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L'alternative «Cabanons»


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38 réponses à ce sujet

#21 fougère

fougère

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Posté 20 juin 2007 - 19:00

Tu pourras peut être contacter là des gens qui ont ce type d'expérience en France :
les cabanes

#22 flanar l'ancien

flanar l'ancien

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Posté 20 juin 2007 - 19:29

On trouve les plans et matériaux nécessaires dans les liens autoconstruction situés sur la page d'accueil d'OPLF.
Bonne chance, See.

(c'est a priori tout à fait réalisable en France.)

#23 flanar l'ancien

flanar l'ancien

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Posté 20 juin 2007 - 20:29

tiens, je suis allé le chercher:
http://ecolib.free.f...a/biocons1.html

#24 See

See
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Posté 21 juin 2007 - 13:40

:calin: Merci à Fougère et Flanar pour les liens!!!!

J'ai lu Fougère que tu habitais dans les bois!!!! Sur quel type de terrain? Et pour l'electricité t'as fait comment? Car t'as l' ADSL donc t'es connecté EDF...........!!!!

Flanar tu écris que tu vas squater un terrain. OK!!!!Mais ça se passe comment avec la muniipalité?

J'ai l'impression que le mieux est de s'installer sur un terrain prêté ou loué............à défaut d'acheter à des prix prohibitifs!!!!Ou alors partager l'aventure d'une solitaire déjà active dans ce processus!!!!

Je pourrais tenter l'aventure en louant le 2 pièces où je crêche sur Paris (de 4 à 600 Euros voire + en saisonnier)...........mais comme je suis en indivision et que je peux pas légalement louer sans l'avis des autres.........donc je dois attendre d'en être pleinement proprio ce qui est pas joué d'avance. Je dis ça car j'ai pas de revenus (excepté le RMI pour le moment) et qu'une location même saisonnière et passagère peut alors me permettre de vivre à l'année dans un lieu où je n'ai pas de charges fixes élevées, ni loyer etc.....!!!!

J'avais pensé à l'avenir jouer sur les revenus possibles de ce lieu et aller vivre en Inde par ex 6 à 9 mois voire tt le temps, en délocalisant l'argent qui fait passer le rapport de 1 à 7.
Soit 400 Euros = environ 2800 Euros ici!!!!

Pour le moment je suis bolqué ici mais comme j'habite un RC très silencieux dans une cour avec des arbres à 200 m des Buttes Chaumont je suis assez "priviligié" dans cette contrainte où ne payant rien j'ai pas intérêt à partir!!!!

:humhum: .........................See.............................. :humhum:

#25 fougère

fougère

    Bricoleur autonome

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Posté 21 juin 2007 - 14:31

tututut ! Nuance See ... :humhum: Je l'ai été pendant environs quatre ans, un peu plus. Maintenant je suis entrain de monter un tout autre projet, sur un terrain plus grand, et de monter ma maison en paille. Je ne suis partie de la cabane pour certaines raisons, on dira très personnelles, et qui n'ont aucun rapport avec la cabane elle -même. Sinon j'y serai encore...J'ai changé de région, et j'ai désormais edf, pour mon plus grand malheur, tant que ma maison n'est pas terminée, d'où la connection net...que je n'avais pas à la cabane.

