
Il est en feu, en perdition depuis le 14 juillet, et les remorqueurs ne peuvent rien faire... Une histoire de bataille d'assurances...
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Repéré à 400 km au large du Finistère, le porte-conteneurs MSC Flaminia agonise en mer depuis le 14 juillet dernier, date à laquelle une explosion encore inexpliquée a fait un mort et un disparu parmi son équipage qui, depuis, a quitté le navire.
Hommes et environnement en péril
L’association qui défend l’environnement maritime, Mor Glaz, s’associe à la peine des familles de ces marins et évoque une « catastrophe maritime » si jamais il coulait.
« Ce porte-conteneurs, qui transporte 2 876 conteneurs dont le contenu reste inconnu, met en péril l’homme et l’environnement,insiste Jean-Paul Hellequin, le président de Mor Glaz, expert en sécurité maritime. Les soutes du MSC Flaminia représentent à elles seules un vrai danger. »
Mor Glaz estime que le « JLMD ecologic system », qui permet la récupération rapide de la cargaison contenue dans les navires en cas de naufrage ou d’échouement, devrait être obligatoire sur tous les navires :« Depuis les naufrages successifs, on nous inonde de nouveaux contrôles des cargaisons, des navires, des équipages, mais rien n’a changé, déplore Mor Glaz.
Demandes aux oubliettes
«Pourtant, après le naufrage du cargo TK Bremen, en décembre 2011 sur la plage de Erdeven, Eva Joly des Verts, Jean-Pierre Le Drian, alors président de la Région Bretagne et plusieurs associations comme le syndicat CGT des Marins du Grand Ouest, avaient réclamé un remorqueur et de nouvelles mesures. Ces demandes sont-elles passées aux oubliettes ? »
Mor Glaz soutiendra les élus et les administrations qui accepteront l’escale forcée du cargo MSC FLAMINIA dans une zone abritée: « Chacun doit prendre ses responsabilités. Laisser sombrer le navire serait une grave erreur et une forme de lâcheté et d’impuissance. »
Le porte-conteneurs dévasté attend au large de la Bretagne
marine
mardi 31 juillet 2012
Après une violente explosion qui a fait un mort et un disparu, le porte-conteneurs MSC Flaminia est à l’arrêt au large de la Bretagne, pour inspection. Il devrait ensuite rejoindre une zone refuge en Angleterre. Mais pour l’instant, les états n’interviennent pas. Le sauvetage se fait sous contrat privé.
Le porte-conteneurs MSC Flaminia était lundi à l’arrêt, au large de la Bretagne. Deux remorqueurs sont à ses côtés : Fairmount Expedition etAnglian Sovereign. Des experts ont pu monter à bord dès dimanche. Ils s’assurent de la résistance du navire, dont certains spécialistes supposent déjà que, très endommagé par le feu, il risquerait de sombrer au large. Le bateau gîte de 11° du fait du déplacement de la cargaison et du remplissage par les lances à incendie. Les experts devront aussi s’assurer que plus aucun incendie ne couve dans l’un des 2 876 conteneurs à bord.« Nous ne sommes pas sûrs de quand cette inspection au cas par cas pourra commencer », lit-on sur le dernier communiqué de NSB Niederelbe, le gérant du Flaminia, daté de dimanche. Ensuite, une demande sera faite aux autorités nationales, a priori anglaises, pour que le navire puisse venir dans un port ou une baie refuge.
Une position un peu floue
Selon NSB, le MSC Flaminia était dimanche à 100 milles nautiques (180 km) du sud-ouest de l’Angleterre. Les autorités françaises, qui ont effectué un survol en avion le même jour, le positionnent elles à 140 milles (250 km) ! Le navire serait exactement à la latitude 48° nord. Soit pile en face de la pointe du Raz (Finistère). Mais à plus de 250 km au large (9°53 ouest). Du coup, cela le place, de justesse, dans la zone de sauvetage sous responsabilité britannique.
Une affaire entre privés
Selon la préfecture maritime de l’Atlantique, basée à Brest, « Nous suivons la position du bateau, mais nous ne sommes pas saisis du dossier. Nous ne sommes pas sollicités par les autorités anglaises. Nous ne sommes pas mandatés pour quoi que ce soit ». Il resterait à bord « un point chaud, mais plus d’incendie à proprement parler ».
De leur côté, les Coast-guards britanniques (MCA), estiment ne pas être saisis non plus du dossier. « Il est toujours en eaux internationales ». Et les opérations de sauvetage ont été confiées par NSB à la société hollandaise Smit Salvage. Les Coast guards ne communiquent donc pas sur le sujet. Pourtant, jeudi, ils assuraient que le bateau serait placé à l’ancre à 20 milles au sud de Land’s end, en Cornouailles.
Un mort, un disparu
Le 14 juillet, une violente explosion avait secoué le MSC Flaminia, un porte-conteneurs de 300 mètres, au beau milieu de l’Atlantique, loin de toute possibilité de secours par hélicoptère. Le navire faisait route de Charleston (Etats-Unis) vers Anvers (Belgique). L’explosion était survenue alors qu’un incendie s’était déclaré à bord. Un marin qui tentait de l’éteindre est porté disparu. Un autre est mort de ses blessures peu après. Trois autres, blessés, ont été conduits par un navire de commerce aux Açores, tandis qu’un autre bateau transportait le reste de l’équipage (Allemands, Polonais, Philippins) vers Southampton en Angleterre.
La société MSC, affréteur du Flaminia, a démenti la présence d’hypochlorite de calcium dans la cargaison. Cet agent chimique est responsable de plusieurs accidents dans le passé. les circonstances de l’accident restent inexpliquées. Selon NSB, « nous sommes toujours en cours de maîtrise de l’incendie. Nous n’avons aucune information sur l’origine de l’incendie ».
Risque de pollution
L’association Robin des Bois souhaite « que le MSC Flaminia fasse l’objet d’une concertation entre toutes les parties prenantes et en particulier entre les autorités françaises et anglaises et soit réceptionné dans les meilleures conditions possibles au regard de la sécurité maritime et de la protection de l’environnement. Il est estimé que 20 à 30 % des conteneurs embarqués font l’objet volontaire ou involontaire de fausses déclarations de contenu. En plus des conteneurs, le navire accidenté transporte plusieurs milliers de tonnes de fuel de propulsion ». À ce jour aucune des constations, du gérant du navire ou des autorités françaises, ne fait état d’une éventuelle pollution par hydrocarbures autour de la coque.
Sébastien PANOU.


