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Faire reverdir le désert


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99 réponses à ce sujet

#1 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 01 septembre 2004 - 08:23

Edit 2014 : Certains sites ayant disparu ou changé d'adresse certains messages ont été complétés pour que les informations restent disponibles.

 

 

Un des principaux enjeux des années à venir en Afrique est de permettre à chaque famille d'assurer sa subsistance en cultivant un potager.
Certains individus ou associations se sont impliqués dans ce projet depuis plusieurs années et ont développé des idées qui méritent d'être connues et diffusées. :)
En voici quelques unes :

 

Le bocage sahélien
Les expérimentations menées ces dernières années au sein de la ferme-pilote créée à Guié par l’AZN démontrent que seul un embocagement massif des terres peut stopper l’avancée de la désertification. Développement agricole durable et bocage sahélien au Burkina Faso
Ce même travail d’embocagement a fait ses preuves en Normandie qui n’était pas la région fertile qu’elle est aujourd’hui. C’est l’homme qui, au cours des siècles, a créé le bocage afin de protéger les terrains de l’érosion.
Cette technique d’embocagement consiste à délimiter les champs par des talus ingénieusement entourés d’une haie vive, elle-même constituée d’épineux impropres à la consommation des animaux. A la base de ces talus ou diguettes sont creusées des tranchées qui favorisent l’irrigation naturelle des champs et empêchent l’érosion des sols et la perte de l’humus. développement agricole durable et bocage sahélien au Burkina Faso
Constituant un rempart contre les eaux de ruissellement lors des pluies diluviennes, ces haies et ces diguettes assurent une protection contre le vent qui assèche les terres et favorisent le réapprovisionnement des nappes phréatiques par la pénétration des eaux dans le sol.
De plus, des mares ou « bullis » sont creusées au point bas de chaque parcelle. Elles constituent des retenues d’eau intensifiant ce phénomène d’infiltration.
Les haies vives permettent également de créer des espaces clos pour délimiter d’un côté les cultures, de l’autre le pâturage pour les animaux.

http://www.sosenfant...ole-burkina.php

 

Irrigation raisonnée
1477132899.jpg
http://www.irrigasc.org/

 

 

La potion magique
Chaque année des centaines de milliers de jeunes plants sont plantés ou issus de la régénération naturelle disparaissent car détruits par les animaux.
Au nord du Bénin, une potion magique est connue et largement utilisée pour protéger les petits jardins de case où pousse le tabac.
Il s'agit de diluer dans de l'eau les excréments frais de moutons et de chèvres et d'asperger régulièrement les plants avec cette préparation. Les chèvres et les moutons s'approchent des plants les sentent et repartent. Dans ce cas il n'est plus utile de dresser des clôtures pour protéger les plants , une aspersion de la potion magique une fois la semaine et l'affaire est jouée.
A cette préparation peut-être ajouter des graines de Neem pilées pour traiter les plants contre les attaques des insectes.

http://web.archive.o...ionMagique.html

 

Et apparemment ça marche : :)

 

Le recul du désert
Pendant longtemps le déficit pluviométrique a plutôt été subi, générant un sentiment d’impuissance. Pour éviter ce fatalisme, nombre de recherches ont conduit à des solutions : reforestation, mise en place de brise-vent, rétention des eaux de ruissellement, système de surveillance et d’alerte des sécheresses. Leur mise en œuvre a certainement, comme le disent ces géographes, contribué à la reconquête du désert et à redonner un peu de vie à ces régions vouées à l’érosion. Les exemples sont là.
Ainsi Tiguit, petit village mauritanien qui a su arrêter les dunes. Vent, sable, sécheresses à répétition semblaient avoir eu raison des populations qui habitaient ce carrefour routier entre Rosso et Nouakchott. Ses habitants quittaient un à un cet environnement de plus en plus hostile. Un programme de lutte contre l’ensablement (Pnud/ENSO) est parvenu à stabiliser les dunes. Des investissements en électrification, eau potable, activités agricoles ont été entrepris ; 4 257 ha d’arbres ont été plantés pour former des ceintures vertes autour des villages pour contrôler l’avancée du désert. Tiguit a retrouvé peu à peu sa vitalité.
Autre exemple, celui de Kéita, qualifié d’îlot vert du Sahel nigérien. Le projet mené grâce à des fonds venus d’Italie et à la volonté des habitants a associé diverses techniques (diguettes, forages, etc.) dans le seul but de piéger par tous les moyens le peu de pluie (300 mm par an). L’idée étant de réduire la vitesse du ruissellement de l’eau pour qu’elle puisse s’infiltrer dans le sol et alimenter la nappe phréatique. Des espèces fourragères ont été plantées sur les plateaux arides pour servir de garde-manger aux animaux. En aval, le reboisement a permis de freiner la vitesse du vent (luttant ainsi contre l’érosion éolienne) et l’ombre des arbres a enrichi les sols en azote. En quinze ans, 25 000 ha ont été récupérés et mis en exploitation, 16 millions d’arbres ont ravivé ces terres réputées stériles.
Plus à l’Ouest, au Burkina Faso, des ingénieurs en foresterie ont mis au point des techniques pour multiplier les essences forestières et soutenir les programmes de reboisement du Sahel. En 1996 déjà, ils ont distribué 1,5 tonne de semences représentant 76 espèces, pour la plupart d’arbres traditionnels du Sahel. Des formations ont été organisées auprès des paysans pour les aider à améliorer les méthodes de germination et de semis et, d’autre part, à maîtriser les techniques de sylviculture. Les temps de germination ont été réduits, et des normes de culture exigeant peu de moyens et mieux adaptées en brousse ont été développées.
On pourrait ainsi multiplier les exemples. Chacun peut sembler une goutte d’eau perdue dans les sables et les cailloux. Mais bien que la menace perdure et que la situation sahélienne continue d’inquiéter, ces gouttes d’eau vues du ciel redonnent néanmoins une vision plus verte de l’avenir.

