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agriculture bio intensive


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91 réponses à ce sujet

#1 FLOYD

FLOYD

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Posté 01 janvier 2014 - 14:26

La notion de rendement s'analyse de plusieurs façons.
La plus classique consiste à ne constater que la quantité produite par unité de surface, tant de kilogrammes de viande, de quintaux de céréales, d'hectolitre d'huile… par hectare.

D'autres dimensions sont prises en compte si l'on divise la quantité produite par le temps du paysan consacré à cette production, l'unité de main d'œuvre.

Mais on peut diviser aussi le chiffre d'affaire par unité de surface ou par unité de main d'œuvre.

On peut calculer encore d'autres rendements, en prenant en compte la marge économique.
Il devient alors intéressant de voir le revenu disponible par euro investi.

On peut encore plus finement, déduire du chiffre d'affaires le coût environnemental induit par des pratiques mal maîtrisées. Un super rendement en blé s'obtient par une fertilisation chimique et une couverture en pesticides qui ne sont pas sans conséquences graves sur l'eau, le sol, la nature en général.

Voilà quelques notions et calculs sommaires que l'on peut appliquer aux agricultures non-conventionnelles, qu'elles soient biologiques ou biologiques intensives.

Le thermomètre ne fait pas tomber la fièvre, mais il permet de savoir comment elle évolue…

L'agriculture bio-intensive aurait mauvaise presse, pourquoi?

#2 Panthera Pardhus

Panthera Pardhus
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Posté 01 janvier 2014 - 17:20

Peut-être parce que les deux termes ont l'air antinomiques?



#3 lolorz32

lolorz32

Posté 01 janvier 2014 - 17:47

Déjà l'agriculture bio a souvent mauvaise presse, selon avec qui t'en parle, et si tu parle d'agriculture bio intensive, alors on va de suite comparé avec l'agriculture normal, te dire que c'est pas rentable et pour finir en conclure que t'es obligé de passer par du chimique...question de mentalité je pense.



#4 Eric17

Eric17
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Posté 01 janvier 2014 - 18:46

Et puis les chiffres on leur fait dire ce que l'on veut, tout et son contraire. Le soucis, c'est que sur la base de chiffres bidon on décide d'un mode de travail, d'exploitation sans bien souvent prendre en compte tous les paramètres et ensuite on s'aperçoit que, ah...bin oui, on a oublié de penser à ci ou à ça, que ça fausse le résultat et que pendant des années on a fait de la merde alors que des forts en thème nous ont expliqué que la méthode préconisée découlant de ces chiffres était la meilleure. Bref, laissons seulement parler le bon sens et la logique et jetons les chiffres et ceux qui les utilisent sur le tas de compost.

Eric

PS:En me relisant je m'aperçois que ça pourrait être mal interprété, je ne parle pas pour toi Floyd .


Modifié par Eric17, 01 janvier 2014 - 18:47 .


#5 FLOYD

FLOYD

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Posté 01 janvier 2014 - 19:09

Je vois Eric que tu as tout compris, les chiffres comme les mots peuvent être mal interprétés! ;)

En ouvrant ce topic, j'avais pris soin d'évoquer plusieurs pistes pour que l'on comprenne ce que le terme "rendement" peut receler.
Les moins forts en thème peuvent prendre quelques instants pour réfléchir à l'utilité des chiffres.

Faudrait-il avoir peur du mot "intensif" au prétexte que l'intensification de l'agriculture après la seconde guerre mondiale à conduit deux ou trois générations de paysans à faire n'importe quoi pourvu que ça paye?

A propos de compostage, je rappelais ailleurs qu'on peut se contenter d'attendre deux années pour utiliser un compost appauvri ou mener son tas de compostage de manière plus dynamique et en disposer au bout de 6 mois.

Je crains bien, lolorz32, que les comparaisons s'imposent; le bio annonce des qualités supérieures et prévoie de nourrir la planète.

Quoiqu'il en soit, le bio-intensif existe, Panthera Pardhus; disons que le terme doit être expliqué!

