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"S'attendre au pire et préparer le meilleur"

effondrement resilience entre-aide

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154 réponses à ce sujet

#41 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

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Posté 20 octobre 2016 - 18:02

Le pire dit-on aussi n'est jamais sûr.

 

Mais de quel pire parlons nous?

Celui que j'ai décrit concerne un effondrement partiel, celui de la vieille Europe, face aux géants émergents.

Cette vieille Europe peut-elle réagir et se montrer capable de résister? pas sûr.

 

D'ailleurs, elle aurait à se battre sur un terrain qui est celui du développement technologique et économique où elle ne fait plus le poids.

Reste alors à se rendre "invisibles", autonome et quasi autarcique dans de lointaines montagnes… comme jadis quand les barbares menaçaient.

 

Je mets de coté l'apocalypse nucléaire, qu'il soit civil ou militaire, tout comme  l'apocalypse sanitaire qui rendraient encore plus difficile et illusoire tout espoir de survie.

Les quelques décennies qui s'annoncent seront-elles moins dures pour les décroissants volontaires, pourront-ils profiter de la sobriété heureuse?


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#42 hazy

hazy

Posté 20 octobre 2016 - 19:38

tiens, invitons quelqu'un à notre réflexion :

 

https://prototypekbl...tenir-debout-2/



#43 hazy

hazy

Posté 20 octobre 2016 - 20:06

questions au coeur de ma vie quotidienne :)

 

En l'état actuel de ma réflexion :

 

1) Que le système collapse ou non, je ne peux pas y vivre, encore moins y élever mes enfants.

2) Changer le système ( vote, de l'intérieur, révolutions, terrorisme, écriture, enseignement ) je n'y crois pas.

3) Vivre en dehors je n'y crois pas, pas avec des enfants, pas sans gâcher ma vie. ( avis perso hein )

 

Alors c'est sûr, si le système pouvait me libérer de mes doutes existentiels en nous précipitant dans une forme survivable de chaos, ça serait plus simple ... A priori du mois :)

 

Au final, j'essaye de prendre ce dont j'ai besoin, tant que le " prix " n'est pas trop important, afin de construire un cocon à la marge ... en espérant, un peu, la grosse merde générale qui me fera rigoler dans ma barbe.

 

Je suis pas le seul dans cet état d'esprit, soyons honnêtes ..

 

Mais 10 ans plus tard, je me rend compte que l'éventualité d'un gros clash social, combiné avec la nocivité du monde normal, m'ont amené à avoir une vie formidable.

 

Au final, les théories conspirationnistes, catastrophistes, apocalyptiques, ne seraient-elles pas les " portes " que nous trouvons, quand nous sommes trop nuisibles... au système ?


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#44 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

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Posté 20 octobre 2016 - 21:15

Comme au casino c'est toujours la banque qui gagne, je crois que le dit Système se trouve gagnant quand les décroissants cessent de réclamer usages, droits et services.

Les échanges non monétaires l'embêtent quand même un peu, car la tva lui échappe. Mais à part ça…

 

Et comme disait Lucrèce, poète romain:

" Suave, mari magno turbantibus aequora ventis, e terra magnum alterius spectare laborem"

 

ou: qu'il est doux de ne rien faire quand tout s'agite autour de vous… version un peu trop adoucie, d'ailleurs.



#45 théo

théo
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Posté 23 octobre 2016 - 16:56

"S'attendre au pire et préparer le meilleur"

Cette formule est riche en compréhensions possibles, merci à hasy, groslard, DzC et d'autres pour en avoir exprimer quelques unes. Cela m'invite à tenter de préciser un peu ce que j'entends moi-même dans cette phrase que j'ai emprunté je ne sais plus où.

Le "pire" auquel je pense est celui désigné par le livre de Servigne et Stevens ("Comment tout peut s'effondrer"), c'est à dire celui d'une effondrement mondial, global, intégral, irréversible, certain et déjà bien amorcé.

"S'y attendre" veut dire pour moi être tout simplement à même de le considérer avec le minimum de distorsions dues à notre appareil cognitif, à notre affectivité et à nos filtres culturels.

"S'attendre au pire "ne relève pas d'un pessimisme quelconque ni d'une idéologie ou d'une confession particulière mais d'un certain réalisme minimaliste et de la volonté de percevoir au mieux à quoi nous sommes confrontés de façon à pouvoir tenter, en relative connaissance de causes, de minimiser un peu nos handicaps.