http://www1.rfi.fr/f...nologie/680.asp


  • StivenSortlaf aime ceci

#2 biomat

biomat

Posté 01 septembre 2004 - 12:30

Bonne nouvelle !!!
espérons que ça continue !!! :)

#3 Johan de Dina

Johan de Dina
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Posté 01 septembre 2004 - 18:24

Un des principaux enjeux des années à venir en Afrique est de permettre à chaque famille d'assurer sa subsistance en cultivant un potager.

Va faloir y penser pour les populations européennes.
Parceque avec les modifications climatiques en cours et la fin des énergies fossiles bon marché; c'est la solution la plus sage.

#4 MakeLoveNotWar

MakeLoveNotWar
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Posté 02 septembre 2004 - 08:48

Des essais sont en cours depuis une décennie sur les possibilités de culture en zone sahélienne, avec des essais de rentabilisation portant aussi sur les haies elles-mêmes.

Voir, par exemple:

Jatropha/Mali

Si les haies pouvaient être rentabilisées aussi en France, elles seraient un peu moins détruites pour faire de la place aux cultures industrielles...

#5 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 23 septembre 2004 - 10:27

Dans les archives du Courrier de l'Unesco (déc. 1999) on trouve une très intéressante analyse faite par une femme africaine, Wangari Muta Maathai, dans un article intitulé : "Aux arbres, citoyens !" dont voici un  extrait :

 

Il est impossible, à vos yeux, d’améliorer la qualité de l’environnement tant que les conditions de vie de la population n’auront pas elles-mêmes été améliorées. Pourquoi?
Si nous voulons sauvegarder la nature, commençons par protéger les êtres humains: ils font partie de la biodiversité. Si nous ne pouvons pas préserver notre propre espèce, à quoi rime de sauver les espèces d’arbres? On a parfois l’impression que les pauvres détruisent la nature. Mais ils sont si préoccupés par leur survie qu’ils ne peuvent pas s’inquiéter des dégâts durables qu’ils infligent à l’environnement. Donc, paradoxalement, les pauvres, qui dépendent de la nature, sont aussi en partie responsables de sa destruction. Voilà pourquoi je répète que nous devons améliorer leurs conditions de vie si nous voulons réellement sauver notre environnement.
Ainsi, dans certaines régions du Kenya, les femmes font des kilomètres à pied pour aller chercher du bois de chauffe en forêt: près de chez elles, il n’y a plus d’arbres; elles doivent aller toujours plus loin pour en trouver. Comme le bois est rare, les repas cuits sont moins nombreux, l’alimentation en pâtit, la faim gagne du terrain. Si ces femmes étaient moins pauvres, elles n’iraient pas dégrader une précieuse forêt.

Quels sont les enjeux actuels pour les forêts du Kenya et d’Afrique orientale?
Depuis le début du siècle, la tendance est claire: on abat des forêts primaires et on replante des espèces exotiques commercialisables. Nous en mesurons mieux les conséquences aujourd’hui. Nous avons compris qu’il ne fallait pas abattre les forêts locales, afin de préserver notre riche biodiversité. Mais déjà, les dégâts sont importants. En 1977, quand notre mouvement Ceinture verte (voir encadré) a commencé sa campagne de plantation d’arbres, le couvert forestier du Kenya était d’environ 2,9%. Aujourd’hui, il est de 2%. Nous perdons plus d’arbres que nous n’en plantons.
Autre gros problème: l’environnement de l’Afrique orientale est très vulnérable. Nous sommes proches du Sahara et, selon les experts, le désert pourrait s’étendre vers le sud comme un fleuve en crue, si nous continuons à abattre des arbres sans discernement: ce sont eux qui empêchent l’érosion des sols par la pluie et le vent. En défrichant les bouts de forêt qui nous restent, nous créons en fait quantité de micro-Sahara. Nous en voyons déjà les isgnesen voir des preuves.
Notre mouvement organise des séminaires d’éducation pour les ruraux, en particulier les cultivateurs, dans le cadre de campagnes de sensibilisation sur les questions d’environnement. Si l’on demande à 100 agriculteurs combien parmi eux se souviennent d’une source ou d’un cours d’eau qui s’est tari de leur vivant, près de 30 lèvent la main.