#6 Panthera Pardhus

Panthera Pardhus
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Posté 01 janvier 2014 - 19:15

C'est ce que je pratique à petite échelle en essayant de mettre en harmonie le plus de choses possible dans les petits jardins de particuliers que l'on m'a prêté (environ 400 m² chacun).



#7 lolorz32

lolorz32

Posté 01 janvier 2014 - 19:18

Je sais bien que le bio est fait pour l'avenir, ça consomme moins de produit phyto et est plus disponible pour une populations pauvre, mais tu me demande pourquoi le bio-intensif aurait mauvaise presse, je te réponds sans plus.

 

Après, les techniques sont à perfectionnés, les mentalités devront changées elles aussi, mais il est claire que l'agriculture n'en restera pas là, elle change à chaque époque, selon les besoins et le mode de vie.


Modifié par lolorz32, 01 janvier 2014 - 19:18 .


#8 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

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Posté 01 janvier 2014 - 19:58

Le zéro-phyto nous sommes d'accord doit être le point de départ de toute agriculture biologique.
Ce ne n'est pas seulement une agriculture "sans". Elle suppose des connaissances approfondies en … biologie, écologie, pédologie…
et bien entendu en économie.

La question, pour être plus précis, consiste à savoir si le bio doit rester avec son niveau de production, tel qu'on le connait, où s'il faut optimiser et systématiser des pratiques pour intensifier et donc espérer un niveau de production supérieur.
L'autre volet de la question est bien de savoir si produire plus signifie produire beaucoup plus cher par humain alimenté.

#9 lolorz32

lolorz32

Posté 01 janvier 2014 - 20:04

Le bio n'a aucun intérêt à n'être pratiqué à petit échelle, c'est de la que viens le prix si élevé des produits, va faire 300 ha de légumes et céréales bio, le prix n'aura plus rien de dissuasif. 

Mais pour ça, il faut des gens prêts à se lancer dans l'aventure



#10 Panthera Pardhus

Panthera Pardhus
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Posté 01 janvier 2014 - 20:19

Si je pratique à petite échelle c'est pour ma consommation personnelle, je ne revends pas. Mon amie maraîchère tourne actuellement sur 1.1 ha, elle en vit et ses prix sont moins élevés que le bio avec certification. Elle passe à 3 ha l'année prochaine et crois-moi qu'elle ne va pas rigoler (elle est seule et très très peu mécanisée).



#11 FLOYD

FLOYD

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Posté 01 janvier 2014 - 20:48

300 hectares en bio permettront de nourrir un certain nombre de consommateurs en plus des paysans et des animaux requis pour tenir une telle exploitation.
Est-ce que cela en fera une activité professionnelle justement rémunératrice et quelles seront les impacts sur l'environnement?

3 hectare en maraîchage bio, tenus par une personne; oui je redoute qu'elle s'épuise.
Mais pourquoi ce choix de tripler la surface cultivée?
Est-ce que toutes les techniques étaient optimisées y compris la mise en marché?

#12 lolorz32

lolorz32

Posté 01 janvier 2014 - 21:01

Un impact environnemental bien moindre en tout les cas... Mais pour moi, une agriculture bio n'exclu pas forcément du machinisme approprié, le retrait des produits phyto est déjà un grand pas, pour le moissonnage, c'est sur que c'est moins destructeur à la main, mais certain outils et un peu de réflexion permettent de déjà limité les dégâts.



#13 Tiewma

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Posté 01 janvier 2014 - 21:03

Le bio n'a aucun intérêt à n'être pratiqué à petit échelle, c'est de la que viens le prix si élevé des produits, va faire 300 ha de légumes et céréales bio, le prix n'aura plus rien de dissuasif. 

Mais pour ça, il faut des gens prêts à se lancer dans l'aventure

 

Quelle est le rapport entre la taille des exploitations et le prix de vente des produits ? Les petites exploitations fonctionnent principalement en circuit court, pour les grosse structure, elles doivent passer par des intermédiaires. Au final, on s'y retrouve.

