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Changer de métier


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#321 Tis

Tis

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Posté 22 octobre 2019 - 07:54

Devenez compagnon et découvrez comment créer une coopérative ou travailler en autogestion
14/10/2019 I Julie Ho Hoa
 
Le réseau Repas, Réseau d'échange de pratiques alternatives et solidaires, propose une formation à la coopération sous la forme d'un compagnonnage, en immersion dans des structures en auto-gestion dans toute la France dont quatre en Limousin.
 
Depuis trente ans, le réseau Repas, Réseau d'échange de pratiques alternatives et solidaires, rapprochent, plusieurs fois par an, des collectifs, associations ou coopératives pour qu'ils puissent échanger sur leurs pratiques, leur fonctionnement, pour se nourir des expériences des uns et des autres. 
« Depuis 22 ans, ce réseau propose également un compagnonnage, c'est-à-dire un parcours qui permet à des personnes de 18 à 45 ans de venir en immersion dans nos collectifs pour découvrir notre fonctionnement», explique Julien Debray, membre du Champ commun, un bar-épicerie-brasserie géré en coopérative, à Augan, en Bretagne. Ce commerce de proximité a intégré le compagnonnage depuis 2014 et accueille des compagnons et compagnonnes en immersion. En Limousin, la ressourcerie Le Monde allant vers à Eymoutiers (Haute-Vienne), celle de Felletin, Court Circuit, Le Battement d'aile, centre agroécologique à Cornil (Corrèze) ou encore Ambiance Bois, coopérative d'écoconstruction bois à Faux-la-Montagne (Creuse), participent à ce compagnonnage et accueillent volontiers ceux qui veulent se frotter au monde de la coopération.

 

Le désir de faire autrement et de retrouver du sens dans son métier

Tous les profils sont les bienvenus, le réseau Repas prend soin de choisir pour chaque promotion des candidats aux parcours différents, d'âges, de niveaux d'études et d'origines sociales différents avec des projets également variés. « On a aussi bien des personnes qui ont fait des études, avec une bonne situation mais qui se rendent compte à un moment donné qu'ils ne font pas ce qu'ils ont choisi que des personnes qui cherchent un nouvel élan parce qu'ils n'ont pas réussi à s'insérer dans le système classique», explique Julien Debray. Pour tous, l'enjeu est de découvrir un fonctionnement autre que celui dans lequel ils évoluaient, de changer de vie, de métier, de façon de vivre son métier, de remettre du sens là où ils n'en trouvaient plus. « Certains choisissent de faire un métier qui gagne moins mais qui a un sens, au niveau écologique, au niveau humain, social avec des valeurs de solidarité, de partage. Les personnes qui viennent au compagnonnage sont dans une démarche de faire autrement », confie Julien Debray.
 
Lors des immersions proposées par le compagnonnage, ils apprennent comment se prennent les décisions, comment se gèrent les choses quand il n'y a pas de patron mais qu'on est tous le patron. « Il faut pour cela que les connaissances et la conscience de ce qu'il se joue dans la coopérative, des enjeux, soient partagées par tous et ne soient pas seulement concentrés entre les mains d'une ou deux personnes comme dans les entreprises classiques, explique Julien Debray. Ils ne viennent pas apprendre un métier, ils viennent apprendre un fonctionnement », précise-t-il. Contrairement aux stages en entreprises, les compagnons et compagnonnes en immersion sont considérés comme n'importe quel membre de l'équipe, ils ont accès à toutes les réunions, même les plus opérationnelles ou les plus sensibles, à tous les statuts ou encore à la comptabilité.

Trois étapes dans le compagnonnage : de la découverte en immersion à la construction d'un projet

Une première rencontre réunit une sélection d'une vingtaine de compagnons et compagnonnes. Ils tirent alors au sort un collectif où ils iront en immersion durant cinq semaines. Celui-ci peut se trouver n'importe où en France et gérer une activité totalement inconnue des candidats. « L'idée de l'immersion, c'est d'être vraiment dans la découverte», explique Julien Debray. Quand ils viennent chez nous au Champ commun par exemple, on leur demande d'être barman ou épicier, ils n'ont pas du tout d'expérience mais ils découvrent un métier et une façon de faire.»

Après l'immersion, c'est le temps des "groupes action" : en groupe de 7 ou 8 compagnons et compagnonnes, qui ne se sont pas choisis, qui n'ont pas choisi le lieu où ils vont ni le chantier qu'il font, ils vont composer un collectif provisoire pendant cinq semaines également, partager la vie quotidienne, prendre des décisions en commun. « On n'est moins dans la découverte d'un lieu qui fonctionne en collectif mais plus dans la création de leur propre collectif.»
 
Une rencontre à l'issue de ces deux temps, permet de faire le point sur l'expérience vécue par chacun et de réfléchir à la suite. « A partir de là, on co-construit ensemble le projet de chacun.» Cela peut être une immersion de nouveau dans le collectif précédent, vers un autre collectif avec une activité différentes ou l'élaboration d'un projet à part.
De nombreux projets ont germé des promos précédentes, d'anciens compagnons ont créé un café en Isère, d'autres une ressourcerie en Loire-Atlantique, certains se sont installés en agriculture en Aveyron, d'autres encore ont rejoint des collectifs existants ou se sont engagés dans une formation professionnelle.

Contacter le réseau Repas : www.compagnonnage-repas.org

L'article complet : https://www.lamontag...stion_13661390/