Quelles sont les réalisations du mouvement Ceinture verte? Dans quelle mesure a-t-il empêché la dégradation de l’environnement au Kenya?
Son plus grand succès, à mes yeux, a été d’éveiller les citoyens ordinaires, en particulier les ruraux, aux problèmes écologiques. Les gens ont compris que l’environnement est l’affaire de tous et pas seulement du gouvernement. C’est en partie grâce à cette prise de conscience que nous avons désormais l’oreille des responsables politiques: les citoyens les mettent au défi de protéger la nature.
Ceinture verte a aussi promu l’idée de préserver l’environnement par les arbres, qui satisfont beaucoup de besoins essentiels dans les communautés rurales. A nos débuts, en 1977, nous avons planté sept arbres dans un petit parc de Nairobi. A cette époque, nous n’avions ni pépinières, ni équipes, ni argent mais une conviction: les gens ordinaires des campagnes ont leur rôle à jouer pour résoudre les problèmes écologiques. Aujourd’hui, nous avons planté plus de 20 millions d’arbres dans tout le Kenya. Cet acte est porteur d’un message simple: tout citoyen peut au moins planter un arbre pour améliorer son cadre de vie. Chacun réalise ainsi qu’il peut prendre en charge son environnement, premier pas vers une participation plus active au sein de la société. Comme les arbres que nous avons plantés sont bien visibles, ils sont les meilleurs ambassadeurs de notre mouvement.

Malgré le sommet de la Terre de Rio en 1992 et le protocole de Kyoto sur le climat signé en 1997, les programmes et les campagnes de protection de l’environnement au niveau mondial n’avancent pratiquement pas. Pourquoi?
Pour beaucoup de dirigeants de la planète, le développement continue malheureusement de signifier culture extensive de denrées agricoles exportables, barrages hydroélectriques ruineux, hôtels, supermarchés et produits de luxe, qui contribuent au pillage des ressources naturelles. C’est une politique à courte vue qui ne répond pas aux besoins essentiels des gens: une alimentation suffisante, de l’eau potable, un toit, des hôpitaux de proximité, de l’information et la liberté. Cette frénésie de prétendu «développement» a relégué la protection de l’environnement à l’arrière-plan. Le problème, c’est que ceux qui portent une lourde responsabilité dans la destruction de l’environnement sont précisément ceux qui devraient soutenir des campagnes écologiques. Ils ne le font pas. Les détenteurs du pouvoir politique font des affaires et entretiennent des liens étroits avec les multinationales. Et celles-ci n’ont d’autre but que de gagner de l’argent aux dépens de l’environnement et de la population.
Nous savons que les multinationales persuadent de nombreux dirigeants politiques de ne pas prendre au sérieux les conférences internationales sur l’environnement. Je suis fermement convaincue que nous devons refuser, en tant que citoyens, d’être à la merci de ces sociétés. Elles peuvent être absolument impitoyables: elles sont sans visage humain.

Cette biologiste kényane lutte depuis 1976 pour la protection de lenvironnement, la démocratie et les droits des femmes.
Le mouvement qu'elle a créé a planté plus de 20 millions d'arbres entre 1977 et 1993, dans un pays semi-aride avec 80% de réussite ! 8)
Voir aussi : http://www.delaplanete.org



#6 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 14 novembre 2004 - 13:24

Une autre méthode très différente mais tout aussi intéressante : celle de Masanobu Fukuoka, l'inventeur de la permaculture.
Il explique comment il est possible de réensemmencer simultanémment de grandes surfaces de désert pour permettre la croissance d'un grand nombre de plantes et recréer la biodiversité.

http://perso.wanadoo...dier/brin-d.htm

 

Un entretien avec Masanobu Fukuoka [1986], par Robert et Diane Gilman

(...)

Robert: Comment avez-vous appliqué votre méthode aux déserts?

Masanobu: L'agriculture chimique ne peut changer le désert. Ils ne peuvent le faire même avec un tracteur et un gros système d'irrigation. J'ai réalisé que l'agriculture naturelle est indispensable pour que le désert retourne à la verdure. La méthode est très simple. Semez simplement quelques graines dans le désert. Voici la photo d'une expérience en Ethiopie. Cette zone était très belle il y a 90 ans, et elle ressemble maintenant au désert du Colorado. J'ai donné les semences pour 100 variétés de plantes aux gens en Ethiopie et en Somalie. Les enfants ont planté les graines, et les ont arrosées pendant trois jours. La température élevée et l'abscence d'eau ont fait que les racines ont rapidement plongé dans le sol. Les radis Daikon poussent maintenant à cet endroit. Les gens pensent qu'il n'y a pas d'eau dans le désert, mais même en Somalie et en Ethiopie, ils ont une grande rivière. Ce n'est pas qu'il n'y a pas d'eau. Cette eau se trouve juste sous la terre. On trouve l'eau entre 2 et 4 mètres de profondeur.

Diane: Vous utilisez l'eau juste pour la germination, puis vous laissez les plantes se débrouiller?

Masanobu: Dix jours ou un mois après, elles ont encore besoin d'eau, mais il ne faut pas trop les arroser, pour que les racines descendent profondément. Il y a des gens en Somalie qui ont maintenant un jardin personnel. Le projet a démarré avec l'aide de l'UNESCO et beaucoup d'argent, mais il n'y a aujourd'hui(1986) qu'un couple de personnes qui s'occupe de l'expérience. Ces jeunes gens de Tokyo ne connaissent pas grand chose à l'agriculture. Je pense qu'il est mieux d'envoyer des graines aux gens de Somalie et d'Ethiopie, plutôt que leur envoyer du lait et de la farine, mais il n'y a pas de moyen de leur en envoyer. Les gens de Somalie et d'Ethiopie peuvent semer des graines, ce dont même les enfants sont capables, mais les gouvernements Africains, les Etats-Unis, l'Italie, la France n'envoient pas de graines, mais seulement de la nourriture et des vêtements. Les gouvernements Africains découragent les jardins personnels et la petite agriculture. Les graines pour jardin sont devenues rares durant les 100 dernières années.

