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Islande, un exemple ?

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44 réponses à ce sujet

#21 _Philbill_

_Philbill_

Posté 18 fvrier 2013 - 06:01

Je parlais de la connerie des baleines, bien sur!

Elles sont vraiment idiotes, ces bestioles, de s'approcher d'un navire alors qu'elles savent pertinemment qu'elles vont ramasser dans les entrailles un harpon muni d'une charge explosive qui va leur faire endurer le martyr pendant un long moment au nom du modèle islandais ou de tartempion... 



#22 _Ophildelo_

_Ophildelo_

Posté 18 fvrier 2013 - 14:14

Je parlais de la connerie des baleines, bien sur!

Elles sont vraiment idiotes, ces bestioles, de s'approcher d'un navire alors qu'elles savent pertinemment qu'elles vont ramasser dans les entrailles un harpon muni d'une charge explosive qui va leur faire endurer le martyr pendant un long moment au nom du modèle islandais ou de tartempion... 

 

Tu as raison.... tous les animaux qui ne ne méfient pas du genre humain sont nécessaiement cons !

L'être humain est tellement peu fiable, qu'il n'est même pas capable de s'aimer lui même, et qu'il reste son pire ennemi .

 

Il sera passé par le feu . Il croit qu'il sera jugé sur ses actes, parce que cela l'arrange ...mais il se trompe. Car l'homme se trompe encore plus qu'il ne trompe les autres .

Ses actes, qu'il croit juste, ne sont que des prétextes . Il applique les régles, il applique la loi et se dit je suis un juste ...mais il se trompe comme il trompe son monde .

 

Apprenez que la justesse de vos actes ne vous dédouane pas, car une fois cela passé au feu, ne restera qu'une seule chose....celle qui vous condamnera. Votre motivation !

 

Bonne chance les hommes . :salut: 



#23 _Philbill_

_Philbill_

Posté 18 fvrier 2013 - 14:35

La Déclaration des Droits des Cétacés

 

En accord avec le principe de l’égalité de traitement entre toutes les personnes;

Reconnaissant que la recherche scientifique nous donne un aperçu plus précis de la complexité de l’esprit, des sociétés et des cultures cétacés;

Notant que le développement progressif du droit international manifeste un sentiment croissant de volonté de reconnaissance des droits pour les cétacés;

Nous affirmons que tous les cétacés comme les personnes ont le droit à la vie, la liberté et le bien-être.

 

Nous estimons que:

1. Tout individu cétacé a le droit à la vie.

 

2. Aucun cétacé ne devrait être gardés en captivité ou en servitude; être soumis à un traitement cruel, ou être retirés de leur milieu naturel.

 

3. Tous les cétacés ont le droit à la liberté de circulation et de séjour au sein de leur environnement naturel.

 

4. Aucun cétacé n’est la propriété de quelque Etat, personne morale, groupe humain ou individu.

 

5. Les cétacés ont le droit à la protection de leur environnement naturel.

 

6. Les cétacés ont le droit de ne pas être soumis à la perturbation de leurs cultures.

 

7. Les droits, les libertés et les normes énoncées dans la présente Déclaration devraient être protégés en vertu du droit national et international.

 

8. Les cétacés ont droit à un ordre international dans lequel ces droits, les libertés et les normes puissent être pleinement réalisés.

 

9. Aucun État, société, groupe humain ou individu ne devrait s’engager dans quelque activité qui porte atteinte à ces droits, libertés et normes.

 

10. Rien dans la présente Déclaration ne peut empêcher un État d’adopter des dispositions plus strictes pour la protection des droits de cétacés.

 

Acceptée le 22 mai 2010 à Helsinki, Finlande

 

baleine.jpg



#24 _Ophildelo_

_Ophildelo_

Posté 18 fvrier 2013 - 19:28

Nous affirmons que tous les cétacés comme les personnes ont le droit à la vie, la liberté et le bien-être.

 

Je trouve çà étrange !

 

Et pourquoi pas les tiques, les puces, les cafards , etc ...

 

C'est pas assez gros ?? Cà saigne pas assez ??

 

Il y aurait des formes de vie indigne, qui n'auraient pas droit à la vie, la liberté et le bien être ???

 

Qu'on protége les baleines parce qu'elles sont menacées d'extinction, je peux parfaitement le comprendre et même soutenir cette décision .... mais ce genre de raisonnement, cette ségrégation parmi le genre animal, me dépasse    .    



#25 _Henri_

_Henri_

Posté 18 fvrier 2013 - 19:39

ah, bon tu es anti-spéciste ??? bravo ophildelo



#26 _Ophildelo_

_Ophildelo_

Posté 18 fvrier 2013 - 21:15

ah, bon tu es anti-spéciste ??? bravo ophildelo

 

J'suis anti-rien !! Je ne comprends pas, c'est tout !

 

Un jour j'ai reçu de l'amour d'une pierre ... tu comprends çà toi ?



#27 _Henri_

_Henri_

Posté 19 fvrier 2013 - 09:15

ce que je trouve étrange c'est que si un individu éprouve de la compassion par exemple pour les baleines, il y aura tjrs un clampin pour lui reprocher de ne pas s'occuper de puces, ou pire de la faim dans le monde : à cela je dis faites, agissez vous n'aurez plus le temps de critiquer ce que fait le voisin : en disant cela je me place comme un horrible donneur de leçons ? mais comme tu es quelqu'un de Zen, tu comprendras ma réaction épidermique.


Modifié par Henri, 19 fvrier 2013 - 09:24 .


#28 _Ophildelo_

_Ophildelo_

Posté 19 fvrier 2013 - 10:00

ce que je trouve étrange c'est que si un individu éprouve de la compassion par exemple pour les baleines, il y aura tjrs un clampin pour lui reprocher de ne pas s'occuper de puces, ou pire de la faim dans le monde : à cela je dis faites, agissez vous n'aurez plus le temps de critiquer ce que fait le voisin : en disant cela je me place comme un horrible donneur de leçons ? mais comme tu es quelqu'un de Zen, tu comprendras ma réaction épidermique.

