Aller au contenu


Photo

Des jardins sur nos têtes


  • Veuillez vous connecter pour répondre
25 réponses à ce sujet

#1 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 337 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 10 dcembre 2004 - 15:21

C'est la Vie! - Cultivés et bien élevés
Une popote roulante prend racine sur les toits



L'espoir, c'est eux. L'espoir pour une planète plus saine, pour les jeunes en herbe, pour les vieux qui végètent, même pour Haïti qui croupit. Ces jeunes-là auraient pu se contenter de faire pousser du pot bio sur leur balcon et se mêler de leurs oignons ; ils cultivent plutôt trois variétés de tomates et de sauge, de la camomille et de la lavande, sur le toit d'un édifice de l'UQAM. Ils font aussi leur compost et de la ratatouille qu'ils serviront à des vieillards en perte d'autonomie et en quête de contacts humains.

Si jamais je deviens suicidaire, anorexique ou désoeuvrée, anti quelque chose ou drop-out de rien du tout, si je ne sais plus dans quel sens me tourner les pouces, c'est au Roulant que j'irai donner le temps qu'il me reste. Quelques heures par semaine à oeuvrer dans leurs cuisines avec Catherine, 24 ans, qui a étudié à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec et suivi un cours en anthropologie sociale du vieillissement, à faire des livraisons à pied ou à vélo avec Richard, un jeune ex-boulanger, à jardiner sur un toit en écoutant le vent gémir, me feront reprendre contact avec le sens d'un coup de pouce, la communauté, l'échange et l'idéalisme.

Le Santropol Roulant, un organisme sans but lucratif qui tente de briser l'isolement et de favoriser un rapprochement intergénérationnel -- un mot cher à Bernard Landry --, a eu la bonne idée de lancer le projet « Des jardins sur les toits » cet été. En collaboration avec Alternatives, un autre organisme qui soutient des projets communautaires tant au Nord qu'au Sud, une quarantaine de bénévoles ont poétiquement cultivé de la laitue et des fleurs comestibles, un baobab et un manguier donnés par le Jardin botanique de Montréal, entre ciel et terre.

Ismaël Hautecoeur, le pouce vert et l'architecte-paysagiste du projet, est également titulaire d'un bac en philosophie et ne manque pas de mots pour expliquer ce projet qui s'inscrit dans la tendance de l'architecture verte. « C'est une culture dans un substrat (sans terre) qui demande le moins d'eau possible pour pouvoir être appliquée dans le Sud (Cuba, Sénégal, Haïti, par exemple). On recrée un écosystème artificiel avec des fleurs comestibles pour attirer les insectes pollinisateurs, des tournesols pour les oiseaux, on recycle l'eau de pluie et on amène un équilibre sur le toit », explique Ismaël, 31 ans.

Cette forme d'agriculture « légère », dans des bacs de plastique, demande peu d'entretien, aucun désherbage, et peut autant s'appliquer dans le contexte de la Palestine, où la population éprouve des difficultés d'approvisionnement, qu'à Montréal, où elle ajoute à la qualité de vie des habitants. « Montréal est une ville horticole, constate Ismaël. Toutes les générations jardinent. On s'intéresse aux produits bio, du terroir, à la gastronomie, au simple fait de partager un bon repas. Et de plus en plus de gens aménagent le toit de leurs nouveaux condos. »

Encouragés par les résultats et stimulés par l'idéologie, plusieurs bénévoles ont reproduit des jardins sur leur toit ou leur balcon cet été. Au lieu de parcourir 2000 kilomètres avant d'arriver dans leur assiette, une courgette n'aura eu que quelques marches d'escalier à franchir. « Pour nous, ce projet permet d'offrir aux clients des choses qui coûteraient trop cher, comme les fleurs comestibles. Mais on y trouve toute une valeur non monnayable », estime Jane Rabinowicz, 23 ans, employée du Roulant depuis trois ans et responsable des bénévoles pour le jardin. Cette valeur, pour les bénévoles, se traduit de plusieurs façons  : liberté d'expression, qualité d'écoute, sentiment d'appartenance, soutien aux études, qualité des rapports humains, construction d'un réseau, redéfinition de ses valeurs et apprentissages multiples.

« L'environnement, c'est une cause déprimante, ajoute Jane. C'est là qu'on s'est plantés collectivement. Moi, je me fous du débat, je travaille à petite échelle pour promouvoir un système de vie dans la ville. Je prêche par l'exemple et j'y crois. » Même son de cloche pour Ismaël, qui cultive sa rose comme le Petit Prince  : « C'est à travers l'éducation que les gens vont être moins cons. J'ai beaucoup d'espoir en l'enfance pour cette raison. » On pourrait toujours rêver que les toits des écoles du Québec soient métamorphosés en jardins communautaires. Why not, coconut  ? S'ils n'ont pas de livres dans leurs bibliothèques, ils pourraient avoir des navets qui poussent sur le toit.

