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Semences paysannes


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57 réponses à ce sujet

#41 _sicnarfa_

_sicnarfa_

Posté 18 aot 2006 - 11:57

François Couplan avait il y a pas mal de temps essayé de créer un réseau de conservateurs de plantes oubliées...je ne sais pas si cela existe encore aujourd'hui !

A voir !

#42 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 22 mars 2008 - 14:44

Conscient de l'existence d'un patrimoine alimentaire qui nous échappe et disparaît un peu plus chaque jour, l'association Savoirs de terroirs met en place une banque alternative de semences libérées où chaque adhérent devient l'acteur de la sauvegarde de nos variétés paysannes.
Parce que nous voulons choisir ce que nous mangeons, parce que nous avons le droit à l'autonomie alimentaire, nous pensons que la création d'un vaste réseau d'échange de semences national rendra aux consommateurs la connaissance de son passé végétal et le droit au libre arbitre.


Ce réseau est gratuit et ouvert à tous ceux qui souhaitent y participer : http://balseli.free.fr

Modifié par Tis, 29 mai 2014 - 16:09 .


#43 FP44

FP44
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Posté 22 mars 2008 - 20:55

pour les semance sacher que tout plantenon hybride (mais et soga comprie) se resème.

il faut en moyen 3 génération a une plante pour sadapté au sol et au climat.

et pour ceu qui parlais des rendement en blé et autre céréale il vous suffi de semer une légumineuse sous couvert. du trèfle blanc par exemple (dérive de la méthode andré pochon) la légumineuse apportera de l'azot a la plantes grace a ces neudosité. et elle couvrira le sol étoufan ainsi les mauvaises herbe set une foit la graminer couper il y a un couvert végétale déja en place qui peut meme être paturer

c'est se genre de technique que l'on commence a mettre en place sur mon exploitation mais il y a très peut de donner et on avence a taton (on a quand meme des vaches a nourirs on peut pas trop se permetre de se planter)

#44 nicole sa tribu et sa ménagerie

nicole sa tribu et sa ménagerie

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Posté 23 mars 2008 - 08:06

Céréale sous couvert: Le livre: "la révolution d'un seul brin de paille" de Fukuoka est un de mes livre de chevet.

bien sûr chez nous le riz ce n'est pas très fréquent.
Par contre sa technique d'entourer chaque graine d'argile est sublime...et cela peut éviter des ratés pour ceux qui se lancent.
Ce livre et les autres, sont des mines de trucs et d'expériences menées scientifiquement. J'en bave.

#45 FP44

FP44
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Posté 23 mars 2008 - 09:13

merci nicole pour cette référance. tu parle de "ce livre et les autre" tu pourais donné les référanc edes autre car cela m'intéresse merci
ps:"la révolution d'un seul brin de paille" est-t-il fazcile a trouvé?

#46 Tis

Tis

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Posté 04 avril 2008 - 17:12

Un autre réseau existe depuis plusieurs années au Québec et au Canada mais je n'ai pas l'impression qu'il s'occupe des céréales :

Semences du patrimoine

est le réseau national d'échange et de préservation de semences à pollinisation libre.

Nous sommes un organisme sans but lucratif de jardiniers qui produisent et préservent des semences de variétés traditionnelles de fleurs, de légumes, d'herbes médicinales rares ou oubliées, dans le but de sauvegarder cet important patrimoine génétique.

Nous sommes une banque vivante de gènes

http://www.seeds.ca/fr.php

#47 nicole sa tribu et sa ménagerie

nicole sa tribu et sa ménagerie

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Posté 05 avril 2008 - 10:20

Attention je suis devenue une "bargeo" des graines depuis une lecture de la "gazette des jardins"...Tout, graine, noyau, pépin est récolté avant cuisson, tout est planté, je n'ai eu que de belles surprises.
tomates, kiwi, fraises (mais oui les graines autour), poivrons rouges, physalis, plantes exotiques, pépins divers d'agrumes, de pomme, de poire, châtaignes moisies, rosiers...
Au pire ça nourrit les habitants du vermicompost, ou me fait une haie spécial brf, au mieux, j'ai des fruits.
Même en ville en pot essayez. Au pire vous avez de la verdure à peu de frais, et beaucoup.
Les patates douces en grimpante l'hiver et au jardin l'été.
persil , basilic, graines trouvées dans un parc ou chez la voisine.