Diane: Pourquoi ces gouvernements font-ils ainsi?

Masanobu: Les gouvernements Africains et le gouvernement des Etats Unis veulent que les gens ne fassent pousser que cinq ou six variétés de café, de thé, de coton, pour l'exportation et pour faire de l'argent. Les légumes ne sont que de la nourriture, ils ne rapportent pas d'argent. Ils disent qu'ils vont fournir le maîs et le blé pour que les gens n'aient pas besoin de faire pousser leurs propres légumes.

 

(...) Les gens aux Etats-Unis, plutôt que d'aller dans l'espace, pourraient ensemencer les déserts depuis la navette spaciale. Il y a beaucoup de compagnies de semences affiliées à des entreprises multi-nationales. Ils pourraient ensemencer à partir d'avions.

Diane: Si l'on jetait les graines ainsi, les pluies seraient-elles suffisantes pour les faire germer?

Masanobu: Non, ce n'est pas assez, donc je sèmerai des graines enrobées pour éviter qu'elles se déssèchent ou qu'elles soient mangées par les animaux. Il y a probablement différentes manières d'enrober les graines. Vous pouvez utiliser de la terre, mais il faut que cela colle, ou utiliser du calcium.

Ma ferme a de tout: des arbres fruitiers, des légumes, des acacia. Comme dans mes champs, il faut tout mélanger et semer au même moment.J'ai pris dans les 100 variétés d'arbres greffés là, deux de chaque, et la plupart, dans les 80%, y poussent maintenant. La raison pour laquelle je dis d'utiliser un avion, c'est que pour tester, vous utilisez juste une petite zone. Mais pour faire reverdir une grande zone, tout ceci doit être fait en une seule fois! Vous devez mélanger les arbres et les légumes; c'est le moyen le plus rapide pour réussir.

J'ai une autre raison pour proposer d'utiliser l'avion: Il faut les semer vite parce que s'il les zones vertes de la planète diminuent encore de 3%, toute la terre va mourrir. Les gens ne seront pas heureux à cause du manque d'oxygène/ Vous vous sentez heureux au printemps grace à l'oxygène des plantes. Nous aspirons l'oxygène et expirons le gaz carbonique, et les plantes font l'inverse. Les êtres humains et les plantes n'ont pas seulement des relation de nourriture, mais ils partagent aussi l'air. Ainsi le manque d'oxygène en Somalie n'est pas seulement un problème à cet endroit, mais aussi un problème ici. Tout le monde va ressentir l'épuisement rapide des sols dans ces régions d'Afrique. Cela arrive très vite. Il n'y a a pas de temps à perdre. Nous devons faire quelque chose maintenant.

Les gens en Ethiopie sont heureux avec le vent et la lumière, le feu et l'eau. Pourquoi les gens ont-ils besoin de plus? Notre tâche est de pratiquer l'agriculture à la manière de Dieu. Ce pourraît être un moyen de commencer à sauver ce monde.



#7 Yeye

Yeye

    Ziploïde gloupexiforme

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Posté 18 janvier 2005 - 17:09

C'est un sujet de rêverie passionnant: imaginez qu'un jour l'afrique redevienne complètement verte.

Les australiens ont fait ça en plantant des conifères.
Napoléon aussi d'ailleurs (les Landes)...

L'eau dans le désert n'est pas que dans le sol, elle est aussi dans l'air: il y fait si chaud que l'humidité ne condense pas et reste constamment sous forme de vapeur.
Montrer comment fabriquer de gros condenseurs avec rien.

Le plus simple des condenseurs, c'est la nuit: lorsque la température baisse, l'humidité se condense et certains animaux la récupèrent avec leur pilosité; c'est sur ce modèle que de grands filets tendus dans le désert condensent au crépuscule des gouttelettes d'eau qui ruissellent dans des réceptacles.

A plus grande échelle, on peut imaginer d'utiliser un bête stirling solaire qui en entrainerait un autre jouant le rôle de pompe à chaleur et donc de condenseur.
Bien sûr, il y a du boulot et quelques moyens, mais pas plus que pour pomper l'eau dans le sol avec ces mêmes stirling.

#8 Johan de Dina

Johan de Dina
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Posté 18 janvier 2005 - 22:38

Une autre méthode très différente mais tout aussi intéressante : celle de Masanobu Fukuoka, l'inventeur de la permaculture.
Il explique comment il est possible de réensemmencer simultanémment de grandes surfaces de désert pour permettre la croissance d'un grand nombre de plantes et recréer la biodiversité.

http://perso.wanadoo...dier/brin-d.htm

Toujours vouloir transformer et dominer la nature; parceque le desert n'est pas en lui même un espace de biodiversité ?
Mais il y a plus de bio diversité justement là où l'homme intervient peu.
En europe dans les milieux semi-arides, on fait venir de l'eau de trés loin pour y implanter des résidence secondaires avec piscine; des routes, des aménagements touristiques etc...
Faudrait peut être trouver le moyen d'arrêter celà pour sauver la biodiversité des milieux semi-arides (ex: aigle de boneli).
Remarque qu'avec la fin des implants bon marché ce sont les terres de la Somme, de la Bauce et de l'ouest de la france qui vont se transformer en désert.