J'ai demandé à Ismaël et à Jane s'ils ne s'enfouissaient pas la tête dans leurs plants de basilic thaïlandais alors que plusieurs scientifiques et environnementalistes ne donnent plus bien cher de la planète. Le mal est fait. « Tu ne peux pas vivre avec l'axiome "la fin du monde aura lieu dans 50 ans". La fin du pétrole dans 50 ans, c'est plus probable », pense Ismaël, qui philosophe  : « Le jardinage a une fonction thérapeutique, nous rebranche sur les saisons et sur autre chose qu'une économie productiviste. Produire un sac de légumes par semaine, ce n'est rien, mais le fait d'être transformé par une activité saine, ça, j'y crois. Ça permet à l'individu de renouer avec ses sens. Les médias, la politique s'adressent au cerveau. C'est pas étonnant qu'il y ait autant de problèmes de santé mentale. Avec le jardinage sur les toits, on sort de notre tête, on revient à une activité de base à l'ère de la réalité virtuelle. On se consacre à cultiver des semences. Je l'ai vu sur moi et sur les autres  : on agit sur l'esprit par le corps au lieu d'agir sur le comportement par le discours. En fait, c'est la forme la plus simple d'autothérapie. C'est de l'antipsychologie. Ça change les idées et c'est une occasion de voir au loin en accédant à la lumière, à la pluie, au vent. »

Au-dessus de nos têtes, l'horizon s'offre à nous. Ça fait pas cher le kilo pour voir plus loin que le bout de son nez.

Josée Blanchette



Source : www.ucs.mun.ca
www.santropolroulant.org

#2 Johan de Dina

Johan de Dina
  • Localisation:Comtat de Nissa
  • Intérêts:Oeuvre du phylosophe Inuit : Apert SooN

Posté 10 dcembre 2004 - 18:13

Même son de cloche pour Ismaël, qui cultive sa rose comme le Petit Prince  : « C'est à travers l'éducation que les gens vont être moins cons. J'ai beaucoup d'espoir en l'enfance pour cette raison. » On pourrait toujours rêver que les toits des écoles du Québec soient métamorphosés en jardins communautaires.


Faut pas désespérer Billancourt comme on disait dans le temps, mais ce refrain là : L'espoir dans l'enfance et dans l'éducation; on nous le rabache depuis Celestin Freinet (1920)sans parler de Steiner et les libres enfants de Summerill....
A force de baisser les bras et de mettre l'espoir dans les capacités de prise de conscience des générations futures, le temps passe et le poid de l'irreversible dans l'héritage devient catastrophique....
De quoi dépend que les choses change, mais de nous, maintenant et uniquement de nous.

#3 Corpse Grinder 666

Corpse Grinder 666

    Bricoleur autonome

  • Membres
  • 2 317 messages
  • Genre: Homme

Posté 10 dcembre 2004 - 23:17

:biglol:

Par contre, je suis, hélas, d'accord avec Johan de D. , chaque generation attend sur la suivante pour faire ce qu'elle même peut faire ... à force de reculer, on ne pourra plus avancer (humainement parlant :roll: ) ...

#4 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 337 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 11 dcembre 2004 - 09:19

Il me semble pourtant que dans chaque génération il y a des gens généreux et des égoïstes, des imbéciles et d'autres qui réfléchissent...

Nous n'avons pas inventé grand chose que nos ancêtres ne connaissaient pas à part quelques gadgets dont ils se passaient fort bien.

#5 Corpse Grinder 666

Corpse Grinder 666

    Bricoleur autonome

  • Membres
  • 2 317 messages
  • Genre: Homme

Posté 11 dcembre 2004 - 12:25

je ne suispas contre ce projet bien au contraire, mais comme l'a remarqué à juste titre nous attendont toujours de nos enfant qu'ils fassent ce que nous n'avons pas été capable de faire :biglol:

Nous n'invons peut être pas inventé , mais nous avons perdu certaines recettes que nos ancêtres avaient mis en place :roll:

#6 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 337 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 12 dcembre 2004 - 16:46

Un jardin sur le toit-terrasse de M. Santana

Francisco Santana vit dans le centre ville de La Havane, la capitale de Cuba. Son appartement est au deuxième étage d'une maison qui s'ouvre sur une terrasse donnant sur le toit de la maison voisine.

Un été, ses enfants ne parvenaient pas à trouver le sommeil à cause de la chaleur. C'était un de ces étés longs et chauds, et sur le toit-terrasse, la chaleur était intense. M. Santana eut l'idée de protéger sa maison par de la végétation. Il lui fallait quelque chose de feuillue. Il opta pour la vigne.

Sa décision prise, M. Santana planta de la vigne dans le sol près de sa maison et pour ce faire, dût briser le ciment par terre près du mur.

La vigne poussa progressivement sur le côté de la maison et atteignît bientôt le toit. Une fois là, M. Santana installa un treillage, qu'après quelques années la vigne recouvrît complètement. Le plan de M. Santana marchait: la vigne protégeait sa maison de son ombre et sa famille pouvait désormais dormir tranquillement durant l'été.

Mais la vigne de M. Santana apporta à sa famille bien plus que de l'ombre et du repos. Elle est aujourd'hui vieille de treize ans et produit chaque année une tonne de raisins. Une tonne! Ça fait beaucoup de raisins permettant à M. Santana d'en récolter 350 kgs qu'il offre en vente et il fabrique 600 litres de vin rouge et 100 litres de vinaigre. Comme vous pouvez le constater, M. Santana gagne aujourd'hui beaucoup d'argent, tout ça à partir d'une seule vigne!