J'ai pris l'habitude de me servir de la technique des graines germées, un pot de confiture fermé par du tulle rincé tous les jours (l'eau sert à l'arrosage);
Dès qu'un germe apparaît, oust dans un pot.
Plus simple:
oust dans un pot dès la récolte de graines finie.
Je m'amuse, ce qui résiste l'été (la braise l'été) est replanté.

Les graines à germer sont pour moi des sources d'inspiration ,il en va autant dans nos estomacs que dans le jardin(rizière dans le pot des papyrus) blé dans les carrés....
Même d'une espèce de tomates moches achetée en super, il peut sortir la première année des fruits goûteux et la génération suivante une perle.

Une graine c'est l'espoir, comme les enfants.

Normalement, je n'ai pas le droit de planter une graine d'une tomate de supemarché?
Mais comme cette variété de tomate n'était pas inscrite au catalogue et néanmoins vendue au supermarché (oh, mais oui c'est possible), j'ai acheté une tomate, l'ai mangé et fais mes semences, il en est sorti:
des tomates...(hi, hi) et du rêve.

Au pied de chaque plante en pot, je sème autre chose: Au pied du grand citronnier cette année: du blé,des pépins de pomme, des pissenlits, des fleurs et je bouture en plus.
Il va falloir enlever trois oliviers qui ont poussé, quatre pommiers, deux lauriers, du buis.
Pour le blé, je le récolte et je laisse soit les racines en terre soit j'arrache tout et ça laboure...Au choix.

Modifié par nicole sa tribu et sa ménagerie, 05 avril 2008 - 10:34 .


#48 FP44

FP44
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Posté 05 avril 2008 - 18:18

je fait un peut la meme chose que toi nicole principalement avec les fruits en ce moment j'ais 3 pied de litchi (qui pousse dans le filtre de mon aquarium chau et humide rien de mieu), jais tenté l'ananas mais après 3 mois il a pérécliter, jais aussi essayer les frui de la passion sans succeès mai je croi que le prochain coup je vais fair la technique de la graine germer

#49 FLOYD

FLOYD

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Posté 06 avril 2008 - 16:52

pour les semences,  toute plante non-hybride (mais et soja compris) se ressème.

en moyenne 3 générations suffisent à une plante pour s'adapter au sol et au climat.

semer une légumineuse sous couvert, (méthode andré pochon)

il y a très peu de données et on avance à taton


Quelques remarques sur le post de FP44,
1/ seules les semences encore rares dotées du gêne "terminator" donnent des graines stériles. Les graines issues d'hybrides n'ont pas le même patrimoine génétique que la semence, mais elles sont viables. Les graines issues de variétés stabilisées donneront des produits identiques. En matière de céréales on parle de variété-population. Un réservoir de profils génétiques qui passionne les semenciers en mal de brevet.
2/ trois générations? peux-tu préciser…
3/ André Pochon, un précurseur, un bon communicateur (livres, conférences) mais bien mal compris. Une de ses formules, "la vache: barre de coupe devant, épandeur derrière"
4/peu de données? tout n'est pas sur le net, mais Soltner a publié dès les années 70 "des bases" où le principal est déjà dit. voir la bibliotèque d'un établissement de formation agricole sinon http://www.soltner.fr/

#50 FP44

FP44
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Posté 06 avril 2008 - 17:10

1/ je le sait si on semme un hybride on abtien un hybride et des plant des parent
2/ tu sème une graine, et tu récolte le fruit de cette graine. tu sème la graine issu du fruit, tu vien alors de semer la 1 ère génératio de graine issu de ce sol. tu réitai cette opération 2 autre fois et tu aura une semance adapté au milieu.
3/ je la connait cette formule et sont bouquin je l'ai dévorer en 2 jour.
4/ pour les donner je le sait que tout n'est pas sur le net j'ai trouver des perle dans les bouquin d'école agricole de mon grand-pere ( édition 1954 je crois) mais bon c'est ba facile et il faut tout revoir car je serai en montagne 500a 600m d'altitude les plante et les sol ne sont pas les meme que dans le plaine de l'ouest ou les principale étude on été mener.

