L'éthique, oui, mais laquelle ?
En France, certains établissements bancaires ou d'assurances proposent des produits de placements dits éthiques, pour répondre à la demande d'une certaine clientèle qui a le souci de donner un sens à son épargne (voir le dossier hors-série d'Alternatives Economiques : "les placements éthiques" , ou le dossier ATTAC 13 « Banques solidaires, placements et financements alternatifs » : version PDF.
Bien entendu, le terme d'"éthique" a une signification différente pour chacun et il serait hasardeux de la part du consommateur-citoyen de se fier aveuglement à une appellation si subjective ; il s'agit de savoir à la fois pour quel projet elle prend un sens : la solidarité (ex : accès au crédit), l'insertion sociale (aide au logement, à la création d'emploi), le développement durable (du Nord ou du Sud), l'écologie, l'agriculture, l'énergie ... et de quelle façon (par le choix d'affectation des fonds placés, par le reversement d'une partie des intérêts à des acteurs de la solidarité, ..). Les formes de placements sont très variées : livret, codevi, FCP, comptes à termes, OPCVM, assurance-vie, capital risque. La rentabilité attendue de tels produits et les risques éventuels sont également très divers. Il y a lieu de s'informer également sur l'existence et le sérieux de labels éthiques dont ils se prévalent, et sur la façon dont la conformité de l'utilisation des fonds aux objectifs annoncés est contrôlée régulièrement.
Attention, donc, à l'emploi abusif du terme éthique par des établissements pressés de se positionner sur un nouveau marché. On peut aussi se poser la question suivante : que vaut la démarche consistant à vendre ici un produit se réclamant de l'éthique, de la solidarité, et là des produits qui en sont dénués ?
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Il en ressort une triste évidence pour la France : il n'existe pas encore, en ce début du 21ème siècle, de banque véritablement alternative, c'est à dire : dont toute l'activité financière soit conditionnée en priorité par des choix éthiques qui permettrait que l'encours des finances des ménages contribue non pas à la spéculation et à l'économie du profit maximum, mais à une finance socialement responsable
Conclusion : à nous de contribuer à sa création !
Cet article d'ATTAC38 est le seul que j'ai trouvé en cherchant "banque alternative française" chez google.
Il mentionne ensuite une societé coopérative de crédit, la NEF, qui n'est pas considérée comme une banque.
J'ai très envie de mettre mes deux-trois sous entre des mains raisonnables, plutôt que de continuer à engraisser les gros méchants banquiersLa Nef, un organisme financier pas comme les autres
Légalement et juridiquement parlant, rien ne distingue la Nef d'un autre établissement de crédit. Mais c'est dans les valeurs qu'elle développe que s'affirme sa singularité.
Dans l'action de la Nef au quotidien, la finalité c'est l'être humain.
Elle est une société coopérative à capital variable.
Elle s’inscrit dans le courant des banques mutualistes et coopératives ; ses clients ne sont donc pas seulement des usagers, ils en sont également actionnaires (sociétaires).
Au delà de cette spécificité, la Nef veut instaurer un autre rapport à l’argent.
Dans le monde contemporain l’argent est considéré d’abord comme une source de profit. On privilégie le meilleur rendement sans se soucier de l'utilisation qui est faite de l'argent déposé. Va-t-il financer des projets destructeurs de l'environnement ou d'emplois, l'industrie de l'armement, le nucléaire ?
Pour la Nef et ses sociétaires, l’argent est d'abord un outil de solidarité. Au-delà du rendement financier de leur placement, ils privilégient le rendement écologique ou social de leur épargne.
Connaissez-vous d'autres banques ou coopératives dites "alternatives" ?
Quel est leur fonctionnement ?


