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Notre expérience d'instruction hors école


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97 réponses à ce sujet

#1 laurely

laurely
  • Genre: Femme
  • Localisation:france à la campagne
  • Intérêts:apprentis-sages...
    instruction hors école
    et le reste aussi

Posté 04 janvier 2013 - 13:59

Bonjour,

 

Je ne savais pas comment m'y prendre, alors je me lance ici et je continuerai petit à petit...

 

J'avais envie de témoigner de notre expérience, d'autant que j'avais raconté nos débuts, attaqué l'école et défendu l'instruction hors école il y a quelques années sur ce site. Notre fils appelons-le Louis, 13 ans, n'a jamais été scolarisé. Strictement par choix. Parce que, pour le dire rapidement, notre "projet pédagogique" ne correspond pas à celui de l'école.

 

D'abord, si Louis a pu éviter l'école, c'est que mon conjoint et moi n'avons pas travaillé contre salaire tous les deux en même temps. Un de nous était toujours, ou presque, à la maison. Sans cela, nous n'aurions pas pu être disponible pour lui. Nous aurions aimé que l'un de nous deux travaille à domicile (télétravail par exemple ou artisanat) mais rien n'a aboutit de ce côté.

 

* Inconvéniants : les faibles revenus et le côté administratif, entre les périodes de travail, les Assedics, le RMI puis RSA... peut-être bientôt l'ARE. On connait depuis le début les galères de paperasse liées aux changements incessants de statut, de revenus... le plus lourd c'est pour les dossiers CMU, pour faire le récapitulatif des revenus sur un an : des dizaines de papiers à rassembler, à photocopier... et après, t'y as droit, t'y as pas droit, t'y as droit, t'y as plus droit... Et aussi c'est parfois embêtant quand les employeurs ne sont pas prompts à vous donner les papiers dont vous avez besoin... Enfin... On apprend et on fait avec, comme avec le budget hyper sérré.

* Avantages : adulte totalement disponible pour Louis, pour la maison, le potager, le bois de chauffage, les travaux, etc.

En grandissant, Louis découvre et participe aux tâches... De la grelinette aux récoltes en passant par les semis... Du marteau de vitrier aux plans de la serre... Du meccano à la vieille bleue du grand-père...

 

Depuis quelques années je travaille en halte-garderies, en remplacements (CDD) à une dizaine de kilomètres de chez moi. Mon conjoint fit du bénévolat comme entraîneur de tennis de table, que Louis pratique aussi, et quelques missions d'interim, de plus en plus rares au supermarché.

 

Au départ c'est nous, les parents, qui avons choisi de ne pas scolariser Louis. Les premières années de maternelle nous semblaient être le cycle le moins mal organisé de tous, mais vraiment nous pensions que les enfants étaient trop jeunes pour une telle expérience. A l'époque je faisais occasionnellement des colos et des classes de découvertes et mon conjoint travaillait occasionnellement à l'usine. Rien ne nous empêchait de garder Louis à la maison. Nous l'avons donc fait. Il a commencé à lire, écrire, compter... Nous lui avons proposé à chaque rentrée scolaire d'entrer à l'école, il n'en a jamais eu suffisamment envie.

 

Voilà pour l'entrée en matière...

A bientôt


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#2 lorlane

lorlane
  • Localisation:orne

Posté 04 janvier 2013 - 15:32

merci pour ce premier post, les retour d'experiences sont assez rares dans ce domaine, nous avons le même projet à celà pret que nous n'avons pour l'instant ni l'un ni l'autre de revenu salarié, nous avons un projet de maraichage qui se met en place petit a petit.

 

nous faisons ce choix comme vous parceque l'école, ce qu'elle représente et apporte aux enfants ne nous convient pas du tout, d'autant que nous souhaitons "pratiquer" l'apprentissage autonome... allez expliquer ça à une assistante sociale lol, enfin pour l'instant le petit n'a pas encore ses 2 ans, ça nous laisse un peu de temps...



#3 modl

modl
  • Localisation:poitou

Posté 04 janvier 2013 - 18:11

Bonjour.

Pourriez-vous préciser votre "projet pédagogique", Laurely svp ? (je mes des guillemets pour éviter toute mauvaise interprétation, en reprenant celle de Lorely). Et expliquer en quoi l'école ne pouvait y contribuer ?

Même chose pour Lorlane. Qu'est-ce que vous voulez dire par "ce qu'elle représente et apporte aux enfants" ? Et, pour ma culture perso, c'est quoi "l'apprentissage autonome" ?

