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Changer de métier


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320 réponses à ce sujet

#1 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 17 dcembre 2004 - 19:00

Souvent ces temps-ci est évoqué par les participants de ce forum un changement de métier radical, soit par ceux qui l'ont fait, soit par ceux qui sont tentés.

Certains évoquent même un "suicide professionnel".

Il me semble qu'il pourrait être intéressant de développer un peu les raisons qui y mènent et la manière de s'y prendre pour aider ceux qui comme moi se sentent incapables de continuer leur job mais n'osent pas encore se lancer.

#2 Johan de Dina

Johan de Dina
  • Localisation:Comtat de Nissa
  • Intérêts:Oeuvre du phylosophe Inuit : Apert SooN

Posté 17 dcembre 2004 - 20:19

C'est effectivement un propos qui est apparu plusieurs fois dans ce forum.
"Le suicide professionnel" et c'est la première fois que l'on fait appel à ce concept pour signifier un début rupture avec le systéme.
Rompre avec une carière et un avenir social, est un peu comme "brûler ses vaisseaux", dont l'expression vient des conquistador.
En fait matérialiser un retour en arrière impossible pour aller vers l'inconnu.
C'est un peu une manière de se forcer la main, lorsque l'on hésite......
Et oui, la sécurité, le pognon, le pouvoir, le regard des autres, la réussite sociale et médiatique, l'illusion de séduire et d'être aimé, considéré etc....
C'est pas facile à lâcher , d'ailleur tout votre entourage reprends le refrain "soviétique": " Mais tu es fou".
" Celà va te manquer, tu vas rentrer en dépression,tu devrais consulter, t'arrêter, prendre du recul".
Je me suis arrêté, j'ai pris du recul, j'ai sauté le mur et je cours toujours.
Maintenant, c'est pas parceque l'on s'est évadé que l'on sait quoi faire. On réaprend à vivre et à réfléchir avec le temps.
Cette année, je vais passer un autre cap; celui de me démunir complétement.
Rassurer vous, je ne viendrais plus à terme perturber vos discussions. Je n'aurais plus de télephonne, donc plus d'Internet, et je n'utiliserais plus EDF.
Mais c'est un cheminement que j'aurai fait sur cinq ans et avec une éducation qui m'y avait préparé.
Juste un détail: Un métier c'est manuel, et pour l'exercer il faut plusieurs longue années d'apprentissage et plusieurs années de maïtrise. Aussi il serait domage de changer de métier.
Comme m'avait dit un vieu berger qui m'avait connu gamin et à qui j'essayais d'expliquer ce que je faisais dans la télévision.
" C'est peut-être une bonne place, mais c'est pas un métier".
Parlons donc de changer de proffession où d'activité.

#3 Corpse Grinder 666

Corpse Grinder 666

    Bricoleur autonome

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  • 2 317 messages
  • Genre: Homme

Posté 18 dcembre 2004 - 00:10

je dois bien avouer une chose , même si RMIste c'est pas facile pour les fins de mois et dans le mois en general (serrage de ceinture) , que la retraite n'existera pas (et même si je n'avais pas été RMIste, je ne l'aurais pas eu, vu le nombre d'années qu'il faut, sans parler qu'elles vont être augmenter encore une fois ...) même si je n'y comptais pas , que la situation n'est pas dite "stable" et sécurisante , je dois bien avouer que j'ai eu du temps pour moi et j'ai appris pleins de choses que ce sois par le net ou par les bouquins et en plus j'ai eu du plaisir : prendre le temps avec les amis (et mon amie :biglol: ) et ne pas se sentir fatgué après une longue journée de boulot .

...

Modifié par Corpse Grinder 666, 18 dcembre 2004 - 00:10 .


#4 cerise

cerise
  • Genre: Femme
  • Localisation:Provence

Posté 18 dcembre 2004 - 10:18

Cette année, je vais passer un autre cap; celui de me démunir complétement.
Rassurer vous, je ne viendrais plus à terme perturber vos discussions. Je n'aurais plus de télephonne, donc plus d'Internet, et je n'utiliserais plus EDF.

:biglol: :roll: tu nous manqueras johan, j'espère que tu ne renonceras pas à la poste et au courrier écrit ;) en tous cas, d'ici là continue de nous apporter ton expérience et préviens-nous qu'on ait le temps de se préparer aussi ! ;)
Pour ce qui est de la retraite, je n'y ai jamais crû non plus pour moi, avec l'exemple de mes parents agriculteurs, qui après avoir été saignés toute leur vie par les cotisations de la MSA, n'ont eu qu'à peine plus que le minimum vieillesse, et encore pas longtemps car ils faisaient partie de la génération d'agriculteurs qui été programmée pour fermer boutique, et ça, ça accélère aussi la fin de vie. d'où ma haine contre la MSA et cie, à moins de trouver un moyen de profiter d'eux, le RMI par ex. quand mes parents l'ont eu un temps avant de toucher la retraite MSA, c'était juste après une faillite et d'un coup ils se sont sentis riches, avec les remboursements sécu gratis etc. Mais ils étaient d'une génération où ils l'ont vécu comme une honte, et n'ont compris que trop tard qu'ils s'étaient vraiment faits avoir toute leur vie. Si quelqu'un a des plans pour vivre du travail de la terre sans filer un rond à la MSA, je suis toujours preneuse !

#5 _mirza_

_mirza_

Posté 18 dcembre 2004 - 10:39

Ah tiens, je viens jeter un pavé dans la marre de l'emploi. Moi à qui vous avez donné à réfléchir, ces derniers temps, avec vos histoires de suicide professionnel ! Ça m'a fait me poser la question de façon directe, brute ; je l'ai déjà évoqué dans d'autres discussions.

Le pavé dans la mare, c'est que moi j'aime mon travail. Un vrai déchirement pour moi du coup, de réaliser qu'il est en partie incompatible avec mon souhait de vie dans l'absolu. Je suis chercheure (je ne vous dis même pas le domaine tellement ça vous ferait rire!).

Ça m'a fait du bien de réfléchir à ça, de manière crue comme ça ces derniers temps, de me dire que "rester" ou "partir", quoi que je décide, à chaque fois que j'y pense je fais un choix. Pour l'instant mon choix est assez régulier: je "reste". Hé oui, j'aime mon travail que je vous dis !! :biglol:

Il y a aussi que je trouve les réflexions de Johan d'une grande justesse (et d'une grande justice). Peut-être qu'un jour je me forcerai la main à mon tour, j'ai le temps je suis jeune, et ne suis pas encore rassasiée de ma vie actuelle, bien que déjà l'on me traite parfois de "folle" parce que ce n'est pas forcément tout ou rien: je travaille oui, je n'ai pas de métier mais je fais d'autres choses, mon travail n'est pas mon unique occupation et tant mieux. Je veux dire: sans doute que pas mal de monde qui travaille est dans ce cas, à avoir plusieurs vies, pas toujours complètement compatibles a priori, et pourtant,... ça marche, on peut équilibrer le tout en veillant à rester éveillé sur ce que l'on fait, et pourquoi. :roll:

#6 Miette

Miette

    Terrienne en période d'essai

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  • Localisation:vaucluse eheh

Posté 18 dcembre 2004 - 11:26

Voilà je vais vous raconter un peu mon parcours, en espérant que vous ne trouverez pas ça trop long, et puis si ça peut vous encourager à lire la platrée qui suis, moi aussi ça m’a paru un peu beaucoup long parfois ! :biglol:
J'espère que ça pourra apporter quelque chose.