 

Henri. Je trouve plutôt bien que certains d'entre nous se consacre à la protection d'un animal particulier. Nous sommes petit et on ne peut s'occuper de tout à la fois  . Ce qui me géne c'est de tout à coup, comme çà, mettre un animal en haut de l'échelle ...pas besoin qu'un animal soit le roi des animaux pour avoir droit à notre respect .

J'aime pas çà non plus quand on le fait pour les hommes. ...pour moi nous sommes tous des cons ...quoique parmi les cons il y ai aussi des fripons et des fripouilles .

En plus, Phillbill est un gars que j'aime bien. :chamaille: (pas de méprise quand même, je n'en suis pas)



#29 _Philbill_

_Philbill_

Posté 19 fvrier 2013 - 10:50

Pour clore (provisoirement) le sujet sur nos amis les baleines, je vais préciser le contexte de mon intervention.

Ce topic parle de l'Islande et de la crise financière... Leur façon de s'en sortir (ou pas), le fait de savoir si c'est un exemple à suivre (ou pas), personnellement, je m'en fiche...

J'observe simplement, et malheureusement une fois de plus, qu'à l'instar de nombreux pays, la condition animale en Islande passe aussi à la trappe lorsque des intérêts sont en jeu...

Mon postulat étant de ne pas considérer comme civilisé et évolué tout pays qui manque à ces devoirs envers le monde animal et la nature en général, il est clair que je ne peux passer sous silence le sort abominable des baleines chez les vikings!

Et je ne manquerai jamais, aujourd'hui et demain, de pointer, quelque soit le sujet, ce qui déconne avec le respect de la vie sous toutes ces formes...

Si effectivement, l'Islande était responsable d'un génocide envers n'importe quel autre animal, je ne me serais pas privé d'en parler également...

Cela permet aussi de redire que les humains ne sont pas les seuls sur terre, et n'ont pas à s'autoproclamer en permanence titulaires du droit de vie ou de mort sur les êtres vivants...


  • Shivaya aime ceci

#30 _Ophildelo_

_Ophildelo_

Posté 19 fvrier 2013 - 12:36

Exprimé de cette façon, çà ne me pose aucun problème pour dire que je partage gloabalement ton point de vue.

 

Tu sais cependant que je ne suis pas végétarien, donc j'admets le principe qu'il est possible de tuer des animaux pour s'en nourrir .

 

Concernant les baleines, vu leur raréfaction, je suis d'accord pour dire que ces animaux devrait jouir (comme des centaines d'autres) d'une protection totale .

 

La caractéristique de l'homme c'est qu'il est capable du meilleur comme du pire. Et quand je dis l'homme, je ne parle pas de l'espéce, mais de l'homme en tant qu'individu. Au procés de Nuremberg certains enfants de Nazis ont témoignés en disant, sans aucuns complexes, que leurs pères avaient été les meilleurs des pères ... voila l'homme Phillbill .

 

Quant à moi, je n'ai aucune prétention, aucune certitutde à avoir été toujours au top . Et toi mon cher Phill ??

 

Après, comme je l'ai déjà dit, ce qui condamne un être, bien plus que ses actes, c'est la motivation qui les soustend. On ne changera rien sur le fond, tant qu'on n'aura pas compris la signification de celà .



#31 _Philbill_

_Philbill_

Posté 19 fvrier 2013 - 13:21

Je suis bien d'accord. La motivation définie le sens de tout acte.

Comme toi, je suis loin d'être parfait, mais le doute et la remise en question sont déjà de bonnes bases dans un chemin d"évolution personnelle...



#32 _Ophildelo_

_Ophildelo_

Posté 19 fvrier 2013 - 14:06

Oui ! Si je cite souvent Jésus ou Gautama, c'est que contrairement à ce que pensent les hommes qui confondent spiritualité et religions, ces deux hommes doutaient .

 

La remise en question est beaucoup plus facile que le doute. ... et bien souvent la remise en question fait passer les hommes d'une croyance à une autre (aussi érronée l'une que l'autre).

 

L'homme qui doute est un homme à part ...peut être le seul qui mérite le grand nom d'Homme .



#33 _strychnine_

_strychnine_

Posté 19 fvrier 2013 - 14:51

Un ensemble d'articles sur L'Islande et la crise sur Pearltrees http://www.pearltree...371971&N-play=0

( chaque perle emmène vers un dossier ou un article )

L'Islande décide aussi d'interdire le porno, les jeux de hasard et le strip-tease http://www.alterinfo...ard_a87001.html



#34 nemo32

nemo32
  • Genre: Homme
  • Intérêts:multiples : nature.sciences humaines.société. histoire . techniques . astronomie...etc..etc...

Posté 19 fvrier 2013 - 15:25

excellent exemple a suivre ..

franchement ce pays m épate 



#35 _Philbill_

_Philbill_

Posté 19 fvrier 2013 - 16:23

Je pense qu'il faut relativiser...

 

Ce pays compte à peine plus de 300.000 habitants et 90% sont des urbains... C'est un peu comme si l'on parlait de villes comme Clermont-Ferrand ou Tours et de leur agglomération immédiate...

C'est déja plus simple de mettre en place une démocratie participative dans un "grand village" où tout le monde pratiquement se connait que dans un pays de 60 ou 80 millions d'habitants, si l'on prend la France et l'Allemagne...

 

De plus, c'est un pays insulaire, qui dépend traditionnellement de la pêche. Celle-ci représente presque 60% de ses revenus à l'exportation. Les cours mondiaux des produits de la mer ont donc une influence direct sur l'économie du pays qui doit en plus importer énormément de produits de consommation courante...

Et c'est aussi pour palier à l'instabilité de leur monnaie, la Couronne, que leur gouvernement a fait officiellement la demande au gouvernement canadien d'utiliser leur monnaie, le dollar CA, réputé stable...

 

Même si sur le plan énergétique, avec l'hydroélectricité et la géothermie, ils sont relativement autonomes, cela ne fait pas tout. Avec 1% des terres cultivées, et même si les serres sont chauffées (géothermie), ce pays est complètement dépendant des règles du jeu mondial...

