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Altinopolis


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7 réponses à ce sujet

#1 Joshua

Joshua
  • Genre: Homme

Posté 01 octobre 2004 - 18:39

Quelle ne fut pas ma surprise, lorsqu'en lisant Le Monde, je tombe sur cet article faisant l'éloge d'une ville brésilienne, Altinopolis, qui développe des concepts alternatifs !

On dit que tout commence par l'éducation des enfants, le maire de cette ville nous donne là une belle démonstration de comment leurs transmettre de nouvelles valeurs. Sans oublier non plus de réformer quelques institutions : médecine, organisation sociale,...

Petits extraits :

Dans l'Etat de Sao Paulo, la petite ville d'Altinopolis apprend, depuis quatre ans, à vivre dans l'harmonie. Au programme du maire, membre du Parti des travailleurs  : paix et non-violence. Le bilan est positif.

Finie, la distribution de lait chaud pour ce matin. La cantinière range louche et seau fumant. Bientôt 8 heures, le cours de tai-chi quotidien va commencer : sous le préau du collège Joaquim-da-Cunha d'Altinopolis, le brouhaha des élèves s'estompe tandis qu'ils se mettent en rangs.  Le professeur de tai-chi est absent, c'est l'un des élèves qui va le remplacer.

Juché sur une estrade, devant ses quelque 500 camarades, il entame les mouvements séculaires. Et les autres de l'imiter. Dans un silence parfait désormais, les adolescents se concentrent, tâchent de trouver le calme intérieur avant de commencer leur journée. "Avec le petit déjeuner gratuit sur place, ces dix minutes de tai-chi sont une façon de les accueillir le matin. C'est aussi un moyen d'équilibrer le physique et le mental. Les professeurs se plaignaient de leur excitation en début de cours. Cela a beaucoup changé", se félicite Marco Ernani, le maire (PT, Parti des travailleurs) d'Altinopolis, petite ville de 15 000 habitants située au nord-est de l'Etat de Sao Paulo.

Suivant à la lettre - il fut sans doute le seul - les recommandations de l'ONU, qui, en 2000, invitait à introduire l'éducation à la paix dans les programmes scolaires au cours de la décennie 2001-2010, Marco Ernani, 46 ans, pédiatre de son état, a lancé cette initiative originale dans toutes les écoles publiques, maternelles comprises, de sa municipalité. "Pour la plupart des gens, la paix, c'est la fin de la guerre, cela se passe au Kosovo ou en Irak. Très peu s'imaginent que la paix commence d'abord en eux", explique ce petit homme rond. Les habitants d'Altinopolis connaissent tous personnellement celui que beaucoup appellent affectueusement Docteur Nano et qui, il n'y a pas si longtemps, soignait encore leurs enfants. "Au même titre que la géographie ou les maths, on devrait enseigner aux enfants l'amour et la solidarité."


Le programme "Santé dans la famille" a également apporté sa petite révolution. Fondé sur une logique préventive rigoureuse, il s'appuie sur le recours systématique et gratuit, en plus de la médecine occidentale curative, à des médecines orientales ou alternatives telles que acupuncture, reiki, auriculothérapie, massothérapie... auxquelles est formé tout le personnel médical de la ville. Pas étonnant, dans ces conditions, que le nombre d'enfants malades devant passer la nuit à l'hôpital ait fortement diminué. Cette approche globale de la santé commence d'ailleurs à faire des émules, puisque deux villes voisines, Ituveraba et Sao Joaquim da Barra, s'y sont à leur tour converties.


Voici l'article comple : Altinopolis: une utopie brésilenne

Comme quoi, les changements peuvent aussi venir "d'en haut"...

#2 cixi

cixi

    Architecte de ma vie

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Posté 01 octobre 2004 - 23:55

:) 8) :) :) :) :)

et merci d'avoir mis l'article et le lien!

Cixi

#3 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 02 octobre 2004 - 07:44

C'est vrai l'article tout entier est passionnant et 2 idées me semble particulièrement pertinentes:

Marco Ernani l'assure passionnément : "Les résultats de cette politique de non-violence sont très positifs chez les enfants. On peut le vérifier par le regard, le sourire, les gestes. Ils témoignent de la récupération d'une confiance perdue."Le médecin, entré en politique "pour soigner et aider collectivement", aime recourir à la métaphore du jardinier pour illustrer ses idéaux : "La plante, il faut l'aimer avec de l'eau et de la lumière. Les enfants, avec beaucoup de projets et d'attention. C'est ainsi que nous en ferons des êtres meilleurs. Et que nous construirons une paix sociale d'autant plus forte." Candeur ? Utopie ? Peut-être, mais monsieur le maire n'est pas le seul à faire le constat du mieux-être de ses administrés. Les chiffres de la police sont là pour l'étayer, sans ambiguïté. "La petite délinquance a baissé de 90 % depuis que Marco Ernani a été élu, il y a quatre ans, affirme ainsi le commissaire d'Altinopolis, Cesar Augusto Franca. Les seuls problèmes que nous rencontrons désormais sont des cas de violence conjugale ou d'ébriété sur la voie publique." Grâce à quoi les policiers d'Altinopolis peuvent se permettre d'essayer de renoncer au revolver, au profit de la matraque. "La non-violence fonctionne dans les deux sens. Si nous ne voulons pas d'adolescents violents, évitons d'utiliser des armes contre eux", professe le lieutenant de gendarmerie Macedo.


