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[Article] Le pouvoir du consommateur


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31 réponses à ce sujet

#1 EcliptuX

EcliptuX
  • Genre: Homme
  • Localisation:sur Terre
  • Intérêts:la Vie et les gens :)

Posté 15 fvrier 2004 - 12:24

Venez réagir à l'article Le pouvoir du consommateur, par Christian Jacquiau à la suite de ce topic.

#2 Mag

Mag

    Jardinière d'UN possible...

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  • 204 messages
  • Localisation:Morbihan

Posté 16 fvrier 2004 - 20:45

:D Salut Ecliptux :D
et merci pour ce texte que j'ai enregistré pour le lire plus attentivement.
Je connais l'histoire par mon vécu sur le terrain, après en avoir fait mon mémoire de licence de sociologie il y a...longtemps!

Je ne sais pas comment les citadins et même les provinciaux des petites villes le comprendront, c.a.d. le prendront avec, leur expérience, leur vie, leurs croyances...Beaucoup de gens dans les campagnes que je connais vont au super marché du coin, il y a de moins en moins de producteurs chez qui ont peu aller chercher son lait, son beurre, ses oeufs, ses légumes, ses fruits etc. On en trouve encore sur les marchés quand les marchés existent encore, (il faut connaître les pressions à ce niveau là aussi!)
evidement c'est différent dans les régions, si beaucoup de néo-ruraux sont en place et produisent c'est différent.
Mais là aussi dans ce milieu le productivisme nécessaire à payer les charges et autres coûts de production, sans parler de rembourser les dettes, ou de se mettre aux normes, fait qu'ils ne vont plus guère au marché.

Ce nouveau truc des AMAP ( :D suis plus sure de ma mémoire pour le sigle...)ou abonnement en quelque sorte à une ferme, s'il se généralise devrait apporter des solutions locales, mais pour faire masse il faudrait que tout le monde cherche à adopter un producteur!

Et puis il y les choix de politique agricole, la mainmise de la FNSEA sur le choix du modèle de l'agriculture productiviste date d'après la guerre et perdure, je ne parle pas des subventions avec lesquelles tout ça fonctionne, il n'y en a pas pour l'agriculture biologique, et le gel des terres avec les mises en jachères obligatoires, et de la manipulation des semences et des semenciers, et des fausses croyances que tout le monde reprend : si on faisait pas comme ça il y aurait la faim dans le monde!

Je me rapelle une expérience des années 70 où a une trentaine de personnes c'est ce que nous avions fait, pour ma part dans mon quotidien cela ma demandais une fois par mois d'aller faire une course, ça m'a fait visiter la france du coin, une fois pour aller en camargue chercher du riz complet (150 kg dans une 4L), une fois à Nantes chercher du sucre idem là on y était à plusieurs pour aller visiter une ferme de 4 producteurs groupés de la confédération paysanne et on à ramené 300kg...après je me rapelle plus, on allait acheter le blé chez un paysan et on le portait au moulin qui était en perte de vitesse, et on branchait un boulanger pour nous faire du pain complet, il à fallu en user 3 avant que l'un d'eux se prenne au jeux et travaille son pétrin pour nous faire le pain, c'est devenu le premier boulanger à faire du pain complet et quelque temps après la mode démarait, je crois pas qu'il ai regrété l'aventure...
Je signale que tout ceci est hors la loi car le transport alimentaire est réglementé, certainement encore plus maintenant. A ce propos les normes européennes obligent les producteurs à des frais abhérent...(ça s'écrit surement pas comme ça!) mais en tout cas c'est dingue!
Moi perso j'invite tous le monde à rencontrer des vrais paysans à comprendre quelle est la différence entre les producteurs, au moins chercher à comprendre ce qui se passe, essayez de comprendre sur le terrain, posez des questions, aidez les...
En plus ça fait du bien à la santé! :D

Modifié par Mag, 16 fvrier 2004 - 20:56 .


