Aller au contenu


Photo

Retour d'expérience achat terrain loisirs/non-constructible/agrico


  • Veuillez vous connecter pour répondre
3 réponses à ce sujet

#1 Gaueca

Gaueca
  • Genre: Femme
  • Localisation:64 - Pays Basque

Posté 21 juillet 2015 - 23:30

Salut à tous.

 

Vous lisant depuis des années, c'est à mon tour de vous faire un retour d'expérience au sujet de l'achat d'un terrain "de loisirs" dans une zone géographique proche d'un secteur touristique.

 

Je vais vous répertorier les démarches faites, les difficultés rencontrées, les problèmes (et les solutions) sur notre route.

Le laps de temps écoulé entre l'envie concrète d'acheter et l'achat lui même est de deux ans et demi environ. Pourquoi ? notre méconnaissance du système entrait beaucoup en jeu et nous a ralentis. Ensuite, le fait que nous recherchions un bien rare dans une région touristique a beaucoup joué, puisque, si nous avions recherché la même chose 100km plus loin, nous aurions trouvé immédiatement.

J'espère permettre par ce long post à ceux qui manquent d'expérience d'utiliser la nôtre et de gagner un temps précieux Je créerai dans un second temps un post dédié à notre construction à venir (éco-dôme, forge et espace permaculture).

 

D'abord, qu'est-ce-qu'un terrain de loisirs ? aux yeux de la loi, rien de plus qu'un terrain déclaré non constructible, ressemblant fort à un bois/taillis ou à un terrain agricole, qui comporte néanmoins des éléments de loisirs existants : cabanon, barbecue en dur, etc...

Il peut aussi s'agir d'un terrain avec plan d'eau.

Ce sont des terrains non exploitables ou non exploités par les agriculteurs. Le plus souvent, un terrain agricole qui ne se vend pas est remis à la vente sous le nom de "terrain de loisirs".

Notre recherche sur leboncoin, notamment, nous a menés au constat que dans notre zone (touristique, prisée et envahie d'estivants chaque année), les terrains de loisirs existaient peu. Des terrains se vendent déjà à prix d'or sous l'appellation "terrain agricole" et partent rapidement, sauf ceux qui ont d'énormes défauts.

 

Des forêts restaient à des prix abordables, mais peu étaient mises à la vente. Sur un territoire touristique avec une identité régionale forte, les familles gardent leurs biens et les transmettent à leurs descendants ou à quelqu'un de leur connaissance; ils ont aussi la possibilité de retaper leur terrain pour qu'il donne un revenu grâce au tourisme; bref, la vente n'est pas souvent envisagée. L'éloignement géographique (une centaine de kilomètres à l'intérieur des terres aurait suffi) ne nous a pas tentés, car la contrainte du lieu de travail et du lien familial avec des parents vieillissants nous retenaient. Tant que nous avons ciblé les terrains de loisirs dans nos recherches, nous avons patiné. Nous avons fait l'erreur de nous focaliser sur internet; si d'une part c'est un média fort utile pour échanger librement des savoirs et des informations, c'est aussi un piège car il ne correspond pas à une recherche de terrain; les vendeurs (paysans, agriculteurs) ne pensent que très rarement à internet ou à une agence immobilière pour se débarrasser de leur bien. Tout se passe dans "la réalité" et non derrière un écran.

 

Nous avons recherché ensuite des terrains agricoles et des forêts. Les prix restaient prohibitifs, soit que le terrain était petit et vendu très cher à l'hectare, soit qu'il était grand et que les hectares cumulés donnaient une somme invraisemblable. Les vendeurs ne souhaitent pas en général diviser un bien pour ne vous en vendre qu'une partie s'ils sont dans une zone où ils savent qu'ils vont finir par trouver preneur pour le tout. J'ai appelé parfois pour proposer d'acheter, sur 10 hectares, 2 hectares, mais je me suis vue opposer des refus à chaque fois. Nous avons visité des biens éloignés géographiquement de nos lieux de travail, pour nous rendre compte que le temps et le coût du trajet terrain-travail nous handicaperait.

A savoir qu'un agriculteur préfèrera généralement conserver un maximum de surface car cela peut jouer sur les aides qu'il reçoit; l'intérêt à vendre une terre agricole est donc limité. Entrent aussi en compte les notions de compétition entre agriculteurs et le désir profond de garder ce qui a été acquis, ne pas le céder à un "étranger".

Le milieu de la vente de terrains agricole est hermétique à celui qui n'est pas de la communauté et qui tente de s'y introduire.Durant ce cheminement, j'ai démarché du monde, il a fallu être inventif :

 

- J'ai appelé la SAFER (organisme théoriquement formé pour aider les agriculteurs à s'installer et éviter le mitage des terres agricoles : en clair ils peuvent pré-empter sur l'achat d'un terrain que vous avez en vue) qui m'a conseillé de regarder chaque semaine leur site, et de les appeler si jamais je voyais quelque chose qui m'intéressait : dans ce cas ils m'auraient dit si oui ou non un dépôt de candidature pour l'achat du terrain était viable.