"Le meilleur" auquel je pense n'est pas une sorte de paradis dans lequel tous les obstacles seraient évités et tous nos problèmes seraient résolus. "Le meilleur" auquel je pense est celui de la mise en œuvre de nos ressources personnelles et collectives pour franchir ces obstacles et résoudre nos problèmes au fur et à mesure qu'ils se présentent. Et ce de façon à satisfaire de façon "écologique" (au sens le plus large de cet adjectif) notre humanité et ses besoins les plus fondamentaux.

"Préparer ce meilleur", préparer cette mise en œuvre de nos ressources personnelles et collectives, c'est à la fois, déjà l'effectuer tout en s'y initiant, s'y entraînant, s'y perfectionnant et l'entretenant. cela peut se faire à l'occasion de n'importe quel projet partagé et à chacune de ses étapes.

Si notre situation actuelle catastrophique est là pour nous rappeler nos erreurs, nous n'avons pas fait que des erreurs, nous en avons aussi tirés certains apprentissages et avons fait quelques découvertes utiles en chemin.

Merci à l'urgence qui est là pour nous motiver à faire ce qu'il faut pour en tirer le meilleur profit dès aujourd'hui. Qui plus est, la récompense pourrait bien être double. non seulement nous aider à vivre le pire et à y survivre mais aussi à redécouvrir que cette mise en œuvre de nos ressources individuelles et collectives pourrait bien nous apporter une bien plus grande satisfaction que tout ce que nous a proposé et propose encore notre "civilisation" obèse,obscène et moribonde.



#46 théo

théo
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Posté 23 octobre 2016 - 17:08

Bill Imbi:  Ce qui nous manque et nous manquera toujours je le crains, c'est une certaine intelligence de cœur, celle qui privilégie le respect de la vie et l’empathie.

 

 

DzC Nous avons tous les outils en mains mais qqchose ne tourne pas rond chez nous.

 

 

groslard On a trop répété que l'humain avait un mauvais fond, qu'être égoïste c'est humain, que vouloir piétiner les autres pour éviter les emmerdes c'est humain, etc.
Je dis : FAUX ! Ce n'est pas humain ! C'est une pathologie dont on guérira, je le sens au fond de mon coeur, et il y a plein d'indices rationnels qui me le laissent penser.

 


Voilà qui me semble aussi tout à fait essentiel et fondamental. Ce qu'on appelle parfois " le facteur h", c'est à dire le facteur humain, sa nature profonde ou ce je ne sais quoi qui le distingue de l'animal, du végétal et du minéral et qui se traduit trop souvent par son obsession égocentrique, sa démesure, ses déséquilibres, son réductionnisme, sa partialité totalement irrationnels et fréquemment terriblement destructeurs. Si bien que pour ce qu'il en est de faire face à l'effondrement la question que l'être humain pourrait finalement se poser serait  "comment faire partie de la solution alors que l'on fait partie du problème?" :???:

Traditionnellement, l'humanité a chercher à répondre à cette question de deux façons: par la civilisation et par la spiritualité.

Par la civilisation (la morale, l'éducation civique, l'organisation démocratique, les arts, etc) pour limiter les dégâts de notre égoïsme forcené et par la spiritualité (l'ascèse, l'introspection, l'ouverture,le don) pour dissoudre cet égoïsme

.
De toute évidence, aucune de ces approches ne me semble avoir été suffisante pour nous éviter le pire auquel nous sommes aujourd'hui confronté.

Mais jusqu'à ce jour je n'en perçois pas d'autres, et ces deux approches ayant été bien malmenées par notre modernité matérialiste, réductrice, technologique oligarchique et néolibérale, je pense que les réintroduire (ou, du moins, au moins s"y ouvrir) comme des fondamentaux  dans nos vies et nos relations à nous-mêmes, aux autres et à notre environnement ne pourrait que nous être profitable. Et notamment pour la fondation et la gestion de collectifs véritablement résilients.


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#47 Bill Imbi

Bill Imbi

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Posté 23 octobre 2016 - 17:21

Totalement d'accord Théo, même si habituellement je fuis à toutes jambes dès que j'entends le mots "spiritualité", moi la laïcarde athée intégriste ;)

Selon moi les religions sont évidemment un problème pas une solution. Mais je vois bien ce que tu entends par spiritualité, rien à voir avec les religions tradi... On est d'accord.