#3 Turquoise

Turquoise

Posté 17 fvrier 2004 - 10:32

Finalement, le seul saint à qui l'on puisse se vouer, c'est à soi-même !
Quand le bio est arrivé dans les grandes surfaces, j'ai poussé un grand ouf, puis il a fallu déchanter; ensuite quand les labels de commerce équitables sont apparus, je me suis ruée sur ces produits, mais là aussi, il a fallu que je déchante :D Bref, c'est comme pour tout, il faut user de son discernement, s'informer, être vigilant tout le temps :D
Mais vous savez, même le petit commerçant bio du coin qui dit s'approvisionner chez un agriculteur bio qui respecte les normes et tout et tout peut vous mentir. Pour un de ces magasins dans ma commune, je sais de source sûre que le commerçant s'approvisionne dans une grande surface! Et peut-être même que ses légumes ne sont pas bio du tout!

Pour moi qui vis en ville, j'ai trouvé la solution du marché où un agriculteur bio vient 2x par semaine. Il y a également les "paniers bio" qui sont envoyés sur commande par des agriculteurs autour de Bruxelles. On ne sait pas à l'avance ce qu'il y aura dedans, ce sera en fonction de la saison, de la météo...
Et puis il y a la solution des SEL (services d'échanges locaux) qui fonctionnent très bien en France. Il est possible d'échanger des biens et des denrées alimentaires dans le cadre des SEL. Ce n'est pas encore possible dans le Sel de Bruxelles (BRU.S.E.L.) mais c'est un projet que moi et mon mari appuyons vivement.

Turquoise

#4 Nowar

Nowar
  • Localisation:Toulouse

Posté 17 fvrier 2004 - 18:47

Salut à tous

Consommer, d'accord mais choisir ce que je veux.

Je vais résumer ma stratégie:

Dans mon quartier, des "petits vieux" qui attendent pour le WE une hypothétique visite de leurs enfants, cultivent leur jardin "sans saloperies".

A force de se croiser, et juste de se dire bonjour, ils commencé à nous donner les légumes qu'ils fesaient venir. => on a toujours des légumes frais à la maison.

Quant je retrouve mes racines pyrénéennes, je préviens ma famille avant et je passe commande pour mon cochon.

L'air de rien, tous ces bons produits sont sains, sans label peut-etre, parce que je m'en méfie.

Nowar

:D

#5 lool

lool
  • Localisation:Bruxelles

Posté 18 fvrier 2004 - 09:30

D'accord avec l'avis général qui tend vers la méfiance.

Mais bon il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain.
Le bio de grande surface n'est qu'un produit à base de bio-ingrédients nous sommes bien d'accord mais c'est une étape.

J'ai moi-même vendu des produits bio et la méfiance des "convaincus" m'a fait autant de mal que l'ignorance des quidams.

Imaginons que le secteur de la distribution abandonne le bio et l'équitable car les conso se détournent de leurs enseignes, c'est tout le secteur qui fera un bond en arrière.

La grande distribution ne fonctionne pas de la même façon que que le petit producteur s'est évident mais je pense que le fonctionnement idéal ( circuit court etc..) est bien incapable pour l'instant de nourrir l'occidental.

Je pense qu'il faut "faire avec" et orienter petit à petit le marché.

#6 lool

lool
  • Localisation:Bruxelles

Posté 18 fvrier 2004 - 09:40

Je suis sur l'article Les dérives du bio et je déchante fortement par rapport à mon intervention ci-dessus.

Une seule solution, je pars vérifier sur le terrain :D

#7 olgir

olgir

    En cours de mutation

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  • Localisation:lille

Posté 24 fvrier 2004 - 13:59

Mis à part la grande distribution, de nombreuses sociétés distribuent également des produits bio, réseau la vie claire, bio-coop, sociétés de vente en ligne avec livraison à domicile ...

Comment s'y retrouver dans cette jungle ?
Comment savoir qui se cache derrière telle ou telle enseigne ?