#51 Tis

Tis

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Posté 13 janvier 2016 - 23:43

Semences: un monde à se réapproprier

Jeudi 27 novembre 2014 /Laura Drompt
 

BIODIVERSITE • A l’heure où quelques géants maîtrisent la majeure partie du marché des semences, des solutions se dessinent contre cette mainmise sur le vivant.

Actuellement, une poignée de géants économiques écrasent le marché des semences, qui pesait 44 milliards de dollars en 2012. Dans le trio de tête figurent les bien connus Monsanto, DuPont Pioneer et Syngenta.

Cette mainmise s’est accompagnée, depuis les années 1970, par une diminution au niveau mondial de la diversité des plantes. Comme l’explique un cahier spécial, édité par la Déclaration de Berne et ProSpecieRara1, «un nombre toujours plus restreint d’entreprises produisent des semences toujours plus homogènes qui sont distribuées dans des zones toujours plus étendues».

Certaines organisations se battent donc pour pousser le monde paysan et les particuliers à se réapproprier les semences.

Privatisation du vivant
La question a fait couler beaucoup d’encre en Europe et notamment en France, où les espèces, pour être utilisées légalement, doivent figurer dans un catalogue officiel. Or nombre de variétés anciennes ou locales n’y sont pas recensées.

En parallèle, les entreprises semencières ont commencé à breveter des espèces, interdisant aux agriculteurs de réutiliser des graines, qui ont pourtant poussé dans leurs propres champs. Pour s’assurer un revenu annuel, la plupart des semenciers vendent désormais des espèces hybrides infertiles, pour lesquelles la germination est de toute manière impossible. Une privatisation du vivant dénoncée par les milieux de l’agriculture biologique, anti-OGM et les syndicats paysans.
En Suisse, le problème des hybrides se pose également, mais au moins l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) a-t-il renoncé à adopter la législation européenne interdisant la culture des seules espèces répertoriées dans les catalogues officiels.

Et la collaboration y est plutôt étroite entre les organisations privées et les institutions publiques, chargées de travailler sur la biodiversité.

Conserver, mais par différents moyens
C’est notamment la mission de l’Agroscope à Changins, un centre de compétence de la Confédération pour la recherche agricole rattaché à l’OFAG. «Nous notons un appauvrissement général de la biodiversité dans l’agriculture», explique Beate Schierscher-Viret qui travaille à l’Agroscope pour la banque de gènes de céréales et légumes. «C’est pourquoi nous avons ici une banque de gènes, que nous gardons comme un trésor.» Au total, plus de 10 000 variétés de végétaux y sont conservées, dont pas moins de 5000 sortes de blés.

Sur demande, les spécialistes font donc germer à nouveau des variétés du début du XXe siècle, ou des espèces régionales rares. Un capital qui peut sauver des cultures: «En Amérique du Nord, par exemple, où une maladie spécifique ravageait les champs d’orge. Nous avons reçu une demande pour une variété locale d’orge, datant de 1914 et résistante à cette maladie. Nous leur avons envoyé des échantillons à partir desquels ils ont pu déployer une nouvelle espèce.»
Pour Beate Schierscher-Viret, la mission est capitale, puisqu’elle permet de garantir la sécurité alimentaire mondiale.

Diversifier et sélectionner
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture tient également à cette diversité. En 2001, elle a conclu un Traité international sur les ressources phytogénétiques, qui vise entre autres à reconnaître l’importance des agriculteurs et agricultrices pour le développement de la biodiversité. Car la préservation de ces ressources ne passe pas que par d’immenses banques de gènes. Le but est aussi de sélectionner de manière naturelle les plantes qui s’adaptent progressivement à leur environnement.

En Suisse, le label Bioverita s’inscrit dans cette optique. Il aide à sélectionner des semences non-OGM, biologiques, saines et avec plus de goût que les cultures conventionnelles. Et se bat contre la tendance à la monoculture.

Une diversité valorisée, mais dans un genre différent des banques de gènes. Markus Johann, gestionnaire de Bioverita, remarque: «Posséder des milliers d’espèces, c’est une chose, encore faut-il qu’elles soient adaptées à leur environnement, afin de limiter l’utilisation de produits chimiques!» Et pour cela, une seule solution: «Il faut semer, et laisser les plantes évoluer.»