Ainsi que la conclusion de l'article :

Le monde a grand besoin d'être "réenchanté", aime-t-il à répondre. Et, "puisqu'il existe bien de l'argent pour la guerre, pourquoi ne serait-il pas possible d'en débloquer pour la paix ? L'utopie n'est pas ce qui est irréalisable, mais ce qui reste à réaliser".



#4 lafleur

lafleur
  • Localisation:gwada

Posté 09 septembre 2005 - 16:20

Ouahou! enfin une bonne nouvelle! Elle me touche au plus profond car ce genre de concept mijote de plus en plus fort dans ma cervelle de rèveuse lasse de rèver qui veut de l'action... Quelqu'un sait il dans quelle mesure les lois françaises pourraient permettre ou bien restreindre ce genre d'enclave sur notre belle terre? Si un maire décidait d'instaurer une telle action? Si un groupe de gens décidait d'un commun accord d'organiser leur vie de cettte façon sur une portion de terre ? Toutes les options sont envisageables pour peu qu'une brèche s'ouvre!
A lire à ce propos, d'un autre temps mais tellement actuel "La demeure du rayonnant", anne et daniel meurois givaudan aux éditions S.O.I.S, qui redonnnera plein d'élan à tous ceux qui savent que l'utopie n'en est pas une!

#5 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 29 octobre 2005 - 21:01

Le texte complet de l'article de Lauraine Rossignol, proposé par Joshua, est aussi disponible sur le site Edupax :

http://data.edupax.o...ltinopolis.html


Modifié par Tis, 08 juin 2014 - 16:22 .


#6 _mirza_

_mirza_

Posté 30 octobre 2005 - 09:31

J'avais jamais vu ce fil.

Lafleur, je ne pense pas que ça soit impossible du tout en France. Je ne vois pas pourquoi / par quoi ça pourrait l'être. Le truc, c'est que ça demande d'accéder à un certain niveau de "pouvoir" sur "ses" administrés. Il faut donc le vouloir, et ne pas oublier en route les raisons pour lesquelles on a cherché à le faire.

Personnellement, toutes les personnes que je connais qui ont fini par obtenir un tant soit peu de ce genre de "pouvoir" on perdu leur chemin entre temps, se sont résignés à penser que de toute façon, tout changement drastique est impossible et leur prendrait trop de temps à mettre en place (temps qu'ils n'ont plus, parce qu'ils passent désormais trop de temps à s'aquitter de leurs "devoirs traditionnels").

#7 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 08 fvrier 2015 - 08:56

Une autre façon de pacifier un lieu très fréquenté :
 

Le projet Kairos à Nanterre, une alternative aux caméras de surveillance
AMBIANCE lundi 2 février 2015
Par Mathieu Blard

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Jean Luc Guinot, 55 ans, anthropologue du combat et de la violence, directeur de la sécurité de l’université Paris Ouest et professeur de self défense a décidé, il y a une dizaine d’années avec le projet Kairos, de s’attaquer différemment à l’insécurité sur le campus.

Université Paris Ouest, un vendredi pluvieux, 20h. Il ne faut pas espérer le voir avant, tant il est pris. Et pourtant personne n’est plus accessible. Il m’accueille avec son habituel et sincère sourire, dans un bureau bien rangé. Sur une table diverses statuettes, à droite, une étagère emplie de nombreux ouvrages, sur laquelle trône un casque de boxe anglaise surmonté d’une visière. Cet ingénieux dispositif a été mis au point pour ses élèves du cours de self défense. Son bureau est à son image, multifonctionnel, dans l’action et la réflexion.

« J’ai toujours été anthropologue, depuis ma naissance ». Interloqué, je tends l’oreille. « J’ai toujours essayé de comprendre les gens. Ma première expérience de compréhension des gens, ça a été à six ans avec mon maître d’école. J’avais le défaut d’être gaucher. J’appartiens à une génération pour laquelle ce n’était pas possible. On m’a mis des tartes. Plutôt que de haïr ce bonhomme, j’ai essayé de comprendre. Et tu passes pour un révolté quand tu poses des questions ». Si cette image de rebelle le poursuit toute sa scolarité, elle n’altère en rien sa volonté de comprendre les autres. L’école est son premier laboratoire. « L’école c’est passionnant ! Les programmes sont nazes. J’ai tout à fait déconnecté l’école des programmes. J’ai appris à observer les gens ».