Entre la grande distribution ( pas bien) et l'achat en direct chez les producteurs bios (bien) , quelles sont les alternatives plus ou moins écologiques qu'ont les consommateurs ?


C'est bien de dénoncer les méfaits de la grande distribution mais que proposer à la place.
Chacun n'a pas l'opportunité, le temps ... de se rendre chez les producteurs pour acheter son alimentation.

Que faire ?


Toutes les idées et suggestions sont les bienvenues.

#8 Nowar

Nowar
  • Localisation:Toulouse

Posté 24 fvrier 2004 - 16:53

Entre la grande distribution ( pas bien) et l'achat en direct chez les producteurs bios (bien) , quelles sont les alternatives plus ou moins écologiques qu'ont les consommateurs ?


C'est bien de dénoncer les méfaits de la grande distribution mais que proposer à la place.
Chacun n'a pas l'opportunité, le temps ... de se rendre chez les producteurs pour acheter son alimentation.

Que faire ?


Toutes les idées et suggestions sont les bienvenues.



Va sur les marchés bio et discute avec ceux qui sont derrière l'étal, chaleureusement. Parle leur de ce que tu cherche, et tu verras qu'en peu de temps, tu auras des adresses comme si tu avais silloné le pays

Nowar

#9 cyclamen

cyclamen
  • Localisation:île de france sud
  • Intérêts:jardinage lecture couture...

Posté 25 fvrier 2004 - 11:18

: Bonjour!!
comment trouver les marchés bio?
Existe-t-il des AMAP en Sud-Seine-et-marne?
Pour les magasins bio, j'en ai un à côté de chez moi. je pense que sur un marché c'est important d'y aller car ils sont en régression.
C'est facile de faire ses courses en grande surface (plus de temps pour les loisirs ?
A +, cyclamen. :D

#10 Nowar

Nowar
  • Localisation:Toulouse

Posté 25 fvrier 2004 - 11:22

: Bonjour!!
comment trouver les marchés bio?

Salut

Tu peut t'informer auprés de la mairie de ton lieu de vie, au prés du syndicat d'initiative pour savoir ceux qui sont dans les environs.

Peut-être que biocontact propose une liste des marchés bios. Ou plus simplement en demandant au commerçant bio qui est prés de chez toi

Nowar

:D :D :D

#11 EcliptuX

EcliptuX
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  • Intérêts:la Vie et les gens :)

Posté 26 fvrier 2004 - 10:14

Comment s'y retrouver dans cette jungle ?
Comment savoir qui se cache derrière telle ou telle enseigne ?

Connais-tu le site http://www.transnationale.org ?
Tu pourras y apprendre, entre autre, que derrière la marque Bio "Soy" se cache Novartis... Cela ne signifit pas que les produtis Soy ne soient pas biologiques, mais juste que les sous vont en définitive à des multinationales peu éthique :D

#12 olgir

olgir

    En cours de mutation

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Posté 26 fvrier 2004 - 13:13

très sympa le site http://www.transnationale.org .

Merci EcliptuX


Merci pour ta suggestion, Nowar.

#13 _Mathias_

_Mathias_

Posté 27 fvrier 2004 - 14:31

Il exite un bio de multinationale.

Il existe un bio coté en bourse qui rapporte de l'argent à ceux qui méprisent la planète et adorent la finance.

Il est tant de discerner ce bio qui dénature la démarche bio et l'a détruit peu à peu.

Voici un forum où chacun peu lister les produits des multinationales du bio pour en faire profiter chacun :

http://www.lesensden...&st=0

Si vous avez des infos sur des produits je vous invite à les inscrire sur ce forum.

Pour discerner le bon du mauvais bio Olgir je te conseille de choisir des produits bio avec label "Nature & Progrès" ou "Demeter" là tu est tranquille.