Merci



#4 lorlane

lorlane
  • Localisation:orne

Posté 05 janvier 2013 - 08:35

salu modl, l'école sert avant tout à former de bon petits citoyen, obéissants, certainement pas autonome, qui ne prennent aucune initiative... il existe de nombreux articles de professionnels qui exprimeront ça beaucoup mieux que moi. quant au contenu des cours et la façon de "l'inculquer" aux enfants, elle est tout aussi déplorable, l'école est un echec, il suffit de regarder combien de gamins en sortent avant la fin, sans diplôme, illettrés et autres. le principe de l'apprentissage autonome, c'est qu'on laisse l'enfant choisir ce qu'il veut apprendre, on est là pour l'aider, pas pour le modeler. pour ce sujet là il existe aussi de très bon bouqins qui expliqueront mieux que moi les choses.
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#5 Zaou

Zaou
  • Genre: Homme
  • Localisation:Reims

Posté 05 janvier 2013 - 13:26

Je ne scolarise pas mes enfants également.

Le plus gros reproche que je fais à l'école (mais je pourrais en parler des heures :P, surtout que j'étais instit) c'est que les enfants ne font pas de choix. Ils ne choisissent pas quels apprentissages faire, à quel moment, de quelle manière, ils ne peuvent pas s'autoévaluer etc... bref aucune liberté et donc, aucun développement personnel, pas d'autodiscipline, pas de curiosité, pas de véritable réflexion ...

 

L'apprentissage autonome c'est laisser l'enfant faire à son rythme sans lui imposer quoi que ce soit. Juste lui proposer de temps en temps certaines activités qu'il peut toujours refuser.

 

Mon fils a appris à lire parfaitement au début de sa quatrième année de vie comme ça, à sa demande.


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#6 j.mouche

j.mouche

    Stagiaire Balai/ Toile à pavés

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  • Intérêts:Auto-construction ; écologie ; géologie ; toponymie ; histoire

Posté 06 janvier 2013 - 12:36

Normal... Tu comprends rien toi! La seule manière d'évaluer convenablement, c'est le chiffre!

 

Mauvais chiffre... c'est que l'élève est nul... c'est tellement plus pratique pour faire entrer les gens dans les cases et en faire de bons petits soldats...

 

Dans ce cadre impossible de viser l'autoévaluation ou d'autres méthodes d'apprentissage adaptées aux individus.

 

Bises à l'oeil

 

Jérôme



#7 laurely

laurely
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    instruction hors école
    et le reste aussi

Posté 06 janvier 2013 - 13:17

Bonjour, bonjour...

 

Ce matin j'ai fait une descente dans ma bibliothèque et dans mes souvenirs. J'ai fait une liste des bouquins que j'ai lus, en rapport avec l'enfance, et qui m'ont marquée. J'ai essayé de les mettre dans l'ordre chronologique de mes lectures. J'en oublie surement (emprunts à la bib, livres dont je me suis séparée)... et ils ne se valent pas tous.

 

avant de m'intéresser à l'IEF :

 

Libres enfants de Summerhill de A.S. Neill

Graines de crapules de Fernand Deligny (celui là je ne l'ai plus mais j'aimerais bien le retrouver)

JEUX TU ILS Encyclopédie des jeux de la famille J.F. Germe et F. Pingaud

Laissez-les faire des bêtises Plaidoyer pour l'enfant par un pédiatre d'aujourd'hui de H. de Leersynder

Comme un roman de Daniel Pennac

La cause des enfants de Francoise Dolto

Pédagogie : éducation ou mise en condition ?

Savoir et pouvoir

 

après :

La vie d'un bébé de Weyergans

Pour une naissance sans violence

(j'ai commencé à écouter attentivement Edwige Antier sur France Inter aussi

et découvert l'association Led'a, Les enfants d'abord)

 

Apprendre à lire à votre bébé (ou un truc dans le genre)

La lecture et l'enfant de Bruno Betteleim et ?

Comme un roman de Daniel Pennac

Vivre la nature avec les enfants de Joseph Cornell

Moi, je viens d'où ? suivi de c'est quoi l'intelligence ? de Albert Jacquard et Marie-José Auderset

Tout se joue avant 6 ans de Fitzhugh Dodson

Comment vraiment aimer votre enfant Dr Ross Campbell

La manipulation de l'esprit de Theo Löbsack

Les enfants d'abord de Christiane Rochefort

Tentatives de lucidité de Albert Jacquard

L'équation du nénuphar : les plaisirs de la science de Albert Jacquard

Le bonheur d'apprendre et comment on l'assassine de François de Closet

Parents efficaces : une autre écoute de l'enfant de Thomas Gordon

Eduquer sans punir : apprendre l'autodiscipline aux enfants du même

Enfances de Françoise Dolto

L'adolescent : le défi de l'amour inconditionnel Dr Ross Campbell

Les enfants aussi ont un sexe

La fabrique des crétins

Comme un roman de Daniel Pennac

 

Les douces violences de Christine Schuhl

Pleurs et colères des enfants et des bébés de Aletha Solter

 

Si ça peut vous apporter des réponses...