Ce que l'on décrit comme étant la reprise en main d'un peuple sur son destin n'aura pas, à terme, grande influence sur tout cela, d'autant que les islandais ne sont pas vraiment prêts à faire un bon en arrière de 50 ans côté société de consommation...



#36 _Ophildelo_

_Ophildelo_

Posté 19 fvrier 2013 - 18:45

Phibill, tous les pays sont aujourd'hui interdépendants. Les régles du jeu, comme tu le dis sont mondiales.

Mais sincérement je ne crois pas que le problème soit là ... si on voulait on pourrait tout changer et reprendre nos vies en main et exiger le respect individuel.

Mais cette volonté n'existe pas ... les hommes préférent se battre les uns contre les autres, pour le plus grand bonheur du "Système"

 

On voit aujourd'hui les écolos se plaindre du sort qu'on leur fait sous le régime socialiste ....comme si le socialisme avait une relation privilégiée avec l'écologie. L'écologie politique a une relation privilégié avec la bétise et l'hypocrisie, c'est tout .

Les Lalonde, les Voynet, les Mamére, les Eva Joly ont complétement détruit les espérances écologiques. Quand je vois qu'à une époque on a préféré Voynet à Cousteau ou Bombard, de qui se moque t-on ? Au dernières élections on a pu voir, les résultats à peine connus, Eva Joly remettre ses 2,31 % de voix au parti socialiste...est ce que c'est vraiment sérieux.

2,31 % de voix , çà se négocie farouchement quand on est d'abord écologiste car çà fait la différence. On les donne à celui qui prend des engagements devant le peuple français, et des engagements écrits  s'il le faut . Mais tout ces gens que j'ai cité sont accessoirement écologistes, en fait ce sont des tartuffes, des délégués socialistes à l'écologie ...ils n'ont d'autre but que de ratisser pour la gauche socialiste .

 

En france la conscience globale n'existe pas . Une masse incroyable d'individus se satisfait d'avoir mis Hollande à la place de Sarkozy, incapables qu'elle est de dépasser la pulsion émotionnelle, pour accéder à un comportement et à un choix réfléchi .

C'est par la nombre majoritaire de ce genre d'individu que le "Système" se pérénnise, et si un jour la conscience se léve un peu, et oriente les individus massivement vers le seul choix de contestation réel, l'abstention, alors les mafieux de la politique rendront le vote obligatoire.


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#37 _Philbill_

_Philbill_

Posté 23 fvrier 2013 - 06:27

Bon... En attendant, la défense des baleines s'organise aussi en Islande.

 

 

 

L’Islande se mobilise contre la chasse à la baleine

 

La nouvelle campagne de protection des baleines lancée par IFAW et Icewhale « Meet Us Don’t Eat Us » invite les touristes qui visitent l’Islande à éviter la consommation de viande de baleine.

 

andreas-lorenz-Flickr-300x218.jpg

 

Inaugurée sous le slogan Meet Us Don’t Eat Us(Venez à notre rencontre, ne nous mangez pas), cette campagne, pilotée conjointement par IFAW (Fonds international pour la protection des animaux) et l’association islandaise d’observation des baleines (ICEWHALE), encourage les touristes à profiter des baleines sauvages lors d’excursions d’observation plutôt que de consommer la viande de baleine dans les restaurants. Le slogan Meet Us Don’t Eat Usapparaîtra sur des espaces publicitaires à l’aéroport de Keflavik et dans la capitale, dans les magazines et sur les bus. En outre, des bénévoles déguisés en baleine distribueront des flyers et échangeront avec les touristes dans le centre ville de Reykjavik de juin à août. Ces tracts seront également distribués dans les lieux touristiques islandais.

Un peu d’histoire…

La chasse commerciale à la baleine a commencé en Islande en 1948 et s’est interrompue en 1989. La viande était cuisinée régulièrement au Japon pendant les années 60 et 70, la consommation totale du pays atteignant alors un chiffre de 220 000 tonnes de viande ! On la mange même dans les écoles. D’après une étude de Kyodo news, sur les 29 600 écoles primaires et collèges japonais, 5 300 ont servis de la viande de baleine entre avril 2009 et mars 2010. Seuls quelques bateaux ont repris la chasse aux petits rorquals en 2003, initialement pour la recherche dite scientifique. La chasse au rorqual commun, une espèce menacée, a commencé en Islande en 2006, provoquant un tollé à l’échelle internationale. Depuis 2008, ils continuent d’être chassés afin de vendre la viande au Japon, avec peu de succès à ce jour. Le mois dernier, il a été annoncé que la saison de chasse à la baleine serait retardée en raison des stocks massifs de viande de baleine accumulés et invendus au Japon. « 6 000 tonnes de viande de baleine s’entasseraient ainsi aujourd’hui dans des entrepôts frigorifiques japonais, faute de débouchés » affirme GREENPEACE.

L’engagement d’IFAW

IFAW condamne la chasse à la baleine, cruelle par essence, car le problème est qu’il n’existe pas de moyen humain de tuer une baleine. Alors que nombre de personnes pensent que la viande de baleine est un plat populaire apprécié, seul 5% des islandais disent en manger régulièrement*. Le directeur d’IFAW au Royaume Uni, Robbie Marsland déclare: « Malgré la cruauté induite par la chasse à la baleine et l’attrait limité des islandais pour la viande de baleine, nous sommes préoccupés par le fait qu’on estime à 40% le nombre de touristes qui consomment de la viande de baleine, convaincus que c’est un mets traditionnel islandais. Ceci signifie que les baleines sont tuées chaque année simplement pour être goutées par des touristes curieux. Nous espérons que la campagne Meet Us Don’t Eat Usincitera les touristes en Islande à réfléchir à deux fois au choix de leur menu dans les restaurants du pays pour être sûrs qu’ils ne rentreront pas chez eux avec un goût amer en bouche. »

 

Et à toutes fins utiles, si vous souhaitez adresser un petit mail de soutien aux militants d'ICEWHALE, cela fait toujours plaisir et cela ne coûte rien...

 

http://www.icewhale.is/

 

Contacts:

Rannveig Grétarsdóttir
e-mail: rannveig@elding.is


Modifié par Philbill, 23 fvrier 2013 - 06:28 .