#48 hazy

hazy

Posté 23 octobre 2016 - 19:29

En fait, le pire; on y est, on le savait pas, et le meilleur, tant qu'on l'attend, on dérange personne :D



#49 théo

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Posté 30 octobre 2016 - 17:01

En fait, le pire; on y est, on le savait pas, et le meilleur, tant qu'on l'attend, on dérange personne :-D

 

"S'attendre au pire et préparer le meilleur"

Oui, cette formule est riche en compréhensions possibles. Cela m'invite à tenter de préciser un peu ce que j'entends moi-même dans cette phrase que j'ai emprunté je ne sais plus où.

Le "pire" auquel je pense est celui désigné par le livre de Servigne et Stevens ("Comment tout peut s'effondrer"), c'est à dire celui d'une effondrement mondial, global, intégral, irréversible, certain et déjà bien amorcé.

"S'y attendre" veut dire pour moi être tout simplement à même de le considérer avec le minimum de distorsions dues à notre appareil cognitif, à notre affectivité et à nos filtres culturels.

"S'attendre au pire" ne relève pas d'un pessimisme quelconque ni d'une idéologie ou d'une confession particulière mais d'un certain réalisme minimaliste et de la volonté de percevoir au mieux à quoi nous sommes confrontés de façon à pouvoir tenter, en relative connaissance de causes, de minimiser un peu nos handicaps.

"Le meilleur" auquel je pense n'est pas une sorte de paradis dans lequel tous les obstacles seraient évités et tous nos problèmes seraient résolus. "Le meilleur" auquel je pense est celui de la mise en œuvre de nos ressources personnelles et collectives pour tenter de franchir ces obstacles et résoudre nos problèmes au fur et à mesure qu'ils se présentent. Et ce de façon à satisfaire, de façon "écologique" (au sens le plus large de cet adjectif), notre humanité et ses besoins les plus fondamentaux.

"Préparer ce meilleur", préparer cette mise en œuvre de nos ressources personnelles et collectives, c'est à la fois, déjà l'effectuer tout en s'y initiant, s'y entraînant, s'y perfectionnant et l'entretenant. cela peut se faire à l'occasion de n'importe quel projet partagé, ou pas, et à chacune de ses étapes.

Si notre situation actuelle catastrophique est là pour nous rappeler nos erreurs, nous n'avons pas fait que des erreurs, nous en avons aussi tirés certains apprentissages et avons fait quelques découvertes utiles en chemin.

Merci à l'urgence qui est là pour nous motiver à faire ce qu'il faut pour en tirer le meilleur profit dès aujourd'hui.

Qui plus est, la récompense pourrait bien être double. non seulement nous aider à vivre le pire et tout simplement à y survivre mais aussi à redécouvrir que cette mise en œuvre de nos ressources individuelles et collectives pourrait bien nous apporter une bien plus grande satisfaction que tout ce que nous a proposé et propose encore notre "civilisation" obèse, obscène et moribonde.


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#50 FLOYD

FLOYD

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Posté 30 octobre 2016 - 17:22

Merci pour ces définitions.

 

 Il me semble impossible de globaliser ce "nous", tant pour les responsabilités coupables que pour les ressources  salvatrices.

Quel serait l'avenir d'un petit groupe de décroisants survivalistes?

Est-ce le mythe de l'Arche de Noë ???



#51 théo

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Posté 30 octobre 2016 - 20:21

Merci pour ces définitions.

 

 Il me semble impossible de globaliser ce "nous", tant pour les responsabilités coupables que pour les ressources  salvatrices.

Quel serait l'avenir d'un petit groupe de décroisants survivalistes?

Est-ce le mythe de l'Arche de Noë ???

 

Bien sur Floyd ! :rolleyes:

 

Aucune intention de ma part de "globaliser" ce "nous" ni de relancer le mythe de l'Arche de Noé. Pas de prosélytisme, ni d'angélisme non plus. Mais simplement une déclaration d'intention et, par là même, une invitation, pour qui peut et veut l'entendre, à faire ce que chacun peut, et veut  :pingus: comme il le peut, et comme il le veut, avec qui il peut et veut, à chaque moment de son propre chemin.

 

Quant à l'avenir de tel ou tel, personne, groupe, ou réseau, qui pourrait le connaître en des temps si imprévisibles ?