 

1.  À lire: «Semences agricoles. Monopole privé sur un bien public», numéro spécial de la revue Vers un développement solidaire, avril 2014. Édité par la Déclaration de Berne et ProSpecieRara.

--------------

 

Les «multiplicateurs» à la rescousse des espèces rares

Depuis 1982, la fondation ProSpecieRara lutte pour la diversité patrimoniale et génétique liée aux végétaux et aux animaux. Préserver les semences de plantes anciennes ou rares en les cultivant plutôt qu’en les stockant dans des congélateurs géants fait partie intégrante de sa mission.
Pour la fondation, l’essentiel est de maintenir ces espèces en vie dans leur environnement et non de les cataloguer et de les thésauriser. Entretien avec Denise Gautier, responsable du bureau romand de ProSpecieRara.

Cette année, votre fondation a poussé les Suisses à recueillir eux-mêmes des graines de tomates. Une démarche plutôt originale...
Denise Gautier: C’était un projet de communication représentatif de l’action de ProSpecieRara.

Aujourd’hui, tout le monde dit que les tomates de supermarché n’ont plus de goût. Nous avons donc proposé à nos sympathisants de commander des graines de variétés spéciales de tomates et de les planter. Le but était qu’ils en récoltent les graines, pour les faire germer à nouveau. Nous voulions attirer l’attention sur le fait que plus de 90% des tomates vendues en grandes surfaces sont des hybrides infertiles, dont il serait impossible de prélever les graines.

Mises à part des actions de sensibilisation, que fait ProSpecieRara pour aider à la préservation de la biodiversité?
Nous ne sommes qu’une vingtaine de personnes pour toute la Suisse... Nous devons donc miser sur notre réseau. Pour ce qui concerne les légumes, nous travaillons à la préservation de 1300 variétés. Pour chacune d’entre elles, nous comptons trois cultivateurs – que nous appelons «mutliplicateurs», chargés de les ensemencer.
Les graines ont une durée de vie limitée, il faut les cultiver régulièrement. Nous misons donc sur la «conservation vivante». Il existe des banques de gènes, dans le monde, où l’on met le patrimoine génétique dans d’énormes congélateurs. Après trente ou quarante ans, ces graines pourront bien sûr germer, mais elles ne seront plus adaptées à leur environnement, car elles n’auront pas évolué en milieu naturel et les informations sur les caractéristiques de ces plantes, et la façon de les cultiver auront été perdues.

Quel est le profil des personnes qui vous aident à cultiver ces espèces rares?
Notre réseau de multiplicateurs est développé à tous les niveaux. A Genève, nous sommes soutenus par le Jardin botanique, où plusieurs de nos espèces sont cultivées. Nous collaborons aussi avec l’Agroscope (centre de compétence de la Confédération pour la recherche agricole). Mais tout jardinier qui souhaite prendre une espèce en charge est le bienvenu.
Certaines espèces sont plus difficiles à préserver que d’autres. Nous proposons des cours à nos multiplicateurs, notamment pour les plantes allogènes ou bisannuelles, qui demandent un suivi particulier. Mais pour les plantes faciles, comme la tomate, tout un chacun peut s’engager à nos côtés.
Et le but est que ces plantes circulent ensuite...
Toutes les variétés que nous conservons sont réutilisables. Nous nous battons pour ce principe car c’est la première fois dans l’humanité qu’on ne peut plus utiliser librement les graines... Désormais, on achète des semences «cul-de-sac», hybrides, qui ne germent qu’une fois et sont souvent produites à l’étranger par de la main-d’œuvre sous-payée.

Vous faites là référence aux géants tels Monsanto ou Syngenta. Quelle est la position de ProSpecieRara vis-à-vis d’eux?
Il est difficile de faire le poids face à ces mastodontes de l’économie. Nous sommes totalement à l’opposé de leur vision. Cependant, il me semble qu’il ne faut pas fermer hermétiquement toutes les portes. Dans notre Suisse faite de consensus, nous avons la chance de cultiver le dialogue, et il faut préserver cette voie. Elle nous a par exemple permis de négocier avec l’Office fédéral de l’agriculture, et d’échapper à la loi européenne qui condamne la culture à partir de graines non réglementées.

http://www.lecourrie...se_reapproprier



#52 Tis

Tis

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Posté 19 dcembre 2016 - 21:28

