Aller au contenu


Photo

Serre chauffée.


  • Veuillez vous connecter pour répondre
24 réponses à ce sujet

#21 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

  • Membres
  • 15 067 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:LE MANS

Posté 10 janvier 2020 - 14:22

A Versailles, la Quintinie cultivait pour Louis XIV, des figuiers en caisse, et l'Orangerie  du château est une merveille de "wailpini" avec doubles fenêtres et intégration dans la grande terrasse.

Plus de 300 ans tout ça!

 

Je reviens sur la question des cultures hors saison… 

L'idée de produire des fruits et légumes primeurs existe depuis longtemps et l'horticulture du  XIXe a rendu enviables et un peu plus abordables ces produits.

Aujourd'hui les pays comme le Maroc, l'Espagne, Israël, sont sur ce créneau. Ils produisent avec 3 mois d'avance par rapport au calendrier des maraichers français.

 

Aller plus loin n'aurait pas de sens, car ensuite ce sont les producteurs de l'Hémisphère austral comme le Chili, l'Afrique du Sud,   qui proposent les mêmes espèces, à parfaite contre-saison. Transport par avion ou par bateau…

 

Bref, nos arboriculteurs et nos maraichers ne peuvent plus espérer trouver des marges commerciales face à cette concurrence. Les produits de saisons, aussi faciles à produire que la tomate ou les courgettes, n'apportent ni la certitude de vendre ni une marge correcte. (les melons "le rouge-gorge", marque connue, ne seront plus cultivés)  Le manque ou le coût de la main d'œuvre achèvent de détruire l'horticulture nationale. Restent quelques niches, qui produisent et valorisent des fruits et des légumes de luxe; mais cela n'est pas une réponse satisfaisante, en ce sens qu'elle ne peut répondre aux besoins de masse des vrais gens d'ici.

 

Les murs à pêches de Montreuil, typiquement, ne sont conservés que pour une mémoire technique et historique. Aucun modèle économique viable…

Car c'est bien la recherche d'un modèle économique viable qui doit être notre préoccupation. 

Produire des cultures vivrières n'est pas un loisir pour bénévoles ni un aspirateur à subventions.



#22 gibbon_sceptique

gibbon_sceptique

Posté 11 janvier 2020 - 20:09

Les limites de l'écrit.

Je ne cesse de relire et modifier ma réponse.

 

Car c'est bien la recherche d'un modèle économique viable qui doit être notre préoccupation. 

Produire des cultures vivrières n'est pas un loisir pour bénévoles ni un aspirateur à subventions.

???

Pas compris.

 

J'évoquais Montreuil.

Il est évident que le mur et ses techniques ne sont une solution que pour des professionnels dans un monde d'énergie rare et cher, à la main d’œuvre agricole abondante, pour des clients hautement privilégiés captant le pouvoir d'achat. Bref de l'histoire ancienne.

Mais ca peux aussi répondre comme techniques à certains lecteurs du forum qui vraisemblablement ne sont pas des professionnels pour la majorité : ca peux faire sens pour un particulier qui souhaite juste diversifier son auto-production, assurer plus certainement la production de produits sensibles ou limiter la casse en cas d'évènement climatique exceptionnel.

 

 

Pour revenir aux serres.

 

J'évoquais juste que dans le monde actuel un particulier ou un professionnel à de nombreuses raisons d'utiliser des serres, au delà du seul hors-saison présenté comme déraisonnable. Quand bien même je partage partiellement cet avis.

 

[inutile mais vu le temps passé...]

Comment se focaliser sur la production et ses méthodes en faisant fi de la demande et des croyances bien ancrées des consommateurs et des décideurs ?

 

La question pour les maraichers pro diversifiés à distribution locale ne réside pas tant dans le fait d'aller toujours plus loin dans le contre-saison. Mais proposer uniquement choux, carottes, patates et navets trop longtemps c'est réduire ses périodes de revenus. Tant qu'il y a aura de l'énergie-transport quasi-gratuit et qu'on vivra dans un monde d'abondance agro-industriel.

Il est certain que ca reste une niche. Faut-il pour autant laisser présent la place aux seules importations et à l'agro-industrie ?

Plus généralement concernant le monde maraicher professionnel français, l'équilibre intérêt général (à tout les points de vue pour eux comme pour la société) bâche ou pas bâche, pas facile...

Parce que pour l'instant les français ne semblent pas prêt à manger des potées tout l'hiver. Et nos gouvernants d'arrêter le grand n'importe quoi des subventions et des importations-exportations.

 

Pour le maraichage (et agriculture) en règle général au niveau planétaire on ignore de quoi sera fait le futur. Peut-être que la problématique des énergies fossiles en disponibilité (et/ou coût) ; l'évolution des contextes politiques, économiques, réglementaires, écologiques etc changeront la donne de manières et dans des ampleurs inattendues sur le modèle de production, d'importation et de distribution, nos habitudes etc.