#38 _strychnine_

_strychnine_

Posté 06 mars 2013 - 06:39

En attendant, quand le Président islandais vent en France en visite officielle, personne n'en parle...

http://www.agoravox....ouvre-la-131727

 

 

 

Une Chape de plomb recouvre la visite officielle du Président islandais

Morosité persistante dans la zone euro, embellie confirmée de l’Islande ont eu raison de l'arrogance de nos élites. L'Islande, premier pays européen touché par la crise en 2008, a retrouvé le chemin de la prospérité : croissance de 2,5% du PIB, un chômage de 5%, excédents du commerce extérieur et des comptes publics. Les choix de politique économique de ce petit pays se retrouvent projetés sous la lumière de l’oligarchie. Dans les hautes sphères des centres de décision, les masques tombent, les certitudes se lézardent, les dogmes s’effondrent.

 

 

La dernière visite d’une délégation officielle de l’Islande remonte à 1983. Qui serait assez crédule pour croire que le calendrier retenu pour la fin février 2013 est une pure coïncidence ? A l’aune d’une zone euro enlisée dans une crise profonde, voyons un peu ce que peut ressentir l' oligarchie aux affaires en France notamment, en apprenant que l’île vient de réaliser deux années consécutives de croissance positive supérieures à 2% du PIB quand ce même PIB était en recul de 6,6 % en 2009 ; que le déficit budgétaire annuel de cet Etat providence est maintenant résorbé quand il était de 13.5% en 2008 ; que le chômage approche les 5% de la population active quand il était monté à 8% en 2010 ; qu’il faut se faire à l’idée que le pays a gagné son bras de fer juridique contre la technocratie de Bruxelles et la finance internationale ; que le prêt de 2.1 milliards d’euros du FMI fut remboursé dans les meilleurs délais ; qu’en dévaluant brièvement la couronne jusqu’à 70%, le pays a pu réinvestir dans l'économie nationale et créer un cercle vertueux pour la relance des investissements. [1]

Et puis les pouvoirs publics islandais ne se sont pas contentés de faire un pied de nez aux banques en faillite. L’Islande prend des mesures hétérodoxes efficaces pour les particuliers et les entreprises qu’il conviendrait de faire connaître au plus grand monde. N’en déplaise aux financiers, pour sauver les ménages surendettés, l'Etat incite les banques à écrêter leurs créances. Au-delà de 110% de la valeur du logement, la dette est effacée. Pour sauver les PME, entreprises créatrices d’emplois locaux, rappelons-le, l’Etat agit de même. [2] Voilà de quoi titiller les biens pensants les plus dogmatiques, n’est-ce pas ? 

Dès lors, on comprend mieux pourquoi l'Islande n'est pas pressée d'entrer dans l'Union Européenne, et encore moins d'adopter la monnaie unique. « En quarante ans, nous sommes passés d'un pays en développement à l'un des plus prospères d'Europe avec notre petite monnaie indépendante », argumente l'eurosceptique président. [3] 

En réponse la ploutocratie impose un devoir de réserve à l’oligarchie europhile et la nébuleuse des organes de presse persiste à maintenir l’expérience empirique de l’Islande à l’ombre des projecteurs de l’opinion publique européenne. Fait révélateur… quand d’une part 145 occurrences de médias audiovisuels relatent, en moyenne, une visite officielle d’un Chef d’Etat, que d’autre part Le Figaro et rue89 sont les deux seuls médias à avoir relayé la visite du cas d’espèce islandais chez son hôte de l’Elysée. Aucun compte rendu officiel n’est venu nous éclairer, si ce n’est sur la teneur des débats, tout au moins sur les grandes lignes de discussion, comme le veut l’usage, par les médias de l’establishment. Tout juste peut-on lire sur le site de l’ambassade de France en Islande que les deux Président ont évoqué la nécessité de développer les énergies renouvelables et en particulier la géothermie…. Autant dire que nous, le peuple, sommes sous informé. Président du groupe amitié France - Islande, le député Michel Tardi fait bien mention du programme du séjour du Président Islandais en France sur son blog, mais là s’arrête l’entorse de principe au silence ambiant.

Monsieur Olafur Ragnar Grimsson s’est entretenu avec Michel Rocard, ambassadeur chargé de la négociation pour les pôles Arctique et Antartique, en marge d’une conférence sur le renouveau islandais en présence du gouverneur de la banque centrale islandaise et de Chefs d’entreprises le 26 février au matin. Thème de la conférence : quels sont les facteurs de la renaissance islandaise ? Voilà un sujet pertinent. Quelles en sont les conclusions des officiels présents et notamment de Michel Rocard ? Le peuple est en droit de savoir.

 

Le 26 février dernier dans l’après midi, le Président islandais s’est également entretenu officiellement pendant 1h30 avec des représentants de l’assemblée nationale. Pourquoi n’avons-nous pas eu un aperçu des débats ? Le même jour en fin d’après midi, il s’est rendu à un entretien officiel de près de deux heures avec monsieur Bel, Président du Sénat et troisième autorité politique de notre pays. Que ressort-il de cet entretien ? Nous n’en savons rien. Le matin du 28 février 2013, le chef d’Etat islandais s’est entretenu avec le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économique dont le conseil s’est réuni dans la foulée…. Bouche cousue. Nous le voyons bien, les oligarques ne sont pas indifférents à la réussite islandaise en dépit d’apparences bien trompeuses…

 

 



#39 _strychnine_

_strychnine_

Posté 06 avril 2013 - 07:05

Les politicards ne lâchent pas facilement leur os, malheureusement. Du coup, une conclusion assez triste pour le moment.

http://www.vivreenis...-parlement.html

( lu sur ONTC )

 

 

L’Islandea attiré l’attention lorsque, après sa spectaculaire dégringolade en 2008 quand son système bancaire s’est écroulé – causant d’énormes dégâts sur les créanciers étrangers ainsi que sur les habitants de l’île –, elle a tenté de faire face au problème en assignant en justice les banquiers et autres personnes responsables de la faillite du pays. Mais l’île a aussi fait parler d’elle lorsqu’elle a convié le peuple islandais et ses représentants directement élus à rédiger une nouvelle Constitution post-krash qui visait notamment à réduire la probabilité qu’un tel événement se reproduise.