Les semences anciennes sont à l’essai
Linards - Publié le 19/09/2013

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Aujourd’hui, les agriculteurs s’intéressent aussi au sarrasin et aux variétés potagères. © LAFARGE Monique

Depuis quelques années, un groupe d'agriculteurs limousins cultive dans un coin de leurs parcelles des variétés anciennes de céréales.
Ces variétés, dites paysannes, sont issues de semences sélectionnées et multipliées par et pour les paysans dans leurs propres parcelles. Cette sélection s'effectue récolte après récolte, génération après génération, en choisissant dans les champs les plantes les plus intéressantes, les plus « belles » pour les ressemer afin de favoriser leur adaptation locale. Leur diversité est renouvelée par des échanges réguliers de semences entre paysans qui favorisent leur évolution dans d'autres milieux, des cultures en mélange et des croisements susceptibles de faire apparaître de nouveaux caractères. Ainsi ces variétés possèdent une grande adaptabilité aux différences de terroir, de pratiques agricoles ainsi qu'au changement climatique. Plus rustiques, elles permettent également de réduire l'utilisation de pesticides.
Au siècle dernier, avec la généralisation des semences commerciales produites exclusivement par des entreprises semencières, les semences paysannes ont presque complètement disparu. Ainsi aujourd'hui, quelques variétés de blés, très proches génétiquement les unes des autres, couvrent 80 % de l'assolement annuel en blé, et 80 % des légumes cultivés il y a cinquante ans ne sont plus cultivés. Ces variétés commerciales, destinées à être cultivées en tout lieu et en toutes conditions, demandent à adapter les conditions de cultures à leurs besoins : engrais, pesticides, irrigation.
Dégustation de pain cette année
Ainsi, des paysans, de moins en moins satisfaits par les performances des variétés commerciales, se sont de nouveau tournés vers les variétés paysannes. En Limousin, ils travaillent depuis plusieurs années sur des essais de blés et maïs. En partant d'échantillons qui ne dépassent pas une centaine de graines (soit 1 m²), il faut 3 à 4 ans pour pouvoir semer 1 ha. Un travail de longue haleine qui donne enfin ses fruits aujourd'hui. La quantité de blé qui sera récoltée cette année sera suffisante pour pouvoir organiser des tests de dégustation de pain, peut être en cette fin d'année.
Aujourd'hui, le groupe s'est agrandi et s'intéresse également au sarrasin et aux variétés potagères. Par ailleurs les agriculteurs essaient de mobiliser des jardiniers pour les aider dans leurs expérimentations et pour la multiplication de semences par la mise en place de « parrainages » de variétés potagères et de blé. Avis aux amateurs et semeurs volontaires !

http://www.lepopulai...ai_1696760.html
 
Ils ont depuis créé cette association : http://1001semencesl...nes.blogspot.fr


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#53 _Bill Imbi_

_Bill Imbi_

Posté 20 dcembre 2016 - 09:34

Cette sélection s'effectue récolte après récolte, génération après génération, en choisissant dans les champs les plantes les plus intéressantes, les plus « belles » pour les ressemer afin de favoriser leur adaptation locale.

 

C'est quand même étrange comment le point de vue fait la qualité...

 

Je suis une émigrée espagnole et mes parents en arrivant étaient encore plus fauchés qu'en partant...

Donc j'ai vécu toute mon enfance avec la "honte" de parents pauvres qui faisaient des trucs de pauvre...

On avait un jardin juste parce que les légumes au marché étaient hors de prix. (Mal)Heureusement, comme on voudra, pas de supermarché pour discounter, donc pas de consommation de masse, donc parfois pas de consommation du tout.

Une crème dessert industrielle étaient pour nous un festin de roi. Un peu comme le rat des champs invité par son pot urbain.

En revanche on mangeait direct du jardin, parfois même sans cuisson, tomates, petits pois (un régal crus), fraises, framboises, prunes, cerises. J'étais chanceuse et je le savais pas.

 

Pour en revenir au topic (non je digresse pas), ma mère n'achetait pas de graines, ou très peu, c'était juste hors de prix. Et donc elle faisait elle-même ses graines. Elle gardait les plus grosses tomates (on en avait des énormes de 500g), les courgettes devenues courges, les cornichons devenus concombre, le persil en fleur, les bettes en fleur, les oignons et ails en fleur etc etc. Et elle échangeait aussi des graines avec des amis, histoire de ne pas appauvrir les gènes.