En attendant à part auto-produire, acheter à des producteurs pas déconnants, essayer de maintenir-monter des filières locales ou militer en haut pour les plus utopiques...

[/inutile]

 

Je crains que ce soit les limites des forums qui se veulent généralistes.

Si on à des problématiques particulières, type serre, des forums spécialisés répondent sans doute plus efficacement à la demande.

Et les problématiques générales sont tellement complexes que personnellement par écrit ca me parait bien difficile. Je compte pas le temps qu'il m'a fallut pour écrire cette bafouille totalement insatisfaisante. Mais à un moment faut bien cliquer sur envoyer...


Modifié par gibbon_sceptique, 11 janvier 2020 - 20:11 .

  • flanar l'ancien aime ceci

#23 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

  • Membres
  • 15 067 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:LE MANS

Posté 11 janvier 2020 - 22:24

Sur le plan technique, je comprends qu'un particulier, amateur, disposant de temps et de moyens suffisants, puisse developper une serre optimisée d'un point de vue thermique.

C'est un investissement personnel qui ne regarde que lui s'il ne se préoccupe pas de trouver une rentabilité.

 

Toutes les solutions pratiques ont été mises en œuvre depuis le XVIIe, en tout cas depuis que le verre plat est accessible.

Il y a une foule de documents publiés, faciles à trouver en bibliothèque ou sur la toile.

Comme je l'ai déjà écrit les vieilles idées ne meurent jamais.

 

Dans un cadre professionnel, je persiste à dire que les carottes sont cuites. 

Il y a peu, d'ailleurs, la profession bio refusait la production de tomates sous-serre chauffée. Sur ce coup là elle a bien raison, y compris parce que la sensibilité des cultures est plus grande et que garantir le zéro pesticide est un pari difficile.

 

Cet été, j'ai visité un ami producteur "pas déconnant" ses 4 tunnels plein de tomates et aubergines d'un bel aspect et quasi bio… et qui ne trouvaient pas preneur, ni en local (les gens ont des jardins) ni sur les marchés de proximité.

On me dit qu'il faut organiser le glanage… parce qu'il reste des gens aux revenus trop bas, mais qui ont le droit à une alimentation diversifiée et fraiche. Fiscalement il semble que le manque à gagner, lié au don, serait déductible du chiffre d'affaires déclaré par le producteur.

… mais je m'éloigne encore du sujet!



#24 ricmo

ricmo
  • Genre: Homme
  • Localisation:Franche Comté

Posté 17 janvier 2020 - 20:02

Bonjour,

 

je n'ai pas vu si ça a déjà été dis : on peut ajouter de petites serres tunnel, type tunnel nantais, a l'intérieur des serres, sur les couches chaudes, ça garde le peut de chaleur dans un volume plus restreint, fait une double protection.

 

Sur le sujet a voir l'excellent livre " des légumes en hiver" de Eliot Coleman : des maraîchers qui ont même fait le pari d'une saison inversée, se concentrer sur une production hivernale, période creuse ou habituellement personne ne produit ; peut de concurrence, vente a bon prix, et tout ça sous tunnel froid, dans une région très rude!

On y parle aussi des tunnels mobiles.

 

Il n'y a pas que le maraîchage qui est sous perfusion en France,  c'est le cas de toute l'agriculture française . Et de bien d'autres secteurs surement...

Mais cet état des choses ne durera pas forcément, et "réapprendre" a cultiver choux, carottes, mâches, épinards, navets, topinambours, me paraît très pertinent. Même sans serre!

Par chez nous, en hivers on en trouve a peut près plus rien sur les marchers,  en productions locales. Pourtant la demande est quand même là. Le peut de maraîchers qui proposent des poireaux bio, c'est de la revente! Et une fois sur deux ça viens de structure subventionnées type jardin de cocagne...



#25 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

  • Membres
  • 15 067 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:LE MANS

Posté 18 janvier 2020 - 09:23

Réapprendre à cultiver les légumes du potager, même à contre-saison, ce n'est pas vraiment un problème. En deux ans on forme des promos de bacheliers pro agricoles pour en faire des techniciens supérieurs capables de mener  équipes et  exploitations maraichères. L'enseignement horticole existe encore en France.

 

Mais effectivement, tant qu'il est plus facile de faire de la revente de légumes importés en provenance de pays à bas coûts, le modèle économique viable d'une production nationale est compromis.

Je suis d'accord, il n'y a pas que l'agriculture qui souffre! Le monde associatif et caritatif aussi…

 

Couches chaudes, serres et chassis nantais, pas de problème non plus, nous avons des bibliothèques pleines de bouquins très clairs et très bien écrits en français à ce sujet… depuis le XIXe.

 

On peut bien sûr compléter avec la lecture d'Eliot Coleman cet américain justement renommé:

 

https://fr.wikipedia...i/Eliot_Coleman