Voici un extrait du forum cité ci-dessus qui rassemble des infos de transnationales.org et d'ailleur :

- Wessanen (3 milliards € de chiffre d'affaire annuel) (détient distriborg) :

Bonneterre
Evernat
Bjorg
Bio vivre
La vie claire
Dame nature
Le goût de l'essentiel
Gayelord Hauser
Tartex
Le sillon

(et beaucoup d'autres (bio ou pas) : Vivis, Krisprolls, Soya Kaas, Equilibrance, Evanea, Vendomine, Ephytem, Athlon, Pleniday, Wakanam, Tuocha, Tuo Tea, Thémis,Daily's, Tree of life, Harmony farms, Royal mail...)

- Novartis (23 millards € de C.A.) :

Soy
Céréal
Gerblé


Il est temps de laisser s'empoussièrer ces produits là sur les étagères des commerçants... que les multinationales aillent voir ailleur.

Modifié par Mathias, 27 fvrier 2004 - 14:35 .


#14 _Shivaya_

_Shivaya_

Posté 27 fvrier 2004 - 19:24

Il existe déjà des topics sur le bio de grandes surfaces et les dérives du bio : http://www.onpeutlef...pic.php?p=36396 ou http://www.onpeutlef...pic.php?p=37018 :D

Le pouvoir du consommateur ne se limite pas au bio : c'est une attitude générale qui passe aussi par la lecture des étiquettes des produits ( http://www.onpeutlef...pic.php?p=36976 ) ou par le choix de matériaux sains ou ayant un bilan écologique positif. Consommer permet aussi de s'exprimer : soit en suivant béatement la pub et le concept "centre commercial plus facile", soit en reflechissant un peu à comment sont fabriqués les produits et que deviennent ils en fin de vie, même si cela demande un peu plus de réflexion :D

Shivaya

#15 Fabienne

Fabienne
  • Localisation:Rennes
  • Intérêts:La planète Terre et tout ce qui la peuple.<br>Les progrés qu'on peut faire en tant qu'être humain pour profiter de cette planète sans la bouziller.

Posté 01 mars 2004 - 19:55

Salut,

Pour ma part, grandes surfaces et bio, ça ne peut pas aller ensemble.
En effet, les grandes surfaces sont à l'origine de la vertigineuse baisse des prix de l'alimentation. C'est bien pour le consommateur, mais moins pour les producteurs et fabricants. Quand ils reçoivent un paiement même pas égal au prix de revient pour eux, c'est inacceptable.

Donc moi j'ai pris l'habitude d'aller faire mon marché une fois par semaine, bio bien sûr, on rigole bien, on papote. Je prépare ma bouffe de A à Z, et je ne consomme que des produits de saison. Il m'a fallu du temps pour réapprendre à fonctionner, mais ça marche. Et c'est super agréable. Tous mes produits frais viennent du coin. Peu de transport, des contacts directs, et un lien fort avec la nature environnante, du coup.

La bio, c'est la production, la qualité, mais aussi le local. Acheter un max de produits locaux, fabriqués par des gens qu'on peut toucher, et qui ne vivent pas de subventions, et à qui on peut causer de leurs produits.

Pour moi, un bio pas sympa, c'est qu'il est pas vraiment bio.

Voila
A bientôt
Fabienne :sourire:

#16 EcliptuX

EcliptuX
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Posté 21 juillet 2004 - 07:53

Les «alterconsommateurs» contre-attaquent
Les Français se rebellent contre la consommation de masse

Le Monde, édition du mardi 20 juillet 2004

Pour la première fois depuis dix ans, les ventes de produits de grande consommation sont en baisse alors qu'ils progressaient de 3 % à 4 % par an ces dernières années. Parmi les raisons évoquées figure le rejet de la consommation de masse par une certaine catégorie de population.