Je me souviens de certains gestes, pas tous hélas. Couper la tomate en deux, extraire les graines dans un chinois, rincer, rincer, rincer, poser les graines sur un linge ou un carton, laisser sécher au sec, mettre dans une boite ou un papier replié.

Pour le persil; couper les hampes florales, les pendre au grenier ou à la cave (pas humide) etc etc.

 

Il n'est pas si loin le temps où l'idée de Montsantos n'avait pas encore germée comme une mauvaise graine. Donc on devrait pourvoir retrouver tout ça. Un jour on sera peut-être obligés d'en revenir à ça, quand les sols abîmés ne produiront plus assez, même en intensif, et que les légumes, même en hard discount, auront le prix du caviar. Nécessité fait loi.

Et quand il y aura si peu de boulot qu'on sera tous obligés de retourner vivre à la campagne en quasi autarcie.

Mais là je ne referai pas l'erreur de passer à côté de la chance que c'est de pouvoir cultiver son jardin.

En tout cas grâce à la démarche de ces paysans, je me rends compte de toute la science intuitive dont faisait preuve ma mère qui sait lire, mais à peine.


Modifié par Bill Imbi, 20 dcembre 2016 - 09:35 .


#54 FLOYD

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Posté 20 dcembre 2016 - 11:44

Longtemps, ressemer les graines issues des plus belles plantes a été la seule (et logique) raison de faire. (phénotype vs génotype)

Parce que les notions de génétique mise en forme par Mendel, notamment, n'étaient pas connues, ou en tout cas pas ou mal comprises.

C'est toujours un peu le cas; "histoire de ne pas appauvrir les gènes." est une formulation que tout le monde comprend, (même moi), pour autant elle ne recouvre pas la réalité de nos connaissances modernes.

 

Qu'il soit clair, je ne critique ni Bill et encore moins sa maman.

 

Beaucoup des phénomènes que l'on qualifiait de "dégénérescence" sont liés à la présence de virus pathogènes et de plusieurs autres sortes de microbes (bactéries, phytoplasmes) , et surtout à des pollinisations croisées.

Mais on ne le savait pas.  (plante allogame, ou autogamie…)

 

Bref, on peut continuer à faire ses graines soit-même… c'est un loisir ou une nécessité. Beaucoup de choses passionnantes méritent d'être mieux connues.

A l'inverse, gardons un peu d'esprit critique, face à des discours qui manquent de clarté et/ou de compétence, quand ils ne sont tout simplement pas de la désinformation.



#55 _Bill Imbi_

_Bill Imbi_

Posté 20 dcembre 2016 - 12:00

Il est évident qu'il ne faut pas rejeter la science en bloc, juste ses dérives.

De même la science ne doit pas nous faire croire que le savoir des anciens n'a aucune valeur. Lévi-Strauss l'a mieux dit, il y a un bout de temps.

Et enfin ce n'est pas parce que ça se faisait comme ça avant que c'est mieux, ou moins bien.

 

Je ne prends ça pour une critique Floyd, plutôt comme une précision importante.



#56 _Bill Imbi_

_Bill Imbi_

Posté 20 dcembre 2016 - 13:46

Bon, sans polémiquer nullement, mais plutôt pour mieux comprendre à mon tout petit niveau, y'a quand même des trucs pas clairs dans cette histoire de phénotype opposé au génotype.

 

J'ai été voir dans wiki pour aller vite et pas reformuler moins bien ce qui a déjà été dit en mieux, et voici ce qu'ils disent de ce que je croyais savoir de cette histoire de gènes :

 

Le phénotype est l'ensemble des caractères observables d'un individu, à toutes les échelles : macroscopique (la couleur des yeux), cellulaire (la concentration sanguine en hématies) et moléculaire (l'activité d'une enzyme). L'expression du génotype produit (en partie) le phénotype. Autrement dit, la composition allélique de chaque individu pour chaque gène va produire un phénotype particulier à chaque fois.