 

L’auteur de cette initiative – ce qui est tout à son honneur –, c’est le gouvernement post-krash formé en 2009 qui a été mis au pied du mur face à une foule de manifestants venus faire bruyamment résonner leurs poêles et casseroles sur la place du Parlement à Reykjavík. Une Assemblée nationale composée de 950 personnes choisies au hasard dans le registre national a été convoquée. Chaque Islandais âgé de 18 ans ou plus avait la même chance d’être sélectionné et d’obtenir un siège à l’Assemblée. Ensuite, à partir d’une liste de 522 candidats issus de tous les horizons, 25 représentants ont été élus par le peuple pour former une Assemblée constituante dont la mission était de rédiger une nouvelle Constitution rendant compte de la volonté populaire, telle qu’exprimée par l’Assemblée nationale. Croyez-le ou non, la Cour suprême, dont huit des neuf juges de l’époque avaient été nommés par le Parti de l’indépendance qui est à présent considéré comme le principal coupable de la faillite du pays et qui siège dans l’opposition, a annulé l’élection de l’Assemblée constituante pour des motifs peu convaincants, voire illégaux. Du jamais vu ! Le Parlement a alors décide de nommer les 25 candidats qui avaient obtenu le plus de votes pour former un Conseil constitutionnel. Ce Conseil a, pendant quatre mois en 2011 – à l’instar des rédacteurs de la Constitution américaine à Philadelphie en 1787 –, planché sur la rédaction d’un projet de nouvelle Constitution et l’a adopté à l’unanimité. Le projet de loi constitutionnelle stipule, entre autres : (a) la réforme électorale garantissant le « une personne, une voix »; (b) l’appropriation nationale des ressources naturelles; © la démocratie directe par le biais de référendums nationaux; (d) la liberté d’information, et (e) la protection de l’environnement, ainsi qu’un nombre de nouvelles dispositions visant à ajouter une couche de freins et contrepoids au système actuel de forme de gouvernement parlementaire semi-présidentiel. Le préambule donne le ton : «Nous, peuple d’Islande, souhaitons créer une société juste offrant les mêmes opportunités à tous.» Le peuple a été invité à contribuer à la rédaction de la Constitution via le site internet du Conseil constitutionnel. Des experts étrangers en constitution, tels le Professeur Jon Elster de l’Université de Columbia et le Professeur Tom Ginsburg de l’Université de Chicago, ont publiquement fait l’éloge du projet de loi et de la façon démocratique dans laquelle il a été rédigé.

 

Cela dit, il était clair dès le départ que de puissantes forces politiques chercheraient à saper le projet de loi. Tout d’abord, pour de nombreux politiciens, c’est leur prérogative et seulement la leur de réviser la Constitution. Ils voient donc l’Assemblée nationale et le Conseil constitutionnel élus par le peuple et nommés par le Parlement comme des intrus venant piétiner leur territoire. Ensuite, de nombreux responsables politiques s’inquiètent à juste titre de leurs chances de réélection avec la mise en place du système « une personne, une voix ». Aussi, de nombreux politiciens craignent de perdre leur influence à cause du recours plus fréquent aux référendums nationaux, et craignent aussi certaines divulgations avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi de liberté d’information. À titre d’exemple, une conversation téléphonique déterminante qui a eu lieu entre le Premier ministre et le gouverneur de la Banque centrale dans les jours précédant le krash de 2008 est encore tenue secrète, même si un comité parlementaire a demandé à entendre son enregistrement. Enfin, dernier point mais non des moindres, de nombreux armateurs n’aiment pas l’idée d’être privés de leur accès privilégié et extrêmement rentable aux zones de pêche de propriété commune. Il existe des documents publics enregistrés après le krash qui attestent que les politiciens et les partis politiques ont été généreusement récompensés par les banques avant le krash. Il ne faut pas être un génie pour comprendre que les armateurs doivent avoir traité de la même manière généreuse les politiciens et partis politiques par le passé, une relation que de nombreux politiciens tiennent clairement à préserver.

En bref, il était clair que dans le cas d’un scrutin secret, le projet de loi constitutionnelle n’aurait jamais eu la chance d’être adopté par le Parlement, même pas après le référendum national sur le projet de loi du 20 Octobre 2012 où 67% des électeurs ont exprimé leur soutien au projet de loi ainsi qu’à ses principales dispositions individuelles, parmi lesquelles l’appropriation nationale des ressources naturelles (83% ont voté Oui), la démocratie directe (73% ont voté Oui), et le « une personne, une voix » (67% ont voté Oui). Mais le Parlement ne procède pas au scrutin secret. En fait, 32 des 63 membres du Parlement ont été entraînés par une campagne de courriels organisée par des citoyens ordinaires pour déclarer qu’ils soutenaient ce projet de loi et qu’ils voulaient l’adopter immédiatement. Cependant, malgré ces déclarations publiques, le projet de loi n’a pas été soumis à un vote au Parlement. Odieuse trahison, et probablement aussi acte illégal commis en toute impunité par le président du Parlement. Au contraire, le Parlement a décidé de ne pas respecter sa propre volonté déclarée publiquement ainsi que la volonté du peuple telle qu’exprimée dans le référendum national : il a mis le projet de loi au frigo, et pour couronner le tout, il a demandé à la hâte les 2/3 du Parlement ainsi que 40% du vote populaire pour adopter toute modification de la Constitution dans le prochain Parlement. Cela veut dire qu’au moins 80% de participation aux urnes serait nécessaire pour qu’une réforme constitutionnelle soit acceptée lors de la prochaine session du Parlement. Les hommes politiques n’ont apparemment pas prêté attention au fait qu’avec de telles règles, la séparation de l’Islande du Danemark n’aurait pas été acceptée lors du référendum de 1918. Dans la pratique, cela signifie que nous sommes de retour à la case départ comme cela était voulu par les ennemis de la nouvelle Constitution. Il y a peu d’espoir que le nouveau Parlement respectera la volonté du peuple si le Parlement sortant a échoué à le faire en dépit de ses promesses. Dans son discours d’adieu, le Premier ministre sortant, Jóhanna Sigurðardóttir, a déclaré que c’était le jour le plus triste de ses 35 années au Parlement.