Mais ce n'est pas tout: M. Santana taille les branches et les feuilles de sa vigne qu'il transforme en terreau sur son toit. Il va régulièrement au marché et ramasse la terre autour des étals de légumes qu'il ramène ensuite chez lui dans des contenants. Quand il a amassé assez de terre et de terreau, M. Santana les mélange.

M. Santana garde aussi des vers dans une boîte et possède un pigeonnier sur son toit. Il mélange les feuilles de vigne, les vers et la fiente de pigeons, puis remplit des pots et de vieux pneus dans lesquels il plante ensuite des tomates et d'autres légumes. Aujourd'hui, M. Santana a sur son toit un beau jardin où poussent des légumes variés.

Il faut ajouter une dernière chose: une fois que M. Santana s'était mis à cultiver de la vigne, il se faisait sans cesse voler ses raisins mûrs par ses voisins. Quelle fut sa réaction, pensez-vous? Il leur donna une branche de vigne et les encouragea à la planter. Maintenant, ils possèdent leur propre vignoble et le problème est résolu.


www.farmradio.org

Modifié par Tis, 05 juin 2014 - 22:30 .


#7 Miette

Miette

    Terrienne en période d'essai

  • Membres
  • 1 174 messages
  • Localisation:vaucluse eheh

Posté 12 dcembre 2004 - 19:50

comme quoi il n'y a pas que chez les fées, qu'il y a de jolis contes ! :biglol: merci Tis...

#8 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 337 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 25 janvier 2005 - 19:57

Une autre histoire que j'aime bien :

Faire quelque chose à partir de rien: transformer les déchets en jardin

L'histoire commence avec Shirley Sifunda, une travailleuse communautaire de Matsulu, un petit village d'Afrique du Sud. Shirley rencontra les femmes du village pour parler de leurs problèmes. Les femmes avaient faim et leurs enfants étaient mal nourris. Il n'y avait pas d'argent pour la nourriture et les médicaments. Toute la communauté en souffrait.

Un jour, pendant une rencontre avec les femmes, Shirley prit une bêche et commença à creuser. Elle voulait montrer aux femmes ce qu'elles pouvaient faire à partir de rien. Elles pouvaient faire un jardin dans une tranchée et cultiver leurs propres légumes. Alors elle creusa une tranchée. La taille de la tranchée était environ la même que celle d'une porte: une bêche de large (1 mètre) et deux bêches (2 mètres) de long. La profondeur était de 45 centimètres, à peu près la moitié de la longueur de la bêche. C'était très dur de creuser toute seule. Les autres femmes la prirent pour une folle. Mais elle continua à creuser.

Lorsqu'elle eut fini de creuser la tranchée, elle regarda autour d'elle. Elle demanda aux femmes ce qu'elles pourraient mettre dans la tranchée pour enrichir le sol. Mais les femmes ne virent rien qu'elles pourraient ajouter.

Shirley n'était pas daccord. Il y avait un tas d'ordures, pas loin. En fait, la plus grande partie des lieux était utilisée comme dépotoir alors il y avait plein d'ordures partout autour. Certains des déchets pouvaient servir à remplir la tranchée. Il y avait une grosse quantité de nourriture pourrie, des restes de cuisine. Les déchets de légumes, les pelures de fruits, les épluchures, les coquilles doeufs, les épis de maïs, la cendre de bois et les déchets de cuisine pourraient ajouter des éléments nutritifs au sol en pourrissant.

Les os ajouteraient du calcium au sol en se décomposant avec le temps. Elle ajouta cinq boîtes de métal dans la tranchée. Les boîtes de conserves en métal allaient rouiller dans le sol et ajouter du fer, un autre élément nutritif précieux. Même les papiers allaient se décomposer, ajoutant des matières organiques.

Elle remplit la moitié de la tranchée avec les déchets, arrosa le tout, et remplit l'espace restant avec de la terre. Cela fait, Shirley planta des graines de légumes. Puis elle rentra chez elle. Et tout le monde attendit.

Trois semaines plus tard, Shirley retourna au village. La tranchée était recouverte de jeunes plants de légumes verts. Et pour sa plus grande surprise, elle vit qu'il y avait 10 tranchées de plus à côté de la sienne! Les femmes avaient fait du beau travail. Deux mois plus tard, il y avait 40 tranchées! De plus en plus de gens avaient commencé à participer.

Avec le temps, comme la communauté cultivait de plus en plus ses propres légumes, la santé et le bien-être des gens s'en trouva améliorée. Les femmes pouvaient travailler beaucoup plus dans les jardins communautaires. Elles étaient même capables de vendre une partie de la production et de placer l'argent dans des activités qui génèrent des revenus.

Maintenant les gens appellent les jardins dans les tranchées des tombes pour la faim parce qu'elles disent qu'elles y enterrent leur faim. Shirley voit une nouvelle vie apparaître au sein de la communauté. Quand on pense que tout a commencé avec un tas d'ordures!

http://www.farmradio...-5script_fr.asp

Modifié par Tis, 05 juin 2014 - 22:26 .