Personnellement, avant de faire un boulot qui me plaise, il en a coulé de l’eau sous les ponts !
Mis à part, faire du baby sitting à 12/13 ans (quoique c’était plus ma mère qui en faisait !), et lui filé la paluche quand elle bossait dans une boulangerie, mon premier contrat je l’ai signé chez Mc Donald (eh oui !…), où je suis restée 2 ans et demi pendant mes dernières années de lycée.
ça m'a vite donné un apperçu de ce que pouvait être le monde du travail...
Le fait de faire les anniversaires pour les gamins là bas, m'ont fait me rendre compte que j'aimais bien être avec eux, que j'aimais bien leur peinturluré la bouille de maquillage, surtout quand les grands mères s'amusaient à leur mettre des petits chemisiers bien blanc plein de dentelle, et que la gamine voulait se déguiser en coccinelle .... :roll:
ça m'a fait aussi me rendre compte que c'était n'importe quoi ce monde... Maquiller parfois jusqu'à 15 gamins en 1/2 heure pour qu'ils aient le temps de gober leur cheese burger, avec les frites dans les trous de nez, à consommer à emporter, pasqu'on a pas que ça à foutre !...
Me rendre compte qu'il y avait beaucoup de maman qui n'avaient plus envie de se faire chier à faire un anniversaire pour leur gosse, avec plein de marmailles qui retournent la baraque..... ;)
Me rendre compte, d'injustices phénoménales et lever en l'air mes pourboires en criant victoire pour ensuite les mettre dans mes chaussettes puisque nos costumes de sandwich human avaient les poches cousus.
Me rendre compte qu'on se marrait bien avec Didier d'être délégués du personnel, à essayer d'écarter les serres d'un rapace qui a perdu son âme. Il a fallu même qu'on se batte pour que la personne qui changeait l'huile des friteuses ai des gants non troués... ;) On leur a mis l'inspection au derrière, et c'était dépitant et très drôle à la fois de voir l'inspecteur jouer au bandit et au voleur avec le grand patron du hamburger bitterois ! Fichtre !

J'en ai eu marre. Et ma vie en parallèle faisait que je ne pouvais plus rester içi. Il fallait que je me barre. Je me suis laissée persuadée qu'un BTS commerce serait très bien pour moi.
Et je me suis barrée à Nîmes, après avoir pris le premier appart qui venait. Avec quelques affaires, un peu de meubles, et minou.
Après les 2 premières heures au BTS, il y a eu une récréation. J'en ai profité pour partir. Je ne me sentais aucune présence avec ce lieu, avec ces gens.
Je me suis mis à faire de la restauration classique à droite et à gauche.
Essayer de vendre des livres en porte à porte, faire un stage de recherche d’emploi avec la mission locale…
Les restaurateurs étaient tous plus voleurs les uns que les autres, à parfois m’obliger de ne pas avoir une jupe plus longue qu’en dessous du genou ! J’en ai envoyé ballader des restaurateurs, ai fait plus d’une dizaine de lieu différent jusqu’à mon dernier employeur, pour qui j'avais plaisir à bosser même s'il ne me payait pas. Il me nourrissait, et faisait profiter au serveur et à moi même qui était à la plonge, de ses week end, chez une femme, qui avait 2 caravanes à Marguerite, dans le magnifique arrière pays nîmois.
L'entrée de ce lieu est aussi bien camouflé que le village secret des amis de robin des bois.
Les gros objets métalliques qu'elle s'amusait à suspendre un peu partout, se balançaient lourdement et nous permettait d'entendre le vent parler.
On prenait nos douches en plein air, les pied sur des dalles en pierre.
J’étais bien. Je sentais que c’était dans ce genre de vie simple, rudimentaire mais de partage que j’étais bien.

Mais l'impératif monetaire et productiviste m'appelait, et puis il me fallait devenir.
Tout cela ne pouvait pas durer, le patron était en faillite, et il nous a annoncé autour d'un repas fabuleux et d'une bouteille de chateau neuf du pape 69 je crois, qu'il lui fallait fermer boutique.
C'est sur qu'il ne marchait pas. Il était un peu trop caché, car les touristes sont plus consommateurs que curieux. Et il ne voyaient pas souvent, qu'au détour d'une porte d'entrée de batiment, il puisse il y avoir une grande cours ou un saule énorme pleurait à chaude larme, ses feuilles ensoleillées sur les tables de 2 restaurants qui avaient bien le temps.
J'ai voulu passer le BEES d'équitation (diplome pour être moniteur).
Il n'y avait que la possibilité de ce qu'ils appelaient les contrats solidaire je crois, non contrat de qualification. J'étais donc payé 3000 F (en 1997 ou 98), étais logée gratuitement au centre équestre, et était palfrenière 28 heures par semaine, et avait le reste du temps pour aller en cours, et apprendre ce metier.
ça m'bottait !
J'arrive là bas, essayes de négocier d'être nourri et qu'il me donne la possibilité de déménager gratos.
Il me dit à peu près dans ces termes là : "Ce n'est pas grave si tu n'as pas d'argent tu pourras me payer autrement."
Je ne dit pas un mot, je tourne les talons et me barre.
Parallèle important, pendant cette periode, dont je ne me rappelle plus trop la chronologie des évènements, j'ai rencontré l'argile. Un jour où je me passais pour la énième fois devant ce magazin qui vendait des matériaux d'art, j'ai été appelé dans la boutique, et je me suis retrouvée peu de temps après, chez moi, a déballer mon premier pain d'argile.
Je me suis mise à passer les premier examen du BAFA (mini formation pour être validé animateur) et je suis allée vivre chez un ami.
L’avenir ne s’annonçait pas joyeux, joyeux, et je me sentais dans une impasse, qui me donnait envie de tout plaqué et de me barrer.
L’ami chez qui j’étais, avait bien du mal lui aussi, lui qui avait passé sa vie sur les routes d’Europe avec son baluchon, se retrouvait, là, comme un oiseau en cage, maigre, et fragile dans sa 40ainte délicate et eféminée. La société n’avait pas trop sa place pour ce genre de personnes non plus.
Nous convenâmes donc de partir au moins 2 mois en Inde, que j'allais me marier là bas, empocher 30 000 F, et avoir un appart gratos pendant 2 ans à Nîmes.
Quelques jours avant le départ, je rencontre le père de l'homme que je devais épouser.
Je dormais dans une chambre, où il y avait 2 lits une place, l'un le long d'un mur, et l'autre le long du mur suivant.
Je pars me coucher, en première.
Peu de temps après arrive le père. J'ai du retenir mon rire quand je l'ai vu fagoté dans un slip enlacé à la manière de son turban qu'il n'en finissait plus d'enlever !
Seulement, je n'avais plus du tout envie de rire quand j'ai vu l'homme s'approcher de moi et commencer à me caresser le bras.
J'ai eu un geste très brusque, l'homme est allé se coucher.

Le lendemain j'en parle à l'ami avec qui je devais partir.
Il ne sait pas quoi dire, et n'a ni de réaction envers moi, ni envers l'homme.
J'ai pris un sac de fringue, ma percu, mon chat et je suis partie.

Après quelques temps passés chez un autre ami, un mendiant, un jeune, si perdu...
La vie était trop oppressante, alors je suis remontée à Paris, vers mes grands parents et la soeur de ma mère, je me sentais perdue.