Mon cher Yéyé
Les australiens non pas fait que planter des conifères; ils ont aussi détruit l'écosystéme du bush et exterminé une grande partie des aborigènes.
Il en ont telement fait que d'année en année les incendies détruise chez eux ce qui reste de nature non aménagée.

C'est quand que l'homme occidental arrêtera de vouloir coloniser la nature à son image.

Ce n'est pas un sujet de réverie c'est un sujet de cauchemard.

#9 charlyvale

charlyvale

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Posté 19 janvier 2005 - 09:19

Bonjour à tous,

Irrigation raisonnée



L'initiative à l'air vraiment sympas, domage qu'ils utilisent du polyéthylène pour récipient. Mais par pitié, qu'on se limite à nourrir les autochtones ! par pour nos sapins de Noel ou nos salons de jardins !!!!!!!!!


C'est quand que l'homme occidental arrêtera de vouloir coloniser la nature à son image.


Euh, quand tous sera coloniser :calin:

Encore une journée plein d'espoirs qui s'annonce...pouuuuu...c'est pas la forme aujourd'hui...

Salut.

#10 Yeye

Yeye

    Ziploïde gloupexiforme

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Posté 19 janvier 2005 - 10:30

Ben à ce que je me souviens, les sapins étaient balancés dans le sable depuis l'arrière d'une Jeep qui faisait les aller-retours.
Je crois que ça a été un semi-échec car ils avaient prévu de végétaliser ce sol avec les conifères avant de passer à autre chose, mais il me semble que ça n'a pas été possible pour je ne sais plus quelle raison, peut-être la chute des épines qui étouffe les pousses d'autres plantes.

Johan, le sahel s'étend et je ne crois pas que ce soit un bienfait pour la biodiversité, même si la vie existe dans le désert; ce serait de la mauvaise foi que d'affirmer qu'elle est aussi luxuriante qu'en forêt: elle ressemble plus à de la survie.

Je pense que le désert est très beau, mais que son expansion est une anomalie qui vient peut-être plus de l'homme qu'il n'y parait: non pas à cause de ce qu'il fait, mais à cause de ce qu'il ne fait pas.

En effet, pourquoi soustraire systématiquement l'homme de l'écosystème? Il a son rôle à jouer: tout comme les lombrics aérent le sol, les coraux qui construisent des récifs, les champignons qui nettoient la mort, l'homme pourrait végétaliser ce qui est aride.

Modifié par Yeye, 19 janvier 2005 - 10:31 .


#11 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 19 janvier 2005 - 12:06

Sincèrement je ne crois pas que l'idée de Masanobu Fukuoka était l'implantation d'une monoculture de conifères !
Et je pense que son idée de réensemmencer une partie des déserts pourrait avoir plusieurs avantages.
D'une part si on utilise une grande variété de plantes locales cela permettra de reconstituer le couvert végétal qui existait avant la grande "exploitation" humaine des 50 dernières années.
Cela pourrait peut-être permettre en outre de sauver quelques variétés qui sont en voie de disparition.
Et, si on le fait depuis un avion comme il le conseille, les plantes pousseront n'importe où et non en lignes permettant ainsi au couvert végétal de regagner une plus grande surface et aux animaux et aux autochtones de retrouver de multiples abris et sources de nourriture.

#12 Joie

Joie
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Posté 30 janvier 2005 - 20:20

Reverdir le désert



Double coup de pouce : deux beaux projets, ceux de Pierre Rabhi et ensuite celui de Jacques Gasc, pour reverdir les déserts, à base de techniques simples, trop ? simples...



Pierre Rabhi, réhabilitation de l'oasis de Chenini Gabés, Tunisie
source : terre et humanisme

En 1992, un projet de réhabilitation économique et écologique de l'oasis de Chenini Gabès a été initié par Pierre Rabhi. Ce projet a été conduit à partir de 1994 sous l'égide du CIEPAD, en partenariat avec le conseil général de l'Hérault (coopération décentralisée) et des partenaires tels que le CCFD, le gouvernorat de Gabès, la municipalité de Chenini et son maire Hedi ben Salem, le club Unesco (avec classification Trésor du Monde) ; l'association des Amis de Pierre Rabhi y est intervenue lors d'un passage financier difficile... Le projet est aujourd'hui un programme autonome conduit avec compétence par l'ASOC (Association de sauvegarde de l'oasis de Chenini), cette démarche devenant référence en matière de développement écologique et durable en milieu oasien.

Ce sont les fellahs qui expérimentent
Le programme de réhabilitation de l'oasis de Chenini comporte un volet expérimental centré sur les techniques de valorisation des déchets végétaux (compostage) et la gestion de l'eau, avec la participation active de fellahs expérimentateurs. Des actions de formation et de sensibilisation à l'agro-écologie sont également menées par l'ASOC en direction des fellahs, des enfants et de la population, avec le lancement en 1998 d'un projet de "jardins scolaires écologiques".

L'ASOC prévoit aujourd'hui l'engagement d'un programme d'élevage ovin en direction des femmes (pour encourager la nécessaire association de l'agriculture et de l'élevage dans l'oasis), ainsi qu'un programme de promotion de l'apiculture.