Modifié par laurely, 06 janvier 2013 - 13:27 .

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#8 satya

satya
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Posté 06 janvier 2013 - 13:28

insoumission a l'ecole obligatoire de catherine baker

 

http://tahin-party.org/cbaker.html

 

http://fr.wikisource...ole_obligatoire

 

les enfant de summerhills est excelent

 

merci de partager cette experience ,qui debute un peu sur la même voie pour nous.

 

a+



#9 flanar l'ancien

flanar l'ancien

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Posté 06 janvier 2013 - 13:52

Tu as lu 3 fois "Comme un roman" de Pennac, Laurely?

En tout cas, tu as dû vraiment l'aimer pour le citer à 3 reprises.

Libraire, j'avais affiché les 10 droits du lecteur à l'entrée de la librairie.

 

Pareil pour moi: Libres enfants de Summerhill (étudié en anglais au collège) & Insoumission à l'école obligatoire sont deux titres phares non pas de l'éducation mais de l'approche sociale de l'enfant.

Par contre, pas trop d'affinités avec Edwige Antier ou avec F. Dodson.



#10 laurely

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Posté 06 janvier 2013 - 20:11

oui !

Insoumission a l'école obligatoire de Catherine Baker ! et je dois l'avoir quelque part... si je le retrouve je le relis, enfin dès que j'en trouve le temps... et y'a aussi

Les cahiers au feu, de la même Catherine Baker... je sais pas si je l'ai...

 

et... oui !

J'ai lu trois fois Comme un Roman... Je le trouve formidable et il m'a beaucoup aidé pour transmettre le plaisir de lire et la curiosité... J'ai aimé tout ce que j'ai lu de Pennac. L'oeil du loup c'est bien pour les enfants aussi.

J'aurai pu marquer aussi plusieurs fois Vivre la nature avec les enfants de J. Cornell, car ce livre m'a beaucoup servi en colo et avec mon fils (et je me le suis fais chourré d'ailleurs...). Il est excellent à partir de... 6ans je dirais. Mais il y a des idées de jeux, de découvertes ou de relaxation que j'adapte même avec les jeunes enfants.

J'ai pioché des trucs dans l'emission d'E. Antier à la radio à l'époque. Je trouvais qu'elle avait pas mal de bon sens... mais bon... à mon avis elle n'est pas pour l'ief, je ne sais pas en fait... J'ai lu un livre d'elle, je ne m'en rappelle même plus...

Dodson je connais pas. En fait y'a plein de bouquins que j'aurai aimé lire, mais bon... je ne pouvais pas tout faire... Surtout que Louis s'est intéressé aux livres à son tour et que nous nous sommes enfoncés dans une spirale infernale qui dure depuis... je ne sais pas moi... 9 ans ? :

 

j'ai commencé à lui des lire des vraies bds à voix haute (Yakari en 1er... et pas mal d'autres, j'étais aux anges, je redécouvrais Tintin...)

doucement il a commencé à savoir lire

puis j'ai commencé à lui des lire des romans à voix haute (La queue d'une souris dans l'oreille d'un chat je crois que c'est le premier qui l'a tenu en haleine jusqu'au bout...)

il s'est mis à lire tranquilou

j'ai lu L'appel de la forêt à voix haute

il l'a lu en silence

j'ai lu tous les Harry Potter à voix haute

il a commencé à me faire la lecture...

 

Et voilà où on en est aujourd'hui : en ce moment il rêve du dernier Naheulbeuk et lit le Tome 2 des Rois Maudits...

Ca m'hallucine plus que positivement !

 

En fait... Je crois que c'est ce dont je suis le plus contente : qu'il aime lire !

Mais bon... y'a eu des moments pas faciles aussi, y compris avec l'apprentissage de la lecture... mais pas que...

J'essais de vous raconter ça un de ces quatres.


Modifié par laurely, 06 janvier 2013 - 20:22 .


#11 laurely

laurely
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    instruction hors école
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Posté 07 janvier 2013 - 00:29

Les premières années

 

Alors... avant d'en venir à l'apprentissage de la lecture... il y a eu les autres... marcher, parler, etc. Franchement, ça s'est bien passé. Ah, aussi on pratiquait le cododo... d'abord dans notre lit, puis à côté, puis de l'autre coté de la cloison... et comme prévu, il a fini par trouver plus sympa de dormir dans sa propre chambre... et avant ses 15 ans ! (ça c'est pour ceux qui nous prédisaient le pire)... vers 5 ans, en fait il a arrêté de venir dans notre lit, mais c'est une autre histoire...