J'ai vécu un peu chez mes grands parents, zoné pendant quelques mois, ai essayé de passer le concours d'entrée pour faire la formation de guide touristique dispensée par l'AFPA (Association de Formation Pour Adulte).
Il me fallait pour cela rediger une sorte de dissertation sur les tours opérators...
pour sûr, ça m'a vachement motivé !
J'ai foiré l'entrée.
Je me suis mise à rezoner, mais pas longtemps parce qu'avec mon grand père on se laisse pas aller ! ;)
Moi j'avais qu'une envie, c'était voir le moins de monde possible, qu'on me laisser zoner peinard, me délecter de ma tristesse, de mes tentatives de poésie noire et virulante ou m'enfermer dans la caravane pour taper sur ma peau de chèvre. Bref, j'étais un peu associale quoi !.... ;)

Nous étions en décembre, et c'est à cette periode là que mon frère m'a fait venir au Zimbawe, là où il travaillait.
La savane immense et son abondance de vie m’ouvrit de tout autres horizons et une toute autre vision du monde !!!
Des animaux dans tous les sens, qui rugissaient, volaient, jaquassaient, sautaient, d'un côté un troupeau d'au moins 200 éléphants, de l'autre un nuage d'aigles qui semblaient bien aimer enquiquiner le tapis de babouins qui s'étendaient sous eux.
Des coudous, des impalas, des hippotames, des secretaires, des dindons sauvages, lions, guépards, hyènes, gnous, marabous, vautours, des centaines d'écureuils, des macaques... Ils affluaient de toutes parts, impossible de savoir où regarder, de la vie partout, une explosion !
Malgré le fait que nous étions de ces putains de touristes qui parcourent la savane en 4x4, malgré le fait que je n'ai pas eu beaucoup de contact avec les autochtones, j'ai des images, gravées d'eux, la salle de classe qui changeait de taille et de place au grès de l'ombre mouvante du baobab....Ces enfants se dandinant sur le bord des routes, et qui arrivaient à faire une pièce de théâtre en l'espace de quelques secondes, cette femme, vouter sur son champs à bêcher une terre dure comme la roche sous un soleil entier, et brûlant, cet homme, que l'on a croisé en pleine savane, notre véhicule énorme et encadré d'une cage, rencontrant ce spectateur, baluchon à l'épaule et foulant le sol de ses pieds nus….
Cet homme a du comprendre ce que c'était qu'un zoo si il en avait entendu parlé.
Je suis rentrée en France, pleine de cette vie que déjà la ville me vampirisait à nouveau.
Mais j’étais pleine de conscience, que je me sentais entière et vivante comme je l’aimais parmis la vie sauvage. Que je ne ressentais aucune peur de dormir en pleine savane avec tous les sons plus étranges et puissants les uns que les autres, alors que j’étais très souvent tétanisée et angoissée en banlieue du sud de Paris.

En revenant je suis allée vivre chez ma tata.

Elle m'a convaincu de passer la fin du BAFA moi qui ne voulait pas, injuriant le fait qu'il faille débourser 3000 F pour une formation de 3 semaines !
Je faisais donc le stage pratique dans un centre de loisir qui m'apparu comme une cage à enfants, ce centre disposé dans un hangar, sous lequel, dès les premières heures du matin, on pouvait voir et surtout entendre environ 150 enfants, courrir en tous sens, hurler et faire absolument n'importe quoi !!! ;) J'ai vite compris que je ne voulais pas travailler dans un truc pareil et force 10 avec les évènements qui s'y déroulèrent. Mais qui me fit découvrir une attirance pour la chorégraphie.
Un jour nous avions sorti les tables dehors, et fabriquions des batons de pluie, en ramassant des petits caillous au sol, peignant les rouleau en carton récupérer chez babou et qui servaient à enrouler les tissus qu'ils y vendaient.
Après les avoir bouché en leur deux extrémités, nous les avons peint. Je commençais à me sentir bien, seulement, à la veille de notre petit pestacle, tous les batons de pluies avaient disparu.
Le directeur adjoint les avait jeter, en disant qu'ils tranaient dans la salle de matériel, et qu'il pensait pas que ça servait à quelque chose, alors qu'il nous avait vu les fabriquer avec les enfants, quleques jours auparavant....
Le lendemain, nous fîmes tout de même la chorégraphie, mais avec des manches à balais mais je sentis que je ne voulais plus travailler en centre de loisir.

Je fis le stage d'approfondissement du BAFA, qui était orienté art, et j'y rencontrais celle qui allait devenir, plusieurs années après, ma poteuse, ma prof de céramique.

Je refit un petit peu de restauration, et je commençait à travailler dans les écoles pour l'accueil du matin, le temps de cantine, et les devoirs du soir. Maximum, j’arrivais à gagner 2500 F.

Puis, j'appris que l'une des écoles dans lesquelles je faisais ça, attendait un aide educateur, contrat emploi jeune, qui devait venir et qui n'était jamais venu.
Je saisi l'occasion, et devient, emploi jeune à l'éducation nationale payer au SMIC.
J'y donnait des cours d'informatiques, racontait des histoires, aidait de la recherche documentaire, en classe, accompagnatrice, art, danse...
J'emmenageais dans mon propre appart.
Toujours très associale, et farouche, je pètais sec et avait aussi pas mal d'absentéïsme, me faisait la malle quand je pouvais, et le contact avec le corps enseignant ne se passait pas bien. Je ne me sentit jamais bien à l’éducation nationale.
La nouvelle inspectrice était bien décidée à remettre de l'ordre.
Je me prends la gueule avec elle.
Moi et quelques autres filles pour qui cela ne se passait pas bien, sont changées d'écoles.
"Mais oui mesdemoiselles c'est pour votre bien !" Déplaçons le problème, il se résoudra de lui même !!! Ce fût pire pour l'une des 2 écoles, l'élementaire. Des profs qui ne me connaissaient même pas, refusèrent d'entrée que je travaille avec elles, et la directrice, qui m'acceuilli en me disant qu'içi ce n'était pas une école dans laquelle on criait sur les enfants, me plu jusqu'à ce que, quelques jours plus tard, elle entre en hurlant dans la bibliothèque qu'il fallait faire moins de bruit...
A la maternelle, cela se passait moins mal...
Pendant ces deux ans et demi, je profite du fait que l'on doit former les emplois jeunes (200 h de formation sont octroyées par an par l'état pour former les emplois jeunes). Je passe le BEATEP (attention, accrochez vous bien ! : Brevet d'Etat d'Animateur Technicien de l'Education Populaire, ouf !) avec un CEMEA option environnement, diplôme le plus demandé dans le monde de l’animation et formant à preparer et mener un projet d’animation.
Je commence, en parallèle, à bosser pour des manifestations ponctuelles dans une maison de l'environnement, et cherche en même temps un poste d'animatrice nature.
Après quelques autres, péripéties la directrice de la maison de l'environnement apprend que le syndicat de notre rivière, cherche une animatrice nature.
J'avais rencontré, quelques mois auparavant, lors des printemps de l'environnement celle qui allait me choisir pour être sa future collègue et amie.
Je quitte l’éducation nationale, pour devenir emploi jeune dans cette collectivité territoriale où je suis aujourd’hui, stagiérisée, ce qui fait que je serais fonctionnaire fin avril, qui l’eut cru ! Pas moi en tout cas !

Pendant cette même periode je commençais des cours de sculpture d'argile avec un prof de qui pendant un an, ne m'appris rien.
L'année suivante, je commençais de vrais cours, avec celle qui est depuis plus de 2 ans ma prof de céramique et qui m’a déjà beaucoup appris.

