés sont nombreuses, sol rocailleux, escarpement, crues soudaines dans la vallée et le long des anciens jessours...trouver les meilleures des solutions est un enjeu important et qui prend du temps. Je glane et je transmets mes recherches et mes réflexions au spécialiste qui doit voir sur place.
Les autres villages qui se sont restaurés dans la région de Tataouine ne se sont pas posés ce genre de questions.
Ils ont réclamés et obtenus l'électricité, puis ont creusé des puits, posé des pompes et creusé des fosses perdues pour les eaux usées. Notre questionnement est d'essayer de faire mieux en respectant au maximum les ressources naturelles.

#33 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

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Posté 01 juin 2012 - 20:14

Même si ça ne va pas être dur de faire mieux que les autres villages, ça ne va pas être simple de faire bien… ;)

Le nœud du problème est de ralentir l'écoulement de l'eau pluviale, d'en stocker une part pour les besoins domestiques, une part pour les cultures et de provoquer l'infiltration de la plus grande partie. L'astuce consiste à faire tout cela bien en amont du village.

Seules les eaux grises sont à prendre en compte. Pour les retraiter… une phyto-épuration avec au dessus une ombrière et/ou une treille.

#34 Tis

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Posté 02 juin 2012 - 07:56

Dans la mesure où il s'agit d'un écovillage, il me semble que la méthode indienne d'épuration par des lentilles d'eau puis des carpes serait particulièrement bien adaptée à vos contraintes : chaleur, variabilité du nombre des usagers, simplicité d'entretien, faible coût. Et elle pourrait de plus vous permettre d'alimenter quelques volailles.
Tu trouveras l'article ici : http://www.onpeutlef...316#entry125316

#35 actionsahara

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Posté 03 juin 2012 - 13:46

Votre forum est vraiment intéressant. j'ai lu les topics proposés et les solutions dont vous discutez m'intéressent vraiment. Surtout l'épuration avec les lentilles d'eau et les carpes. En revanche j'ai vu qu'on conseillait cette solution pour des climats tropicaux ne baissant pas en dessous des 15°. quid d'un climat qui descend pendant un mois environs entre 1 et 10° ? Quelqu'un a t'il une expérience à ce sujet ?

#36 FLOYD

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Posté 03 juin 2012 - 20:14

L'absence de température négative est déjà une chance.

Je vois bien l'idée d'une pièce d'eau assez importante pour y tenir une petite population de carpes… L'idée est sympa.
Combinée avec une phyto-épuration, la filière alimente en eau bactériologiquement épurée, la pièce d'eau. Quelques mètres cubes à diluer dans quelques centaines d'eau captée lors des pluies.

La géologie se prête-t-elle à la construction d'une pièce d'eau étanche? de l'argile?

#37 actionsahara

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Posté 04 juin 2012 - 07:42

Il faudrait que j'étudie davantage le terrain. Je n'ai pas remarqué de veine d'argile sur place, même s'il y en a plus loin. Le terrain est rocailleux-sableux, les citernes ici sont construites en pierre depuis l'antiquité, ils utilisent également le gypse, en abondance dans la région, pour la fabrication du plâtre. Je pense que dans notre cas, il faut creuser dans la rocaille, construire en pierre le bassin, le tapisser d'argile qu'on peut aller chercher plus loin. Notre gros problème pour la mare sera la déshydratation due au sirocco qui souffle quand même 37 jours par an. Mais aucune étude ne peut répondre, je crois que c'est en expérimentant que nous aurons les réponses.

#38 FLOYD

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Posté 04 juin 2012 - 10:11

Sans parler d'étude… mais je crois que se poser des questions et tenter d'y répondre c'est déjà étudier, l'inventaire des ressources et la liste des contraintes est bien le premier pas à faire dans tout projet.

Le besoin d'un matériaux imperméable, l'argile, est difficilement contournable. Se souvenir qu'elle se travaille à l'état humide.
Le gypse (sulfate de calcium) et donc le plâtre issu de la calcination, sont utiles pour l'habitat, on se souvient qu'il rend l'eau "séléniteuse" elle empêche le savon de mousser…

Le vent, est une contrainte majeure car il transporte le sable abrasif et l'air chaud déshydratant; deux bonnes raisons de mettre en place des canisses et des haies brise-vent. Il faut fixer le sable au sol.
Difficile de dire s'il faut commencer par l'eau ou par les plantes… ;)

#39 Tis

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Posté 05 juin 2012 - 10:37

Tout problème peut avoir plusieurs solutions mais pour ne pas se tromper il faut savoir précisément de quoi l'on parle.
Sur ton site Actionsahara on peut lire :

"dans l'ancien ghorfa (pièce extérieure en voûte) restauré, seront installés des sanitaires, reliés à une fosse septique en pierre en contrebas, profonde de 6 m"

Peux-tu nous expliquer précisément comment fonctionne(ro)nt ces sanitaires ?
Autrement dit les WC sont-ils secs ou à chasse d'eau ?
Et quelle quantité d'eau usée est produite en moyenne chaque jour par personne ?

#40 actionsahara

actionsahara
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Posté 05 juin 2012 - 15:57

Bonjour Tis ! Ce que tu peux voir sur le site action sahara "exemple de rénovation troglodyte" a déjà été réalisé il y a environ trois ans. Ce sont des maisons troglodytes appartenant à des personnes du village, dans laquelle nous avons créé un espace artistique. Une partie de la famille berbère continue d'y habiter. Cet exemple, nous voudrions l'améliorer, d'où les recherches sur un mode de fonctionnement différent et qui se fera dans un autre endroit encore plus sauvage.
L'orientation agro-écologie est très clairement déterminée dans ce nouveau projet. J'ai d'ailleurs rendu mes réflexions personnelles et recherches collectives (y compris de ce forum) à notre technicien...et...le couperet est tombé : une mini station d'épuration bio est totalement exclue en cet endroit (trop coûteuse en eau, trop d'évaporation, trop de porosité).
Nous reprenons donc la réflexion par une étude de terrain approfondie et une enquête sur tous les modes d'assainissement existant et autorisés dans la région de Tataouine.
Personnellement, je penche toujours pour la solution toilettes sêches, et circuit d'eau usagée recyclée (en utilisant systématiquement des produits bio pour la toilette, vaisselle et lessive)