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regénérer une vieille prairie, sans labour...

semences semis à la volée mélanges

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20 réponses à ce sujet

#1 _khalil_

_khalil_

Posté 16 mai 2014 - 07:48

Je veux regénérer un vieu pacage de plus d'un hectare, en faisant un semis à la volée .

j'ai pris un sac de sémences prairies mélangées  :

-dactyle amba 20%

-fétuque des prés libon 25%

-RG anglais albion 31%

-trefle hybride aurora 12%

-fléole des prés 12 %

 

pourquoi ce mélange prairie est typique pyrénées -perigord-limousin d'aprés le sélectionneur?

quelle sont les doses à appliquer à l'hectare ?

quelles sont les pertes à la levée ?

avez-vous des méthodes particuliéres de semis à la volée ?

merci



#2 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 16 mai 2014 - 09:24

Les points communs entre ces 2 régions sont les sols, le climat et les mêmes genres d'élevage.

 

Si j'ai bien compris tu veux faire un sursemis. On en a déjà un peu parlé et tu trouveras quelques conseils ici.

 

Pour le dosage il faudrait que tu nous précises un peu plus l'état de ta pâture, les animaux que tu veux y mettre et les moyens à ta disposition pour semer à la volée (à la main ou au vicon, par exemple).



#3 _khalil_

_khalil_

Posté 16 mai 2014 - 09:33

salutis...bon, j'ai aucun moyen mécanique car terrain trop en pente, donc tout à la main...semis de printemps à la main...pour boucher les trous d'un ancien pacage à moutons qui a jamais été semé ? , bq de fougéres que j'ai girobroyé, terrain acide,

pour y mettre ânes, chevaux pour l'entretien

le sac de 15 kg vaut 62 euros ..



#4 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 16 mai 2014 - 10:29

Il y a combien de temps que tu as broyé tes fougères ? Et comment as-tu fait ?

 

Comme c'est un peu tard pour le sursemis de printemps, mieux vaudrait n'utiliser que la moitié de ton sac et garder l'autre pour recommencer en fin d'été après la sécheresse.

 

Si tu le peux, fais pâturer ta prairie par des moutons, avant et après le semis. Ils enfonceront moins tes graines dans le sol tout en le tassant plus uniformément.



#5 _khalil_

_khalil_

Posté 16 mai 2014 - 10:36

cet année j'ai essayé de couper les fougéres à la pleine lune soit le 15 mai : débroussailleuse sthil Fs 560 une vraie bête, avec couteau à ronces + fil...çà fait la 3 eme année et je commence à gagner sur les fougéres...



#6 l'ombre

l'ombre

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Posté 16 mai 2014 - 11:12

Question ton sol est-il acide ? car c'est pas gagner les fougères adorent

Bon Courage



#7 trx

trx

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Posté 16 mai 2014 - 12:41

Si je devais faire ça sur terrain comme le tien je pense que je procèderais pas etape avec une cloture mobile type filet pour moutons. Je placerais les betes sur une petite parcelle le temps qu'elles ratiboisent tout puis je semerais, par la suite je recommencerais le meme processus à coté.

 

En revanche les moutons ne mangeront pas les fougères, à part peut être les jeunes pousses, comme pour les ronces.


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#8 _khalil_

_khalil_

Posté 16 mai 2014 - 13:25

oui, mon gros problémé c'est l'envahissement des fougéres de la friche, et la mauvaise dégradation de la matiére broyée..

 

-par contre j'ai une autre parcelle que j'ai déboisée il y a 3 ans : et là c'est la profusion en ce qui concerne les graminées spontannées..



#9 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 16 mai 2014 - 13:36

Mieux vaut attendre que le broyat ait fini de chauffer avant de semer.
 
Même si je ne suis pas tout à fait d'accord avec le choix des variétés proposées et certaines des méthodes qu'il préconise par ailleurs, cet extrait d'un article belge devrait t'aider car il répond à certaines de tes questions :
 

Un sursemis effectué à l’aide d’espèces et de variétés agressives, c’est à dire rapides à l’implantation, permet de maximiser les chances de développement des semences. Certaines variétés de ray-grass anglais et de trèfle blanc sont très bien adaptées pour le regarnissage des prairies permanentes pâturées. En prairie temporaire de fauche, le choix s’oriente vers des espèces telles que le ray-grass d’Italie, le raygrass hybride, le ray-grass anglais ou le trèfle violet. La fléole et le dactyle ne sont pas employés en sursemis car il s’agit d’espèces très peu agressives.