J’ai commencé un BTS gestion et protection de la nature par correspondance, ce qui me fait découvrir, que la protection de la nature, est vite devenu un commerce aussi, qu’il faut gérer et maitriser.
Cette approche ne me convient pas, et au niveau de la société, je pense avoir fait le tour de ce qui m’interessait, et avec ses différentes activités, avoir trouvé dans quel contexte j’aimais le plus vivre, que la fusion enfant/nature était pour moi source de joie, mais qu’avec l’éducation nationale, tout devient plus rangé, bitumé et forcément moins charmant….
J’ai donc plaisir à pouvoir intervenir dans les écoles, sans être un pion de l’école, dans laquelle, enfant ou adulte, je n’ai jamais trouvé ma place, je ne m’y suis jamais senti bien.

Aujourd’hui, malgré le fait que je sois encore un pion de la société, je m’épanoui beaucoup dans mon travail car les gens m’y font confiance, et me laisse beaucoup de liberté dans mes idées, mes envies, et mes prises d’initiatives, et ça, c’est énormément précieux.

Voilà les grandes lignes de mon parcours, qui m’ont fait me rendre compte que lorsque trouver sa place est vraiment important pour soi, on avance toujours dans ce sens !

Allez, courage ! Prochaine étape : apprendre et approfondir la capacité à l'autonomie !


;)

#7 nounette

nounette

Posté 18 dcembre 2004 - 20:46

Bonjour miette et le corpse,

Merci à vous de vous être présentés, au fil de vos lignes cela me permet de mieux vous connaître.

J'ai retrouvé beaucoup de mes propres épisodes dans le témoignage de Miette.

Moi aussi le Mac Do, quand j'étais étudiante et de surcroît enceinte. Mais c'était à contre-coeur, je vomissais simplement à l'idée de devoir y travailler, écoeurée par ces odeurs de graisses animales, de fritures, de lessives américaine ....
J'ai rendu mon tablier un dimanche matin vers 10H00, quand un Manager a demandé à un de mes collègues de nettoyer le bac à stroumcph ... autrement dit le réservoir à graisses, qui n'avait pas été nettoyé depuis un mois, si ce n'est plus !!!
Je vous laisse imaginer l'odeur, les asticots ( protéine animale, il y avait de quoi faire !!!!!!)
Plusieurs sacs poubelles de 50 litres. Je me demande encore si je ne l'ai pas cauchemardé. Insupportable


Porte à porte pour vendre des bouquins ; les éditions Atlas. Incapable de vendre quoi que ce soit mais beaucoup de temps à écouter mes contemporains. Je me souviens notamment d'une visite qui s'était terminée vers une heure du matin et où j'avais partagé certaines conceptions de la médecine que je retrouve sur ce forum avec une femme. Elle soignait ses enfants avec des bonbons et ses enfants le savaient. Ils avaient décidé en toute connaissance de cause, de prendre un smarties marron quand ils avaient mal au ventre, un tic tac orange pour le mal de tête ....etc, et l'effet placebo faisait le reste. Là où c'était très fort, c'est que les enfants n'étaient pas trompés, ils savaient qu'ils prenaient des bonbons et cela marchait quand-même.


Dès ce moment, je me suis rendue compte que le commercial n'était pas fait pour moi et j'ai embrassé une carrière très sociale :
éducatrice dans un Foyer Jeune Travailleur, Accompagnement Social Lié au Logement pour le Cllaj, Ecoute pour un Service d'Aide aux victimes, Délégation Régionale au Droit des Femmes .....et j'en passe.

Depuis quelques années, j'ai trouvé mon bonheur à la Sonacotra ; je voyage au fil de mes rencontres avec les personnes que nous accueillons ; les Comoriens, les Bosniaques, les Africains, Les Russes, ... Bien sûr , j'ai envie de voyager mais ils m'apportent déjà beaucoup !
C'est un boulot qui flatte l'égo et pour le chercheur en job éthique, cela pourrait être une piste - A propos, Ecliptux a-t'il trouvé ou renoncé à chercher ?-
Quelle joie de savoir qu'un peu grâce à vous, une personne ne dormira pas dans la rue ce soir. C'est ce qui fait que j'aime mon travail même si, il m'arrive très souvent de douter ; n'est-on pas les cache-misère de la société, n'est-ce pas un moyen de parquer les plus pauvres en périphérie des villes, pour que ceux-ci ne soient pas visibles sur les quais des gares, pour que les nantis puissent continuer à vivre et gaspiller sans avoir trop mauvaise conscience ?

Tout le monde n'a t'il pas droit à un logement décent ?
C'est dans notre constitution ; il faudrait que les choses changent et 7.5 M2 en termes de normes d'habitation, je ne suis pas sûre que cela soit correct. Lire à ce sujet sur le site de la documentation française, les excellents rapports du Haut Comité pour le Logement qui défendent autant que faire se peut, une politique du logement plus humaine et volontariste.

Bien avant, des études en Sciences Economiques, à la fac de LYON II. Liepietz, Marx, le tiers-mondisme, j'ai eu de bonnes bases politiques même si maintenant je me tourne vers des mouvements plus contestataires. L''excellent site sur la décroissance, m'a particulièrement plus, avec l'économiste Russe, et la restitution sonore de la conférence de Lyon.

Comme quoi, parmi les Economistes, il y a aussi des voix qui s'élèvent contre le Libre-Echange à tout crin et l'AGCS.

En ville, seule avec deux enfants, pas possible de vivre en autarcie pour le moment, même si les courses se réduisent à leur plus simple expression : huile, sucre, farine, beurre. Pour le reste, système débrouille ; les sous-bois, des amis, des jardins d'insertion, de la menthe sur mon balcon pour le thé, du romarin, du thym ....

Je peux rajouter aussi que si vous avez besoin de descendre sur Lyon un jour, ma porte est grande ouverte, même si cela ne plait pas toujours à mon ado de fille, qui est en train de se définir en opposition complète à mes valeurs : les marques, la BMW M5, Nike, elle tachine du Serggio, la consommation à outrance, si possible, de produits high tech. ARGHH!!!ARGHH!!!!! Aidez-moi.

Un jour peut-être, elle reviendra aux vraies valeurs, mais pour le moment c'est assez hermétique entre nous. Nous n'avons pas les mêmes "chats", mais il faut bien que jeunesse se passe .....

#8 Miette

Miette

    Terrienne en période d'essai

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  • Localisation:vaucluse eheh

Posté 18 dcembre 2004 - 21:42

oui, comme nous au moment où on a bosser pour mc do...

J'imagine que mon éventuelle enfant bosse pour mc do et ça me ronge les trippes, et pourtant je n'ai pas enfanté, et pourtant je l'ai moi même fait !

Je pense que les moments de perditions sont necessaires, en tout cas, ils sont innévitables, ce que tu as au fond du coeur, moi je suis persuadée que ta fille le sents, le vis, au plus profond, mais le monde de la ville occidentale est destructeur aujourd'hui... Et si trouver, en amour, en bien être, en partage, c'est si simple et pourtant cela fait presque parti de l'exploit ici !

Moi j'ai envie de te dire un truc Nounette, fais confiance à ta fille, elle se retrouvera;
Aujourd'hui, ici, c'est une mode d'être pas bien à l'adolescence, et de faire tous les trucs les plus poufs de l'univers !!!

Moi aussi ado j'ai eu une periode ultra chaotiques, j'allais en discothèque à l'âge de 13 ans, j'en faisait facile 18 et je me défonçais la gueule à coup de whisky !...