 

Louis tout petit, on a beaucoup lu et joué, on s'est pas mal baladés. On a commencé à aller à la biliothèque. Tranquilou il a continué d'apprendre les choses de son âge, en partie à travers les moments de jeux, de livres partagés (dont une revue, Abricot), avec moi, avec nous et avec d'autres personnes, petits et grands... beaucoup à travers la vie quotidienne à la maison, au jardin et ailleurs : au marché, au supermarché, chez des potes, en sortie... On vivait notre vie normalement, avec notre petit, et lui il grandissait et observait... ce qu'il avait toujours su faire, comme tous les autres... On ne voyait pas pourquoi on aurait du l'enfermer à l'école toute la journée, en grand groupe...

J'avais lu le bouquin sur apprendre à lire à son bébé, ce n'est pas que c'était un objectif pour moi, loin de là, et Louis était déjà un grand bébé, mais ça avait piqué ma curiosité, et je me disais qu'il y aurait peut-être des trucs à piocher. En effet : j'ai imprimé assez gros des mots en minuscules d'imprimerie (ce que l'on trouve le plus dans les livres), découpés et collés sur des cartons que je plaçais à l'aide de gomme fixe sur un pot, un placard, une chaise, etc. y'en avait pas mal dans la maison... Je lui faisais faire du traçage (j'ai insisté lourdement parfois, et il y a eu des séances difficiles, suivies par des moments pas cools du tout en famille...) et des petits jeux issus du net (ou sur le net, genre http://www.tibao.com/).

 

Ses 3 ans approchaient. Et j'avais déjà un problème lié à l'IEF : le regard des autres, déjà ! J'avais d'abord à justifier ce choix auprès de mes parents et perso, même s'ils habitent loin, ça me posait un problème...

Ensuite... dans la vie courante ça a commencé à être lourd pour moi... Pourtant de 3 ans à 6 ans rien n'est obligatoire, même pas l'instruction. Mais pour la plupart c'était un scoop (comme pour moi quelques années auparavant d'ailleurs...) et j'avais l'impression d'être une bête curieuse.

Le truc c'est que la plupart des gens, quand ils posent la question : « Il a quel âge ? ... Alors, c'est la rentrée en Septembre ?! », pensent connaître la réponse... et... y'en a que la réponse surprend !! Bon... Franchement j'en ai entendu de toutes les couleurs, comme tous les non-sco je pense... Heureusement qu'il y avait aussi des moins réfractaires, voire des enthousiastes... rares, trop trop rares. Heureusement y'avait internet pour me remonter le moral et me redonner confiance. Un moment... Quand ça ne partait pas en vrille à cause de rabats-joie... Heureusement j'ai trouvé des témoignages et des réflexions qui me confortaient dans notre choix, des sites. Car plus d'une fois je me suis demandé si nous faisions VRAIMENT le bon choix, si nous n'étions pas en train de priver notre fils de quelque chose d'essentiel... si tous ces gens n'avaient pas raison...

Un manque de confiance qui venait puis s'en allait. Je trouvais ça super d'offrir notre disponibilité à notre fils, de toutes façons on ne trouvait pas de boulot qui dure... Alors quelques galères de thunes (bien pesantes aussi) quelques prises de tête avec les assistantes sociales du RMI (on n'accepte pas de bosser pour toucher à peine plus que le RMI)... mais ça dépend des personnes sur qui on tombe.

Dommage que tout ça m'ait déstabilisée, en plus Louis était bien dans sa peau et s'éveillait bien... Mais je pensais déjà à la suite et j'ai gâché un peu l'ambiance en anticipant sur ses 6 ans... Heureusement super-papa était là pour, en fin de compte, dédramatiser et zenifier les choses...

On a aussi joué à des jeux de société traditionnels qui ont bien aider dans l'apprentissage des nombres et du calcul.

Vers ses 4 ans nous faisions une courte séance de "travail" de temps à autres : jeux de lettres, traçage... Mais la plupart des apprentissages se sont fait d'eux même et par les jeux, les livres, les cdroms, par la vie.

(Très) petit à (très) petit on en est arrivés à une séance par jour 4 jours par semaine... sauf quand il y avait des potes et quand on avait vraiment pas envie... et quand on avait oublié... ou fait autre chose... ou... décidé qu'on était en vacances...