Les itinéraires peuvent faire appel au matériel d’exploitation comme à des outils plus spécialisés. Le sursemis est réalisé soit à la volée (par exemple herse étrille équipée d’un semoir), soit en ligne à l’aide d’un semoir spécifique (par ex. Vrédo, Aïtchinson). Le matériel n’a qu’une influence secondaire sur la réussite de l’opération.

Le sursemis est réalisé à raison de 10 à 20 kg/ha de semences. Un dosage plus élevé n’est pas un facteur de réussite. Il peut même s’avérer opportun d’effectuer plusieurs sursemis la même année en moindre dosage (par ex. 2 passages de 5 à 10 kg/ha), afin de multiplier les fenêtres climatiques. A cet égard, notons qu’il est utile de disposer en permanence d’un stock de semences à la ferme afin d’intervenir dès que les conditions climatiques sont favorables.

Le sursemis peut aussi être réalisé périodiquement à la faveur d’un étaupinage ou d’un hersage. Le contact étroit des semences et de la terre est favorisé par le rouleau. Le piétinement du bétail peut jouer le même rôle.
Afin de limiter au maximum le développement du couvert en place et d’éviter que les plantules ne soient étouffées, tout apport d’azote est proscrit, et le gazon est maintenu ras (5 à 7cm de hauteur), par exemple par un pâturage. Une fois que les plantules ont levé, les animaux sont retirés de la parcelle pour éviter qu’ils ne les arrachent en broutant. Le pâturage sera de nouveau possible dès le stade 4 feuilles du jeune semis (début tallage).

A quelle période?
Le sursemis d’une prairie peut être envisagé tout au long de la période de végétation. Les deux périodes les plus propices sont le début du printemps et la fin de l’été. La condition essentielle de succès est la présence de suffisamment d’humidité pendant le processus de germination. Au printemps, l’intervention est réalisée juste avant le démarrage de la végétation, soit vers mi-mars à mi-avril selon les régions. Trop tôt, le risque de gelées tardives est encore très présent. Trop tard, l’herbage en pleine croissance concurrence les jeunes plantules. En plein été, le sursemis est déconseillé en période de sécheresse (risque de déssèchement du lit de semis). Fin de l’été, entre fin août et début septembre, les conditions hydriques redeviennent en principe favorables, les jeunes plantules sont moins concurrencées par la végétation en place et par les levées spontanées de graines présentes dans le sol. Trop tard, il y a un risque que les plantules soient détruites par le gel. Le trèfle blanc p. ex. doit avoir atteint le stade 3 feuilles, les graminées le stade 4-5 feuilles.

Remarque
Les légumineuses de prairies sont bien adaptées au semis de printemps car il s’agit de plantes dites «de jours longs». La photopériode leur est alors favorable et facilite leur installation dans les vides du couvert. Il est déconseillé de les sursemer après le mois d’août.

http://www.awenet.be...281 04 2013.pdf

#10 _Eric..._

_Eric..._

Posté 17 mai 2014 - 12:50

Pourquoi ne pas avoir pris de la semence présente sous le stockage du foin ?



#11 Tis

Tis

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Posté 19 mai 2014 - 08:15

Eric... cela se faisait couramment autrefois mais la période de fenaison était beaucoup plus longue avant la mécanisation et le foin était plus mûr. Actuellement on le fait souvent plus tôt quand la plupart des plantes ne sont pas encore montées en graine.

C'est une bonne idée pour ceux qui connaissent un vieux fenil abandonné car cela peut valoir le coup d'aller le balayer.



#12 zen33fr

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Posté 19 mai 2014 - 14:23

Salut Tis; salut à tous,

il est vrai que la fenaison se fait plus tôt et plus vite qu'autrefois mais la solution d'Eric reste pratiquée par quelques paysans, en particulier pour les prairies qui sont paturées et n'ont que très peu de montées en graines.

En fin d'hiver dans ma grange, il y a plusieurs kg de graines tombées des bottes de foin. Il y a certainement moins de variétés mais cela reste interessant à resemer.


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#13 _khalil_

_khalil_

Posté 20 mai 2014 - 08:18

attention à la prolifération rapide du Rumex (crispus) quand on utilise ces graines de récupération .