Alors non, je ne m'estime pas du tout comme une référence, mais je sais que malgré tout ça, ma mère, à planter en moi, une graine précieuse et indélébile, celle de la vie, celle des valeurs qui lui étaient précieuses... Et ce malgré le chaos, malgré l'environnement.... Cette graine là à gerner, et fait que je suis ici aujourd'hui, et fait que j'ai envie d'une vie plus juste, plus harmonieuse et que je sois terriblement tenace et obnibulée en ce sens.

Moi, si je me replonge dans ces moments où ma mère était présente, ce que je vocifèrerais de mécontentement c'est : "t'es trop seule maman ! t'es trop seule !"

#9 Corpse Grinder 666

Corpse Grinder 666

    Bricoleur autonome

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Posté 19 dcembre 2004 - 02:43

nounette : merci pour ton intervention (idem pour miette) même si nos histoire ne sont pas les même, je m'y retrouve :biglol:

Je n'ai pas d'enfants (je crois que j'en aurai pas : j'en veux pas ;) ) , mais mon amie est une fille qui a vecu avec des parents "ecolo" (encore maintenant même si ils sont divorcés ;) ) et les soucis avec ta fille sont les même qu'elle , adolescente :

Je resume rapido :

Elle ne pouvait plus: voir ses limites imposé par un systeme qui s'interesse à l'eau et qui limite les quantitées d'energie qui detruit l'environnement tel EDF :
boite de nuit et j'en passe ... elle finit par être banquière pendant .... 10 ans ... elle en a eu raz l'cul et vira de son boulot (alors que lorsque tu es banquier(e) tu y ai à vie sauf si tu choisis une autre direction ;) ) ... elle travailla sur elle même avec l'aide d'autres personnes (moi , je vais commencer , à l'aide d'une psychotherapeute), mais aussi par 4 ans de cours de psy. ... et maintenant elle revient sur les principes de ses parents (même si elle n'a rien à voir avec eux) .

On en a discuté et en fait on s'apercoit vite , que ceux que veulent les parents c'est que leur enfant fassent ce que eux n'ont pas fait, les enfants ont dès leur naissance (et chacun de nous) un poid qu'ils traineront pendant longtemps (beaucoup le trainent toute leur vie : un travail sur sois même est necessaire) la reponse première est l'opposition , mais cette opposition que l'on fait quasiment tous (moi le premier) est basé sur ce que nos parents , nous ont mis sur le dos et de ce fait n'est pas une véritable reponse .

exemple pour le travail :

Mon père m'emmenais pêcher lorsque j'étais gamin .
J'ai fait un BTA aquacole et je suis aquariophile
mais aussi un projet d'installation (SIL) en aquaculture après mon BTSA ...
Plus tard, je me suis rappeler que le plus grand souhait de mon père était d'être agriculteur ...

Je m'interesse aux huiles essentielles , ma mère avant s'y était interessé bien avant moi tout comme les plantes .

Le travail n'est pas ma joie :

Mon père m'engueule car je ne bosse pas, malgré ce que je lui en dis (le travail = tue , c'est mal payé, des heures qui n'en finit plus ...etc...) ancien militaire (je suis anti-militariste) mon père a respiré des peintures toxiques et ai devenu "handicapé" il a besoin d'une canne , malgré de nombreuses années de procès (plus de 20 ans) contre l'armée (donc son boulot) , celle ci à eu gain de cause par l'usure (en enchainant les appels) ... mon père, qui avant avait travaillé chez un artisant (vers les 18 ans : et oui je suis remonté jusque la pour mieux comprendre) dans l'electricité , après des questions (pourquoi être passé de l'electrique à l'armée ?) je m'apercu qu'il s'était barré car l'artisant le payait mal et les heures supplémentaire n'étaient pas payé alors qu'elles s'enchainaient .
Ma mère depuis qu'elle à fait 15 ans à l'hopital , c'etait mise à son compte (entrainer par mon père) puis a enchainer les boulot de porte à porte , et finit par avoir un CDD à cofiroute à faire des heures totalement décaler (son visage avait vieilli de 10 ans : je ne plaisante pas) depuis qu'elle ai à rechercher un travail ( :roll: ) , elle aime le plaisir de faire autre chose que travailler bien qu'elle se cache derrière sont (vieux?) discours de travail ressassé par la TV ...

Voila j'espere que cela apportera des solutions à certains .

Nos parents nous ont donner un boulet qu'il faut virer, si l'on veut vivre et être SOIS MEME et surtout ne pas le refiler à ses mioches si l'on en a : pour cela seul la recherche et le travail sur sois ai possible

nounette : tu devrais encourager ta fille a justement connaitre ce qui existe , tout en lui implicant les éléments qui te semblent bon (ne les apelle pas les "vraies valeurs" : c'est tellement subjectif ;) ta fille ne le voit peut être pas de cette manière la ;) ) afin qu'elle se fasse sa propre opinion ;) . Lui imposé ta vision , sera pour résultat l'opposé : crois moi ;) .tout comme lui parler des bons principes (consommation eau , EDF ... pollution) toutes les 5 min. le but est de passer ca pour un plaisir et non pour un lavage de cerveau : en parler une fois suffit , trois fois bonjour les dégats ;) .

Je ne sais pas, par contre, n'ayant pas de mômes qu'elles sont les réponses :
discuter et voir ce qu'elle peut faire afin d'aller dans ton sens et dans le siens est peut être une solution , mais surtout ne pas la forcer ...

Miette : c'est malin les boites de nuits ;) ;) ;) vaut mieux un bon concert ;) et un BON sky ;) ;)

Modifié par Corpse Grinder 666, 19 dcembre 2004 - 03:38 .


#10 Miette

Miette

    Terrienne en période d'essai

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Posté 19 dcembre 2004 - 10:07

eh, Nounette, je voulais dire, que moi aussi je doute même en tant qu'animatrice nature, dire la vérité aux enfants alors qu'ils ont signé un contrat pour perpet avec education nationale et des parents qui ont la tête dans le guidon ?
Délicat, leur dire des vérités, oui, mais de celles sur lesquelles ils peuvent agir...
travailler également avec beaucoup de politicos, qui s'autorise des innaugurations en grande pompe avec biensûr, c'est évident, l'argent du contribuable...
Enfin, je pense que dans tout mode de vie, on rencontre de fortes contradictions, puisque nous en sommes nous même bien remplis...

En tout cas, même des familles vivant dans des ecovillages, et autres communautés à bon degré d'autonomie, se retrouvent face à leurs enfants un jour qui leur demande de partir vivre à la ville, étudier dans des ecoles classiques... Beaucoup de jeunes désirent connaitre ce que leurs parents fuient, ça je crois que c'est un peu partout pareil... Et puis quand on est jeune et pas bien dans sa peau, on est très influençable, à chacun ses rythmes d'évolution, à chacun ses déclics, ses prises de conscience, etc...

Ma prof de céramique rencontre un problème similaire, elle désire s'installer à la campagne mais a une fille qui a une forme d'handicape mental faisant qu'elle ne peut pas être autonome, et son autre fille désire suivre des études pour devenir docteur.
C'est pas avec un statut d'artisan qu'elle pourra et payer le centre privé où sa première fille pourra apprendre ce qu'elle a envie d'apprendre, et payer les etudes de l'autre + sa propre vie...
Elle pense se monter en assos avec des amies, mais comment faire des bénéfices ?

Non, vraiment pas facile...
En tout cas, ce qui est certain pour elle, c'est que seule elle ne pourra pas. D'où l'intêret et humain et matériel, de se mettre avec d'autres...

