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Peut-on avoir du respect pour les animaux ?


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#1 Jouffray

Jouffray
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Eco Résistant
  • Intérêts:Ecorésistant

Posté 09 aot 2017 - 08:22

Père braconnier, grand-père chasseur : "Les deux avaient un profond respect pour les animaux, mais entendons nous bien. Un respect pour les animaux, ce n’est pas un respect pour les peluches, c’est un respect pour l’animal comme être vivant, comme un semblable, c’est-à-dire que lorsqu’on va manger un animal, on va manger un être extrêmement complexe qu'on n’est - c’est mon grand-père qui disait cela - pas capable de fabriquer. Le pain on peut le faire mais un oiseau, un lapin ça on ne peut pas le faire." Jean-Paul Curnier écrivain-philosophe


réponse d'un ami ? Labbéatitude

Diable ! comme je vous comprends, non seulement je vous comprends mais également je vous invite à profiter pleinement de cette nature car d'ici peu l'être humain aura généré une telle entropie qu'il n'en retersa plus grand chose, et c'est bien à l'"homme" qu'il faut le reprocher puisque nous sommes rentrés sous l'ère dite de l'Anthropocène (est un terme relatif à la chronologie de la géologie proposé pour caractériser l'époque de l'histoire de la Terre qui a débuté lorsque les activités humaines ont eu un impact global significatif sur l'écosystème terrestre.)

Faisons un tour du côté de la condition animale et analysons la manière dont celle-ci est impactée par l'activité humaine. Le WWF publie un rapport éprouvant pour les nerfs, désolant pour l'esprit accablant pour l'homme, d'où il ressort qu'entre 1970 et 2012 58 % des effectifs d'espèces vertébrées ont disparu. On sait les raisons du recul : pression démographique, extension des zones urbaines, pollution des sols par l'agriculture intensive. On les connaît, on ne les enraye pas, on les déplore, on les oublie, on se chagrine un peu et l'on continue l'immense entreprise de salopage en règle à laquelle nous nous adonnons depuis la révolution néolithique. Les auteurs du rapport prédisent que la disparition pourrait atteindre 67 % en 2020 si nous n'agissons pas. Agira-t-on ? Non. Nous devrions pourtant ne nous préoccuper que de cela, travailler à "inverser la courbe" de la dévastation. Nous devrions mettre toutes nos forces dans cette réparation, y consacrer tout notre temps, toutes nos pensées. Car nous autres les hommes, nous ne sommes pas menacés. Au contraire notre espèce progresse diablement malgré son génie à orchestrer sa propre destruction. Bien sûr, nous ne contestons pas que les différences de programme économique entre MM. Macron et Fillon ou Hamon et Mélenchon voir le retour de Sarkozy dans le jeu politique français son des sujets d'importance absolue, planétaire sans doute - davantage que la grâce des salamandres ou la vulnérabilité des girafes (qui viennent de rejoindre les listes d'espèces en voie de disparition). Mais tout de même, la disparition programmée dans cinq ans des deux tiers des vertébrés de la surface de notre Terre pourrait-elle occuper quelques secondes du débat national...

Dédicace de Sylvain Tesson : "Un bête est un dieu, c'est à dire l'incarnation d'un mystère. En croiser une est une jouvence, un tressaillement, un viatique que l'on serre au fond de sa mémoire et que l'on emporte en soi pour le reste des jours. À quoi sert le séjour sur Terre si l'on se prive de la puissance et de la gloire vivantes, si l'on s'économise de vénérer les formes de l'individuation biologique, si l’on supprime la mystérieuse héraldique de la faune, l'ornementation de la flore, l'art immémorial des constructions vivantes ? La vie aura-t-elle encore un sens dans un entre soi d'humains ?"

Le photographe Vincent Munier, quarante ans, a compris qu'une rencontre avec un bête lui procurait les plus beaux transpercements de l'être. Depuis des années, il court les horizons proches et sauvages - Vosges, terre d'Ellesmere, Kamtchatka, Abyssinie... -, se fond dans le substrat et attend pendant des semaines la survenue d'un animal, qu'il immortalise avec la science du naturaliste, l'intelligence de l'artiste et l'amitié éblouie d'un homme qui n'a pas placé ses semblables au sommet de la pyramide du vivant. Ses livres (Solitudes, La Nuit du cerf, Au fil des songes, publiés aux Éditions Kobalann) devraient être envoyés dans la prochaine sonde spatiale à destination des éventuels visiteurs extraterrestres -, qui sauraient ainsi qu'ils arrivent trop tard dans un jardin anciennement enchanté.