#9 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 337 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 13 novembre 2005 - 00:25

Agriculture urbaine: l'avenir d'un oxymore

"Ceux qui, enfants, se sont glissés dans le carré de tomates en été ont en mémoire les tiges vues de dessous comme une forêt mystérieuse et odorante, l'impression de vigueur qu'elles dégageaient, les éclats poilus aux aisselles des feuilles, les fruits à venir, stalactites minuscules, enfin les tomates mûres, tièdes et charnues. Ils se souviennent aussi du sol paillé, tout doré, de la présence de framboisiers un peu plus loin, de guêpes jaune et noir frénétiquement accolées à une seule prune tombée à terre."

Rien à dire: pour ce qui est de ranimer la nostalgie infinie du citadin en manque, et de lui faire respirer à même le papier une symphonie d'odeurs perdues, Stratégies de la framboise, le livre de Dominique Louise Pélegrin, assure. Mais on naurait peut-être pas jugé utile d'en parler ici s'il se contentait de cela. Or Dominique Louise Pélegrin est jardinière, mais aussi journaliste - incorrigiblement journaliste. Au moment d'écrire ce livre, elle a donc relevé le nez de ses propres semis pour s'intéresser aussi à ceux des autres. Et elle attire l'attention sur ce phénomène en plein essor, encore peu connu du grand public: l'agriculture urbaine. Parmi les citadins, qu'on croyait tous convertis, de gré ou de force, au fast-food et aux surgelés, l'engouement pour le potager ne cesse de croître. Il faut patienter parfois des années avant d'obtenir une parcelle sur les anciens jardins ouvriers - rebaptisés "jardins familiaux" -, tant la liste d'attente est longue. Sur le toit d'une école, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, les élèves cultivent avec ravissement narcisses, jacinthes, radis et haricots. A Paris encore, une association de quartier tente de transformer les abords de l'ancienne gare de la Porte de Clignancourt en un vaste potager pour les enfants des écoles. Dominique Louise Pélegrin interroge: "Puisque, définitivement, nous sommes urbains, pourquoi ne pas rapatrier les campagnes dans les villes? On loue bien des appartements avec parking. Bientôt, il sera peut-être banal de louer un jardin pas loin de son appartement."

Bien sûr, le potager n'est pas une bulle en dehors de la société, où, magiquement, on aurait tordu le cou aux valeurs de consumérisme et de compétitivité en vigueur partout ailleurs. Dominique Louise Pélegrin dresse un inventaire éloquent des noms dont on baptise ces malheureuses graines: "Monstrueux de Carentan" pour les poireaux, "Atlantic Géant" pour les potirons, "Connovers Colossal" pour les asperges, "Goliath" pour le chou-rave, et même "Geant Mammouth Perfection" pour le fenouil. Elle raconte comment les concours organisés dans les jardins familiaux poussent à utiliser toujours plus d'engrais et d'insecticides: "Nous ne parlons plus d'un jardin mais d'une infirmerie. Il faut que les maladies soient éradiquées avant d'être apparues, que les insectes parasites s'éloignent avant d'avoir pu approcher. Pour le reste, ce ne sont plus la terre, l'eau, le soleil qui font pousser les plantes, mais nous." Sans parler de tout l'équipement ultrasophistiqué et de la littérature péremptoire fourgués aux jardiniers du dimanche et que, pour sa part, elle rejette. Elle préfère se fier à l'expérience, à li'ntuition. Dans un monde obsédé par un idéal de maîtrise totale, et qui exige des résultats immédiats, elle apprend à attendre, à patienter. Elle apprécie aussi cette part du travail qui consiste simplement à couver le jardin d'un oeil attentif et bienveillant, affalée dans une chaise longue: elle compare le jardinier au pilote de navire de la Grèce antique, qui devait "écouter les sonorités de l'eau sur la coque, vérifier de temps en temps l'emplacement des étoiles, entendre avant les autres le rugissement d'un animal fabuleux jailli de quelque caverne sous-marine"

Bref, pour peu qu'on ne tienne pas absolument à reproduire partout les mêmes aberrations destructrices, le jardin est une voie à explorer. L'agriculture urbaine, à laquelle le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a consacré un rapport en 1996, correspond d'ailleurs à une tendance de fond: "On cultive le long des routes en Afrique, sous les lignes à haute tension à Rio, aux frontières des terrains de golf, sur les plates-bandes des hôpitaux, près des usines ou des aéroports comme à Manille." A Moscou, 70% des habitants ont un carré de légumes; à New York, ils sont 30% à s'activer dans les "community gardens", dont le nombre a considérablement augmenté ces dernières années. Dans un bidonville péruvien en autogestion, à l'aspect inhabituellement verdoyant, les familles qui le souhaitent se voient attribuer gratuitement une parcelle qu'elles cultivent grâce à un système de récupération et d'épuration des eaux usées. Huit cent millions de personnes consomment ainsi les produits de ces potagers urbains. Un paradoxe au moment où, dans le monde entier, les paysans, laminés par le libre échange, cernés par les multinationales céréalières qui tentent par tous les moyens de leur fourguer des OGM, vivent - et les populations entières avec eux - une crise sans précédent...