On l'a inscrit à une activité d'éveil musical puis, plus tard en remplacement, au judo. Pas mal de balades-découvertes, de bibliothèque, puis ludothèque... encore des livres, des vidéos, des cdroms... des affiches... des échanges postaux...

On a essayé des méthodes de lecture, jusqu'à trouver celle qui nous parlait : Pilou et Lalie (qu'on a jamais finie). Mais les essais ont servi aussi.

Peut-être qu'on s'y est pris un peu trop tôt, on aurait pu attendre et éviter quelques prises de tête... mais... ça s'est passé comme ça pour nous...

Peu de déplacements en « vacances » : pas les moyens. Très dommage je trouve.

J'ai appris au fur et à mesure à ne pas me sentir obligée de justifier notre choix... de toutes façons ça revenait tellement sur le tapis que ça ne me touchait plus comme avant... ça a même finit par faire marrer... on devine les questions, on observe la tête des gens...

 

Prochaine étape : la 1ère vraie non-rentrée... là je rigolais moins, c'est que j'avais été bien formatée par mes 16 ans passés à l'école et j'avais été alertée par des récits d'inspection qui se passaient mal. Résultat : j'avais grand peur de l'Inspection Académique.


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#12 Zaou

Zaou
  • Genre: Homme
  • Localisation:Reims

Posté 07 janvier 2013 - 01:17

Pour les livres j'aime bien :

Comme des invités de marque de Bergeron.

Et je ne suis jamais aller à l'école de Stern.

La ferme des enfants de Rabhi.

Et surtout les livres de John Holt (en particulier How Children Learn).



#13 sandstorm

sandstorm
  • Genre: Femme
  • Localisation:In a Plymouth Satellite...

Posté 07 janvier 2013 - 09:59

Bonjour! mon fils aussi a reprit l’école a la maison cette année. j'ai commencé a l'instruire dès qu'il est né. je l'emmenais partout avec moi en voyage et il a apprit a parler et a lire très tôt. vers 4ans, suite a un changement de vie, je l'ai inscrit en fin d'année a la dernière section de maternelle et cp. ensuite j'ai encore changé de vie et j'ai du l'inscrire au ce1 et ce2 dans une autre ville. je vie seule avec lui et face au pressions de ma famille je n'ai pas pu lutter, et je le regrette. au cp les enfants se moquaient de lui par ce qu'il est né avec une malformation de la main droite. suite a plusieurs opérations ratées il a les doigts déformés. il revenait toujours en pleures par ce qu'on le frappait. je n'ai pas cessé de me plaindre a la directrice qui s'en fichait royale! a un moment elle m'a même dit : "votre fils a trop de vocabulaire, il faut qu'il voit un psy par ce que ca perturbe les autres enfants" !!! j'ai pensé qu'en le changeant d’école ca allait mieux se passer, mais c'était pire. les autres enfants refusaient de jouer avec lui et le prenaient pour leur souffre douleur. mes tentatives pour trouver une solutions avec le directeur furent un échec. sont discourt ? "il n'y a pas de ca chez nous" certains jours il revenait avec la voix cassée tellement il hurlait, mais aucune interventions des maîtres ou du directeur et je n'avais pas le droit de savoir qui était ces élèves pour parler a leur parents. il a fini par faire une dépression, recommencé a faire pipi au lit et a la fin de l'année dernière tout les matins il passait une demi heure au toilettes par ce qu'il avait la diarrhée. j'ai voulu le retirer de l’école, mais le directeur ma menacé de me signaler au services sociaux. je l'ai quand même retiré et il a fait sont courrier, j'ai été contactée par l'inspection académique qui me menaçait aussi de poursuite etc. et je les ai a mon tour menacé de faire la même chose! maintenant c'est fini il reste a la maison, mais les dégâts sont la. il fait toujours pipi au lit, et mon petit garçon tout joyeux et sociable est devenu timide et méfiant. je le fait suivre par un psychiatre et j'essai de lui redonner confiance en lui. mais il ne sais plus gérer des relations sociales et s'enferme dans ses jeux vidéo. malgré tout cela, ma famille refuse de me soutenir et ma mère me dit que je fais des conneries par ce qu'il a besoin du contact des autres enfants pour apprendre la vie! lasse de lui expliquer que la vie c'est pas ca, j'ai fini par laisser tomber et j’évite la discutions. je l'ai quand même inscrit a plusieurs activités et bizarrement ca se passe bien. surement par ce qu'ils y a moins d'enfants et plusieurs encadrant... mon compagnon ne me soutient pas non plus. pour lui c'est du n'importe quoi. et toujours ce même argument de sociabilisation de la cours de récré. moi je le vois plus comme une prison ou une guerre ou il faut des alliés, des ennemis, des coups bas, de la violence... je me sens toute seule face a tout ca. et la société est la pour me rappeler qu'il faut être un bon petit soldat...
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#14 Shivaya

Shivaya
  • Genre: Femme
  • Localisation:Sud est

Posté 07 janvier 2013 - 10:34

OMG ! :o sandstorm, je ne peux rien t'apporter si ce n'est du réconfort et du soutien. Tu as fait le bon choix, sois en persuadée.