#52 FLOYD

FLOYD

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Posté 30 octobre 2016 - 21:15

Donc nous sommes d'accord.
Les nombreux contributeurs de ce forum ont intégré l'idée qu'il leur appartient effectivement de réfléchir et d'agir.

Une idée largement développée depuis pas mal d'années… 

http://www.onpeutlef...infos-pratiques



#53 théo

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Posté 30 octobre 2016 - 22:03

 Super ! Je suis donc bien dans le bon forum :jap: ... et je serais donc très heureux si mon invitation à se rencontrer "dans la vraie vie" le 11 décembre, à Cachan, pouvait intéresser quelques forumeurs de par ici . ;)



#54 hazy

hazy

Posté 30 octobre 2016 - 22:15

CACHAN, c'est, la haut, chez les fous, non ?

 

Dsl, le pire m'est déjà arrivé, je reste dans le meilleur maintenant ;)



#55 théo

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Posté 30 octobre 2016 - 22:41

CACHAN, c'est, la haut, chez les fous, non ?

 

Dsl, le pire m'est déjà arrivé, je reste dans le meilleur maintenant ;)

 

:panneaulol:  Les fous sont partout, et, selon moi, trop souvent, ils ne le sont pas assez... le point de départ ne préjuge pas toujours du point d'arrivée.. quant au pire et au meilleur, ils ont parfois de surprenantes relations et j'ai rencontré leur danse aussi bien au milieu d'une rame de RER surpeuplée que sous un tipi isolé en pleine montagne... rien ne dure, rien n'est gravé dans le marbre, chaque instant est le début de notre vie et de notre œuvre commune... je ne peux que faire là où je me trouve et avec celles et ceux qui en ont en-vie... sait-on jamais, hazy, peut-être finirons-nous, un jour ou l'autre par nous rencontrer ;)


Modifié par théo, 30 octobre 2016 - 22:48 .


#56 Pedro74

Pedro74

Posté 04 novembre 2016 - 18:25

Un pti truc comme ca :

On a deja eu pas mal de pire et beaucoup s'y sont adaptés. Il peut etre aussi logique de se dire, que finalement, oui, on va vers du pire, mais que tout le monde s'y adaptera et qu'il n'y aura donc aucun effondrement car la aussi, on a beaucoup d'archives pour appuyer ce que je dis, et pas seul.

 

C'est un constat, en aucun cas une opinion



#57 Bill Imbi

Bill Imbi

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Posté 04 novembre 2016 - 19:34

Bah il est évident qu'on va tous tenter de s'adapter au pire... Et qu'on tentera de survivre même dans les pires conditions.

 

Et si extinction totale de la race humaine il devait y avoir, ça prendra surement un paquet d'années, durant lesquelles l'humanité, en tout cas les plus déshérités vivront dans des conditions de plus en plus effroyables...

 

Pour moi, et c'est mon opinion, ce n'est pas le fait de l'extinction éventuelle de l'homme qui m'embête, mais les conditions de vie avant notre potentielle disparition...



#58 DzC

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Posté 08 dcembre 2016 - 20:14

Serge latouche :

 

161208083240987644.jpg

 

Extrait de DECROISSANCE Vocabulaire pour une nouvelle ère (Le passager clandestin).



#59 groslard

groslard

Posté 09 dcembre 2016 - 02:34

"comment faire partie de la solution alors que l'on fait partie du problème?" :???:
Traditionnellement, l'humanité a chercher à répondre à cette question de deux façons: par la civilisation et par la spiritualité.

Par la civilisation (la morale, l'éducation civique, l'organisation démocratique, les arts, etc) pour limiter les dégâts de notre égoïsme forcené et par la spiritualité (l'ascèse, l'introspection, l'ouverture,le don) pour dissoudre cet égoïsme

Non, traditionnellement l'humanité a remplacé graduellement la spiritualité par la civlisation, et cela ne s'est pas fait pour résoudre un quelconque problème, c'est cela qui a créé le problème.



#60 DzC

DzC
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Posté 09 dcembre 2016 - 07:49

Non, traditionnellement l'humanité a remplacé graduellement la spiritualité par la civlisation, et cela ne s'est pas fait pour résoudre un quelconque problème, c'est cela qui a créé le problème.

 

Dans les 2 cas, les tares de l'humain ont peut être fait devié l'esprit de ces 2 voies.