On imagine volontiers que ceux qui, dans les villes, cultivent par nécessité, et non d'abord par plaisir, appartiennent à cette catégorie de "sans" à laquelle s'intéresse Miguel Benasayag, ceux qui disent: "Nous avons cherché des moyens de survie, et nous avons trouvé une forme de vie supérieure." Au jardin, riches et pauvres se retrouvent à partager une expérience aux ramifications inattendues. Ils ont la satisfaction d'agir sur leur environnement immédiat, tout en y projetant quelque chose d'eux-mêmes - évoquant la parcelle attribuée pendant la durée de ses études à chaque élève de l'Ecole du paysage, dans le potager du Roy à Versailles, Dominique Louise Pélegrin écrit: "On se prend à imaginer que chacun, dès son plus jeune âge, puisse ainsi travailler un terrain, se confronter à lui en finesse ou en douceur, le laissant s'alanguir par moments, le reprenant en main pour mieux le laisser filer, exprimer par la friche une aspiration au laisser-aller, mesurer le travail nécessaire aux récoltes." Se nourrir, même en partie, de ce qu'on a soi-même cultivé, procure du plaisir, de la fierté, tout en éliminant les dangers inhérents aux circuits et aux modes de production déments instaurés par le marché. "C'est "potager" qui vient de "potage" et pas le contraire. Le potage, c'est ce mélange d'herbes et de légumes frais ou secs qui bout dans la marmite et indique qu'aujourdhui encore on aura quelque chose à manger. C'est le plus intime, le plus vital de l'humanité. Qu'est-ce qui nous nourrit aujourd'hui et demain? Qu'est-ce qui rend la vie possible, belle et intéressante? Qu'est-ce qui rend la société nourrissante pour chacun de nous?"

Qu'on mange ses légumes, qu'on les cuisine pour ses proches, qu'on les donne, qu'on séchange des graines, il y a là toute une production soustraite à l'univers de la consommation: on pourrait l'ajouter à la liste des "îlots de gratuité" que dresse Jean-Louis Sagot-Duvauroux. Le potager développe des échelles de valeurs et des modes de sociabilité différents. Dominique Louise Pélegrin raconte une expérience tentée aux Aubiers, une cité de Bordeaux, où des potagers ont été créés au pied des HLM; au départ, il s'agissait simplement de permettre aux habitants d'améliorer l'ordinaire. Le résultat a été bien au-delà: "En été, les odeurs de grillades se mêlent à celles du thé à la menthe, il y a beaucoup de monde. Plaisir d'être en plein air, de discuter, de montrer sa récolte à ses voisins, d'échanger des recettes et des semences. Tout le monde sait qu'il ne sagit pas que de légumes" Le potager, écrit-elle, "contribue à développer le système racinaire entre les humains, favorise des semis de relations, des échanges chlorophylliens entre individus". A croire qu'en revenant à la "trousse de survie de l'humanité", on retrouve l'essentiel à la fois au sens le plus prosaïque et le plus profond.
 

Mona Chollet

 


http://www.peripheri.../article84.html


Modifié par Tis, 05 juin 2014 - 22:22 .


#10 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 337 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 04 janvier 2006 - 11:26

La FAO pour des villes plus vertes

dimanche 5 juin 2005 par Philippe Ladame

Alphonse Allais suggérait ironiquement de construire les villes à la campagne. Dans un communiqué du 3/06/05, la FAO [1] suggère plutôt que l'agriculture trouve sa place en ville.

D'ici à 2030, selon la FAO, la quasi totalité de la croissance de la population sera concentrée dans les zones urbaines des pays en développement et près de 60 % des habitants des pays en développement vivront dans les villes.

Mais population urbaine ne veut pas dire richesse. « On estime que 1,2 milliard de personnes vivent avec moins de 1 dollar par jour et près de 3 milliards avec moins de 2 dollars par jour » explique la FAO qui précise que « le taux de pauvreté dans la plupart des villes est en augmentation, et un nombre croissant de citadins éprouvent des difficultés pour accéder à la nourriture dont ils ont besoin. Dans de nombreux pays en développement, les pauvres des villes dépensent 60 % ou plus de leurs revenus pour l'alimentation ».

La FAO pointe en outre deux problèmes liés à l'urbanisation croissante des populations. D'une part, les mauvaises conditions de circulation provoque une déperdition des denrées alimentaires évaluée à 10 à 30 %. D'autre part, les styles de vie urbains conduisent nombre de personnes à consommer plus de graisses et moins de fibres, plus de "fast-food" et moins de repas fait maison.

A cet ensemble de problèmes, la FAO propose de s'attaquer en développant l'agriculture urbaine et périurbaine, dont elle estime qu'elle « fournit déjà de la nourriture à environ 700 millions de citadins, soit le quart de la population urbaine mondiale ».

« En augmentant la diversité et la qualité des aliments consommés, l'agriculture urbaine et périurbaine peut améliorer significativement les régimes alimentaires urbains » estime l'organisation, qui cite l'exemple de la ville de Dar es Salaam en Tanzanie, où 650 hectares sont utilisés pour la production maraîchère, fournissant un revenu à plus de 4 000 paysans et aussi le projet de la FAO à Dakar (Sénégal) d'encouragement de la culture des tomates sur les toits des immeubles (rendement entre 18 et 30 kilos par an).

