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debat autour du foie gras


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71 réponses à ce sujet

#61 Yeye

Yeye

    Ziploïde gloupexiforme

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Posté 13 dcembre 2005 - 17:30

Artisanal ou pas, ce que tu exprimes c,est d'un homo sapiens sapiens qui se pense-donc-je-suis-intelligent propriétaire de la planète et ses habitants dont les oies gavées sont ici le symbole... l'équivalent de la chasse à courre et autres "transmissions culturelles"...

Ce n'est pas ce que j'exprime, c'est ce que tu comprends, désolé. :tss:


La seule chose que tu as comprise de ce que je dis, c'est que je défends le foie gras artisanal dans la mesure où je pense qu'il ne fait pas souffrir l'animal.
Si j'ai tort là dessus, je me battrai aussi contre ce mets en général et pas seulement contre son succédané industriel, ce que beaucoup de gens ici semblent déjà faire alors que je me permets de douter de leur connaissance des techniques artisanales.
Moi je ne le connais pas non plus suffisamment pour les défendre ou les attaquer (je ne les connais que par l'intermédiaire de mon pote), dans le doute je n'en mange plus jusqu'à être certain de la réalité des faits, mais je ne vais pas militer pour autant: à chacun de chercher de VRAIES infos pour se forger leur avis.
Toi-même, as-tu déjà vu un gavage artisanal, de tes yeux vus, est-ce que tu peux décemment être convaincue que c'est une souffrance ?



Quant à me passer de pétrole, tu juges décidément bien vite des gens à qui tu t'adresses et les ranges dans une petite boite dûmment étiquetée... ;)

#62 _Goéland_

_Goéland_

Posté 13 dcembre 2005 - 18:24

Petite question : qui a un ou des chats chez lui ?

Et pour ceux qui en ont un , est ce que ça ne vous pose pas un problème de conscience , vu la façon des chats de jouer avec leurs proies avant de les achever ?

#63 _mirza_

_mirza_

Posté 13 dcembre 2005 - 20:20

Le probléme, ce n'est pas d'avoir raison ou tort, c'est de dénoncer ce qu'on voit en fonction de notre conscience...

Mis à part le mot "consicence" que je trouve assez mal choisi en l'occurrence, il me semble à la lecture de ce fil que c'est exactement ce que Tis a fait.

Sur ce, je sors tout de suite de cette discussion... ;)

#64 _Shivaya_

_Shivaya_

Posté 13 dcembre 2005 - 22:00

Petite question : qui a un ou des chats chez lui ?

Et pour ceux qui en ont un , est ce que ça ne vous pose pas un problème de conscience , vu la façon des chats de jouer avec leurs proies avant de les achever ?

Strictement aucun problème... je ne fais pas d'antropomorphisme... Mon chat fait ce qu'il veut avec sa nature... par contre pour moi, la nature de l'homme n'est pas de faire souffrir les animaux pour le plaisir gustatif...
Yéyé ton laius sur les conditions d'élevage industriel va l'encontre de ton propre laius sur le gavage artisanal.. quand ça t'arrange tu nous parles de l'un et quand ça t'arranges tu compares avec l'industriel... je te parles de condition de gavage artisanal... reste donc sur ce domaine.
Si tu veux qu'on parle d'industriel on peut, mais il me semble que tu le rejettes depuis le début... faudrait savoir... l'élevage industriel est clairement incompatible avec tout... comme le gavage industriel... donc revenons à ce que tu disais au départ pour soulager ta conscience... le gavage artisanal et l'énorme foie des canards... je trouve très révélateur que tu dises que le "foie gras souffre"... cette distance entre le produit fini et l'animal est très pratique pour la conscience... ce n'est pas le foie gras qui souffre, mais le canard dont tous les autres organes sont écrasés... meme le coeur...

#65 Perchou

Perchou
  • Localisation:Drôme

Posté 13 dcembre 2005 - 22:56

Je répète que j'ai vu à plusieurs reprises (en début et en fin de gavage) des canards gras. Ils n'avaient pas l'air de souffrir au point que le décrivent certains qui écrivent ici (en ont ils d'ailleurs déjà vu ou se basent ils sur des films et des on-dit). Ils venaient même se faire gaver.

Alors je ne dis pas que ces canards ne souffrent pas du tout mais faut pas non plus dramatiser, ils ne sont pas à l'agonie pendant trois semaines. Et pour revenir sur l'opposition artisanal/industriel, le canard qui donne un foie artisanal a sûrement moins souffert qu'un canard élevé en batterie. C'est indiscutable.