L'école actuelle est vraiment une machine à décérébrer et les parents qui te critiquent aujourd'hui sont ceux qui se sont fait décérébrés auparavant et qui du coup ne se rendent plus compte de ce qui se passe. L'école a toujours été plus difficile pour les enfants différents, mais c'est devenu un enfer depuis que les encadrants ne jouent plus leur role.


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#15 satya

satya
  • Genre: Homme
  • Localisation:charente limousine

Posté 07 janvier 2013 - 11:36

reprend courage ,ton enfant merite que tu soit confiante dans ce que tu fait. il a besoin de sentir sa mére convaincu et heureuse dans ses choix.

c'est pas facile ,plein de gens sont toujours là pour te plomber dés que tu sort des sentier battus ,courage ce n'est pas facile ,mais continu de vivre ta vie avec ton enfant ,beaucoup s'en decharge avec l'ecole et aprés critique l'ecole mais s'occuper d'un vraiment d'un enfant est une une noble tache ,pas dés plus simple.

 

la sociabilisation ,on y a droit aussi ,moi je repond que si la sociabilisation c'est ce rabaisser au même niveau que la masse ,et bé non merci

la sociabilisation ,apprendre a etre aussi bête que les autres pour s'intergrer non merci

 

la sociabilisation ,c'est qui t'a apprit a juger les gens et a leur dire ce qui est bon pour toi sans qu'on t'est rien demander.

 

la sociabilisation c'est ce qui fait que tu n'accepte pas que je fasse un autre choix

 

la sociabilisation c'est ce qui fait que tu n'accepte pas que je soit different

 

la sociabilisation ,est une maladie , la sociabilisation c'est bon pour les moutons (désolé pour eux ...les moutons)


Modifié par satya, 07 janvier 2013 - 11:39 .

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#16 _Ophildelo_

_Ophildelo_

Posté 07 janvier 2013 - 11:37

.

L'école détruit les meilleurs d'entre nous, c'est même à çà qu'elle sert je pense .

Je suis rentré à l'école primaire en sachant lire depuis longtemps, personne ne sait comment j'ai appris . Ce que je peux dire c'est que chez nous il y avait des montagnes de livres .. mon père faisait le négace de papier, journaux et livres invendus à l'époque ou le pilon n'existait pas.

Après un an de primaire je ne pouvais plus lire que pour moi même (impossible de lire à voix haute), j'ai réappris après 40 ans pour pouvoir lire des livres à ma fille.

J'avais une mémoire d'éléphant, et je suis devenu incapable d'apprendre quoi que ce soit par coeur. Impossible d'apprendre une récitation (souvent je n'arrivais même pas à retenir le titre). Je n'ai jamais pu apprendre une table de multiplication. Me reste la mémoire logique et associative .

A 13 ans j'étais toujours en primaire, considéré comme un arriéré mental .

Cette année là j'ai passé un examen et j'ai quand même pu entrer en sixième .

Un an après, mes professeurs me regardaient comme un petit génie ... malgré des lacunes (dont j'ai encore quelques séquelles) en orthographe et grammaire .

Aujourd'hui à 62 ans, s'il m'arrive d'avoir quelques préoccupations dans la vie qui perturbent mon sommeil, je cauchemarde sur l'école (ce sont les seuls cauchemards que je fais) .

 

J'ai survécu à l'école et surtout à la cour de récréation parce que j'avais quelque chose de particulier. J'ai connu la violence dés ma conception. J'ai dû acquérir dés la naissance des reflexes de survie. Ma mère ne m'a jamais entendu pleuré. Je n'ai jamais eu peur de rien ni de personne. Les groupes ne me font pas peur au contraire ... j'ai vite compris que l'esprit de groupe était un esprit de trouillards .

Les enfants différents deviennent facilement des souffre douleur . .. je ne crois pas que l'homme soit naturellement bon, les enfants sont souvent d'une cruauté phénoménale .

 

Beaucoup ne comprendront surement pas ce que je vais dire :

C'est parce que j'avais l'instinct de combat que finalement j'ai pu survivre à l'école et préserver ce qu'il y avait de doux en moi pour rester vivant et vrai !

.

Mais combien d'enfants au coeurs tendres cette école a t-elle détruit ???

.