Ce n'est pas encore la panique, mais les fabricants de produits alimentaires et les distributeurs sont en pleine expectative. Pour la première fois depuis dix ans, les ventes de produits de grande consommation sont en baisse. Selon l'institut IRI-France, depuis le début de l'année, leur chiffre d'affaires a chuté de 0,8 % à 1 % en volume. "Il y a clairement une rupture", note Jean-Pierre Gaucher, directeur général adjoint d'IRI-France, qui remarque que, ces dernières années, le marché progressait régulièrement de 3 % à 4 % par an.

Dans un premier temps, la forte hausse des prix des marques nationales a été pointée du doigt pour expliquer l'atonie de la consommation. Mais l'explication semble insuffisante, vu l'ampleur du phénomène. De grandes marques de camembert dit "industriel" accusent un plongeon de 40 % ces trois dernières années. Les plats cuisinés sont en recul de 6 % depuis 2000. Certains dentifrices connaissent une descente aux enfers. L'inquiétude grandit d'autant plus que les causes de cette désaffection restent mal identifiées par les grands groupes, qui rechignent à se remettre en cause.

"Le consommateur exprime sa déception face à des marques qui ont échoué à tenir leur promesse de démocratisation de la consommation, analyse Danielle Rapoport, psychosociologue. Celles-ci se sont lancées dans une course à l'innovation, qui n'a pas été perçue par les consommateurs comme un bénéfice réel. L'effet produit a été inverse à celui recherché, en rendant la marque moins désirable."

Cette rébellion du consommateur semble de plus en plus perceptible. "Dans les réunions que nous organisons, on voit surgir des thèmes nouveaux qui prennent un vrai essor depuis 2002 : par exemple, rejets de packagings inutiles, interrogations sur le bien-fondé de la nouveauté pour la nouveauté, sur les valeurs éthiques des entreprises. On sent émerger une forme de politisation de la consommation", constate Eric Foulquier, PDG du cabinet Théma, qui qualifie ces nouveaux comportements d'"alterconsommation".

Cette façon de consommer différemment a été identifiée grâce à une étude menée par Universal Comcord, filiale du groupe de publicité McCann. En croisant un certain nombre de critères de comportement auprès de 10 000 personnes représentatives de la population française, l'enquête conclut que de 15 % à 25 % d'entre eux seraient des "alterconsommateurs". Une proportion qui est loin d'être négligeable, d'autant que ces "alter" appartiennent à des catégories socioprofessionnelles supérieures, à fort pouvoir d'achat. "Contrairement à une idée reçue, les "alter" ne sont pas du genre à cesser de consommer, ils sont au contraire surconsommateurs de plus de 250 produits répertoriés dans l'étude", souligne M. Fouquier. "La tendance à laquelle on assiste actuellement ne doit pas être interprétée comme un refus de consommer", explique Mme Rapoport. Et de préciser : "Ne pas consommer, c'est se marginaliser et à terme risquer d'être exclu."

Le credo de ces consommateurs d'un autre type se situe plutôt dans la différenciation. Ils cherchent ainsi à s'affranchir de la consommation de masse en se recréant des univers qui leur donnent l'impression d'échapper à un certain formatage. "Face à une surabondance et à une sophistication poussée à l'extrême de l'offre, certains consommateurs souhaitent reprendre le contrôle de leurs désirs en arbitrant de façon différente leurs achats, d'où une complexification de l'acte de consommation", affirme Mme Rapoport.

Ces "alterconsommateurs" ne sont pas pour autant "altermondialistes": ils ne veulent pas mettre à bas le système, mais simplement l'aménager afin de le rendre plus durable et plus acceptable à leurs yeux. Leur aspiration consiste à ne plus être considérés comme de simples consommateurs mais comme des sujets à part entière.

