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Animaux de ferme en voie de disparition

mes bestioles

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15 réponses à ce sujet

#1 Agathon

Agathon
  • Localisation:Bonneville (74)
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Posté 19 fvrier 2006 - 08:33

Chers amis,

Mon association a adhéré à une association de défense de la race de vaches herens, dont la beauté et la noblesse sont universellement reconnues. Plus d'informations sur mon blog :
http://entrenous74.c...entry.php?e=120

 

 

Edit : topics combinés



#2 _katamour_

_katamour_

Posté 04 novembre 2012 - 19:27

Je vais vous faire une petite présentation de mes animaux.


Dans ma présentation, je vous ai dit que j'étais éleveur d'animaux de la ferme à faible et très faible effectif (donc en voie de disparition).

Ici, je vais vous présenter les animaux que j'ai,l'histoire, les joies mais aussi les peines(mais pas trop, à chacun ses peines), le quotidien , quoi!



Mes cochons

J'ai des cochons à poils laineux (mangalitza)!
Environs 300 reproducteurs en France et environ 3000 dans le monde, ce sont des animaux à très faible effectif (en voie de disparition ++).

(photos enlevées à la demande du membre)

Les porcelets sont rayés comme des marcassins (les petits des sangliers).

Leur viande est excellente, je n'ai jamais mangé de viande aussi goûteuse, ni aussi tendre!(bon, je n'ai pas encore goûté au cochon basque!), en plus, elle est très bonne pour la santé, elle contient pas d'après les scientifiques ( moi, je dirais peu) de cholestérol car elle est riche en oméga 3 et pauvre en oméga 6.
La viande est persillée de gras (comme la viande de boeuf), c'est à dire que le gras est dans la viande, donc, quand on fait cuire la viande, la graisse fond (donc part) et la viande ne sèche pas
.
Vous allez me dire: alors pourquoi ces porcs sont en voie de disparition?
Et bien, ils sont en voie de disparition, parce qu'il faut attendre 18 mois pour un cochon à poils laineux atteigne les 120 kg, alors qu'un cochon de race Large White (ce que vous mangez) il lui faut 6 mois pour atteindre le poids de 120 kg (120 kg, c'est le poids idéal pour l'abattage).
En plus, ils ne peuvent pas vivre enfermé (donc pas d'élevage hors-sol et intensif) car ils se laissent mourir ou alors ils deviennent trèèèès agressifs, donc ils leur faut de l'espace.

Pourquoi ai-je des cochons?
Les cochons sont là pour liquider notre lactosérum (petit lait issu du fromage de chèvre).
Le lactosérum est considéré comme un polluant (trop acide), on n'a pas le droit de le jeter dans la nature (ni dans dans une fosse septique, ni dans le tout à l'égout), par contre c'est un SUPER aliment, d'ailleurs vous en consommez peut-être sous forme de "Lactimel" (où il y a du sucre, des arômes et des colorants rajoutés) et c'est un SUPER aliment pour les enfants et les femmes qui allaitent.
Alors pour le recyclage du lactosérum, nous avons 3 choix:
- faire appel à une entreprise de collecte de déchets (ça coûte une fortune)
- monter une station d'épuration spécifique (ça coûte aussi une fortune)
- le recycler
Nous (mon mari et moi) avons choisi le recyclage. Comme le lactosérum est un aliment très riche, il peut être utilisé comme aliment aux cochons, aux volailles et même aux chèvres.
Et ce recyclage est agréé par les services vétérinaires!

Modifié par EcliptuX, 05 novembre 2012 - 22:07 .
photos enlevées à la demande du membre


#3 trx

trx

    Grand commandeur de l'ordre du poireau

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Posté 04 novembre 2012 - 19:32

C'est le genre d'initiative devant lesquelles on ne peut qu'applaudir. Tu es dans quelle région ?

Quand je prends de nouvelles bestioles j'essaie aussi de prendre des races en voie d'extinction qui parfois, bien que locales (cf la poule gasconne) a été abandonnée pour, toujours pareil, des raisons productivistes.
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#4 _katamour_

_katamour_

Posté 04 novembre 2012 - 19:46

Tu es dans quelle région ?

Je suis en Picardie.

Quand je prends de nouvelles bestioles j'essaie aussi de prendre des races en voie d'extinction qui parfois, bien que locales (cf la poule gasconne) a été abandonnée pour, toujours pareil, des raisons productivistes.


Génial! C'est comme cela qu'on sauve des races!

#5 nicole sa tribu et sa ménagerie

nicole sa tribu et sa ménagerie

    deux mains gauches

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Posté 04 novembre 2012 - 20:26

Superbes bêtes ces cochons et des recycleurs hors du commun.