 

 

Vendredi dernier, Thorvaldur Gylfason a envoyé à Vivre en Islande la déclaration ci-après. Cette dernière a été gracieusement traduite de l’anglais vers le français par Jessica Devergnies-Wastraete (jessica.devergnies@gmail.com). Thorvaldur Gylfason a été membre élu (puis désigné par le Parlement) de l’Assemblée Constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution pour le pays. Il est Professeur d’Economie de l’Université d’Islande. http://notendur.hi.i...n/inenglish.htm



#40 _strychnine_

_strychnine_

Posté 05 mai 2013 - 11:14

Après les dernières élections qui ont donné lieu à un bouleversement de la donne voici une belle analyse de la situation http://www.vivreenis...e-en-avril.html

 

 


 

Le 27 avril,les Islandais ont voté, et les résultats, s’ils sont conformes aux prévisions, surprennent plus d’un commentateur étranger. Aftenposten (Norvège) résume brutalement cette surprise : « les Islandais donnent une seconde chance aux partis qui les ont conduits à la faillite ».

Voyons d’abord ces résultats :

Resultats-Legislatives-2013-e13675953604

A quoi il convient d’ajouter que les partis qui n’ont pas franchi la barre des 5% ont recueilli ensemble 11.7% des suffrages exprimés. Autre constat important : l’abstention a atteint 18.6%, du jamais vu en Islande (2009 = 14.9%), avec à Reykjavik un taux supérieur à 20%. C’est donc clairement une déroute des deux partis au gouvernement depuis janvier 2009 et un succès du Parti du Progrès et de l’Avenir Radieux. Et dans la foulée un renouvellement exceptionnel de l’Alþingi : 27 nouveaux députés (15 hommes, 12 femmes). Cette déroute était annoncée depuis de nombreux mois ; ce qui l’était moins était le succès du Parti du Progrès, qui atteint son plus haut niveau depuis sa création en 1916 en tant que parti agrarien.

Les Islandais sont-ils aveugles au point de vouloir revenir cinq ans en arrière ?

Certainement non. C’est pourquoi il est intéressant d’analyser l’énorme repli des deux partis au pouvoir, d’une part, et, d’autre part comment le vide ainsi laissé a été rempli non seulement par les deux partis d’opposition mais aussi par de nouveaux partis qui au total ont recueilli 25% des voix.

La déroute des partis au pouvoir : A l’instar de la plupart des observateurs, islandais ou étrangers, je n’ai pas été avare en commentaires élogieux sur la sortie de crise de l’Islande, bien plus rapide que prévu. Elle a certes été accompagnée de sacrifices importants ; mais suffisent-ils à eux seuls à expliquer une déroute comme celle de l’Alliance Social-démocrate, jamais connue dans l’histoire politique islandaise ?

Revenons à l’hiver 2008-2009 : les Islandais sont KO debout, humiliés par les réactions de leurs partenaires traditionnels lorsqu’ils les appellent à l’aide. Le gouvernement de Geir Haarde prend des mesures en urgence, telles la mise en faillite des trois plus grandes banques et l’instauration d’un contrôle des changes drastique. Après avoir beaucoup hésité, il est contraint de demander l’aide du FMI, et pour l’obtenir doit s’engager à négocier le remboursement des indemnités versées par les gouvernements britannique et néerlandais aux clients de la banque en ligne Icesave, agence de Landsbanki, l’une des trois banques en faillite. Dehors, des manifestants toujours plus nombreux réclament chaque samedi le départ de son gouvernement, un changement radical de politique, et une réforme des institutions afin d’être mieux entendus. A Bessastaðir, ORG2-e1361831494673.jpgle Président Ólafur Ragnar Grímsson est à la manoeuvre. La neutralité du Parti du Progrès permet la mise en place d’un gouvernement provisoire associant l’Alliance Social-démocrate, qui parvient à faire oublier son appartenance au gouvernement de Geir Haarde, et la Gauche Verte. Cette nouvelle coalition, dirigée par une Jóhanna Sigurðardóttir très respectée pour son ouverture sociale, n’a pas besoin de faire beaucoup de promesses pour générer d’énormes attentes. Jóhanna saisit l’occasion pour mettre l’adhésion à l’UE au coeur du débat politique et impose à son allié, qui pourtant n’en veut pas, l’ouverture de négociations visant à l’adhésion à l’UE. Celui-ci accepte parce qu’un référendum permettra aux Islandais de se prononcer le moment venu.

La déception apparaît très tôt. Voici en effet que ce gouvernement de gauche poursuit à la virgule près (mais pouvait-il en février 2009 faire autrement ?) la politique engagée par son prédécesseur, en liaison étroite avec le FMI, pourtant vilipendé en octobre de 2008 par Steingrímur Sigfússon, Président de la Gauche Verte et numéro 1bis du nouveau gouvernement. Pire : Steingrímur accepte en juin 2009 à propos de Icesave un accord si peu avantageux qu’il tente d’en cacher le détail. Il est en fait persuadé qu’il faut, quel qu’en soit le prix, se débarrasser de ce problème qui risque de gêner la relance de l’économie. L’avenir montrera combien il avait raison !

L’opposition s’engouffre dans la brèche et crée une véritable psychose : « l’Union Européenne ne nous veut qu’à genoux et affamés ». Cet accord Icesave, indispensable pour la restauration du crédit de l’Islande sur les marchés financiers, et qui, même mal négocié, ne peut être la catastrophe annoncée, devient la croix que le gouvernement devra porter jusqu’à la fin. L'austérité est certes au rendez-vous, ainsi que le chômage et les hausses d’impôts. De plus, le gouvernement, empêtré dans des contraintes juridiques, met beaucoup de temps à trouver des solutions au problème des ménages qui se sont imprudemment endettés en devises avant la crise et la dévaluation de la monnaie. Car ces solutions dépendent de banques qui sont elles-mêmes en cours de reconstruction. Par ailleurs, pour respecter ses engagements, le gouvernement s’engage dans des projets ambitieux alors qu’il a perdu l’autorité nécessaire pour les conduire à terme : réforme de la politique des quotas de pêche, réforme des institutions, adhésion à l’UE ; tous sujets sur lesquels, en dépit du contrat de législature, les deux partis sont en désaccord ; où, qui plus est, la Gauche Verte expose sans cesse ses propres divisions internes. Et peut-être est-ce là le pire : ces Islandais à qui on demande de gros sacrifices et qui vont les accepter sans protester, supportent mal l’étalage public d’incessantes divergences. De plus ils trouvent bien lente la traduction dans leur vie quotidienne de ces indicateurs macro-économiques qu’on leur présente triomphalement. A noter aussi que les 6 députés de l’ »Avenir Radieux » ont dû prendre de précieuses voix à l’Alliance.