C'était juste un morceau de foret (environs un hectare et demi), dont les bois avaient été touchés par la tempête de 99, terrain non constructible je précise. Un cabanon de loisir était déja posé dessus, je me suis contentée d'améliorer le bazar. La chance, c'est que ce machin installé dans les années 50 est bati sur un vide sanitaire, en dur, qui m'a servi de cave très efficacement pour conserver les légumes, la nourriture, l'eau au frais...etc.
Je n'avais pas l'electricité, j'ai beaucoup vécu à la bougie, chauffé au bois, mangé au bois et au gaz. Et très sincèrement, cela ne m'a pas manqué une seule seconde !!! L'eau venait d'une récup d'eau pluviale.
C'est un terrain que j'ai acheté et que j'ai toujours d'ailleurs (au passage s'il y a des gens interessés, je prête contre bon soin la cabane). il n'était pas trop cher parce que abimé par la tempête. (pas envie d'expliquer d'où me venait la capacité d'acheter, c'est une autre histoire.)
je me suis contentée de refaire un bout de potager et de nettoyer l'espace d'herbe pour y voir clair. le travail n'est pas achevé, avec deux bras et une scie, je n'ai pu nettoyer que la moitié du terrain en 4 ans...mais je suis heureuse : les arbres repoussent !
je vivais avec juste un lit, une table dehors sur la terrasse en bois pour l'été, une table basse et des coussins dedans pour l'hiver, mes bouquins (eh oui, ça j'ai jamais pu "décroître" !!! :calin: ), une radio à pile, vaisselle minimale...euh, voilà. Tout le reste de mes affaires, je les ai donnée à des amis.
pas de frigo bien entendu (tu verras ça au fil sur le sujet).
La douche dehors entre deux grand pins, avec des canisses tendues, et un petit système de camping en plastique noir tout à fait efficace pour chauffer l'eau en été. Pour le reste de l'année, ben le vieux broc de grand mère, ça marche très bien.
bon, c'était spartiate, adapté à une personne seule, j'ai adoré mon ermitage, et je suis entrain de refaire ça avec quelques amélioration, ailleurs...

voilà. je n'ai pas oublié grand chose je crois. sauf que je ne peux pas vraiment décrire le bonheur total d'y vivre toute l'année. Et que je n'aime pas parler de moi...

si ça encore à préciser : je n'ai pas fait ça pour une idéologie de décroissance, ou rien de théorique, je l'ai fais parce que j'ai vécu une longue part de mon enfance dans un chalet d'alpage dans le haut tyrol autrichien, à l'eau de source et turbine pour l'electricité, et que je pense que cela s'est gravé en moi. L'ermitage m'est tout à fait naturel. c'est le reste qui ne l'est pas pour moi au quotidien.

Modifié par fougère, 21 juin 2007 - 14:38 .


#26 flanar l'ancien

flanar l'ancien

    promeneur égaré

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Posté 23 juin 2007 - 01:15

See, tu devrais d'abord, une fois convaincu que tu as vraiment envie de partir, contacter les autres membres de l'indivision pour savoir si vous pouvez vous arranger (par ex: loyer distribué entre les membres). Après, voyager peut être un très bon trip, enrichissant mais pas simple et souvent coûteux. Par contre, en France on arrive, en se démerdant, à vivre avec le rmi.
L'essentiel me semble être que tu saches ce que tu veux.

#27 Isis OUI

Isis OUI
  • Localisation:au fil de l'eau

Posté 23 juin 2007 - 06:31

cabanon1.jpg



"J'ai un château sur la Côte d'Azur,  qui a 3,66 mètres par 3,66 mètres. C'est pour ma femme, c'est extravagant de confort, de gentillesse"


1474710642.jpg

On peut faire de grandes oeuvres dans un espace minimum :-D

Le cabanon de Corbu



#28 Goupil90

Goupil90
  • Localisation:Territoire de Belfort

Posté 02 septembre 2007 - 12:15

Un article paru aujourd'hui dans le journal "L'alsace-Le Pays" montrant le phénomène des cabanes dans les Cevennes.
http://www.alsapress...article_28.html

A lire très vite avant qu'il ne finisse dans les archives payantes !

#29 Madame Irza

Madame Irza

    mirza 2.0

  • Bannis
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  • Localisation:Provence

Posté 02 septembre 2007 - 14:53

Oui je sais c'est très mal, mais je me dis qu'on peut aussi bien le coller ici, l'article, pour pas qu'il disparaisse :
 

Cévennes Des cabanes écolos

L'auto-construction et l'éco-habitat progressent dans les Cévennes méridionales, comme en témoignent les « cabanes » en paille, en bois ou en dur qui se développent dans cette région, malgré la rareté et le prix élevé des terrains disponibles.
On estime entre 50 et 100 le nombre de « cabanes » dans la seule Vallée-Française, longue d'une trentaine de kilomètres, dans le sud de la Lozère, au nord de Saint-Jean-du-Gard.
Il y a quatre ans, Céline et François, 30 et 28 ans, ont commencé par un « tipi » qu'ils ont rehaussé d'une structure en bois. Pour parvenir à leur « deux-pièces », on emprunte un pont en bois de leur fabrication qui enjambe un ruisseau. Le toit est de bardeaux, le sol de roseaux et de tiges de bruyère recouverts d'argile, et des arbres traversent l'édifice.
« Les gens qui veulent s'installer, cherchent un terrain à acheter, souvent pendant quatre ou cinq ans, sans en trouver. Le terrain nous a été prêté », explique François, diplômé d'une école d'architecte-paysagiste à Paris. Soucieux de « valoriser les ressources du milieu », il a utilisé argile rouge, cire d'abeille, huile de lin, résine de pin, bois de châtaignier, laine de mouton pour l'isolation et des objets de récupération, verre, filets et bâches.
« Avec tout ça, on peut faire quelque chose de durable et de bien isolé », affirme François qui a dépensé 500 euros de matériaux pour sa « cabane ». « Si on la quitte, en un ou deux jours, on peut enlever ce qui n'est pas dégradable, du plastique essentiellement, le reste reviendra à la nature », souligne ce passionné.
« Notre but est de quitter la ville, changer de mode de vie, être autonome en énergie grâce aux panneaux solaires ou aux sources d'eau, cultiver un potager, produire un minimum de déchets, consommer local, limiter les transports et s'entraider entre voisins », résume Céline.

Blocage foncier

Sandrine Cendrier, conseillère en gestion environnementale, tente d'associer deux communautés de communes lozériennes -celles de Tarnon Mimente, près de Florac, et de La Cévenne des Hauts Gardons, près de Saint-Etienne-Vallée-Française- à un projet de sept ou huit habitats collectifs, auto-construits, avec l'association « Hameaux durables en Cévennes ».
Louisa et Cyrille, 50 et 54 ans, munis d'un permis de construire obtenu après trois ans de bataille, reconstruisent une vieille maison en pierre, après huit ans passés dans une maison en paille. Dans leur jardin, ils produisent des variétés anciennes de légumes et des semences. « Beaucoup de jeunes ici ont un projet sérieux », insiste Louisa, déplorant l'inquiétude d'élus et d'habitants sur la « cabanisation » du secteur.
« Les habitats "spontanés" - yourtes, tentes, cabanes, caravanes ou camionnettes - ont commencé il y a 30 ans et sont une réponse aux difficultés de logement et au blocage du foncier, il est difficile d'évaluer le phénomène aujourd'hui », souligne Jean-Claude Pigache, membre de la « commission habitat » de La Cévenne des Hauts Gardons.
Selon lui, « c'est la précarité des occupants qui inquiète les élus ». Mais Luis, la trentaine, qui vit dans une maison de bois et de bâches, avec panneau solaire et batteries pour emmagasiner l'énergie, n'est pas inquiet : « il y a moyen de vivre avec tout ce qui est jeté, soit 12 % de la production nationale et avec mes 70 ruches, je me passerai de mon RMI dans un an ».


;)



#30 _Lohey_

_Lohey_

Posté 02 septembre 2007 - 15:24

Oui je sais c'est très mal, mais je me dis qu'on peut aussi bien le coller ici, l'article, pour pas qu'il disparaisse :

En fait, si ma mémoire est bonne, le "copier coller"est ni plus ni moins ce qu'a fait le Journal d'Alsace sans pour autant respecter les sources. J'ai lu le même article dans "Le Monde" et c'est un article de l'AFP. Encore une fois, si j'ai bonne mémoire.

Donc, entre un journal qui ferait payer pour un article dont il ne serait pas auteur et ne cite pas les sources, et toi qui mets un article "publique" (l'AFP l'est officieusement) à une disposition publique, jeu me demande ce qui est le plus "mal", à supposer que le mal et le bien existe. :D

Modifié par Lohey, 02 septembre 2007 - 15:25 .


#31 Goupil90

Goupil90
  • Localisation:Territoire de Belfort

Posté 02 septembre 2007 - 15:42

En fait, si ma mémoire est bonne, le "copier coller"est ni plus ni moins ce qu'a fait le Journal d'Alsace sans pour autant respecter les sources. J'ai lu le même article dans "Le Monde" et c'est un article de l'AFP. Encore une fois, si j'ai bonne mémoire.


C'est vrai que j'ai cherché, avant de mettre le lien, les références de l'article sur le journal papier que j'ai eu en mains, et je n'ai rien trouvé !

Quant à avoir fait quelque chose de "très mal" en copiant collant, je dirais au pire quelque chose d'illégale ou contre les règles. Mais tout cela ne sont que des conventions humaines ou plutôt des règles établies par un petit nombre pour diriger la vie du reste du monde !

#32 _Lohey_

_Lohey_

Posté 02 septembre 2007 - 16:59

A y'est, j'ai retrouvé l'article ici : http://fr.news.yahoo...-f56f567_1.html

Source : Anne-Marie CHAPELAN, AFP - Vendredi 31 août, 10h10

C'était pas Le Monde mais la source était bien l'AFP. :D

#33 Madame Irza

Madame Irza

    mirza 2.0

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Posté 02 septembre 2007 - 17:24

Vous n'allez pas me brûler les yeux à coups d'eau oxygénée alors ? Ouf, je l'ai échappé belle... :D (ah ben non je suis bête, moi je suis une "cause juste" là, je ne risque rien !!)

Quant à avoir fait quelque chose de "très mal" en copiant collant, je dirais au pire quelque chose d'illégale ou contre les règles. Mais tout cela ne sont que des conventions humaines ou plutôt des règles établies par un petit nombre pour diriger la vie du reste du monde !

Ben oui, l'info c'est fait pour informer. A quoi bon le faire si c'est pour le retirer ensuite (ou le rendre payant, en l'occurrence) ? C'est un truc que je ne saisis pas bien. Mais bon, il m'arrive de faire des trucs pas aussi malins que ce que j'avais comme intention de départ, alors je me méfie, des fois :glissant:

#34 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 11 novembre 2009 - 17:31

La cabane cévenole construite en matériaux naturels et de récup pour 500 € :

1451153766.jpg



#35 cabanenforet2

cabanenforet2

    Bientot ailleurs

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Posté 11 novembre 2009 - 18:24

Bonjour Tis,

Waoow !
Je trouve cela extraordinaire !
Si une commune fait ça à grande échelle, elle va comprendre que c'est Disneyland en nature.
Je crois que je vais faire ça comme projet.
Bravo en tout cas à ceux qui l'ont fait. Et merci Tis. :D
Fabien

Modifié par cabanenforet2, 11 novembre 2009 - 19:55 .


#36 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

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Posté 11 novembre 2009 - 20:32

Bonjour Tis,
Tu nous avais caché que tu avais pris une photo de ta cabane cévenole.

Non je rigole, les derniers posts suggèrent l'importance des sources; en l'occurence un document comme les aime Jean Soum, non?
http://www.archilibr...s/cabanons.html

… ou alors dans la mouvance de:
http://www.les-caban...-robinsons.html

#37 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 12 novembre 2009 - 09:35

Aucun problème pour citer mes sources, tu le sais Floyd; la difficulté en l'occurrence c'est que cette photo accompagne l'article de l'AFP sur plusieurs sites sans que son auteur soit nommé. Peut-être s'agit-il d'Anne-Marie Chapelan à qui est attribué l'article ici ?

Je n'ai pas encore construit ma cabane mais aime beaucoup l'idée d'utiliser des bois tordus et des matériaux naturels. Ma préférée sur le site de Jean Soum est donc plutôt celle de Roland et Gigi dans les Pyrénées.

#38 Livy-Dagore

Livy-Dagore
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Posté 24 mai 2014 - 10:53

Moi aussi j'aurais envie d'aller vivre dans un cabanon.



#39 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 14 novembre 2021 - 11:15

Ras-le bol des sites qui disparaissent !
Celui de Jean Soum, Archilibre, a été repris par des opportunistes qui n'ont strictement aucun rapport avec la mine de poésie que nous connaissions.
Heureusement il en reste un peu ici : https://web.archive.....org/index.html
Mais les photos que je préférais ne sont plus là.
 
En voici une illustration retrouvée dans un vieil article (que voici aussi de peur qu'il ne s'évanouisse à son tour) :
 

Ariège. Un « néopatrimoine » à vivre
Publié le 06/09/2007

 

image.jpg
Ariège. Un « néopatrimoine » à vivre DDM

 

Les « Néoruraux », les « Hippies », les « marginaux », les « Pelute », disait-on en patois, sont arrivés en Ariège dans les années soixante-dix. Impossible d'avancer un chiffre, une chose est sûre : ils étaient jeunes et nombreux. Ils ont envahi les montagnes dépeuplées. Ils ont trouvé et retapé des villages abandonnés auxquels ils ont redonné vie. Quelques-uns sont repartis, beaucoup sont restés. Jacques qui, entre-temps est devenu le maire néoariégeois d'une commune du Séronais, raconte : « Nous vivions à six en communauté. Nous cherchions un village avec plusieurs maisons. Après avoir cherché dans la Drôme et en Ardèche, nous sommes arrivés ici en 1977. À ce moment-là, les orties et les ronces envahissaient jusqu'à l'entrée de l'église. Nous avons acheté tout de suite trois lots à la SAFER. En 1985, la communauté, c'était fini… ».

Les rénovations de ruines et de granges délabrées se sont faites la plupart du temps sans permis de construire. L'époque était peu tatillonne, éprise de libertés avant tout, et qui se souciait de ces baraques en ruine ? Il fallait être fou pour s'y intéresser. Les marginaux en ont gardé un goût pour la discrétion qui perdure aujourd'hui.

Ces « auto constructions » avant l'heure ont innové en partant de l'habitat traditionnel. « Autrefois, les paysans passaient l'hiver au coin du feu et l'été, ils vivaient dehors. » dit Jacques. « Alors, on a modernisé en gardant le style ariégeois, en mariant la pierre, le bois et le verre ». Les maisons se sont ouvertes sur la nature, en communion avec elle, à travers de larges baies vitrées, des fenêtres agrandies, ovales, rondes.

Parmi ces « architectures libres, spontanées, sauvages, marginales, autodidactes, novatrices » (1) se trouvent quelques chefs-d'œuvre. Ces lieux sont toujours discrets, ainsi deux ou trois jardins d'Éden, suspendus au-dessus des torrents de la Barguillère ou encore des « maisons de Blanche neige » (parole de postière), disséminées un peu partout dans les montagnes ariégeoises, si artistiques qu'elles rendent la nature encore plus somptueuse.

Dans le Seronais, la maison de Lili et Laurent est de celles-là. Des photos du lieu ont déjà été publiées dans des revues et des éditions internationales dont « Homework » aux États-Unis, une revue pionnière en matière d'architectures alternatives, initiée par les célèbres charpentiers californiens des années soixante-dix et dévouée à la promotion des architectures les plus novatrices, depuis les maisons flottantes d'Amsterdam jusqu'aux dômes américains, etc.