#6 _strychnine_

_strychnine_

Posté 04 novembre 2012 - 20:27

Les mangalica sont des cochons hongrois de la région de Debrecen. Ils sont très sympathiques je trouve. Nous en avons pas mal dans le village.

#7 r00tslife

r00tslife

Posté 04 novembre 2012 - 21:22

trés bonne initiative :clap:

on devrai te prendre un p'tit porcelet pour la ferme autogérée ou je suis ;-)
nous aussi recyclons le petit lait avec une truie !!
mais bon ... elle a 7 ans et n 'est plus comestible !

#8 _Philbill_

_Philbill_

Posté 14 novembre 2012 - 06:20

Merci pour votre témoignage! Nous essayons, dans notre coin de moyenne montagne, d'évoluer vers une autonomie alimentaire et plus généralement de dépendre le moins possible du système... Le travail de la terre, dans ma famille, a sauté une voire deux générations... Pas facile de s'y mettre sans la transmission directe de l'expérience! Mais cela se forge jour après jour... Côté légumes et volaille, c'est déjà bien en route!
Je ne connaissais pas le recyclage du lactosérum... Nous avions pensé avoir un ou deux cochons, quelques chèvres, mais hors de question de dépendre de la coopérative agricole et de leur faire avaler des granulés ou farines... Donc se pose la question de leur alimentation...
Et bien votre expérience amène une pierre à notre édifice!

#9 aure1427

aure1427

Posté 29 novembre 2012 - 18:39

Mes parents cuisaient les petites pomme de terre et leur donnaient en plus du lactosérum et de la farine d' orge.On peut aussi leur donner des glands à manger.

#10 lorlane

lorlane
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Posté 30 novembre 2012 - 08:22

<p>

Merci pour votre témoignage! Nous essayons, dans notre coin de moyenne montagne, d'évoluer vers une autonomie alimentaire et plus généralement de dépendre le moins possible du système... Le travail de la terre, dans ma famille, a sauté une voire deux générations... Pas facile de s'y mettre sans la transmission directe de l'expérience! Mais cela se forge jour après jour... Côté légumes et volaille, c'est déjà bien en route!
Je ne connaissais pas le recyclage du lactosérum... Nous avions pensé avoir un ou deux cochons, quelques chèvres, mais hors de question de dépendre de la coopérative agricole et de leur faire avaler des granulés ou farines... Donc se pose la question de leur alimentation...
Et bien votre expérience amène une pierre à notre édifice!

nous sommes dans le même cheminement que toi,il nous faut tout réapprendre, c'est très gratifiant.nous avons "carla" notre coche de l'année, élever au grand air et au rayon du soleil, ce n'est pas une race en voie destinction (saddleback x tamworth), elle symbolise (pour moi) l'animal emblématique de la ferme.nous sommes de normandie, et j'ai voulu élever une race de poule locale, il y avait le faverolles, mais peu de sujet sur le marché donc je me suis rabattu sur la coucou de rennes (un peu moins local) mais a réabilité, bonne pondeuse et très bonne couveuse, rustique, fine en bouche et surtout très jolie à mes yeux et pour finir, pour info j'ai un couple de cochon kune kune, cochon pesant 100 kilos adulte, ayant une grande palette de couleurs et des poils relativement long.ils sont très dociles, et ce sont de grands "broutard" 80% de leur régime alimentaire.bon je vais m'en séparer pour le projet de fraise de mon mari (il faut au minimum 1000 m2 pour un individu) mais si quelqu'un souhaite avoir des info sur cette race n'hésiter pas.

#11 naturel

naturel

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Posté 19 dcembre 2012 - 11:14

Tuer des chevaux faute d'acheteur....http://lesmoutonsenr...ute-dacheteurs/


Modifié par naturel, 19 dcembre 2012 - 11:16 .


#12 naturel

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Posté 23 janvier 2013 - 14:22

La crise touche le zoo de Naples (Italie) des centaines d'animaux pourrait être confrontré à la famine d'ici 48 heures...

 

j'imagine qu'ils ne vont pas les laissez mourrir http://biofaune.cana...2/26218162.html


Modifié par naturel, 23 janvier 2013 - 14:23 .


#13 naturel

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Posté 28 mars 2013 - 10:39

Des milliers de bétails prit dans la neige en Irlande  http://Ici.tf1.fr/mo...er-7894845.html

 

plus de 5 mètres de neige http://www.rtbf.be/i...eige?id=7956254


Modifié par naturel, 28 mars 2013 - 10:54 .