Bjarni-Benediktsson2.jpg

Sigmundur D. Gunnlaugsson & B. Benediktsson

C’est un cruel échec pour Jóhanna Sigurðardóttir, au moment où elle se retire d’une vie politique bien remplie. Mais cette femme de dossier, piètre communicante, était-elle la femme de la situation ? Un peu d’élégance toutefois : lorsqu’elle quitte son bureau pour la dernière fois, après 35 ans de vie parlementaire, plusieurs centaines de personnes, surtout des femmes, l’attendent pour lui offrir des roses… Et les vainqueurs ? Est-ce volontaire ? Tout se passe sur la photo ci-contre comme si Bjarni Benediktsson, Président du Parti de l’Indépendance (à droite sur la photo), voulait désigner lui-même le véritable vainqueur de ce scrutin : Sigmundur Davíð Gunnlaugsson, Président du Parti du Progrès. Car il est clair que le Parti de l’Indépendance n’a pas gagné ; il a même été très proche d’une sévère défaite. Avec 19 députés, il ne reprend que trois des neuf sièges perdus en 2009, alors qu’en milieu de législature il était crédité de 40% des suffrages ! Ici encore un retour en arrière s’impose. Pour faciliter la création d’un gouvernement minoritaire, fin janvier 2009, Sigmundur Davíð Gunnlaugsson, qui, alors âgé de 33 ans, vient juste de prendre la présidence d’un parti jugé moribond, accepte que « ses » députés restent neutres pendant les trois mois précédant les élections. Il a le souci de mieux implanter à Reykjavík son parti, né agrarien, et, pour cela, ne pas laisser au seul Mouvement des Citoyens la représentation des personnes ayant manifesté devant le Parlement. C’est à lui que revient l’idée de l’Assemblée Constituante, dont la création est l’une des conditions à la neutralité de son parti. Mais très vite il semble se ranger à l’ombre du Parti de l’Indépendance et faire cause commune avec lui dans une opposition sans concessions au gouvernement, au point même d’abandonner l’idée de réforme constitutionnelle. Sa seule originalité est une opposition sans nuance à tous les accords Icesave, alors que le Parti de l’Indépendance se divise sur le dernier des trois accords.

Dès 2010, le vide créé par la perte d’influence des deux partis au pouvoir est comblé de deux manières : un retour au Parti de l’Indépendance et la tentation de voies nouvelles. Le retour au Parti de l’Indépendance est jugé si normal par ses dirigeants qu’ils ne se soucient guère de réviser la parole du parti, sinon en lui donnant un tour plus anti-UE, alors qu’on les sait divisés sur ce sujet.

La recherche de voies nouvelles se manifeste de diverses manières :

  • aux élections locales de 2010, succès du « Meilleur Parti » de Jón Gnarr, qui va le conduire à la Mairie de Reykjavík, et de listes « apolitiques » dans d’autres villes,
  • rapide montée en puissance du nouveau parti « Avenir Radieux » co-fondé par Heiða Helgadóttir, ancienne directrice de campagne de Jón Gnarr, et Guðmundur Steingrímsson, député transfuge du Parti du Progrès, et un temps crédité de plus de 15% des intentions de vote,
  • création d’un nombre jamais vu de nouveaux partis, suscitant à chaque fois un fort intérêt desélecteurs, avant de retomber comme un soufflé.

A ces voies nouvelles on peut ajouter la réforme constitutionnelle, à propos de laquelle 50% des électeurs se déplacent pour un référendum techniquement difficile, et qu’approuvent les 2/3 des votants. Paradoxalement, la réélection pour un cinquième mandat du Président Ólafur Ragnar peut elle aussi être rangée parmi ces voies nouvelles en ce qu’elle conforte le choix comme chef d’état d’un homme politique qui ne cache pas ses engagements, notamment en matière de politique étrangère, contre des personnalités s’affirmant apolitiques. Par contre, bien qu’avec 14.8% des voix il ait gagné 2 sièges en 2009, le Parti du Progrès ne semble pas en mesure de dépasser ce résultat.

Alors qu’en fin d’année le décor semble planté, l’emballage final apporte des surprises de taille :

  • toujours soucieux d’élargir sa base électorale, Sigmundur Davíð annonce son intention s’il est au pouvoir de réduire la dette des ménages et supprimer l’indexation des emprunts, tout en précisant que cela ne coûtera rien à l’Etat ; l’accueil est d’abord sceptique,
  • mais le barrage s’ouvre grand lorsqu’en janvier 2013, contre toute attente, la Cour de Justice de l’AELE donne raison à l’Islande dans le contentieux Icesave. Seul dirigeant politique à s’être toujours opposé au compromis, Sigmundur Davíð, porté par le nationalisme ombrageux de bon nombre de ses concitoyens, devient tout à coup un héros crédible,
  • on assiste alors, en quelques jours, à un véritable déferlement des voix du Parti de l’Indépendance vers le Parti du Progrès. L’un dépasse 30% quand l’autre tombe en dessous de son niveau de 2009, au point que Bjarni Benediktsson s’interroge publiquement sur sa légitimité à la tête de son parti !
  • simultanément l’ « Avenir Radieux », qui affirme crânement des positions proches de celles de l’Alliance Social-démocrate, notamment pour ce qui concerne l’UE, perd lui aussi du terrain, alors que le Parti des Pirates franchit (toujours selon les sondages !) la barre des 5%, ainsi que le parti « Dögun » (Aurore…), avatar du Mouvement…
  • Sigmundur Davíð, qui ne s’attendait certainement pas à être si bien pris au mot, a du mal à expliquer son plan de résorption des dettes. Résultat : bon nombre d’électeurs retournent vers le Parti de l’Indépendance, qui au final devance son concurrent d’une courte tête.
Est-ce vraiment un « retour à la maison » ? Un retour à l’avant-crise ?

