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Réveiller un village


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4 réponses à ce sujet

#1 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 16 avril 2017 - 11:41

Beaucoup de gens craignent de s'ennuyer en allant vivre à la campagne alors qu'il existe de très nombreuses initiatives pour rendre les villages plus conviviaux.
 
En voici une :
 

 

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« Je suis devenue maire par exaspération. » Christine de Neuville en avait assez de voir son village natal crever à petit feu. En 2001, à 41 ans, cette spécialiste de la filière caprine, également diplômée d'histoire médiévale, a défié l'immobilisme de l'ancien maire et a été élue. Et réélue deux fois depuis. Il n'y avait alors plus aucun commerce au bourg de Vicq-sur-Breuilh, une commune qui comptait à l'époque à peine mille habitants sur 5 000 hectares de bocage et soixante-treize hameaux, au sud de la Haute-Vienne. Aujourd'hui, autour de la place de l'église, on trouve une boulangerie, une épicerie-buvette-marchand de journaux, un restaurant, et même, dans l'ancien presbytère joliment rénové, le petit musée Cécile-Sabourdy d'art brut et d'art naïf.

Inauguré en 2014, il a accueilli dix mille visiteurs dès la première année ! En face, ouverte depuis l'automne, l'épicerie Au Petit Breuilh, qui fait aussi boutique du musée, assure évidemment le petit dépannage : pâtes, biscuits, lessive... Mais Pascal, le gérant venu de la grande distribution, mise surtout sur les produits régionaux, plutôt bio, en lien direct avec les producteurs : œufs fermiers, fromages de chèvre, viande de race limousine et de porc cul-noir, pommes de Vicq, carottes et choux itou. Et ça marche ! Quant au restaurant Lo Vinataud – menu unique le midi à 12,50 –, il sort ses vingt à trente couverts par jour. « On n'est pas mécontents », sourit Aude, la patronne, ancienne vendeuse en grande surface. Et la commune, en quinze ans, a gagné trois cents habitants.

http://www.telerama....lent,140839.php


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#2 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 21 avril 2017 - 12:50

Une autre façon de faire, associative, me semble plus facile à mettre en œuvre  :
 

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http://renouee.millevaches.net/


Plus de cent épargnants et donateurs ont créé un tiers-lieu rural en Creuse
le 22/03/2017

Les pimpants locaux fraîchement rénovés de La Renouée, lieu de vie et de travail implanté au cœur du bourg de Gentioux (Creuse), tournent à plein régime depuis six mois. C'est un projet 100 % alternatif, monté pratiquement sans fonds publics.

Hormis Ikea à Clermont-Ferrand, il n'y a pas d'équivalent à 130 kilomètres à la ronde : un lieu où les parents peuvent faire des emplettes pendant que leurs enfants jouent dans un espace sécurisé.

Anne-Eglantine est installée sur les coussins et joue avec les petits dans la salle dédiée aux « enfant et aux adultes calmes » de La Renouée : « Je viens chercher mon fils à l'école et j'attends ici la maman du petit garçon que je garde la journée » , explique cette assistante maternelle, qui ajoute : «ce qui est est pratique le lundi, c'est qu'on peut faire nos courses en même temps ».

Dans la « salle polyvalente » de La Renouée se tient en effet un marché d'hiver. Pain , fromages, tout est bio et les producteurs sont tous du coin. Quand ils ne peuvent pas se déplacer physiquement, ils déposent leurs produits dans l'autre salle : une pimpante épicerie dont les rayonnages de bois ne viennent visiblement pas de chez Ikea.

La Renouée s'est bâtie sur des fondations nourricières. Celles de La Bascule, une association qui fait depuis quelques années l'interface entre producteurs et consommateurs de produits bio et locaux à Gentioux. A la cave, après de longs mois de travaux, l'association La Bière en chantier est sur le point d'étiqueter ses premières bouteilles. « Pour les denrées qui ne sont pas produites sur le plateau de Millevaches, on a aussi un groupement d'achats », complète Quentin Paternoster, l'un des « co-workers » du premier étage.