Enfin, l'ASOC organise régulièrement des chantiers de jeunes, échanges et rencontres qui donnent à l'action entreprise à Chenini une dimension nationale et internationale.

Oasis de Chenini Gabés, Tunisie

site terre et humanisme, les amis de Pierre Rabhi


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Pierre Gasc et la Reforestation au Sahel
source

En 30 ans, le désert du Sahel a progressé vers le sud de l'Afrique de 150 à 200 km sur un front de 4 000 km, de Djibouti au Sénégal. Une surface supérieure à la superficie de la France.

Pourtant, à Fatick, au Sénégal, à 150 km au sud-est de Dakar, ce n'est pas le cas. Ici il y a des arbres, de fruits, de l'ombre... et le désert n'a plus sa place.

L'irrigation goutte à goutte
Au contraire des véritables déserts, comme le Sahara, les zones du Sahel devenues désertiques sont encore fertiles en profondeur. Toute la difficulté pour les cultures consiste à les atteindre. Les chaleurs du climat au Sénégal - il fait entre 45° et 55° au sol - ne favorisent pas un arrosage en surface. La consommation d'eau est trop importante, l'évaporation est quasi-immédiate et les plantes ne peuvent en bénéficier. Les racines végètent, tire-bouchonnent ou affleurent la surface. Dans ses conditions, l'enracinement et la croissance d'un arbre est impossible. Pour que les racines atteignent les zones humides du sous-sol, l'ingénieur agronome, Jacques Gasc, a imaginé un système d'irrigation raisonné et économique. A côté de chaque plant, à une largeur de main à peine, une sorte d'embout noir dépasse du sol.


irrigasc : la gaine
Cet entonnoir est la face visible de l'Irrigasc, une gaine de polypropylène biodégradable. Le litre d'eau versée dans la gaine trois fois par semaine s'écoule et se diffuse au travers des trous du tube. Qui agit sous terre comme un goutte-à-goutte. Imbibant le sol peu mais suffisament pour "attirer" les racines toutes proches vers le bas, plus en profondeur, vers la zone humide. Efficacité de ce tuteur quasi-naturel : 95 % de réussite, en dépensant 10 fois moins d'eau.

Un contrat sous conditions
L'innovation technique ne suffit pas. Un accompagnement local a lieu, sous la forme d'un contrat de culture signé avec chaque agriculteur. Objectif affiché : l'impliquer en le responsabilisant. Pour bénéficier des plants assistés par Irrigasc, l'agriculteur s'engage à nettoyer et clôturer son champ en y installant des rangées d'arbustes épineux, des euphorbes, pour éviter le passage d'animaux sauvages. Il doit également avoir creusé un puits en état de fonctionner, pour devenir autonome dans l'arrosage de ses cultures. Le contrat est alors rédigé, fixant le nombre d'arbres plantés et les sanctions prévues. Si un arbre meurt, une amende de 1 000 Francs CFA (environ 1,5 euros), à peu près la valeur de l'arbre planté, lui sera réclamée.

Un manguier adulte peut produire 400 kg de fruits par an. Une centaine d'arbres permettent de rendre une famille autosuffisante, en lui fournissant de quoi s'alimenter ou vendre sur les marchés. Les premières années, un rapide calcul montre un gain équivalent à cinq fois le revenu moyen annuel, estimé à moins de 200 euros. Sept ans après le début de la plantation, lorsque l'arbre entame sa maturité, le revenu de l'agriculteur grimpe jusqu'à 10 fois la moyenne, tandis que les racines des arbres s'enfoncent elles à 20 mètres sous terre.

Les pluies sont de retour
Testé depuis 1996 à petite ou plus grande échelle, au Sénégal et dans d'autres pays africains, les résultats ont dépassé les espérances. Avec le retour de l'humidité, l'écosystème entier se trouve relancé. Même les pluies sont de retour. Aujourd'hui près de 150 000 arbres ont été plantés de cette façon, bien plus que les 20 000 initialement prévus. Le Président du Sénégal a accordé une bourse de 45 millions d'euros à l'ingénieur français pour qu'il adapte son système à la culture du manioc. Le réseau du Rotary Club, sollicité par Jacques Gasc (dont il est membre), se mobilise et ambitionne d'avoir aidé à planter un million d'arbres en 2007.

Maxence Layet, site Novethic.fr, filiale de la caisse des dépôts et consignations,qui soutient le projet irrigasc

Tout savoir sur le projet irrigasc et le soutenir

Ces projets vous ont plu ! Faites les connaitre, soutenez !






http://www.grainvert...?id_article=795

#13 Mushotoku

Mushotoku
  • Localisation:Lille (dans le coin quoi)

Posté 31 janvier 2005 - 22:58

J'ai lu un très bon bouquin d'Ayerdhal ( sciences fiction ) : Demain, une oasis.
Dans le futur, tandis que l'homme blanc colonise les étoiles, l'Afrique est toujours dans la merde ou on la maintient mais les choses changent et le désert recule, l'homme noir se réveille...
Il est pas très long mais il est très prenant.

#14 laotzu75

laotzu75
  • Localisation:Paris

Posté 01 fvrier 2005 - 10:44

C'est quand que l'homme occidental arrêtera de vouloir coloniser la nature à son image.

Ce n'est pas un sujet de réverie c'est un sujet de cauchemard.