#14 Tis

Tis

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Posté 20 mai 2014 - 11:50

Le rumex aimant plutôt les terres riches et les prairies récentes, il me semble Khalil que tu ne risques pas trop d'en être envahi.

 

C'est d'ailleurs une plante intéressante que les animaux aiment bien brouter quand elle est jeune:

 

Les feuilles sont riches en protéines et vitamines A, ainsi qu’en fer et potassium mais avec un taux élevés d'acide oxalique qui fait que – bien qu’agréable au goût – cette plante doit être consommée avec modération car elle peut irriter les voies urinaires et d'accroître le risque de développer des calculs rénaux.

Les racines ont aussi été utilisées en médecine pour leurs propriétés astringentes, toniques et laxatives. Certains composés présents dans les racines de cette plante se lient avec des métaux lourds comme le plomb et l'arsenic et aident à leur expulsion hors de l'organisme en stimulant la fonction biliaire dans le foie. La plante est considérée comme un nettoyant très efficace du sang et est utilisée par les herboristes pour aider le corps à éliminer les métaux lourds et pour traiter d'autres troubles hépatiques

https://fr.wikipedia...i/Rumex_crispus

 

Un autre moyen complémentaire traditionnel est utilisé par un de mes voisins. Lorsqu'il fait ses foins, il laisse une bande d'une largeur de faucheuse, au milieu d'une grande prairie, qu'il récolte plus tard afin que la plupart des graines aient le temps de bien mûrir.


Modifié par Tis, 20 mai 2014 - 12:31 .


#15 trx

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Posté 20 mai 2014 - 12:24

En effet, une pature ne serait jamais envahie par le rumex. Il y en avait partout quand j'ai acheté ici et depuis que les moutons sont là c'est terminé.



#16 Tis

Tis

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Posté 21 mai 2014 - 09:22

En fait quand le rumex régresse c'est souvent le chardon qui devient envahissant, surtout dans les prairies permanentes. On peut alors tenter d'ajouter un petit peu de luzerne dans le mélange pour le sursemis :
 

La luzerne, arme fatale anti-chardon des champs

La luzerne permet de réduire et d'éliminer les chardons dans les parcelles, «dès l'année d'implantation» selon plusieurs agriculteurs. Cette régression, très souvent radicale, semble se poursuivre après la présence de luzerne, sur une période de 3 à 4 ans. Cela vaut même si la luzerne est semée en association avec d'autres espèces.

Le phénomène n'est pas encore expliqué, mais plusieurs caractéristiques de la luzerne y contribueraient ensemble :
    . capacité à développer une végétation dense rapidement ;
    . racine pivot, comme le chardon, très concurrente pour les éléments nutritifs ;
    . phénomènes d'allélopathie : la luzerne émettrait des substances toxiques qui empêchent l’implantation ou le développement des chardons.

La présence de luzerne dans une prairie conduit souvent à exploiter l'herbe par la fauche. Cette pratique semble accentuer le phénomène de régression observé.


La fiche technique d'où est tiré ce passage me semble intéressante sur ces 2 plantes : http://www.agricultu...chardonsBAT.pdf

 

 

Zen33 peux-tu nous préciser quand et comment tu les utilises tes graines de foin ? Et quels sont les résultats que tu obtiens ?


Modifié par Tis, 21 mai 2014 - 09:25 .


#17 zen33fr

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Posté 21 mai 2014 - 16:14

Je pratique peu le sursemis, pas vraiment utile pour mes prairies permanentes..

Je n'ai que des patûres en pente, petit à petit je fais des chemins que je reseme à la volée en mars/avril.

C'est un ami paysan qui pratique le sursemis au printemps et qui me dit que la prairie devient plus dense. Il le fait depuis des années.

J'ai un peu de chardons qui revient dans mes prairies depuis que je n'ai plus mes ânes. C'est leur plante préférée.

Trés peu de rumex ici alors que j'en avais beaucoup dans le Jura.



#18 l'api-jp

l'api-jp

Posté 22 mai 2014 - 14:18

1 Ha a la main, pas facile !

 

Pour les variété, ça ma parait pas mal: dactyle, fléole, fétuque: très bien, rustique, supporte bien l'acidité

RG Anglais: qq réserve: aime pas les terrains séchants mais c'est le plus rustique des ray grass.
Le trèfle: prendre le plus rustique. Je connait pas cette variété

 

Dans mes champs, je sème à la volée et je passe la herse étrille réglé très agressive. Eventuellement rouleau derrière.