Il s'agit là, très probablement, d'une orientation intéressante. Plus intéressante, certainement, que la politique consistant à tout miser sur une agriculture concentrée, extensive et dépendante des transports. Encore faudrait-il une véritable volonté politique d'ampleur pour surmonter les obstacles, que cite dailleurs la FAO pour conclure son communiqué : « l'incertitude sur les droits de propriété, l'accès insuffisant à une eau d'irrigation de qualité, l'insuffisance du savoir-faire et la faiblesse des investissements ».

http://citron-vert.i...?id_article=254

Modifié par Tis, 05 juin 2014 - 22:33 .


#11 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 337 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 22 avril 2006 - 18:04

1477656040.jpg
" Vieille bâtisse comme j'en voudrais une "
http://www.ikario.ne...?album=8&pos=17



#12 Joie

Joie
  • Localisation:Sud-Ouest

Posté 14 mai 2006 - 18:14

J'espère n'être pas HS... Je poste ça car je me rappelle avoir vu des images (papier) de réalisations ou de projets vues du ciel où les construction étaient couvertes par de la végétation.


Un lien sur Hundertwasser

Sur ekopedia

Hundertwasser : L'architecte-écologiste

Pour Hundertwasser, l'écologie est clairement le mot d'ordre de l'avenir. C'est la raison pour laquelle il est indispensable de réconcilier la nature à l'homme. L'exemple le plus probant en la matière est sans nul doute "l'arbre locataire ". A cours terme, il s'agit surtout d'améliorer notre contexte de vie, en le rendant plus agréable et plus vivable. A moyen et long terme, la réussite est totale, puisque les arbres régulent l'écoulement de l'eau et contribuent à diminuer le taux de pollution.
Hundertwasser est-il utopiste ? On le lui a souvent reproché. Pourtant il ne se contente pas de présenter les avantages théoriques de ses propositions. Il a sut considérer tous les détails techniques et il est parvenu jusqu'au succès par l'application pratique de ses théories.
On lui a également posé la question du coût. En effet l'artiste ne peut nier que ses constructions demande un investissement important. A ce problème délicat, il tient le discours suivant :
" On confond valeur authentique durable et profit. (…) Chacun sait que la qualité est ce qui coûte le moins cher. Les bilans sont faussés lorsqu'on ne tient pas compte de facteurs négatifs, tels que vandalisme, insatisfaction, maladies, exode urbain, etc.… "
Hundertwasser n'a pas seulement des idées écologistes : il est un écologiste qui a le courage d'aller jusqu'au bout de ses convictions.



#13 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 337 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 15 aot 2006 - 12:03

Pourquoi ne pas imaginer le toit de votre immeuble aménagé ainsi pour le plaisir de tous ses habitants ? Pour, comme Jean Ruaud nous le propose... "le café sous la tonnelle, on rève..."


1477656147.jpg
http://jrfiles.typep...5/tonnelle.html

 

Dans les années 70 en particulier, de nombreux immeubles d'habitations et de bureaux ont été construits avec des toits terrasses qui souvent n'ont pas été rendues accessibles pour des raisons d'économies et de savoir faire en terme d'étanchéité à l'époque. Toutefois ces surfaces sont plates, profitent des avantages des étages élevés et peuvent aussi permettre à la nature de gagner du terrain en ville. Surtout ce sont des surfaces non valorisées en terme immobilier. Par exemple dans Paris il existe plus de 3 millions de m² de toiture terrasse inaccessible (source APUR)! L'enjeu est donc de taille !!
C'est un sujet en vogue aujourd'hui surtout en dehors de nos frontières, en particulier au Canada.

http://toitureterrasse.free.fr



#14 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 337 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 06 avril 2008 - 15:06

Une autre belle évocation, que je viens de découvrir au hasard d'une ballade virtuelle :

Le jardin sur le toit

[...]

Quelle chance tu as de pouvoir habiter à Venise !

J'entends cette phrase depuis que j'ai l'âge de ne pas savoir me taire.

Et dans les yeux d'en face, je peux voir défiler le diaporama des clichés pour cartes postales.

Hôtel particulier avec entrée non pas cochère mais gondolière - couleur locale oblige -, vue sur le Gran Canale ET sur la lagune ...

C'est comme si, quelqu'un te disant qu'il a un point de chute à Paris, tu l'imaginais automatiquement au troisième étage de la Tour Eifel.

Bin c'est pas ça ...

C'est beaucoup mieux :tresfache:

C'est au nord du Cannaregio, qui était le quartier des fonderies jusqu'au XVIè siècle - fonderie, ça se dit geto -, dans une rangée de larges et solides maisons subtilement coincée entre une petite rue et un canaletto en cul-de-sac.

C'est dans ce quartier que vivent la plupart des vénitiens, presque la moitié, et les touristes n'y passent guère, sans doute inquiets du manque d'animation apparente et de la maigre densité de choses à visiter :siffle:

C'est un quartier pour les habitants, la vie y est exactement pareille que dans n'importe quelle petite ville, on connaît et on salue ses voisins et les gens que l'on croise ... c'est à quatre cents mètres de la San Marco et, en même temps, à mille lieues.