Plusieurs remarques à ce propos :

1° les  ne représentent à eux deux qu’un peu plus de la majorité des suffrages ; le reste est occupé à 50/50 par les deux partis au pouvoir et par les nombreux nouveaux partis, dont un, l’ « Avenir Radieux », fait une percée suffisante pour n’être pas éphémère. Si on y joint les nouveaux abstentionnistes, ce sont près de 30% des électeurs qui demandent une autre offre politique,

2° le Parti de l’Indépendance a dû constater qu’il ne lui suffit plus d’être présent pour que les électeurs déçus « reviennent à la maison », selon l’expression locale ; il devra faire un gros travail sur lui-même pour reprendre la place qu’il a occupée depuis les années 30 ; Bjarni jouit-il d’une autorité suffisante pour y parvenir ?

3° le Parti du Progrès n’était pas au gouvernement en 2008 ; il en avait été écarté à la suite des élections de 2007 par Geir Haarde, inquiet de sa dérive ultra-libérale, au bénéfice de l’Alliance Social-démocrate. Mais le Parti du Progrès de 2013 a certainement peu en commun avec celui de 2007 ; de son programme on ne connaît pour l’heure que les discours volontiers populistes et nationalistes de son président. Il n’a, par exemple, jamais expliqué comment l’Islande aurait pu sortir de l’ornière sans recours aux marchés financiers internationaux et donc au FMI ?

4° et, comme nous ne sommes plus à un paradoxe près, il est bien possible que le plus vieux parti d’Islande, longtemps celui des paysans, représente avec la jeunesse de son nouveau président et ses positions nationalistes, concrétisées par son refus de tout accord Icesave, donc de tout compromis avec les banques, une autre de ses nouvelles voies évoquées plus haut ! Quels seront les choix de Sigmundur Davíð s’il devient Premier Ministre ? Saura-t-il faire du neuf avec l’ancien ?

Quels qu’ils soient, les nouveaux dirigeants sont attendus sur le problème de l’endettement des ménages, mis au coeur de la campagne électorale de manière peut-être imprudente. Mais des choix difficiles les attendent, notamment à propos de la négociation en cours avec l’UE, à laquelle les deux anciens partis sont officiellement hostiles, mais partagés sur l’opportunité d’organiser un référendum à ce propos. Derrière la question de l’adhésion à l’UE, se pose celle de la monnaie. Pour les deux partis, l’affaire est entendue : ils ne veulent pas de l’euro. Mais est-ce si simple ? Comment pourront-ils gérer la levée du contrôle des changes avec une monnaie qu’il faut périodiquement soutenir ? Et la réforme constitutionnelle ? demanderont ceux, nombreux en dehors en l’Islande, que ce projet avait intéressés !

J’ai le mois dernier évoqué ce marchandage peu glorieux qui, en allégeant la procédure de révision, permettrait le cas échéant de réanimer le projet. Les nouveaux gouvernants le voudront-ils ? Ils ne sauraient oublier que même en Islande la demande de changement institutionnel reste forte et sera représentée à l’Alþingi par l’Alliance, l’Avenir Radieux, le Parti Pirate et une partie de la Gauche Verte. Soit au moins 1/3 des députés qui auront certainement à coeur de rappeler à Sigmundur Davíð, s’il devient premier ministre, ses engagements de jeune président de parti…

Parti Pirate ?

Piratar_logo.jpgIl s’agit d’un mouvement international né en Suède et très proche des idées de Julian Aussange et Wikileaks sur la transparence de l’information et l’accès aux droits. Ses trois députés islandais sont les premiers « pirates » à aborder un parlement national. Ils le doivent à l’inlassable engagement de leur « kapteinn » Birgitta Jónsdóttir, ancien député du Mouvement, et militante efficace de toutes les causes radicales. Relations extérieures Si évidemment les élections législatives ont dominé l’actualité, le voyage officiel de Jóhanna Sigurðardóttir en Chine, du 15 au 18 avril, ne saurait être passé sous silence. L’objectif était la signature officielle d’un accord de libre-échange en négociation depuis près de 6 ans. Cet accord est le premier signé entre la Chine et un pays européen. Pour les Islandais, c’est un accès sans barrières douanières à un immense marché pour ses produits de la pêche. La coopération sur les services et la recherche en matière de géothermie sera elle aussi développée. Bien évidemment, l’objectif de la Chine est bien plus géostratégique que commercial ; celui de l’Islande aussi, qui a intérêt à multiplier les « amitiés ». Geste politique ? Jóhanna a fait ce voyage accompagnée de son épouse Jónína Leósdóttir.

Et pendant ce temps la vie continue…

11.04 – à Hvollsvöllur (sud de l’île- N1) la moitié des excès de vitesse est le fait de touristes étrangers,

17.04 – Jón Gnarr se dit un maire heureux : sur ses 120000 habitants, Reykjavík compte 13000 étrangers venus de 130 pays différents,

20.04 – 8730 personnes ont changé de nom en 2012 ; dans la plupart des cas il s’agissait d’ajouter le patronyme de la mère à celui du père. Toutefois, afin de respecter la longueur maximale, fixée à 34 lettres, certain(e)s doivent se limiter à ajouter une initiale. Il ne faut pas faire d’erreur, un tel changement n’est possible qu’une fois !

23.04 – 13 Bretons ont participé au championnat du monde de lutte celtique, organisé à Reykjavík ; la presse bretonne ne dit rien du résultat…

24.04 – la Cour Suprême ordonne sous astreinte au représentant en Islande de Visa et MasterCard, qui bloquent depuis 2010 les avoirs de Wikileaks de rouvrir le portail des donations ; elle est la première au monde.