Ensuite, a chacun de maitriser ses charges.


Modifié par Tiewma, 01 janvier 2014 - 21:04 .


#14 lolorz32

lolorz32

Posté 01 janvier 2014 - 21:21

Euh...peut être parce que quand tu vend 500 tonnes de blé, tu le vend un chouias moins chère que si t'en vend 10 tonnes... tu compare la petite exploitation qui vend à la supérette du village et la coopérative qui réunis tous les agriculteurs du coin, ça n'a aucun sens. Si tu remplace le petit producteur par une associations de paysans, avec plusieurs terrains en commun et que ça remplace totalement la production actuelle (une agriculture toujours intensive, mais totalement "bio") alors les prix pour les consommateurs s'en retrouvent bien moindre, d'où le rapport entre le prix d'une pêche bio et la pêche de super U.

Il me semble que pour n'importe quel esprit logique, le rapport production/prix de vente parait logique...apparemment, non



#15 Bruno72

Bruno72
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Posté 01 janvier 2014 - 21:29

Et d'abord, à quel moment devient-on "intensif" ?

Quelle(s) valeur(s), quel(s) moyen(s) pour décider cela ?



#16 lolorz32

lolorz32

Posté 01 janvier 2014 - 21:33

Une agriculture est intensive lorsque qu'elle a pour but de produire au delà des besoins de l'exploitant, ça c'est la définition linéaire, mais aujourd'hui, on peut parler de réel profit, 



#17 Tiewma

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Posté 01 janvier 2014 - 21:55

Il est de plus en plus admis de prendre en compte la biomasse totale produite, sur l'année ou même sur l'ensemble de la rotation lorsqu'on associe les mots biologique, écologique et intensification.

 

Mieux vaut 300 exploitations d'1 Ha qu'une seule de 300, non ?

Les coopérative sont a la base une association d'agriculteurs, mais leur rôle ont bien changé.

Pourquoi vouloir baissé les prix ? pour acheter le dernier  iphone, ou autre gadget a la mode !

 

3 ha de maraichage pourquoi pas, si il y a une partie réservée a la luzerne ou autres culture de légumineuse d'une durée de 2 ou 3 ans



#18 lolorz32

lolorz32

Posté 01 janvier 2014 - 22:46

Pas pour acheter un iPhone, mais si t'aime acehté cher...



#19 Tiewma

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Posté 01 janvier 2014 - 23:23

A qui profite, le plus de compétitivité ? Le premier levier c'est l'emploi, tu vas mangé moins cher, mais le chômage va augmenter. De plus, j'aurai beau produire 2 fois plus, est ce que le consommateur que tu es va mangé 2 fois plus.



#20 FLOYD

FLOYD

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Posté 02 janvier 2014 - 00:08

Cher Tiewma, je ne suis pas surpris par ta réaction qui est celle des producteurs engagés dans la course au rendement car le prix de vente de ce qu'ils produisent ne couvre pas ou mal les frais engagés.

Le pari de l'agriculture bio-intensive n'est ni de faire crever le paysan, ni de prendre en otage le consommateur, ni de produire au delà des besoins raisonnables et planifiés.
Par contre, il s'agit de respecter l'environnement tout en permettant des prix rémunérateurs à la hauteur des besoins en main d'œuvre qualifiée.

Bruno, l'ensemble des techniques et pratiques dites bio-intensives, sont bien connues. Elles sont rarement mises en œuvre toutes et comme elles devraient l'être. Un producteur par bon sens, limite ses efforts à ce qui est indispensable et à ce qui peut immédiatement apporter un surcroit de rendement. Bio ou conventionnel importe peu.

Il me semble qu'un second enjeu sera de "relocaliser" les productions vivrières autour des villes comme on le faisait jadis.
Pas simple, seule une décision volontaire d'imposer et de respecter des surfaces cultivables face aux demandes d'urbanisation, le permettra.

Songez que l'on approche des élections municipales; voilà l'occasion de porter la question aux différentes listes en présence.