Le desert n'est qu'une adaptation de la nature à la folie humaine. Rien de plus, rien de moins.
Il faut d'abord que l'homme pardonne à la nature pour le mal qu'il lui fait. Le geste de reverdir la nature n'est louable que si c'est une façon pour l'homme de reconnaitre ses fautes.
Ca ne sert à rien si en voulant reverdir une zone, on en désertifie une autre. On ne fait que déplacer le problème mais on ne le résout PAS.

Ce n'est pas en plantant des conifères dans le sol qu'on l'enrichit. C'est même tout le contraire puisque ces arbres ont besoin d'un sol acide pour pousser. Il n'y a qu'à se rendre en forêt de Fontainebleau pour le constater. Là ou les pins ont remplacé chènes et hêtres, la verdure a laissé place au sable.

#15 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 27 juillet 2005 - 16:26

La biodiversité, un potentiel à préserver

Les conditions arides qui règnent au Sahel depuis des millénaires ont entraîné une adaptation de la faune et de la flore à la sécheresse et au stress (généré par la variabilité des conditions climatiques). Cette biodiversité est encore méconnue.
Les scientifiques savent cependant qu'elle joue un très grand rôle dans la capacité de récupération naturelle des sols. La désertification a un impact immédiat sur la richesse des écosystèmes. La disparition d'une espèce pouvant entraîner en cascade la disparition de plusieurs autres, cette régression du patrimoine biologique met en péril une des bases du développement.
Des végétaux comme le baobab ou le karité, utilisés dans la pharmacopée traditionnelle, l'alimentation ou la cosmétologie, pourraient être menacés.
L'intérêt de la biodiversité sahélienne dépasse le seul continent africain. Dans les années 90, aux États-Unis, des variétés d'orge de Californie ont été attaquées par la rouille (maladie cryptogamique provoquée par un champignon), causant d'importants dégâts. C'est en croisant la souche américaine avec celle provenant des plateaux d'Éthiopie qu'une solution fut trouvée, faisant économiser des millions de dollars aux agriculteurs.
Ce potentiel est également présent au niveau des micro-organismes et des animaux. Lors de la migration des éleveurs peuls vers le sud du Burkina Faso, dans les années 70, de nombreux troupeaux de zébus ont péri du fait de leur vulnérabilité aux maladies transmises par la mouche tsé-tsé. Le croisement du zébu avec les races locales a permis une adaptation de ces cheptels à la maladie.
La conservation d'espèces et de gènes dans un environnement naturel est un enjeu d'autant plus important que les banques de gènes apparaissent comme très coûteuses et difficiles à pérenniser.

Source : La lettre du Sahel - Dossier spécial désertification 2005-06-08
http://www.sossahel.org

Modifié par Tis, 10 mai 2014 - 12:55 .


#16 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 21 fvrier 2007 - 19:44

On peut le faire : :-D


L'oasis de Deliblaska
Autrefois, la plaine de Deliblatska, en Serbie, était un désert.
Mais le sable menaçait d'ensevelir les villages voisins. Au XVIIIe siècle, l'impératrice Marie-Thérèse fit boiser la plaine pour stabiliser le sol. Aujourd'hui, le sable est recouvert d'une couche d'humus.
Source : Géo


La réserve naturelle spéciale de Deliblatska pečara se situe dans la région serbe de Juna Bačka, dans la province autonome de Voïvodine. Elle s'étend entre le Danube, les Carpates du sud et le fleuve Tami sur plus de 354 Km et sur une surface de 30.000 hectares. On peut voir dans cette réserve un phénomène désertique naturel, une dune au coeur des Balkans, avec une faune et une flore unique en Europe. De ce fait, en Serbie la réserve porte aussi le surnom de Evropska Sahara (Sahara européen). Au début du XIXe siècle, on planta des acacias et d'autres arbres sur les dunes et aujourd'hui plus de la moitié du paysage est reboisé et certaines zones sont devenues de riches réserves saisonnières de chasse. L'imposante taille de ces « montagnes » de sable (plus de 200 m de hauteur), leur beauté et la variété des couleurs des nombreuses fleurs qui les recouvrent rendent ce milieu très attractif pour les visiteurs.
http://fr.wikipedia.....C5.A1.C4.8Dara

Modifié par Tis, 12 mai 2014 - 18:12 .


#17 Goupil90

Goupil90
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Posté 28 juin 2007 - 12:13

En parlant de désert, pas besoin d'aller bien loin pour en voir, la garrigue magnifiée par les écrivains comme Pagnol, est du à "la dégradation de la forêt de Chêne vert et Chêne blanc par la dent du mouton, la hache de l'homme et le feu durant plus de 5000 ans." (citation wikipédia)

Il n'y a donc pas forcément à s'offusquer qu'à certains endroits de la planète, l'Homme veuille réparer ce qu'il a détruit, il faut jusque veiller à ce qu'il le fasse de façon à ce que cela ressemble à ce que c'était avant,
et non pas à renaturer de façon artificielle !