- J'ai créé des "alertes" sur leboncoin qui me permettaient d'être tenue au courant par mail dès qu'un bien qui pourrait nous intéresser serait mis en vente.

- J'ai posé des annonces sur leboncoin

- J'ai contacté toutes les agences immobilières du secteur pour leur faire part de ma recherche et me suis régulièrement rappelée à leur bon souvenir

- J'ai appelé la Chambre d'Agriculture du département pour leur faire part de ma demande

- J'ai aussi dialogué avec une représentante des Jeunes Agriculteurs de la région, qui m'a expliqué à quel point il était déjà difficile pour des agriculteurs de trouver des terrains où s'installer.

- Nous avons déposé des annonces papier dans les magasins de proximité des lieux que nous visions (nous concentrant sur les boulangeries, les Int*rmarché et autres Vi*al, ainsi que les magasins de bricolage)

 

Il nous restait à prendre la voiture et faire des repérages : cibler des terrains intéressants abandonnés, aller à la mairie les repérer sur le cadastre et demander à obtenir les coordonnées des propriétaires pour leur faire une offre d'achat.Malheureusement, nous trouvions difficilement le temps de faire ce repérage, ayant tous deux des métiers et occupations très prenantes. D'autre part, tous les refus que nous avions essuyés nous avaient intimidés et quelques peu découragés. Nous ne comprenions pas pourquoi nos annonces papier n'avaient donné aucun résultat et anticipions déjà des refus.

 

Nous avons donc fini par orienter notre stratégie sur une recherche de terrains qui sont inutiles aux yeux des propriétaires : des bouts de forêt, en pente.

 

J'ai fait un listing pagesjaunes.fr et appelé un à un tous les agriculteurs que j'ai trouvé, jusqu'à avoir un contact intéressant.

 

Nous avons donc trouvé au bout de deux ans et demi. 

 

A quoi a servi ce temps d'attente ? d'abord, j'en ai profité pour me documenter, m'informer. Internet, je le répète, est une mine d'or qu'il faut savoir utiliser à bon escient.

Ensuite, économiser, encore et encore.Finalement, à faire grandir, mûrir le projet.face aux difficultés, aux questionnements que cela fait naître, on voit vite si l'on est vraiment motivé ou non.

Nous avons participé à un chantier de construction, nous avons testé nos corps en terme d'endurance pour être sûrs d'être prêts à auto-construire.

 

Sans le problème des attaches géographiques (travail, parents qu'on ne veut pas laisser trop loin de nous) nous aurions trouvé de suite.

Notre grand tort a été de ne pas grapiller au plus vite des petits bouts de temps qui nous auraient permis d'aller faire du repérage directement en voiture, d'aller poser des annonces dans les magasins, etc, etc : bref, d'avoir trop compté sur internet et les agences immobilières.

Notre second grand tort a été de croire que parce que nous avions l'argent et l'envie d'acheter, nous allions trouver ! la culture d'une région, qui veut que les terres se transmettent dans la famille ou dans la communauté, peut freiner l'installation.

 

Ne commettez pas les mêmes erreurs que nous, et ne lâchez pas votre projet ! élaborez des stratégies et faites avec ce que vous avez, ne restez pas bloqués sur vos exigences, en un mot : ADAPTATION !


  • j.mouche et Anonimo aiment ceci

#2 Anonimo

Anonimo

    Bricoleur autonome

  • Membres
  • 1615 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:Ztigania-celtika
  • Intérêts:Les plus divers, mais avant tout l'humain et l'environnement

Posté 21 juillet 2015 - 23:42

Moi dis que ton propos mérite un "message populaire!"  :roi2:


Modifié par Anonimo, 21 juillet 2015 - 23:42 .


#3 Gaueca

Gaueca
  • Genre: Femme
  • Localisation:64 - Pays Basque

Posté 22 juillet 2015 - 13:51

Je te remercie Anonimo. En espérant que ce retex serve un maximum.



#4 Gaueca

Gaueca
  • Genre: Femme
  • Localisation:64 - Pays Basque

Posté 23 juillet 2015 - 18:10

A noter également :

 

Ressources internet

 

- recherche de terrain : site lebonco*n, éventuellement v*vastreet; sites d'agences immobilières; sites de petites annonces type paruvend* ...

- recherche d'information : pinterest et pearltrees (utiliser des mots-clés en anglais peut aider, en espagnol aussi), moteurs de recherche ouvrant sur des sites tels qu'onpeutlefaire ou encore brinsd'h*rbe, les moutonsen*agés, y*rtao. Rechercher également sur les blogs, sur yout*be et dailymo*ion.