Enfin, tu sais nounette, j'ai parfois des difficultés à savoir quoi faire de moi même, alors c'est pas moi qui pourrais te dire quoi faire avec ta fille ! :biglol:

Comme dirait mon grand père : y'a pas de problèmes, y'a que des solutions !

#11 _mirza_

_mirza_

Posté 19 dcembre 2004 - 10:59

moi aussi je doute même en tant qu'animatrice nature, dire la vérité aux enfants alors qu'ils ont signé un contrat pour perpet avec education nationale et des parents qui ont la tête dans le guidon ?


C'est pas un peu prétentieux, "dire LA vérité" ? :biglol: Toi qui signes "Avoir une diversité de solutions c'est nourrir un monde de diversité" ??
Peut-être que ce dont nounette parlait plus haut, cette femme qui soignait ses enfants avec des bonbons, alors qu'eux-mêmes savaient que c'était des bonbons, et qui s'en sentaient soulagés tout de même, peut-être que c'est une sorte de piste à ce dilemme que tu ressens. Peut-être juste leur faire savoir qu'il existe d'autres enfants qui font (qui vivent) différemment, déjà.

Nous (sur ce forum), et c'est l'une des idées de ce thread (dont on est en train de s'éloigner...), on s'efforce de "faire avec" toutes les choses qui nous semblent opposées, alors peut-être (sans les accabler non plus!) qu'il n'est pas complètement inenvisageable d'initier chez eux l'idée qu'on fait sans arrêt des choix. Ce que tu dis ensuite en est d'ailleurs une illustration (et qui me permet de resauter à pieds joints dans le sujet du thread -hop!):

C'est pas avec un statut d'artisan qu'elle pourra et payer le centre privé où sa première fille pourra apprendre ce qu'elle a envie d'apprendre, et payer les etudes de l'autre + sa propre vie...


Ça c'est un vrai problème qui émerge, il me semble. Organiser son suicide professionnel c'est bien gentil, certes, mais quid de nos enfants? Si l'on décide de se retirer du chemin où l'on travaille pour gagner de l'argent, on en retire également nos enfants, de fait puisque l'on n'a plus (suffisamment) d'argent, ni pour nous-mêmes (ce qui est un choix délibéré et lourdement pesé), ni pour nos enfants (pour qui c'est une obligation imposée).

Que faire si l'un d'entre eux souhaite à son tour rentrer dans ce système duquel on est sorti? Il a envie d'entrer dans une formation quelconque, qui quelle qu'elle soit sera payante, et l'on ne peut pas la payer. On ne peut pas compter sur les seules bourses qui sont certes des soutiens financiers, mais certainement pas suffisants.

Beaucoup de gens qui s'opposent à une "sortie du marché de l'emploi" et tutti quanti, usent et abusent de cet argument qui consiste à dire qu'on impose alors à nos enfants de sortir d'un système qui peut-être leur aurait plusse convenu, qu'ils auraient pu souhaiter.
Ils en usent et n'ont pas tort.
Ils en abusent et ont tort en ce que, quel que soit le choix de vie que l'on fait, on l'impose à nos enfants et il n'est certainement pas plus facile à un enfant (même adulte, je veux dire) de "s'opposer" à un choix parental de vie "normale" (avec travail pour argent tout ça), que de "s'opposer" au choix inverse (de vie hors du système majoritaire actuel). Y'a qu'à voir tous les exemples ici de membres qui souffrent parce que leurs parents ont fait le premier choix, et ne comprennent pas (sont effrayés) parce que leur enfant, lui, a choisi de ne pas en faire autant. Je pense à Rôdeur par exemple, notamment, mais ce n'est pas le seul - moi aussi p.ex. mais c'est p-ê moins marqué).

Là, on touche à un argument de poids, selon lequel qui n'a pas d'argent, ne peut pas ré-entrer dans un système fonctionnant sur l'argent. Vas proposer tes légumes au secrétariat de la fac en échange d'une carte d'étudiant !! :roll:

Modifié par Shivaya, 04 mars 2005 - 19:36 .


#12 Johan de Dina

Johan de Dina
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Posté 19 dcembre 2004 - 13:18

Ça c'est un vrai problème qui émerge, il me semble. Organiser son suicide professionnel c'est bien gentil, certes, mais quid de nos enfants? Si l'on décide de se retirer du chemin où l'on travaille pour gagner de l'argent, on en retire également nos enfants, de fait puisque l'on n'a plus (suffisamment) d'argent, ni pour nous-mêmes (ce qui est un choix délibéré et lourdement pesé), ni pour nos enfants (pour qui c'est une obligation imposée).


Voici, ce que j'ai dis à mes enfants depuis leur adolescence.
" Il y aura toujours pour vous une assiette de soupe et un coin au chaud pour dormir si necessaire. Si la situation s'agrave ou si les circonstance de la vie le rendait necessaire, il aurait aussi de quoi prendre un train, des faux papiers pour passer une frontiére et un calibre pour vous venger ou vous faire évader".
Pour le reste, vous vous démerderez, comme moi, je me suis démerder, sans demander une aide matérielle à mes parents qui de toutes façon n'en n'avaient pas les moyens.
Quoique j'ai fait mes parents ne m'ont jamais balancé et moi, je ferais de même."

S'insérer dans le systéme est aussi un choix que l'on impose à nos enfants.

J'ai une filles de 28 ans, une petite fille de 2 ans et demi et un fils de 23 ans; qui ne sont pas du tout prêt à vivre la vie que je mène.

#13 _mirza_

_mirza_

Posté 19 dcembre 2004 - 13:50

S'insérer dans le systéme est aussi un choix que l'on impose à nos enfants.

Oui c'est bien ce que je disais:

(...) quel que soit le choix de vie que l'on fait, on l'impose à nos enfants (...)

et je suis (toujours!) tout à fait d'accord sur ce point. D'où les divergences qui émergent entre parents et enfants, si les autres choisissent une voie différente de celle des uns.

C'est vrai que d'une certaine façon, j'en veux un peu à mes parents d'avoir abandonné leurs terres familiales pour faire un travail intellectuel. Parce que telle que je suis maintenant j'aurais aimé avoir des connaissances dans leur domaine d'origine, et surtout hériter de connaissances manuelles et naturelles et des terres de mes ancètres, plutôt que d'hériter d'une voiture et qqs sous (je schématise, là). Or ils ont fait un autre choix, et me voilà dans une autre voie. Me connaissant un peu, je me doute que s'ils avaient fait le contraire (le choix de s'occuper de leurs terres) j'aurais eu la réaction inverse. Dans tous les cas leur choix de vie m'a ouvert certaines pistes et m'en a fermé d'autres. Dans tous les cas j'en suis satisfaite et déçue à la fois. Bah, je n'aurais pas pu avoir les deux, alors!, c'est comme ça!

" Il y aura toujours pour vous une assiette de soupe et un coin au chaud pour dormir si necessaire. Si la situation s'agrave ou si les circonstance de la vie le rendait necessaire, il aurait aussi de quoi prendre un train, des faux papiers pour passer une frontiére et un calibre pour vous venger ou vous faire évader".
Pour le reste, vous vous démerderez, comme moi, je me suis démerder, sans demander une aide matérielle à mes parents qui de toutes façon n'en n'avaient pas les moyens.
Quoique j'ai fait mes parents ne m'ont jamais balancé et moi, je ferais de même."