 

Tiré d'ici : https://fr.wikipedia...g/wiki/Génotype

 

Donc pour revenir au côté pragmatique de ma mère qui ne sait même pas ce que c'est qu'un gène, le fait qu'à l’œil nu elle choisisse la plus grosse tomate, ce n'est ni plus ni moins qu'une sélection de la descendance de  l'individu dont les gènes ont permis la taille obèse du fruit...

 

Après je suis d'accord que pour certaines plantes, aller chercher des gènes étrangers ne sert à rien vu que la pollinisation se fait "en interne", par autofécondation (autogamie).

Mais rien ne dit qu'elle faisait ça pour apporter du "gène neuf", et si ça fait pas de bien, ça faisait pas de mal. Si ça se trouve, les échanges de graines c'était surtout pour aller plus vite dans la sélection des meilleurs : le boulot qu'elle faisait d'une année sur l'autre elle le refilait à la voisine, et c'était ça de gagné en temps de sélection.



#57 FLOYD

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Posté 20 dcembre 2016 - 15:32

C'est la bonne démarche que de chercher de l'information dans une encyclopédie.

 

Parlons maintenant "d'érosion génétique"; un concept qui est souvent mis en avant dans le gros livre de D. Guillet.

Admettons que nous partons d'un champ de tomates aux origines et aux patrimoines variés.

De générations de tomates en générations de tomates, (de mère en fille aussi…)  la diversité des génotypes va nécessairement être réduit à cause de cette sélection visuelle par le jardinier.

Choisir une tomate sur 100, c'est aussi en refuser 99.

 

Autre paradoxe,  considérons une variété de tomate (autogamie) comme fixée, puisque de génération en génération les fruits sont très similaires d'année en année.

Est-ce que l'on peut espérer l'améliorer encore? Comment est-ce possible?



#58 Tis

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Posté 17 dcembre 2018 - 07:35

En fait presque tous les jardinier-e-s et paysan-ne-s ont plusieurs motifs pour choisir les graines à conserver et s'ils semblent avoir souvent une préférence pour la taille du fruit ou du légume sélectionné, ils se préoccupent aussi du goût, de l'aspect, de la conservation, de la résistance aux intempéries et aux maladies, de la durée germinative des semences, etc.
 
Ce dernier critère nous réserve parfois encore quelques surprises :
 

Les graines d'un légume disparu retrouvées dans un pot en argile au bout de 800 ans
12.03.2015 - MAJ 17/12/16

Grâce à des graines découvertes dans un ancien pot, les étudiants de l'Université mennonite canadienne ont fait revivre une variété de courge éteinte.
 

1545028060.jpg]

La courge Gete-okosomin squash, bien qu'éteinte, est réapparue grâce à des graines vieilles de 800 ans. Photo: Taylor/Seedkeeping Tumblr.


Les graines, vieilles de 850 ans d'après les tests au radiocarbone, et perdues depuis des générations se sont avérées être encore viables.

C'est au cours d'une fouille archéologique dans le Wisconsin, terre des Premières Nations (peuples autochtones canadiens), que les archéologues ont découvert les semences traditionnelles, oubliées à l'intérieur "d'un récipient en argile grand comme une balle de tennis" rapporte Brian Etkin, coordinateur du Garden of Learning.

1545028227.jpg

 Une fouille archéologique dans la réserve Menemonee dans le Wisconsin a mis au jour un pot en argile. Image : igmur.com


Après les avoir cultivées avec soin, les étudiants ont pu faire repousser le légume et l'utiliser pour préparer une fête de la moisson.

Le nom scientifique de cette courge est cucurbita maxima, mais elle a été surnommée Gete Okosomin, ce qui signifie "ancienne grosse courge"en Anishinaabe, une langue amérindienne du Canada.

Les graines ont été trouvées dans la réserve Menominee près de Green Bay, dans le Wisconsin en 2008, et ont été lentement diffusées auprès de différents jardiniers au Canada et aux Etats-Unis.

"Cette courge est représentative d'une tribu d'une grande communauté, et la nourriture est un droit de citoyenneté" a ajouté Etkin.

D'après Owen Taylor qui a réussi à faire pousser la Gete Okosomin en Pennsylvanie cet été "elle est délicieuse avec des notes de melon, une texture terrible, et de la chair abondante. Nous sommes prêts à l'ajouter à notre menu de Thanksgiving."

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