Quentin exerce la profession de géomaticien (on ne vous fera pas un dessin, il s'agit de cartes mais rien à voir avec la cartomancie) et il ne raffole pas des anglicismes qui fusent dans les tiers-lieux: «On coworkait jusqu'il y a peu sans le savoir. A Faux-la-Montagne, à 10 kilomètres, il y a des bureaux partagés depuis dix ans ».

Dans cette belle maison creusoise, posée au cœur du bourg de Gentioux, s'entrelacent désormais plus qu'elles ne se juxtaposent des activités économiques, sociales et culturelles. Même les fondateurs de La Renouée préfèrent parfois faire des dessins pour expliquer comment toute cela s'articule.

Un cabinet de naturopathie est installé au grenier, tandis que le premier étage accueille une poignée d'auto-entrepreneurs numériques (les géomaticiens, un développeur de logiciel libre de comptabilité) et l'inattendue « agence de voyages du plateau de Millevaches », fondée par des hébergeurs touristiques du territoire.

« On partage des compétences mais surtout cela permet de rompre l'isolement du travailleur indépendant à la campagne. Cela m'intéressait aussi de mêler temps de travail et implication associative, de m'inscrire dans un projet collectif », confie Quentin Paternoster, qui parcourt 13 km à vélo chaque matin pour rejoindre son bureau partagé.

Le rez-de chaussée n'est voué que deux fois par semaine au ravitaillement. Autour de la belle cheminée de granite, les adhérents se réunissent pour une séance de projection de Télé-Millevaches, un apéro d'entrepreneurs, un atelier autour de la périnatalité, ou de très pointues séances de « coiffure énergétique ».

La Renouée n'est pas un moulin, c'est un espace associatif. Un « concierge » accueille notamment les propositions de nouvelles activités et vérifie qu'elles correspondent à l'esprit du lieu.

Les jeunes actifs et les familles qui ont désiré cette « maison commune » se savent attendus au tournant sur l'aspect financier : « Nous payons le loyer sans difficulté », assure Quentin. Le propriétaire, c'est l'Arban, une société coopérative de Faux-la-Montagne dédiée à l'habitat rural. L'investissement n'a pu s'appuyer sur des financements publics. Principalement parce qu'en 2014, un basculement politique à Gentioux a écarté la population néo-rurale du champ de vision municipal. Le Parc naturel régional de Millevaches en Limousin et la communauté de communes Creuse Grand sud ont toutefois mis des billes dans la structure. Aujourd'hui , la Caisse d'allocations familiales de la Creuse l'accompagne en tant qu'Espace de vie social (EVS).

Les tensions intra-communales à Gentioux ont piqué au vif ceux qui pensent que l'économie sociale et solidaire est un levier efficace pour développer le plateau de Millevaches. La levée de fonds d'épargne locale pour La Renouée a en tout cas été spectaculaire. Du moins pour un territoire faiblement peuplé et dont le revenu moyen est très faible. 115 personnes sont entrées dans le capital de la SCIC l'Arban ou ont effectué des dons. 105.000 euros ont ainsi été récoltés, ce qui a procuré un solide apport pour le rachat et la rénovation de la maison (investissement total de 200.000 euros).

Parvenir à créer un tel lieu de vie pratiquement sans fonds publics, c'est un signe fort sur un territoire hyper-rural comme la Creuse. Un département où ce type de « mécénat populaire » n'est pas inconnu. Jusqu'ici, cela avait surtout servi à sauver les églises de la ruine.

Julien Rapegno

 
L'article complet avec photos : http://www.lamontagn...e_12331093.html



#3 Eric...

Eric...
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Posté 21 avril 2017 - 20:27

On trouve dans la Creuse des fermes à 7500 euros en vente à terme, idéal pour s'installer et développer une activité...

 

La vente à terme,  c'est 1700 euros pour le notaire et 200 euros par mois pendant 3 ans, idéal pour les titulaires du rsa et j'en ai rencontré plusieurs dans ce cas sur place.