Je connais cette situation (qui n'est pas la mienne du tout, mais celle d'un très proche). Je ne suis pas (encore) mère moi-même, donc je ne peux pas sérieusement argumenter sur le sujet je crois, mais je trouve cette approche très noble et très réaliste. Et très parentale (ce qui n'est pas nécessairement le cas des réactions des parents -j'en juge par mon expérience personnelle). Ça doit être sacrément difficile, d'accepter que nos enfants ne suivent pas nos pas. Enfin oui et non. Difficile mais naturel (qu'ils prennent leur propre chemin, si différent qu'il puisse être de ce que l'on aurait souhaité).

Ça me fait me dire qu'encore une fois, être parent ça doit être tellement simple dans le fond (être juste sincère), et tellement compliqué (parce que "être juste sincère", ça veut dire aussi reconnaître ce qu'on peut et qu'on ne peut pas).

#14 Tis

Tis

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Posté 19 dcembre 2004 - 14:16

"Chacun sa route, chacun son chemin,
Chacun ses rêves, chacun son destin..." :biglol:

Aucun parcours n'est linéaire et il faut accepter de se tromper, de recommencer ou de revenir en arrière. Et il faut aussi accorder ce droit aux autres, parents, enfants, amis...

Par ailleurs l'argent n'est, me semble-t-il, qu'une infime partie de ce que des parents peuvent "offrir" à leurs enfants. Une porte toujours ouverte, une oreille attentive, une affection sincère même si elle est maladroite valent mieux qu'un billet donné par quelqu'un d'indifférent à vos joies et à vos peines.

Et je pense aussi qu' il est plus essentiel d'apprendre à ses enfants à se débrouiller par eux-mêmes dans la voie qu'ils choisissent, plutôt qu'à toujours attendre un hypothétique soutien financier, héritage ou gain au loto qui n'arriveront sans doute jamais.

#15 _Shivaya_

_Shivaya_

Posté 20 dcembre 2004 - 20:03

Tis je crois que ta question (de départ) contient aussi la réponse :biglol:
En fait tu dis en avoir marre de ton job mais ne pas te sentir prête à tout lacher. J'ai connu ça et je comme mirza j'aimais mon job. Jusqu'à ce que je pense à ce qu'il y avait "derrière" mon travail et pour qui je bossait.
Quand on est le maillon d'une chaine, il faut parfois "s'élever" un peu pour voir le début de la chaine et surtout la fin de la chaine. Je travaillais dans une worl company dont je n'était qu'un maillon au millieu des 90 000 autres. Il m'a fallut quelques temps pour réaliser que je faisais parti d'un mensonge. Comme mirza je préfère éviter de parler du domaine où je travaillais. Mais la paye et les avantages étaient en corrélation avec la taille du "Fermez là vous n'avez pas à vous plaindre, vous êtes largement au dessus du marché".... Sauf que... y a un moment où ça n'est plus suffisant...

C'est quand mon travail m'est devenu insupportable, quand y venir me rendais physiquement malade un jour sur 3, quand mon envie de mettre des claques est devenue difficilement controlable, là je me suis dit que je n'avais pas d'autre choix que de partir. Par contre il est vrai que j'ai profité de leur système au maximum et que j'ai récupéré une partie de la laine qu'ils m'avaient tondu.

Aujourd'hui je suis en indépendant et l'idée de retourner travailler pour une société me rend simplement malade... :roll:

Alors Tis, tant que tu peut aller bosser sans être malade c'est que tu n'est pas prête. Quand ca deviendra insupportable, ca te paraitra plus facile comme démarche ;) C'est juste une question d'angle de vue ;)

Shivaya

#16 Miette

Miette

    Terrienne en période d'essai

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Posté 20 dcembre 2004 - 20:45

tu sais mirza, quand tu reprends de moi ça :

eh, Nounette, je voulais dire, que moi aussi je doute même en tant qu'animatrice nature, dire la vérité aux enfants alors qu'ils ont signé un contrat pour perpet avec education nationale et des parents qui ont la tête dans le guidon ?


pour repondre ça :

C'est pas un peu prétentieux, "dire LA vérité" ?


tu pourrais aussi reprendre ça :

Délicat, leur dire des vérités, oui, mais de celles sur lesquelles ils peuvent agir...


Avant de juger ?...
t'aurais pas un problème d'otite par hasard ?

bon, m'enfin, c'est bien mesquin de ma part...

Tu sais, je suis très contente lorsque l'on met le doigt sur un de mes comportement orgueilleux, faut il que le doigt se positionne au bon endroit...
Et là non. M'enfin on s'écarte du sujet encore une fois et d'ailleurs quoi de plus naturel, puisque les discutions ne sont pas figées, et que toute thématique a des liens avec d'autres thématiques...

Alors pour terminer tout de même, je suis bien une des dernières personnes à prétendre dire La vérité aux enfants. D'ailleurs les remarques des enfants m'apportent en abondance et en qualité, bien plus de remises en question intéressantes et pertinentes que la majorité des adultes, adultes trop souvent éteinds et stéréotypés.

Et pour en revenir à la thématique de base, avec les propos de Shivaya

Alors Tis, tant que tu peut aller bosser sans être malade c'est que tu n'est pas prête. Quand ca deviendra insupportable, ca te paraitra plus facile comme démarche  C'est juste une question d'angle de vue


Je trouve que c'est une reaction très extrémiste, même si je la comprends.
En ce moment, je suis en train à la fois de bosser, et à la fois de préparer mon autonomie, et tant que je pourrais faire la transition en douceur, je le ferais.
Je pense que lorsque l'on a réellement conscience de l'importance de changer, ces changements peuvent se faire en douceur, tant que l'entourage et l'environnement dans lequel on evolue y est propice. Et, et, notre etat d'esprit !
Beaucoup de gros changements se sont fait dans la violence et dans l'esprit révolutionnaire, esprit qui, n'en pouvant plus d'etouffer, éclatait soudain.
Et à y regarder de près, même si les outils ont changé, je n'ai pas la sensation que le fond, les consciences aient réellement evolué dans ce genre de contexte.
OK, il y a l'autour, mais il y a aussi nous, et resentir une telle haine, Shivaya

C'est quand mon travail m'est devenu insupportable, quand y venir me rendais physiquement malade un jour sur 3, quand mon envie de mettre des claques est devenue difficilement controlable


Je pense que c'est vraiment pas bon de changer de cap uniquement dans ces conditions. Violent pour toi, pour les autres...

En même temps, je dis ça, mais pas mal de mes changements de caps précédents ce sont fait sous pression parce que je n'en pouvais plus, et moi aussi je m'autodétruisait, et moi aussi j'avais envie de frapper parfois, mais je reste intimement persuadée que cela peut se faire plus en douceur. Et ce grâce à ce que je vis aujourd'hui.

Et si nos appréhenssions trouvaient surprises, si en fait le monde se mettaient à réussir à evoluer progressivement vers des lois et un fonctionnement plus sain ?
Nous imaginons le pire, mais ne pouvons pas envisager le meilleur et en impreigner notre état d'être ?

Sont ce les metiers les plus nefastes ou la façon de les exercer ?

#17 _Shivaya_

_Shivaya_

Posté 20 dcembre 2004 - 23:35

Euh... en parlant de détourner les propos miette, tu pourrais commencer par t'occuper de ta poutre... :D

J'ai parler de haine moi ??? de violence ??? tu l'as vu où ???