Dès lors, ils arbitrent leurs achats en fonction d'une certaine éthique et du respect de l'environnement. Ils se caractérisent également par une prise de distance par rapport aux marques et à la publicité. En cela, les "alterconsommateurs" s'opposent aux "hyperconsommateurs", qui, eux, sont en permanence soumis à des impulsions d'achat et à la recherche systématique de la nouveauté. Les marques leur sont indispensables, car elles leur permettent d'afficher un statut, voire une identité. "Le problème actuel, c'est que tout se passe en publicité comme si l'hyperconsommateur était le consommateur idéal, alors qu'il ne représente qu'au maximum 11 % de la population", constate M. Fouquier.

Le défi pour les marques et les distributeurs consiste à adopter un discours qui prenne mieux en compte les demandes de ces "alters". "La pensée unique de la mondialisation est angoissante pour les consommateurs, qui cherchent de plus en plus à se rassurer en se tournant vers leurs racines", affirme Olivier Geradon de Vera, économiste de la consommation, vice-président d'IRI-France. Cela se traduit par la recherche de produits misant par exemple sur la saveur, le plaisir, le terroir, des critères aux antipodes de la globalisation des goûts. Le consommateur a besoin d'attacher au produit une valeur immatérielle supérieure à sa valeur intrinsèque. Si la marque ou l'hypermarché sont incapables de la lui offrir, la sanction est immédiate ; quitte à acheter quelque chose qui ne répond pas exactement à ses désirs, autant le payer le moins cher, d'où le recours grandissant au maxidiscompte.

L'adaptation des enseignes de la distribution et des marques à ces changements de comportement des consommateurs n'est pas pour autant acquise. "Cette évolution remet en cause les fondements mêmes des systèmes actuels de gestion, qui, à force de centralisation, n'ont plus la flexibilité nécessaire pour s'adapter à la nouvelle donne, estime M. Geradon de Vera. On atteint les limites de la globalisation. D'ailleurs, on voit que le mythe de la marque mondiale est en train de s'effriter. Si le système se grippe actuellement, c'est parce que la créativité en produits réellement nouveaux n'a jamais été aussi faible." La recette pour faire revenir les "alters" dans le giron de la consommation reste à inventer.

Stéphane Lauer

================

Deux groupes clairement identifiés

L'enquête réalisée par le cabinet d'études quantitatives Théma à partir d'un questionnaire portant sur 10 000 personnes représentatives de la population française identifie deux grands groupes de consommateurs : les "hyper" (11 % de la population) et les "alter" (25 %).

Les "hyper". Ce sont de gros consommateurs de produits technologiques, de jeux d'argent ou de hasard. Ils aiment le sport spectacle à la télévision ou dans les journaux, fréquentent les parcs à thème, achètent dans les temples de la consommation que sont les hypermarchés. Ils adorent la publicité. Dans les magazines, ils recherchent tout ce qui touche à l'amélioration des apparences comme les rubriques maquillage, beauté, mode. Les "hyper" sont surconsommateurs de soda, de "fast food", de chewing-gums, de fromages comme le Babybel, le Kiri ou le Caprice des dieux, de glaces en cornet.

Les "alter"
. La publicité les énerve. Ils sont prêts à payer plus pour des produits qui respectent l'environnement, utilisent des produits recyclés. Niant qu'une voiture puisse les qualifier, ils ne voient en elle qu'un outil pour les emmener d'un point à un autre. Ils lisent plus souvent que la moyenne Libération, Le Monde ou Le Point. Ils sont consommateurs de musées. Ils regardent France Télévisions plutôt que TF1. Les "alter" préfèrent le fromage à la coupe, privilégient globalement les goûts forts et authentiques, les chocolats noirs et forts, les glaces en pot type "Carte d'Or", se méfient des sodas.