Avec la CAF si vous y avez droit, ça vous fait un loyer de 50 euros par mois pendant 3 ans pour être propriétaire et pas qu'un tas de pierres...

 

Il faut être bricoleur vu l’ampleur des chantiers et très courageux, silence total hormis les moutons le soir, trois voitures par jours et un froids cocasse en hiver...

Quant les gens se quittent, c'est pas bonsoir mais, merci de votre visite.

 

Sur place pour les revenus, l'apiculture est très courante ainsi que la cueillette, les sachets d'orties se vendent dix euros sur Paris, et c'est un royaume de la débrouille et de la solidarité.

Reste qu'il faut être tenace et sur place pour trouver sa futur demeure et les locaux vous ont à l’œil notaire y compris...

 

la Creuse c'est le pays des paysans bâtisseurs, ils ont été les premiers travailleurs immigrés et ont construit Paris Lyon Marseille et bien d'autres monuments partout en France.

Vous pouvez y allé, il y a pleins de merveille à reconstruire et le climat reste très chaleureux et d'une tranquillité royale ;0)


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#4 Jouffray

Jouffray
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Posté 22 avril 2017 - 08:56

intéressant la vente à terme libre !!
L’acquéreur investit dans l’immobilier à prix réduit, c’est un placement de moyen/long terme très attractif
L’acquéreur investit à son rythme sans recourir au crédit bancaire (et donc sans intérêts bancaires)
L’acquéreur, dans le cas d’une vente libre, peut disposer du bien dès l’achat pour s’y loger ou y loger un proche
L’acquéreur investit dans un cadre fiscal très favorable dans le cas d’une vente occupée (il ne perçoit aucun revenu puisque le droit d’habitation (DUH) est versé sous la forme d’une décote sur le prix d’achat)
L’acquéreur investit de manière socialement responsable
L’acquéreur est garanti d’une bonne protection du capital investi (résilience de la pierre)

#5 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 12 mai 2017 - 13:06

Une autre alternative a été mise en œuvre au Chefresne, dans le département de la Manche :
 

Le comité de village
C’est au bout de 5 ans de mandat que Jean-Claude Bossard estime que la politique communale doit davantage associer les habitants, conformément aux critères de l’agenda 21. Il a l’idée de créer parallèlement au conseil municipal qui se réunit une fois par mois, un “comité de village“. Il s’agit  d’une assemblée ouverte à toute la population de la commune qui se réunit tous les deux mois. On y débat des projets communaux soumis par le conseil municipal mais aussi de tous les problèmes de la commune.
Quiconque veut y aborder un sujet doit juste indiquer à la mairie le thème qu’il souhaite traiter 15 jours avant le comité de village, de façon à ce qu’il soit inscrit à l’ordre du jour. “Au début les gens étaient un peu réticents et ça a démarré timidement. Mais une fois les choses lancées tout le monde était OK“ raconte le maire. À chaque réunion, c’est entre 30 et 40 personnes qui participent au comité (soit en gros 10% de la population), et à chaque fois il y a du renouvellement selon les sujets et les périodes, ce qui fait que beaucoup plus de gens ont un jour participé à ce comité animé par un habitant élu par le comité et non membre du conseil municipal. Les sujets abordés ? Très variés : problème de voisinage, trous dans la route, ramassage scolaire, difficultés d’un agriculteur, etc. On vient au comité de village pour discuter et trouver des solutions, “construire ensemble des projets”. Parmi ceux-ci Jean-Claude Bossard se souvient de l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit de l’église du village : “Jamais nous n’aurions pu réaliser un tel projet si l’accord de la population n’avait pas été donné au comité de village !“ Et de poursuivre : “Ce système est très pratique pour le maire. On décide par consensus au comité de village et après, le conseil municipal entérine officiellement la décision. Comme les décisions ont été prises ensemble, elles ne sont pas contestées. Et s’il y a des habitants qui se déclarent contre, on a beau jeu de leur dire qu’ils n’avaient qu’à venir au comité de village !“

https://www.journal-.../pdf/IPNS45.pdf