#14 Tis

Tis

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Posté 28 mars 2013 - 13:12

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La Ferme Conservatoire de Leyssart est une structure agricole et associative qui s'occupe depuis plus de 20 ans de grands troupeaux d'ovins, caprins, bovins (et autres) de races menacées, à faibles effectifs.
Gérant ces animaux de manière extensive et quasi nomade (troupeau itinérant), elle fonctionne grâce à des bénévoles.
La ferme offre la possibilité de s'initier aux métiers de l'élevage (d'une simple découverte à une formation de plusieurs mois), de découvrir des méthodes de plein air. L'accent des formations est mis sur la compréhension des animaux (comportements, besoins, particularités) et sur la valeur alimentaire du pâturage qui passe par une approche de la botanique. Lieu de partage d'expériences, on peut également venir donner un coup de main et vivre les aventures de la ferme. Les bénévoles sont nourris et logés.
 
Quelques races présentes dans la ferme : vaches Béarnaises et Lourdaises, brebis Landaises et Rouge du Roussillon, chèvres des Pyrénées
 
Ferme de Leyssart 33660 Puynormand Tél. 05-57-49-62-82
 
Article d'où provient la photo : http://andernos.blog...-la-foret1.html



#15 Tis

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Posté 13 octobre 2016 - 08:45

Gironde: De la bouse de vaches marines pour restaurer l'écosystème des marais
Elsa Provenzano /02.10.2016
 

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Les vaches marines ont été chassées du Médoc après la guerre alors que le reboisement s'organisait. - RNN Etang de Cousseau / SEPANSO

 
« On ne dirait pas mais si elles sont là, c’est grâce à 20 ans de travail avec les réserves », sourit Lucille Callede, chargée de mission au sein du Conservatoire des races d’Aquitaine, en regardant les dix vaches marines qui viennent d’arriver fin septembre sur la réserve naturelle d’Hourtin. Leur présence, orchestrée par l’Office national des forêts qui gère la réserve naturelle des dunes et des marais d’Hourtin, du Conservatoire des races d’Aquitaine et de  la Sepanso, doit assurer une régénération progressive de l’écosystème. « On a vraiment agi juste à temps, avant que la population s’éteigne, il y a 20 ans », précise Lucille Callede. Le troupeau a été installé dans un enclos avant d’être lâché très prochainement dans son milieu naturel dans lequel il va vivre en semi-liberté. De petite taille, les vaches marines sont habituées à se nourrir à partir des ressources de la lande (bruyère par exemple), de plantes qui poussent dans le milieu aquatique (roseaux) et aiment s’immerger en partie dans l’eau.

Le milieu régénéré d’ici 5 à 10 ans
« Les vaches sont importantes pour la microtopographie des lieux qu’elles piétinent et avec leurs bouses, elles apportent de la matière organique qui relance la biodiversité. Elles attirent des coléoptères par exemple », explique François Bottin, conservateur de la réserve naturelle des dunes et des marais d’Hourtin. Cette régénération « peut aller vite, selon Paul Tourneur, chef de projet environnement et chargé du projet pastoralisme sur la réserve naturelle. Mais cela fait bien longtemps qu’il n’y a pas eu d’espèces prairiales sur le site donc je dirais qu’il faudra de 5 à 10 ans ».
Depuis la création de la réserve naturelle d’Hourtin en 2010, l’Office national des forêts a œuvré pour restaurer des paysages, en ouvrant des clairières, en créant des mares, etc. Les fruits de ce travail sont déjà visibles. La drosera, la gentiane ont par exemple réinvesti les lieux et pour ces spécialistes, c’est déjà un bon indicateur. « On a aussi deux espèces d’araignées très rares sur la réserve », s’enthousiasme François Bottin. Mais le retour des oiseaux par exemple est plus long que ce qu’ils espéraient.

Seulement 100 vaches de cette race dans le monde
La population des vaches marines s’élève à 100 têtes seulement dans le monde entier, car cette race n’existe que dans la région. « Après la seconde guerre mondiale, dans le cadre du reboisement du Médoc, on a supprimé les herbivores qui mangeaient la Lande », explique le conservateur. Un petit troupeau a été retrouvé il y a 20 ans et en partenariat avec la Sepanso, le Conservatoire a assuré un suivi et gérer les accouplements, en étant vigilant sur le coefficient de consanguinité. « Mais aujourd’hui il n’y a plus d’apport », précise Lucille Callede.
Le troupeau réintroduit sur la zone humide d’Hourtin, qui fait 100 hectares, ne sera jamais rentré. L’éleveur qui en a la charge leur donnera quelques compléments ponctuels, comme du foin en hiver mais il n’y aura pas de vaccins ni de vermifuges systématiques. « C’est une race résistante et cela permet de ne pas impacter le milieu avec des produits phytosanitaires », précise la chargée de mission du Conservatoire.
Les acteurs envisagent d’agrandir le troupeau de 15 à 20 vaches, espérant que sur le site le naturel revienne bien au galop.

http://www.20minutes...osysteme-marais


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#16 Tis

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Posté 26 juin 2021 - 14:10

Kriaxera, le super canard basque qui résiste encore et toujours à la grippe aviaire

C’est l’histoire d’un superhéros aux pieds palmés, un canard rustique qui se plaît chez une poignée d’éleveurs du Pays basque. Son immunité à la grippe aviaire, encore mystérieuse, pourrait sauver les palmipèdes des vagues successives qui ruinent le moral des paysans du Sud-Ouest.