Source : http://www.lemonde.f...6-372546,0.html

#17 Johan de Dina

Johan de Dina
  • Localisation:Comtat de Nissa
  • Intérêts:Oeuvre du phylosophe Inuit : Apert SooN

Posté 21 juillet 2004 - 10:17

Cela ne s'apparenterait il pas au début de la crise.
( Voir Pic hubert).
Celà se précise. Question: Combien de temps nous reste- t'il ?
Parceque même pour ceux qui ont commencé leur période de frugalité et d'éconnomie d'énergie où se sont lancés dans un début d'autarcie agricole .
Cela va pas être évident......
Il y a un certain nombre de facilités où de sécurités dont il va faloir se passer.
En faisant le tour d'un certain nombre de "communautés" des plus anciennes (1974)aux plus récentes (1998).
J'ai souvent posé la question " Vous avez planté des chataîgners, des noyers, des amandiers, voire des oliviers ?"
Parceque pour les plus anciens (74-75) s'il l'avaient fait en arrivant, il en profiteraient aujourd'hui.
Dans les basses terres en provence, lorsque l'on construisait une maison ou une grange;on plantait 2 à 3 cyprés, afin de changer les poutres faîtiéres dans 50 à 80 ans.
Par contre, on sent déja le début de la crise: L'année dernière un français sur cinq était partis en vaccance; cette année moins d'un sur cinq.
Le chiffre d'affaire des commerçants sédentaires ou non sédentaire de mes cantons de montagne est déja en recul de 30% par rapport à l'année derniére. Autre chose, je suis sur le couloir aérien ( Europe du Nord-Nice Cote d'azur). Il y a trois ans, on comptait un avion toutes les 3 minutes entre 09h et 15h, aujourd'hui on en copte un toutes les 20 minutes.
A part ça , les chiffres de la croissances sont optimistes. Ils doivent avoir le même logiciel comptable que Emron et Universal .

#18 _Shivaya_

_Shivaya_

Posté 21 juillet 2004 - 13:57

Je voulais réagir à une phrase bien particulière dans cet article :

La tendance à laquelle on assiste actuellement ne doit pas être interprétée comme un refus de consommer", explique Mme Rapoport. Et de préciser : "Ne pas consommer, c'est se marginaliser et à terme risquer d'être exclu."

:cogite:
En fait je viens de lire un article dans La Décroissance de ce mois ci (promis après j'arrete de vous embeter avec ce journal :tss:), sur "La Pensée unique", avec lequel j'étais plutôt d'accord même si je trouvais qu'ils exageraient un peu...
En lisant Mme Rapoport je me dis qu'en fait ils ont tous juste donc je vais vous copier cet article dans un autre topic pour ne pas pertuber celui ci : http://www.onpeutlef...pic.php?p=38360

En matière de communication, les instituts de sondage et les publicitaires sont complètement à la solde de la grande distribution qui sont leurs principaux clients. Ce sont d'ailleurs eux qui sont les "références" de l'article du Monde, et qui essayent de nous faire croire que le ralentissement de la consommation en grande surface est un problème passager, qui vient d'un effet de mode de l'altermondialisation, grand responsable de tout, mais surtout pas des grandes surfaces elles mêmes. De toutes façons ceux qui resisteraient encore aux grandes surfaces après l'opération de "reconstruction d'image" qu'ils vont nous faire bientot ne peuvent être que "des marginaux"...

Shivaya

#19 jai

jai

Posté 21 juillet 2004 - 17:56

Les "alter" préfèrent le fromage à la coupe, privilégient globalement les goûts forts et authentiques, les chocolats noirs et forts, les glaces en pot type "Carte d'Or", se méfient des sodas.



:cogite:

Donc, si vous en avez marre d'être pris pour un con-sommateur, vous inquiètez pas, vous ne serez pas marginalisé ! On vous a compris ! On va vous sortir une nouvelle gamme de fromages à la coupe au chocolat noir en pot type cartedor, vous m'en direz des nouvelles !

A-be-rrant.

Modifié par jai, 21 juillet 2004 - 17:57 .


#20 olgir

olgir

    En cours de mutation

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  • Localisation:lille

Posté 21 juillet 2004 - 20:14

J'ai noté une note d'espoir dans cet article

Les "alter". La publicité les énerve.


Est-ce la fin du matraquage publicitaire ? :cogite: