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Compagnonnage


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7 réponses à ce sujet

#1 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 29 aot 2004 - 18:38

Pour répondre à la question posée par Johan

Pas d’argent pas de stage, pas de statut précaire pas de financement de prise en charge, pas de stages ?
Personne dans ces structures ne propose de contrat d’apprentissage ou de compagnonnage ?


voici une piste dont j'ai eu connaissance il y a quelques années grâce au bouquin écrit par Michel Lubeck (un des créateurs d'Ambiance Bois) :

Et Si… ?
Si vous considérez que faire ensemble, partager, échanger, est compatible avec votre liberté individuelle,
Si revenu modeste et consommation raisonnée vous branchent plus que de vous " vendre au meilleur prix sur le marché du travail ",
Si vous préférez réconcilier vie professionnelle et vie privée plutôt que de militer pour les 32 heures,
S'il vous semble qu'on peut agir sur la désertification du monde rural et la déshumanisation urbaine,
Si vous pensez un jour créer ou participer à une activité qui privilégie l'utilité sociale sur le profit,
S'il vous semble qu'on peut aussi apprendre dans l'action, en travaillant avec quelqu'un qui est prêt à transmettre son expérience,
Si vous brûlez d'envie de vous inscrire dans l'action, le " faire " plutôt que les palabres et les discours,
Si l'aventure vous tente et que vous décidez de vous rendre disponible de février à juin,
consultez le programme et les modalités d'inscription !

Contact :
Centre de formation du réseau REPAS
Le Viel Audon
07120 BALAZUC
Tél. 04 75 37 73 80 / Fax 04 75 37 77 90
Mail : repas@wanadoo.fr
Site Internet : http://www.reseaurepas.free.fr


Découvrez vite ces entreprises pas comme les autres ! :)

#2 Johan de Dina

Johan de Dina
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Posté 29 aot 2004 - 21:26

Dans le contrat classique d’apprentissage, en plus d’apprendre le métier, je suis rémunéré, puisque je produis pour une entreprise artisanale même si je reverse une partie de cette rémunération pour payer ma nourriture, mon hébergement (eau, chauffage, entretient) et même parfois le blanchiment de mes effets personnels.
Le contrat d’apprentissage prévoit des droits et des devoirs réciproques.
Les objets (hors chef d’œuvre personnel de fin de stage) que je produis ne m’appartiennent pas, ils deviennent propriété du client qui paye l’artisan.
La valeur de l’échange reste équitable, j’apprends un métier que je paye en produisant et mon maître d’apprentissage rémunère une partie de mon travail de production.
Dans la plupart des cas, lui et moi, participons à l’effort de solidarité sociale nationale en acquittant taxes et cotisation.
C’est une entreprise comme les autres.
Prenons un autre cas, j’achète un bâtiment en ruine que je veux rénover pour en faire un lieu d’accueil touristique (tourisme vert, écobio, etc…produit à forte valeur ajoutée bénéficiant d’un effet de mode) Et je veux que cela me coûte le moins cher possible (partie financière du business plan oblige).
Comme je connais la maçonnerie traditionnelle (sable et chaux), comme j’ai appris gamin la technique des pierres sèches, et comme j’ai appris la technique des bois ronds ; j’organise des stages. Je fais appel à la bonne volonté (ou à la mauvaise conscience consommatrice-coté obscur) de jeunes gens ou jeunes filles ; je leur apprends en quelques semaines à être productif. Ce qui n’est pas compliqué dans le cas de la pierre sèche ou du gâchage du mortier de chaud, et encore moins lorsqu’il s’agit d’extraire, de trier et de porter les pierres. Et à la fin de la saison, ils repartiront contents d’avoir réalisé quelque chose, inconscient que pour apprendre un métier, il faut plusieurs années et moi j’aurai sacrément avancé mon chantier pour lequel par ailleurs j’aurais touché des subventions des territorialités locales ou régionales. Pas de charge sociale juste un contrat d’assurance multirisque saisonnier.
Il y a aussi la possibilité d’exploiter les précaires sociaux en jouant sur la fibre réinsertion, ce qui leur permet de récupérer des points Assedic ou RMI, ou pour certains de récupérer la garde de leur enfant. Je remarque toutefois que l’on utilise de moins en moins la main d’œuvre des prisonnier droit commun libérable ; il va s’en dire que c’est mauvais pour l’image de la commune, surtout de son maire qui est un partenaire pour l’attribution des permis de construire et l’octroie de subvention.
L’échange ne me paraît pas équitable.
C’est une entreprise pas comme les autres.
Je précise que je ne juge pas ici de la pratique du Viel Audon que je ne connais pas.
Mais certains à la lecture de ces lignes auront reconnu certaines pratiques de l’Alternative Business qu’ils ont peut-être côtoyée.

#3 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 29 aot 2004 - 22:53

Je précise que je ne juge pas ici de la pratique du Viel Audon que je ne connais pas.
Mais certains à la lecture de ces lignes auront reconnu certaines pratiques de l’Alternative Business qu’ils ont peut-être côtoyée.


Dommage :) que tu ais répondu avant de découvrir qu'il ne s'agit pas d'apprendre un métier ou une technique dans une seule entreprise mais d'intégrer un réseau qui souhaite permettre d' "ouvrir d'autres possibles,[de] transmettre curiosité et courage, goût de l'initiative et sens des réalités."

Leur expérience me semble si intéressante qu'elle mériterait même qu'Ecliptux nous concocte un article à leur sujet ! :)

#4 Johan de Dina

Johan de Dina
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  • Intérêts:Oeuvre du phylosophe Inuit : Apert SooN

Posté 30 aot 2004 - 08:25

"Curiosité, Courage, goût de l'initiative et sens des réalités"( j’ajouterai sens des responsabilités et des devoirs vis-à-vis des autres).*

Soit je ne vis pas sur la même planète, soit il y a un problème de génération celle qui s’est laissée abuser par " dans la vie l’état et le gouvernement doivent aide et assistance à l’individu, l’individu est donc sous la tutelle bienveillante des institutions qui atténuent les difficultés de la vie ".(1981-2000)
Mais généralement, ces qualités * sont transmises aux enfants par les parents, et c’est un minimum de bagage avec lequel tu démarres dans la vie.
Il est vrai que lorsque des parents se décharge de cette responsabilité pour jouir de plus de liberté individuelle et de capacité de consommation ; ils refilent cette charge à l’éducation nationale.
Bref, un individu qui ne serait ni curieux, ni courageux – intervenir pour que le fort cesse d’abuser du faible ou ne pas compter sa sueur- qui n’aurait aucune velléité à l’initiative et qui ne ferait pas la différence entre l’imaginaire et le réel est un handicapé de la vie qui nécessite une thérapie pour être réadapté au milieu et survivre.

#5 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 31 aot 2004 - 11:52

Désolée Johan mais il y a aussi des gens pour qui la vie n'est pas un long fleuve tranquille et qui ont plus de mal que d'autres à trouver leur voie.
Le courage ça peut aussi être de tenir jusqu'au lendemain en essayant d'espérer qu'il sera moins pire... et effectivement une thérapie peut aider à s'en sortir.

Indépendamment de cela il y a aussi beaucoup de jeunes qui n'ont quasiment jamais vu leurs parents sur leur lieu de travail et qui ont du mal à savoir ce qu'ils ont envie de faire.

Dans ce cas là l'expérience de REPAS consiste à proposer un "Compagnonnage Alternatif et Solidaire" itinérant auprès des 7 entreprises du réseau (Ardelaine, Ambiance Bois, Le vieil Audon...). Le but étant de permettre aux jeunes de découvrir leurs capacités en s'intégrant successivement à plusieurs équipes effectuant des métiers différents, au sein de petites coopératives ouvrières. Et leurs résultats sont encourageants.

#6 EcliptuX

EcliptuX
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Posté 07 septembre 2004 - 10:20

Je trouve que le concept du contrat d'apprentissage est un deal relativement équitable car en une ou 2 années, tu peux vraiment commencer à apprendre un métier. J'ai moi même fait un contrat de qualification il y a 4 ans et même si aujourd'hui je souhaite absolument changer de voie professionnelle et gagner en liberté et en autonomie, il m'a permis d'apprendre un métier. Si seulement j'avais choisi un secteur plus "humain" !!!!
Enfin bref....
Comme tu le dis Johan, il y a aussi les stages d'une semaine pour "apprendre" à construire en paille etc....
Tu semble critiquer vivement ce genre de stages, car il se rapprochent trop du "système" que nous critiquons. Les organisateurs de ces stages sont souvent des gens qui tentent de "survivre" comme ils peuvent dans la société qui est la notre. Je pense pas qu'il faille diaboliser ce fait. Ca n'est pas facile de couper tous les ponts et de vivre en autarcie, voir même en hermitage... car l'équilibre n'est pas évident à trouver.
Je rajouterai que ces stages, même s'ils suivent le modèle économique classique, permettent tout de même de faire un premier pas dans les alternatives et éventuellement d'ouvrir son champ de compétence. Malheureusement, ces stages sont définitivement réservés à une élite qui a les moyens de se les payer (hors aides de l'état). Là je te rejoins sur le caractère plus "sain" du Compagnonnage et il serait bien que ces systèmes se généralisent. L'idée est probablement là d'ailleurs...

Modifié par EcliptuX, 07 septembre 2004 - 10:50 .


#7 Johan de Dina

Johan de Dina
  • Localisation:Comtat de Nissa
  • Intérêts:Oeuvre du phylosophe Inuit : Apert SooN

Posté 07 septembre 2004 - 19:15

Tu semble critiquer vivement ce genre de stages, car il se rapprochent trop du "système" que nous critiquons. Les organisateurs de ces stages sont souvent des gens qui tentent de "survivre" comme ils peuvent dans la société qui est la notre.

Disons que j'essaye de mettre en évidence un certain nombre de contradiction entre des idées généreuses et des pratiques qui s'adaptent à un systéme que l'on conteste par ailleurs.
Mais je ne veux pas la mort du petit cheval.

#8 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 07 novembre 2015 - 11:09

Ce compagnonnage existe toujours :
 

En octobre 2012, à l'occasion d'un regroupement au battement d'ailes, un film collectif a été réalisé par d'anciens compagnons, partageant leur expérience:
http://vimeo.com/57201894