La maison compte quatre étages, dont deux ont été ajoutés au XVIIè, et le jardin est sur le toit, mon frère y faisait s'envoler de jolies montgolfières en papier crépon coloré par mes soins - plus tard j'ai fait des fleurs dans cette matière, c'est une occupation géniale.

De là-haut, on voit d'autres jardins, d'autres toits et le haut des bâtiments historiques - on se lasse très vite du paysage mais c'est un bel endroit pour profiter du soleil sans devoir se traîner jusqu'à la plage.

J'y ai pris des photos qui aujourd'hui se trouvent partout sur cette engeance de Web, et j'ai aussi essayé de peindre - mais c'est très très décevant comme toiles, quelles illusions faut-il donc nourrir quant à son talent pour oser peindre dans pareille ville ?

Dans le jardin sur le toit, on fait de très vulgaires barbecues en famille et avec les voisins et j'y ai plusieurs fois planté une tente.
Je me suis ainsi retrouvée comme un lien entre le ciel immense et la famille tout aussi immense.
Là-haut, tu ne te poses plus de questions, tu sais que tu as trouvé ta juste place.

C'est un jardin de gazon entouré d'un dallage et d'un garde-fou, il y pousse des arbustes, dans de grands pots.

Une pompe à levier permet d'y faire monter de l'eau.

Il y a du romarin d'Australie, un Mahonia, divers bambous, un Aralia, un Polygala, tout ce qu'il faut pour faire jouer les couleurs et les senteurs dans ce jardin.
Pour les saveurs, il y a les herbes aromatiques et pour les fruits il y a les nains : un amandier, un mandarinier, un cerisier et un abricotier.

Huit dizièmes d'are de bonheur parfumé !
Comme tout ce qui est vivant dans la famille, le jardin sur le toit est régénté par Grand'mère.
C'est elle qui choisit et organise ce qui respire.

C'est très difficile à entretenir, un jardin sur le toit, mais tout est comme ça, à Venise, il faut rester vigilant en permanence, l'eau attaque par le haut comme par le bas.
[...]

Pour lire le texte complet c'est ici : http://www.szarah.or...ndex.php?num=24

#15 nicole sa tribu et sa ménagerie

nicole sa tribu et sa ménagerie

    deux mains gauches

  • Membres
  • 1 408 messages

Posté 02 mai 2008 - 05:04

Tis,mon rêve un monde sous la verdure.
Je vais faire démarrer une vigne au pied de la façade.
J'ai un kiwi dans un pot sous le auvent à côté du citronnier...
Je suis émerveillée par le travail des canadiens sur les toits, le nombre de petites friches est énorme....Seulement au pied des arbres en ville.
Comment passer du rêve à la réalité?
En parlant régulièrement ici de ce qu'on fait réellement?
Projet, fleurir le pied de l'arbre derrière l'école ce n'est pas très gandiose mais au moins c'est du concret. Problème pas de terreau alors que nous avons les iris et les oxalis et la menthe et des topinambours (récup totale)...La terre est dure comme du béton.

#16 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

  • Membres
  • 14 944 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:LE MANS

Posté 02 mai 2008 - 08:06

Des jardins sur nos têtes autant que vous pouvez.
Aux pieds des arbres… là, quand bien même il n'y a pas d'autre endroit, je redoute deux forts problèmes portant à conséquences:

1/ le sol est dur, parce que souvent piétinné et sec. Piocher, amender, arroser sera la réponse. Les besoins énormes de l'arbre vont instannément éponger l'eau apportée en surface. Une sorte de tonneau sans fond. Les plantes de la liste, parmi les plus robustes, s'en sortiront difficilement. L'ombrage d'une frondaison ne leur convient pas.

2/ L'arbre dans tout ça? Ses racines plus ou moins superficielles vont inévitablement subir des chocs, des blessures lors du piochage. Le terreau sera sur-ajouté et baigné d'arrosages réguliers. Cette combinaison va inévitablement nuire à la bonne santé des racines et du colet de l'arbre.

Mon conseil: Pratiquer comme pour les PdT, multiplier les sacs, varier les hauteurs selon les besoins des plantes, choisir un emplacement bien en vue, créer un jardin sur palettes facile à modifier avec un transpalette.

#17 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 337 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 02 mai 2008 - 11:35

D'accord avec toi qu'il ne faut pas blesser l'arbre mais quelques solutions me semblent possibles.

Dans un premier temps, mettre à son pied une petite couche de 2-3 cm d'épaisseur de BRF sur toute la surface disponible.
Si tu n'as pas de broyeur, Nicole, tu peux sûrement récupérer du BRF gratos dans l'entreprise d'entretien de jardin la plus proche.
Cela va couvrir le sol dur, maintenir l'humidité et permettre aux vers de décompacter la croûte en douceur sans abîmer les racines.
En attendant qu'il se transforme en humus, tu plantes dans des pots ou des sacs comme le conseille Floyd.