.


Modifié par Ophildelo, 07 janvier 2013 - 11:39 .

  • Calypso, razatega et satya aiment ceci

#17 sandstorm

sandstorm
  • Genre: Femme
  • Localisation:In a Plymouth Satellite...

Posté 07 janvier 2013 - 17:12

Merci de votre soutient! c'est réconfortant d'en parler a des personnes qui peuvent comprendre! Ophildelo c'est drôle ce que tu raconte sur les cauchemars, moi aussi les rare fois ou j'en fais, le cadre est dans mon école primaire. J'ai eu la "chance" d'allez a une école de soeurs catho a l’étranger ou les punitions physiques et les insultes pleuvaient comme un beau jours de mousson sur le pacifique :D

#18 _Ophildelo_

_Ophildelo_

Posté 07 janvier 2013 - 20:29

Je voudrais juste apporter une précision .

Ma critique de l'école ne vise pas spécifiquement les instituteurs . Certains ont la vocation et font ce qu'ils peuvent pour aider les enfants à grandir ... mais c'est le système qui est pourri, et je ne pense pas qu'il soit meilleur aujourd'hui qu'il y a cinquante ans . :ponpon: 



#19 laurely

laurely
  • Genre: Femme
  • Localisation:france à la campagne
  • Intérêts:apprentis-sages...
    instruction hors école
    et le reste aussi

Posté 07 janvier 2013 - 21:22

Bonsoir,

 

oulah ! pas facile tout ça...

je pensais tout à l'heure, avant de vous lire, à la confiance... je pense que ce serait un sujet en soi à traiter...

 

Sinon, j'ai oublié de dire qu'on faisait pas mal d'activités manuelles avec Louis, d'autant que j'en faisait plein en colos et que nous on s'essayait à l'artisanat : pâte fimo, bijoux, peinture à la cire, cartonnage, toupies... Et on faisait des vides-grenier (un super truc pour l'ief les vides-grenier ! vraiment excellent), et aussi plein de jeux (pour les anniv's des copains c'était chouette, on préparait des tours de magie, on organisait des jeux collectifs...).

 

Côté contexte : on a appris à se contenter de peu, pas le choix. Et à se débrouiller avec le minimum d'argent. (merci merci à vous ! qui nous avez aidés sans le savoir dans cette simplicité involontaire...). Heureusement qu'on a un toit à nous... mais c'est dommage que nos soucis d'argent nous pèsent comme ça... c'est pas zen. On a trop de travaux à faire. Et on se caille en hiver... On aurait aimé donner la vie une autre fois au moins mais... on a renoncé, par peur de l'avenir.

Et puis la législation en matière d'instruction en famille semble ne pas prendre une direction favorable pour les enfants. Mais j'avoue que je ne sais pas bien où on en est... je sais que ça parle d'école obligatoire à 3 ans... donc... de contrôles dés 3 ans pour l'ief !?! C'est quand qu'on va où ?

 

Déjà ça nous pose plein de questions pour Louis : qu'est-ce qu'il va faire demain ? D'abord demain ce sera comment ?

Enfin, non-sco ou école ces questions se posent pareillement...

 

 

Allez, pour être plus légers, la liste des bouquins préférés de Louis (préparée avec lui)

Revues :

Abricot, Wakou, et bien plus tard Pif Gadget (qui n'existe à nouveau plus il me semble), kid paddle, kid mania

 

BD

yakari

les schtroumpfs

boule et bill

astérix

tintin

lucky luke

spirou et fantasio

naruto

mafalda

les légendaires

naheulbeuk

rubrique-à-brac

 

Livres :

plein de livres pour bébés et les petits, dont je ne me rappelle pas spécialement

mes premières découvertes gallimard (merci les vides-greniers car c'est super cher ailleurs)

mon premier copain des bois

kididoc

le monstre poilu

danger gros mots

cabot caboche (de... de...)

la queue d'une souris dans l'oreille d'un chat

le club des cinq

bob morane

l'etalon noir

harry potter

les disparus de saint agil

copain des chats

histoires comme ça

mythologies

croc blanc

l'appel de la forêt

des Livres Dont Vous Etes le Héros, notamment la série loup solitaire

arsene lupin (tout plein)

 

Bonnes soirées !



#20 laurely

laurely
  • Genre: Femme
  • Localisation:france à la campagne
  • Intérêts:apprentis-sages...
    instruction hors école
    et le reste aussi

Posté 08 janvier 2013 - 22:11

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MESSAGE POPULAIRE !