J'ai parlé de mon expérience et je n'en fais pas une vérité.
Si mon travail me rendait malade ce n'etait pas le fait des autres...
C'était de mon fait : parce que ce à quoi j'aspirais était en totalement contradiction avec ce que je faisais et surtout pour qui je le faisais. Je me suis rendu malade toute seule.
J'ai de nombreuses collègues qui n'étaient pas du tout dérangées par le "pour qui" et qui venaient bosser pour la paye.
La pression je me la suis mise toute seule.
Je n'ai subi aucune violence ou pression ou quoique ce soit de la part de mon lieu de travail :D
Mon travail n'a pas été pire a la fin qu'au début, bien au contraire...

Ce que je disais à Tis c'est que la façon dont on appréhendre son boulot est important et que c'est une question d'angle de vue. De notre angle de vue.

Shivaya

#18 charlyvale

charlyvale

    Relayeur de la vie

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Posté 21 dcembre 2004 - 10:43

J’ai utilisé ce terme lors de ma présentation, voici quelques explications :

Johan a donner quelques argument que je ressent effectivement :

C'est un peu une manière de se forcer la main, lorsque l'on hésite...

Et oui, la sécurité, le pognon, le pouvoir, le regard des autres, la réussite sociale et médiatique, l'illusion de séduire et d'être aimé, considéré etc....


Bien que la sécurité me suffise.

C'est pas facile à lâcher , d'ailleur tout votre entourage reprends le refrain "soviétique": " Mais tu es fou".
" Celà va te manquer, tu vas rentrer en dépression,tu devrais consulter, t'arrêter, prendre du recul".
Je me suis arrêté, j'ai pris du recul, j'ai sauté le mur et je cours toujours.


Même si aujourd’hui, j’ai plus l’impression que la dépression viendrait de ma vie passée que de celle que je suis en train de façonner depuis que je commence à ouvrir les yeux.

Pourquoi quitté mon boulot ?

Car je me tape 50 bornes par jour pour y aller et que ces 50 bornes constitue une grosse part de la pollution que je peut engendrer tout au long de l’année. J’essai bien de réduire cette part en chevauchant le vélo de temps en temps, mais cela ne me suffit plus.
Car jour après jour, je réalise des produits de merdes, qui ne servent à rien (là il ne s’agit que d’un avis personnel, puisse d’autres personnes les achètent)
Car à chaque fois que je prends le vélo pour aller bosser, j’ai l’impression de VIVRE durant ces deux heures de trajet
Car pour le reste de mon temps professionnel, je me sens comme un zombi télécommandé,

Mais aussi,

Arrête de bosser, c’est aussi diminuer fortement ma consommation et donc m’attaquer au système dont je souhaite le démantèlement au plus tôt. Me forcer et par conséquent forcé le système à la décroissance.

Mais encore,

Quand je pense à tous ces blaireaux (rassurer vous j’aime bien les animaux !) dans leurs voitures climatisées, rétro dégivrant et rétractable automatiquement, grille pain, torche cul, vitesse auto… qui ont l’impression de vivre heureux, et bien je crois que se n’est qu’une impression. Je crois maintenant que vivre, c’est sentir, toucher, humer, goûter, utiliser ces 5 (ou plus) sens. Sens, que notre société à l’image de nos produits aseptisés nous fait oublier !

Lié à tous cela, l’observation de ma vie ses dernier temps, où les seul et rares moments de bonheur que j’ai pu avoir était dans une ambiance de simplicité, de naturel…de sensuel, loin de tout artifices.

Tout cela pour dire que je crois que l’on peut VIVRE HEUREUX avec des choses simples.

A ces sentiments, je ne peux qu’admettre, que mettre fin à ce travail ne peut que faire aller les choses dans le sens de la vie.

Et pourtant, pour argumenter sur l’avis de Mirza :

Oui j’aime la nature de mon métier (conception de produits) car l’utiliser dans un contexte tel que nous sommes en train de le construire, j’aurai peut être alors une utilité « éthique » justifiée.

Mais non, je ne suis pas d’accord sur le fait de dire

j’ai le temps je suis jeune, et ne suis pas encore rassasiée de ma vie actuelle.

La terre de nos enfant n’aura pas le temps, elle. Et ne supportera pas nos argumentations égoïstes comme excuse à la vie délabrée que l’on va leur laisser.
Cette remarque, elle est pour moi aussi car je n’échappe pas à la règle (voici encore une raison à mon changement d’avenir professionnel). Tu as 25 ans et à ton age, je n’étais qu’un zombi télécommandé en construction, je ne peux avoir que de l’admiration envers tes interventions sur ce forum.

En conclusion, j’utiliserai le dicton que Tis utilise en signature :

La vie est un devoir, dont découlent tous les autres. Raymond Dumay


Eh oui, la vie est maintenant pour moi un devoir (alors quand fait je cultivais la mort (moi, enfants, planète…)) qui pour moi doit passer par ce suicide professionnel, autre devoir ! Ceci inclus le choix, que je fais en toute conscience et que j’assumerai, pour mes enfants et petits enfants.

A bientôt.

#19 _mirza_

_mirza_

Posté 21 dcembre 2004 - 10:48

bé alors miette, on n'a plus le sens de l'humour? :D

Moi je trouve la réaction de Shivaya très saine, parce qu'à mon avis, quand elle parle de ne plus aller travailler parce que ça entrainait des résistances physiques, je pense que c'est qqch qui s'est installé petit à petit. Ça n'est sans doute pas venu d'un coup, mais par contre peut-être que d'un coup (c'est souvent comme ça que ça se passe) elle a réalisé que ça venait de là, de son travail. Ou qqch comme ça. Non?

Cela dit, moi ce n'est certainement pas pour mon salaire que je continue à travailler!! Non, je ne dis pas quel est mon domaine parce que ça vous paraitrait trop... inutile, sans doute. Qu'importe, moi ça me plait, j'y trouve certaines choses que je cherche et que je sais pertinemment que je perdrais si j'abandonnais mon boulot. Ou quand je l'abandonnerai... je ne peux pas prévoir l'avenir. Peut-être qu'un de ces quatre j'en aurai ras le bol, je ne serai plus en attente de ce que mon travail m'apporte, peut-être qu'au contraire même il m'apportera plusse de mal que de bien. Dans ce cas évidemment, si je m'en rends compte, me connaissant je pense que j'aviserai. Mais encore faut-il pouvoir ouvrir les yeux sur ce que l'on vit, comment on se sent, ne pas se laisser avoir par l'inertie.

Pouah, des grands mots tout ça!!

#20 _mirza_

_mirza_

Posté 21 dcembre 2004 - 10:56

Mais non, je ne suis pas d’accord sur le fait de dire

j’ai le temps je suis jeune, et ne suis pas encore rassasiée de ma vie actuelle.

La terre de nos enfant n’aura pas le temps, elle. Et ne supportera pas nos argumentations égoïstes comme excuse à la vie délabrée que l’on va leur laisser.


Euh oui ben moi mon boulot on peut pas dire qu'il participe franchement à l'augmention de la consommation, ni à la pollution de la planète... c'est sûr que dans le cas contraire, ça ferait partie de mes arguments. Mais là, non. Je ne peux pas dire que mon travail pose des problèmes "éthiques", disons.

Il y a juste que moi aussi, je fais des km pour aller travailler, j'essaie de les faire en bus le plus souvent possible, mais les bus, à la campagne... ça prend un temps fou, et surtout ça coûte une fortune (5 euros pour faire 25 bornes) et ça passe deux fois par jour. Mais pour rien au monde je ne retournerais à la ville (rien au monde, y compris mon boulot).