Puis, dans quelques mois, tu pourras semer ou repiquer à son pied des plantes compagnes avec lesquelles il pourra être en symbiose et qui ne craignent pas l'ombre.
Un assortiment de plantes sauvages des sous-bois par exemple : fougères, mousses, anémones sylvie, jacinthes des bois, myosotis, fraise des bois, scilles... (en évitant celles qui sont toxiques comme muguet, sceau de salomon, etc).
Ou des pervenches à planter seules car très envahissantes.

Si tu nous précises de quel arbre il s'agit on pourra peut-être t'aider à trouver d'autres idées.

#18 nicole sa tribu et sa ménagerie

nicole sa tribu et sa ménagerie

    deux mains gauches

  • Membres
  • 1 408 messages

Posté 10 juillet 2008 - 07:47

Faire grimper des végétaux de partout.

#19 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 337 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 18 juillet 2008 - 10:43

Un article passionnant raconte "la révolution des toitures" effectuée grâce au Club de jardinage urbain de Saint-Pétersbourg.

 
 

La saison de croissance dure de mi-Mai à mi-Septembre en Russie et légumes-feuilles, pommes de terre, tomates, etc, sont principalement cultivés en minces lits de 4 à 8 centimètres sur le toit.

Les contenants séparés pour différents types de déchets sont fabriqués et installés.  Les résidents reçoivent des instructions sur la nécessité et les avantages de la collecte sélective de déchets. Les déchets alimentaires sont collectés séparément; jusqu'à 100 kilos de légumes en décomposition sont pris au sous-sol chaque semaine et compostés. L'espace dans la cave est modifié pour la transformation des déchets d'aliments en compost avec l'aide de vers rouges. Mélanger avec le sol est critique, car ils ne peuvent pas utiliser la matière organique polluée des pelouses et des parcs de la ville. Lors de l'essai sur les métaux lourds, les légumes des jardins sur les toits avaient de plus faibles niveaux de contaminants métalliques que des légumes achetés auprès des marchés de la ville.

Un lit est réalisé avec du journal humidifié dans des contenants de plastique perforé et 500 grammes de vers, les déchets végétaux des ménages et une couche de mousse de tourbe et de la craie sont additionnés pour obtenir le bon équilibre chimique. Enfin, un apport de coquilles d'oeuf est utilisé pour absorber l'humidité et apporter du calcium avant que le récipient soit couvert. Une fois par semaine, 2 kilos de déchets est ajoutée dans chaque conteneur et après deux ou trois mois, l'engrais est prêt. Les vers et leurs oeufs sont extraits et mis au travail dans un nouveau conteneur.



Un seul quartier de la ville pourrait ainsi produire 2000 tonnes de légumes !

L'article en anglais : http://www.tve.org/ho/doc.cfm?aid=1400


Modifié par Tis, 10 juin 2014 - 21:22 .


#20 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 337 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 15 septembre 2008 - 09:15

Une idée égyptienne astucieuse, la location de toit :
 

Les toits se mettent au vert

« Le toit cultivé », il a suffi de prononcer ces quelques mots pour que quelqu'un se présente et nous guide vers la bonne adresse : le toit d'un immeuble modeste dans l'un des quartiers populaires du Caire. La scène d'en haut est impressionnante, un toit verdoyant au milieu d'autres encombrés de vieilleries paraît comme une prairie en plein désert. Comme dans une ruche d'abeilles, des personnes travaillent d'arrache-pied. Les uns ramassent les mauvaises herbes, d'autres plantent ou récoltent des légumes et les emballent dans des paquets. « C'est le projet de ma vie », dit Hanane, 30 ans, qui était au chômage il y a deux ans. « Un jour, j'ai vu à la télévision quelqu'un exposer le projet dans toutes ses dimensions. C'est comme ça que j'ai décidé de planter et de vendre ce que je pouvais produire », dit Hanane. Elle a pris en location un toit, et avec un groupe d'amis en chômage, elle a monté ce projet. Ce fut une grande réussite. Ce groupe est sur le point de créer une association et de devenir de véritables hommes d'affaires. D'un quartier à l'autre et d'un toit à un autre, on remarque la disparition des poulaillers installés sur les toits dans les quartiers populaires. Les habitants élevaient des poules non pas pour les manger, mais pour les vendre et subvenir à leurs besoins. Ce seul gagne-pain a disparu avec l'apparition de la grippe aviaire et l'interdiction de faire de l'élevage de volailles sur les terrasses. Pour eux, cette culture sur les toits a apporté une lueur despoir à leur vie. « Au départ, j'ai pensé que cela pouvait me revenir cher ou que cela demanderait beaucoup d'espace. De plus, mon mari et moi n'avions aucune connaissance en matière agricole. Petit à petit, nous avons fini par avoir de l'expérience », dit Rasmiya, femme au foyer. Cette dernière plante du persil, de l'aneth, de la laitue, du cresson, de la tomate et de temps en temps des concombres. Au moment de la récolte, elle rassemble les fines herbes en petits bouquets pour les vendre avec le reste de ses légumes devant sa maison. Ce ne sont pas seulement les toits des maisons qui se sont transformés en jardins potagers mais aussi les terrasses des édifices publics tels que les mosquées et les établissements scolaires.


La suite et les photos sont là : http://hebdo.ahram.o.../1/16/null0.htm

Modifié par Tis, 10 juin 2014 - 20:57 .