Bonjour,

 

Avant de passer à la suite, je vais vous raconter 2 épisodes, dont un qui me laisse de très mauvais souvenirs. Je n'en suis pas fière, ce n'est pas facile de l'écrire, mais je crois que ça soulève quelque chose d'important. Ca touche à la confiance. Confiance en l'enfant, confiance en soi... à la patience, aux remises en questions des adultes...

 

Vers les 4/5 ans de Louis, lors d'une de ces courtes séances de « travail » que l'on faisait, ça ne s'est pas bien passé. J'avoue que déjà quelques fois avant ce jour, il y avait un malaise avec ces moments. Mais je n'avais pas remis en question mon attitude.

Il s'agissait de remplir un dessin qui présentait des lignes, il fallait à l'intérieur de chaque ligne, faire des traits ou des points en suivant l'exemple (livre d'exercices parascolaire de niveau adapté à son âge). Il n'était pas réceptif comme je l'aurais souhaité ni comme les fois précédentes, et j'ai insisté. Lourdement. Beaucoup trop.

Ca m'agaçait... parce que au fond de moi j'avais peur que Louis ne soit pas à la hauteur (du point de vue de l'Education Nationale et de ce que les gens semblaient attendre), car moi je ne me sentais comme une petite fille devant la pression des autres, que je n'arrivais pas à évacuer depuis quelques temps... mais je ne me rendais pas compte que je me la mettais et que je la vivais toute seule, cette pression... Je n'arrivais pas non plus à en parler à mon conjoint, je le trouvais pas assez impliqué auprès de notre fils.

 

Je sentais Louis capable de faire l'exercice, mais il ne le faisait pas. Et au lieu de lâcher l'affaire je me suis fâchée. Ce qui l'a rendu encore moins receptif. Il s'est bloqué, impossible de rien en tirer de plus. Et c'est parti en vrille. Ton qui monte, qui monte, en retour : silence puis pleurs. Je crois que j'ai essayé de faire comme à l'école, que je me suis prise pour la maîtresse à vouloir absolument qu'il réalise immédiatement ce petit exercice.

Son papa est intervenu pour que j'arrête d'insister et je me suis sentie prise en faute et pas soutenue. Deuxième couche pour moi. J'étais déjà pas bien dans ma tête, je ne me reconnaissais pas et c'est reparti en vrille. (Faut dire aussi que j'ai assez sale caractère, surtout quand je ne vais pas bien...) Il y eu une engueulade mémorable entre nous, que j'aimerais mieux oublier mais qui est restée gravée dans ma tête. Puis une mise au point. J'ai fini par « redescendre », et je n'ai plus jamais fait ça. J'ai laissé tombé ces temps pendant quelques jours, puis j'étais beaucoup plus zen, je ne faisais que proposer et inciter. Et j'ai bien fait de ne pas recommencer.

 

D'un autre côté, dans la même période, Louis m'a impressionnée. Il n'avait jamais été attiré par les coloriages, mais un jour je lui ais donné une petite image de dinosaure, parmi d'autres, il aimait bien les images. Il l'a colorié, en une fois, parfaitement, presque sans laisser de blanc et sans dépasser. Uniquement parce qu'il l'avait décidé. Je n'avais même pas proposé de colorier. Il ne coloriait jamais mais en fait il savait quand même déjà le faire. J'ai halluciné. Ca n'a peut-être l'air de rien, mais c'était impressionnant (surtout que le dinosaure était rose).

 

J'ai réellement assimilé à ce moment là qu'il fallait le laisser faire, que l'enfant progressait parfois sans même qu'on s'en apperçoive. La suite me l'a prouvé. Avec de supers moment de surprises.

 

Les choses que les enfants comprennent et apprennent le mieux sont celles qui les intéressent.

C'est une certitude.

Valable pour tous les enfants, sco ou pas. Mais l'enfant non-sco a bien plus le loisir de s'intéresser à ce qu'il veut, quand il veut. Il suffit que les parents soient suffisamment à l'écoute et dans le dialogue pour qu'il progresse. Avec quelques « supports » à disposition et des propositions de temps partagés, c'est bien suffisant.

 

J'aurai dû ne pas donner tant d'importance au regard des autres. Ni me laissée enfermée dans l'image que la plupart des gens me renvoyaient. Tout le monde s'attendait à ce que je joue à la maîtresse à la maison, pour remplacer l'école. Je pensais que l'EN attendait ça aussi, et j'en avais peur car ce n'était pas ce que je voulais profondément. Je me sentais coincée.

J'étais bloquée dans un système de pensées qui était non seulement désagréable et minant pour moi, mais aussi malsain pour mon fils. Il m'a fallu cet "electrochoc" pour mieux gérer tout ça. Dommage...


Modifié par laurely, 08 janvier 2013 - 22:14 .

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