Il faut semé la veille d'une bonne pluie. Plus ça pleut après, plus sa tasse moins le besoin de rouleau se fait sentir.

Entre 15 et 25 kg Hect. (25 pour un semis sur terre nue)

A la main , je sais pas comment faire ! pour ne mettre que 15 kg sur 1 hect tu peux essayer de mélanger avec du sable fin en assez bonne quantité. Sinon, tu aura fini le sac, tu aura fais 300M2 !!!! Et il faut trouver un moyen de gratter le sol suffisamment.

Pour les fougères: fauche régulière. Il faudrait que tu mette 500kg de carbonate de calcium pour relever le ph 1 fois tous les 2 ans au moins 3 fois.


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#19 Tis

Tis

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Posté 23 mai 2014 - 12:18

Le fractionnement proposé par Trx peut éviter de trop semer au même endroit, en commençant de préférence par les zones les plus dégarnies.

 

 

Pour une prairie destinée à des chevaux on trouve ces conseils complémentaires ():

 

Les mélanges de semences les plus courants et les plus vendus sont surtout destinés aux bovins. Ces mélanges contiennent surtout du raygrass anglais dont les caractéristiques sont une croissance rapide, richesse en protéines et plutôt pauvre en structure. De tels mélanges conviennent moins aux chevaux, leurs aliments contenant déjà trop de protéines. Leurs besoins sont plutôt basés sur une herbe qui contient suffisamment de structure. De plus, ces mélanges ne résistent pas bien à la façon dont les chevaux broutent. Les bovins arrachent l'herbe de la langue, tandis que les chevaux la mordent des dents et au ras du sol. L'herbe pousse à partir de son "point végétatif", le point où les feuilles sortent de la tige. Si le point végétatif est mangé, l'herbe peine à repousser. Un bon mélange prairie pour chevaux contiendra, dès lors, des espèces à point végétatif très bas, qui reprennent beaucoup plus vite après le pâturage.

 

Le mélange proposé ajoute la fétuque rouge et le pâturin des prés mais sans indiquer les proportions.


Modifié par Tis, 23 mai 2014 - 12:20 .


#20 Tis

Tis

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Posté 05 dcembre 2017 - 11:29

Une autre méthode simple et économique permet de recréer une prairie naturelle riche en biodiversité en utilisant les ressources locales. On peut aussi le faire à la main quand on a un terrain trop petit ou trop pentu pour le faire avec des machines. Et quasi gratuitement si on a une bonne parcelle de prairie chez soi pour prélever le foin mûr. (Les dates, réglementations et les prix concernent la Suisse)

 

Les «fleurs de foin» au secours des prés

Les semis naturels à partir de «fleurs de foin», une herbe coupée riche en espèces, permettent d’améliorer la composition botanique des prairies extensives.

Les prairies extensives peuvent être composées de 40 à 70 espèces différentes dont certaines sont rares et menacées. Elles sont rétribuées par des contributions écologiques dans le cadre de l’Ordonnance sur les paiements directs (OPD). Pour prétendre aux contributions de l’Ordonnance sur la qualité écologique (OQE), elles doivent remplir certains critères, notamment atteindre une qualité biologi­que minimale, en abritant au moins six espèces indicatrices.

Dans le cadre de nombreux projets de réseaux OQE, l'amélioration de la qualité des prairies extensives devient un objectif plus important que l’augmentation de la part de surface de compensation écologique. En effet, la qualité de la flore tend à stagner après une certaine période d’exploitation extensive, puisque le stock grainier du sol est épuisé.
Lorsque la composition botanique est insatisfaisante, et sur autorisation cantonale, les prairies extensives peuvent alors être réensemencées. Com­me alternative aux mélanges standards recommandés, l’exploitant peut utiliser la technique des «fleurs de foin».

Une méthode vieille comme le monde
La méthode de semis à partir de «fleurs de foin» était pratiquée de longue date dans les campagnes. Les agriculteurs utilisaient la poussière de foin récoltée dans le fond des gran­ges pour réensemencer les prés qui le nécessitaient. Aujourd’hui, les granges abritent des foins d’origines diverses et leurs poussières ne peuvent plus être utilisées pour «réparer» des prairies dans le cadre de la compensation écologique en raison du risque de développement d’espèces indésirables. En revanche, une prairie peut être fauchée et ses graines utilisées pour l’ensemencement d’une prairie receveuse. Cette méthode, dite d’«herbe à semences», permet de préserver la diversité génétique locale et réduit les ris­ques de «pollution génétique» liée aux semis de mélanges standards. De plus, elle permet d’obtenir rapidement une diversité floristique conforme aux critères OQE. Calculé d’après les tarifs de la station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon (ART), avec cette méthode, le coût d’ensemencement avoisine les 1800 francs par hectare.