Les Américains présentent le home très ariégeois de Lili et Laurent comme « Une maison ronde au cœur de la forêt, sur une base de marbre rose, surmonté de bois tordus Tel était (le) contrat avec les Esprits qui protègent l'harmonie de ce lieu » Laurent parle de son travail comme « d'un délire expérimental ». Les voisins préfèrent dire que c'est une maison de poète.

Roland, s'il a effectivement le doux regard du poète, a aussi l'énergie tenace d'un travailleur. Il cultive son jardin secret car il se méfie des étiquettes négatives, anti-progrès accolées au dos des « Babas » depuis trente ans : « C'est tout juste si j'ai un niveau. Je fais tout à l'œil ; je suis intuitif. J'évite tout angle aigu, toute résonance pointue. Je cherche à ce que tout soit le plus rond possible. J'utilise du bois brut, des bois tordus, impropres au travail industriel, un bois qui n'intéresse personne et qui demande dix fois plus de travail que le bois normal. Je ferme des fenêtres comme ça, je fabrique des meubles entiers dans un seul arbre comme ces étagères ou ce siège pris entre un hêtre et un chêne, ou encore l'escalier, ici, soutenu par un seul tronc. Je dessine des fenêtres triangulaires, ovales. J'utilise des tuiles de bois, c'est un truc de montagnard, ça vient du Jura. La baignoire est entièrement construite à partir de tranches de marbre d'Ariège, du marbre rose, violet, orange, noir. Tous les matériaux sont d'origine locale »

Il se dit encore passionné par l'idée d'intégrer l'énergie solaire à l'architecture ariégeoise et rêve en s'amusant de construire un jour une maison sous terre, naturellement bioclimatique !

Les auto constructions ariégeoises, toujours écologiquement correctes, prennent de multiples formes au gré de l'imagination de leurs habitants ou de leurs moyens : yourtes en bois, tipis, maisons en paille et terre, toits végétaux, cabanes en bois (une centaine environ). Dans les magazines branchés parisiens, la dernière mode propose des week-ends hors de prix aux citadins stressés pour changer d'air et vivre perchés sur une cabane dans les arbres. L'Ariège, sans le savoir, semble très en avance sur cette dernière tendance, celle qui tend à réconcilier l'homme contemporain avec la nature.

L'arrivée des néoruraux dans les années soixante-dix, a enrichi l'Ariège d'une nouvelle identité. Ce que confirme Jean Soum, professeur d'architecture bioclimatique à L'École d'architecture de Toulouse, Ariégeois, spécialiste des architectures alternatives et traditionnelles, auteur d'un livre à venir sur la question, quelques milliers de photos à son compteur et un relevé systématique de la région : « Cette architecture alternative est un patrimoine contemporain qui deviendra historique dans quelque temps. Ces maisons originales et libres, construites dans différentes vallées ariégeoises, autour de Massat ou ailleurs ont donné une véritable impulsion au niveau national. L'Ariège est devenue une source de diffusion de modèles architecturaux et écologiques ».

À l'heure où la charte du futur Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises se rédige et où on redéfinit -tant bien que mal- un « style ariégeois », pourquoi ne pas prendre en compte une page mal connue de l'histoire ariégeoise et lui reconnaître le mérite d'être en avance sur son temps ? Car éco-construction rime avec agriculture biologique, énergies propres, phytothérapies, etc. Tout un patrimoine « vert » dont le département commence déjà à faire son image de marque. Jacques conclut, en responsable communal plein de vaillance et d'énergie : Ca fait trente ans qu'on retape nos maisons et on n'a pas fini. » ! Et en plus, l'Ariège, ça conserve !

(1) Jean Soum : archilibre.org.

Martine Ravache

https://www.ladepech...ne-a-vivre.html


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