Après le bac, il s’engage dans les régiments d’élites de l’armée, l’équivalent des forces spéciales d’aujourd’hui, « par curiosité ». Pour un jeune qui s’interroge, il l’admet, ce n’est pas le choix le plus évident. « Poser des questions là-bas, ça a été spectaculaire » me dit il en riant. Il y passe six ans, pas plus car cela l’aurait mis « trop en décalage avec lui-même ». Il en garde de bons souvenirs, « d’individus intéressants, passionnants même ».

Suite à cela, lui le « fils d’ouvrier et de femme de ménage, fier de l’être », se met à travailler pour « le grand capital » en même temps qu’il poursuit des études d’anthropologie au Canada, en tant que contrôleur des risques pour des compagnies d’assurance. Lassé des voyages, au milieu des années 1990, il pose ses valises à Nanterre et s’investit dans un bureau d’études à l’Université Paris Ouest, il devient en quelques années chef de la sécurité. Il découvre une université ou l’Etat s’est complètement désengagé. « Ce campus a été abandonné pendant des années, d’où les gros problèmes de sécurité. C’était assez étonnant de voir tout ça mais c’était passionnant à étudier ».

La réponse institutionnelle est comme souvent, sécuritaire. « Les gens avaient peur, ils avaient besoin d’une illusion de sécurité. Ça a permis tout de même d’ouvrir certains esprits qui avaient peur ». Au début des années 2000, le campus est le théâtre de quelques 200 agressions par an. En premier lieu, il s’agit d’identifier les problèmes. Il y a les groupes politiques. « Ces groupes on va tout simplement les laisser s’exprimer », déclare-t-il. D’autre part il y a la délinquance locale. « Là effectivement, on l’a fait avec la police, on a interpellé quelques dealers qui avaient installé un marché ». Suite à cela, il tente de renouer le dialogue à travers un « coup de poker de fou », une réunion avec les dealers du quartier. En quelques mois, la situation s’apaise. C’est dans ce cadre qu’il commence à réfléchir à un travail de fond à faire avec les jeunes du quartier.

Naissance du projet Kairos

Ce projet consiste à faire découvrir à un jeune exclu d’un collège ou lycée avoisinant, en réclusion à la maison d’arrêt de Nanterre, ou encore envoyé par la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse), l’université à travers trois activités : une culturelle, une professionnelle et une sportive. Il est accompagné par un étudiant de Paris X, volontaire. Il s’établit dans le contexte plus général de la responsabilité sociétale des universités.

« J’en connais des lascars et j’en connais pas un seul qui soit bête. La délinquance laisse le scolaire en l’état, pas l’intelligence ». Il s’agit donc pour lui de faire prendre conscience à ces adolescents et jeunes adultes de leur potentiel, « car la société a besoin de gens qui ne respectent pas les règles ». C’est un travail individuel. Il part également du postulat suivant : « Je suis persuadé, et je peux le démontrer maintenant que c’est la souffrance qui engendre la violence, et que tout ces gamins sont avant tout des souffrants ». Cette empathie, qui n’a aucune vocation à excuser les actes de ces jeunes gens, est la matrice de ce projet. Il n’est pas question de réinsertion « car insérer, c’est un acte violent, et on ne manipule par quelqu’un qui souffre. Il faut leur apprendre comment moins souffrir ».

Enfin, il s’agit aussi de leur permettre de se réapproprier l’espace urbain universitaire. « Moi je suis chez moi dans les cités ici à Nanterre. Je suis chez moi et je veux que sur ce campus ils soient chez eux, y a pas de raison qu’ils ne le soient pas ». Aujourd’hui, on compte une quinzaine d’agressions par an sur le campus de l’université.

Un projet coûteux

« Tu connais le budget du projet Kairos ? Zéro euros », me déclare-t-il. En effet, ce projet est basé exclusivement sur le volontariat et la solidarité. « L’idée c’est de se demander quel est le rôle de l’étudiant dans la société. Finalement est ce que son rôle à l’université c’est de venir consommer un produit ?» L’investissement des étudiants est la clé de voûte de ce dispositif, et ceux-ci s’investissent, il n’a de cesse de s’en émerveiller : « Honnêtement, quand tu vois la capacité de mobilisation sur des sujets de société, quand tu vois ce qu’ils sont capables d’inventer, moi je suis épaté ».

A l’heure de conclure, ce philanthrope rappelle l’importance des mots. « On emploie pas à bon escient le terme de cité sensible. En réalité ce sont des cités sensibles parce que les gens y souffrent ». Un karcher n’a jamais soigné les plaies.

http://bondyblog.lib...de-surveillance


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#8 erwen

erwen
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Posté 08 fvrier 2015 - 11:47

De nombreuses petites communes sous l'infléluence de quelques citoyens et d'élus locaux adoptent des démarches allant vers la transition. Que ça soit la reprise de la gestion de l'eau par les mairies,

une recherche d'autonomie en énergie renouvelable et même alimentaire. Les exemples se multiplient lentement mais sûrement.