Donneuse et receveuse
La prairie qui sert de sour­ce de graines pour ensemencer des surfaces de compensation écologique doit avoir les qualités que l’on espère obtenir dans la prairie receveuse: un milieu suffisamment diversifié (idéalement original, donc non ressemé), contenant les espèces cibles souhaitées, propre. Elle doit aussi correspondre à la parcelle receveuse en termes de taille, de type de sol et d’altitude. La distance est toujours à minimiser. Si la prairie est inscrite dans un inventaire, une dérogation doit être demandée au service con­cerné pour obtenir l’autorisation de prélever des semen­ces. De même, si la récolte de graines doit se faire avant le 15 juin en zone de plaine (1er juillet en zone de montagne 1), une autorisation de fauche anticipée doit être demandée.

La parcelle receveuse doit offrir les meilleures conditions de levée au futur semis. La qualité du sol importe peu, en revanche les plantes indésirables, qui feraient concurrence à la levée, doivent être éliminées. Si la prairie est ancienne, un sursemis sera préféré à un ressemis. Une fauche rase ou un hersage suffiront à préparer la parcelle receveuse. Le semis direct est avantageux lorsque le stock de plantes indésirables est important.

Fauche à maturité
Lors de la récolte des semences, le but est d’obtenir le plus de graines possibles. La prairie doit être fauchée au moment de sa maturité optimale. Pour les prairies à fromental et à brome dressé, la maturité est atteinte aux environs de la mi-juin en zone de plaine. Si l’objectif de l’ensemencement est de créer une prairie répondant aux critères OQE, il faudra observer la maturité des plantes de la liste de référence de la zone de la parcelle receveuse. On attendra, pour faucher la prairie donneuse, que six d’entre elles aient atteint leur maturité.

La fauche doit être douce. La rosée du matin, en collant les graines, permet d’améliorer la récolte. Le foin est ramassé juste après la fauche et pressé en rouleaux. En attendant le chargement et le transport, les rouleaux ne doivent pas rester au soleil au risque de fermenter. Après un transport rapide vers la parcelle receveuse, il s’agit d’étaler le foin le plus régulièrement possible pour obtenir une sorte de «moquette». La fauche d’un hectare suffit à ensemencer un hectare de prairie. Ensuite, il n’y a plus qu’à laisser faire! En matière de semis de «fleurs de foin», la patience est reine. Par année très sèche, la levée n’est parfois observée qu’en automne. Les travaux tels que roulage, pirouettage et arrosage ne sont pas indispensables. Une fau­che de nettoyage peut être utile dans les cas où la concurrence des adventices est forte. Elle s’effectue après la mi-août en veillant à faucher haut.

Une prairie ensemencée à partir de «fleurs de foin» peut bénéficier des contributions OPD et réseau écologique dès l’année de sa mise en place à condition d’être annoncée avant mai (même si le semis est réalisé plus tard). Par contre, il faut attendre l’année suivante pour constater sa qualité écologique et prétendre aux contributions qualité OQE.

Elise Frioud, 29 mars 2013

Infos utiles
Dossier réalisé à l’aide de la brochure Les semis naturels de prairies diversifiées – Fleurs de foin: mode d’emploi, du bureau In Situ Vivo Sàrl, 1241 Puplinge.

http://www.agrihebdo.ch/bio

 

Dans cette vidéo, l'agricultrice Pascale Cornuz et plusieurs membres des réseaux écologiques de Faoug-Greng et du Vully montrent la mise en place d'une prairie naturelle par la méthode «fleur de foin». Cela consiste à étendre le foin mûr d’une parcelle, naturellement riche en espèces, sur la surface préparée et à laisser les graines se mettre en place et germer sous le couvert protecteur des fibres végétales. Cette méthode préserve le patrimoine génétique naturel local, la diversité botanique et enrichit le paysage.

 

 

Voir aussi la fiche technique : http://saubrette.bci...eur_de_foin.pdf