 

par Cyrille Pitois, correspondant à Biarritz - publié le 14 février 2021

Son petit nom : Kriaxera. Il n’est issu d’aucun croisement génétique. Sa rusticité est avérée. Et sur ses épaules duveteuses pourraient reposer les espoirs de toute une filière. Son entêtement à développer des anticorps pour se débarrasser de la grippe aviaire H5N8 pourrait aider le monde du foie gras et du magret à dompter l’épizootie qui fait, cet hiver, pour la troisième fois en cinq ans, des ravages dans les élevages. En 2017 déjà, lors de la précédente vague de grippe aviaire, la douzaine d’éleveurs du Pays basque et des Landes et le couvoir de la Bidouze à Bidache (Pyrénées-Atlantiques), seul naisseur de l’espèce Kriaxera, avaient bien remarqué que le palmipède à la plume aussi sombre que le béret basque, ne se laissait pas intimider par la contamination à la mode.

«Nous avions déjà constaté qu’il ne développait pas la maladie, même contaminé. Nous avions même conservé les animaux illégalement en refusant l’abattage», raconte Florence Lataillade, responsable du couvoir de Bidache, qui abrite en moyenne 1 600 canes Kriaxera. Et voilà que le constat intuitif de cette immunité se renouvelle avec la nouvelle vague de la maladie. Cette fois, les pouvoirs publics semblent un peu plus ouverts à ne pas ranger le Kriaxera dans la case abattage systématique. «Les choses évoluent», se réjouit Isabelle Pargade, conseillère départementale indépendante, maire d’Hasparren et vice-présidente de la communauté d’agglomération Pays basque. Sous la pression des syndicats agricoles et des élus, la préfecture et le ministère de l’Agriculture ont accepté le 8 février de faire exception aux règles générales de la biosécurité et de surseoir à l’abattage du Kriaxera. Pour l’instant, il ne s’agit officiellement que de sauver la race.

Mais les Basques saisissent l’opportunité de ce premier coin enfoncé dans la logique du modèle agricole dominant pour élaborer un protocole qui va consister, d’une part, à disperser 1 400 œufs fécondés dans plusieurs coins de France pour assurer la pérennité de la race, d’autre part à lancer une expérimentation scientifique afin de déterminer les causes de cette immunité. Pour Isabelle Parcade, «ou bien le capital génétique du canard présente une particularité qu’il faut identifier. Ou bien c’est le mode d’élevage, la topographie vallonnée ou des éléments physiques qui le protègent».

Le canard Kriaxera est élevé à l’ancienne, en plein air et en petits effectifs. Du caneton au bocal de foie gras, tout se passe à la ferme dans des exploitations qui n’atteignent pas 2 000 canards, quand celles des Landes ou du Gers dépassent parfois 20 000 bêtes. «Nos animaux ne sont pas conditionnés par des croisements génétiques destinés à en faire des champions du foie gras ou du magret», explique l’éleveur Julen Perez, 30 ans, du Groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) Beti Aintzina, qui élève 1 200 canards dans la commune de Lohitzun-Oyhercq. «Nos canards vivent quinze semaines au lieu de douze. Ils ont le temps de développer un squelette, une graisse et une viande. Ils vivent sur des parcours herbagers à l’ombre du soleil ou à l’abri des intempéries sous des plants de tournesol, de colza ou de maïs. Des cultures que je récolte ensuite pour les nourrir.» Cette microproduction donne une viande que se disputent des chefs étoilés et des consommateurs initiés. «On maîtrise tout du début à la fin. Un canard me rapporte entre 30 et 60 euros, quand il ne rapporte que cinq euros à la sortie d’un élevage industriel.»

Pour Isabelle Pargade, le dossier est passionnant sur le plan politique : «S’il s’agit d’une particularité génétique, cela ouvre des possibilités de le croiser avec d’autres espèces pour généraliser cette immunité. Si l’immunité est liée aux conditions d’élevage, cela pourrait inciter toute la filière à interroger son modèle économique.» Julen Perez n’est même pas surpris que ses canards soient des superhéros de la grippe aviaire : «En mode industriel, on perturbe le patrimoine génétique, on stresse l’animal, donc on affaiblit son immunité […]. Je ne serais pas étonné qu’on découvre des espèces confidentielles et rustiques dans d’autres régions de France qui présentent cette même immunité.»

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