Pour la garrigue, il ne doit plus être possible de revenir à l'état de forêt, le sol doit être trop pauvre maintenant, et cela ne plairait surement pas aux "Marseillais" :biglol:

Goupil90

#18 Tis

Tis

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Posté 25 juin 2008 - 09:21

Une expérience fabuleuse a été réussie en Jordanie, par l'équipe du permaculteur australien Geoff Lawton, sur un terrain hyper-aride :

Ce sont 5 hectares de paysage quasiment plat et complètement salé, 400 mètres en-dessous du niveau de la mer, le point le plus bas de la Terre, à deux kilomètres de la Mer Morte, à peu près à deux kilomètres de l'endroit où Jésus a été baptisé. Il n'y a pratiquement pas de précipitations, des températures qui dépassent 50°C au mois d'août. Tout le monde cultive sous plastique, tout le monde traite traite traite, tout le monde met des engrais chimiques. C'est surpâturé par des chèvres, comme des asticots rongeant la chair des os du paysage, littéralement comme des asticots géants qui mangent la terre jusquà disparition complète.

Donc nous avons conçu un système qui récolterait la moindre goutte d'eau qui tomberait dessus : sur 5 hectares, il y a [ainsi] un kilomètre et demi de talus* (fossé de récupération des eaux pluviales le long des courbes de niveau), et quand c'est plein, un million de litres deau s'infiltrent dans le sous-sol ; et ça se re-remplit plusieurs fois par hiver. Ensuite, nous avons lourdement paillé ces talus avec des déchets verts de cultures biologiques voisines - on en a mis une épaisseur de presque cinquante centimètres. Donc on a récupéré ça, et on a paillé nos talus, qui font environ deux mètres de large et cinquante centimètres de profondeur au fond du fossé, puis on a mis une irrigation au goutte-à-goutte sous le paillage, et du côté amont de la tranchée de récupération, on a planté des espèces pionnières d'arbres du désert très vigoureux, pour fixer l'azote, qui font de l'ombre, réduisent l'évaporation par le vent, structurent le sol pour nous et libèrent de l'azote. Et du côté aval de la tranchée, nous avons mis des arbres fruitiers, principalement des palmiers-dattiers pour constituer l'étage supérieur à terme. Et ensuite des figuiers, des grenadiers, goyaviers, mûriers, et maintenant des agrumes.

En l'espace de quatre mois, nos figuiers ont atteint un mètre de hauteur et portaient des figues, ce qui est impossible.


La transcription complète en français de la vidéo (en anglais) est sur le blog passionnant d'un aveyronnais : http://www.arpentnou...desert/#more-46

Modifié par Tis, 10 mai 2014 - 10:51 .


#19 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

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Posté 25 juin 2008 - 11:14

http://www.ci.sandy......BCFAB36EA818}

à propos de swales:
la toile propose de nombreuses images "en anglais"
le terme français adopté est "NOUE"
C'est une sorte de fossé peu profond à bords très évasés. Son usage est fortement recommandé dans les lotissements en remplacement d'un couteux réseau de collecte des eaux de pluies, même si l'emprise nécessaire est assez importante.
Dans mes projets, j'intègre cette technique facile à réaliser avec une mini-pelle hydraulique.

à propos de sol salé:
Michel Boulay utilisait pour controler le degrés de salinité des sols le lessivage/submerssion de parcelles strictement horizontales et planes. Le moindre monticule se retrouve gorgé de sel car la capilarité (effet de mèche) et l'évaporation sont intense.
Paradoxalement, il est aussi possible de dessaler un sol saturé par un apport abondant d'eau salée!

Les noues contribuent, je pense, à collecter le surplus de sel. Les bords abondamment garnis de mulch, sont préservés de l'effet de mèche.
Je ne connaissais pas l'efficacité des champigons pour piéger le sel.

#20 nidhalg

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Posté 25 juin 2008 - 13:30

Etant donnée que le plus gros problème écologique est la surpopulation, je penses que la collonisation de nouveaux espace tels que l'océan et les deserts vont devenir des projets de plus en plus sérieux. A cet effet on peut dévelloper beaucoup de systèmes permettant de façiliter la culture dans le desert mais il y a un gros défaut. C'est de pomper l'eau dans les puis. Cette eau à mis des milions d'années pour s'accumuler, il est donc nécéssaire de l'économiser sinon on risque de l'épuiser très vite ce qui sonnerai non seuleument la fin des cultures artificielles mais aussi celle des oasis naturels qui piochent dans les mêmes réservoir. Une solution consisterai à dévelloper un projet à grande echelle consistant à prendre l'eau là où elle est la plus abondante c'est à dire dans l'ocean, et l'amener par aqueduc sur de longues distances permettant à la même occasion d'apporter l'eau potable dans tous les villages situés proches du passage de l'aqueduc.
Le déssalement de l'eau mer pourrais contribuer à créer des emplois.

On peut aussi dévelloper les cultures sous serres. Les serres empêchent la vapeur de s'échaper vers l'extérieur et maintiennent donc une bonne humidité de l'air. En utilisant des matérieux semis opaques, on peut filtrer la lumière du soleil et baisser la température de quelques degrès.

Je suppose aussi qu'on pourrais installer des champs protégés par des claies en tissus ce qui créerai un peu d'ombre pour éviter que les végétaux soient directement brûlés et irriguer les cultures la nuit pour eviter l'évaporation de l'eau ..

Les scientifiques sont aussi en train de dévelloper des systèmes de culture hors sol avec des plantes pouvant directement absorber l'eau de mer. L'avantage est de ne pas avoir à déssaler l'eau de mer, mais en contrepartie il faut cultiver hors sol pour ne pas contaminer le sol avec le sel ce qui le rendrait plus arride..