Par contre, moralement parlant, effectivement, le foie gras est condamnable, c'est indiscutable.

Mais je ne cherche pas à soulager ma conscience en cherchant des excuses à 2 balles, je relate juste ce que j'ai vu et ce que sais.

J'aime le foie gras et je ne m'en priverai pas.

je ne fais pas d'antropomorphisme


Soit mais la plupart des défenseurs du végétarisme en font et certains, dans ce fil, en souhaitant à leur interlocuteur d'avoir le même foie qu'un canard gras pour voir ce que c'est, en se mettant à la place de la pauvre bête ou en parlant de meurtre en parlant de tuer un animal pour le manger, en font également preuve.

Et ça j'appelle ça de la sensiblerie, effectivement. C'est mon avis sur la question. Mais je ne pense pas être une grosse brute de viandard qui a la bave aux lèvres quand il tue ses poulet en se délectant de leur sang frais et en regardant sadiquement les derniers soubressauts de vie quitter la charogne déjà puante (par contre quand on l'ouvre, c'est vrai que ça pue!).

Quoi, moi j'exagère ?
Sans rire, je trouve qu'il y a un fossé énorme entre une description de tuerie d'un antiviande et ce que je fais chez moi. Mais bon ce n'est plus le sujet...

;)

#66 Valybla

Valybla
  • Localisation:Montréal

Posté 13 dcembre 2005 - 23:10

;) Et Yéyé, tu me semble faire preuve d'une mauvaise fois énorme!!! Qui t'a dit que nous n'étions pas contre toute souffrance animale??? selon moi foie gras ou lapin c'est égale... DÉGUEU parce que ça fait souffrir! Pour l'argument de :" ça me fais plaisir alors peu importe le reste" Il me semble que dans ce cas les surconssomateur pourrait dire la même chose, il faut selon moi faire preuve de diligence et essayé de voir plus loin que notre petit moi!!!

#67 Yeye

Yeye

    Ziploïde gloupexiforme

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Posté 14 dcembre 2005 - 00:09

Yéyé ton laius sur les conditions d'élevage industriel va l'encontre de ton propre laius sur le gavage artisanal.. quand ça t'arrange tu nous parles de l'un et quand ça t'arranges tu compares avec l'industriel... je te parles de condition de gavage artisanal... reste donc sur ce domaine.

Les conditions évoquées plus haut restent complètement dans le cadre artisanal et non industriel, je ne m'égare pas du tout: ce que je raconte est ce que j'ai vu dans les petits élevages domestiques de mémés.
Personne ne rejette ces micro-élevages de lapins et de poules qu'il y a dans toutes les arrières-courts de campagne, mais dès qu'on y inclue l'élément "gavage" qui n'est ni plus, ni moins pire que le reste (c'est mon opinion est c'est LA qu'est notre divergence), y'a aussitôt une légion d'enfonceurs de portes ouvertes qui se lève et ça, ça me gave moi aussi.

Je n'ai aucune envie et ne permets à personne de me défendre de consommer quoi que ce soit, bon ou mauvais pour ma santé, ça ne regarde que moi.
La seule chose qui peut être interdite, c'est la façon de fabriquer un produit que je souhaite consommer (si on peut pas produire autrement, le produit disparait de facto en même temps que le moyen interdit), or cette interdiction existe DEJA dans le cas qui nous intéresse puisque toute souffrance animale inutile est prohibée.

Seulement, à ce jour je n'ai AUCUNE certitude sur la réalité de la souffrance du gavage (dans des conditions artisanales s'entend), et mets au défi qui que ce soit d'en avoir ici.
En l'absence de ces certitudes, je suis assez grand pour ne pas manger de foie gras, mais aussi pour m'élever contre la volonté de certains de l'interdire.



... donc revenons à ce que tu disais au départ pour soulager ta conscience... le gavage artisanal et l'énorme foie des canards... je trouve très révélateur que tu dises que le "foie gras souffre"... cette distance entre le produit fini et l'animal est très pratique pour la conscience... ce n'est pas le foie gras qui souffre, mais le canard dont tous les autres organes sont écrasés... meme le coeur...


Je n'ai aucun problème avec ma conscience, je regarde la mort en face et elle ne me fait pas peur.
Seule la souffrance m'écoeure, mais je garde la conviction qu'omnivorisme n'est pas synonyme de souffrance.
Je connais le problèmes cardiaques des canards gras, comme je le disais plus haut, je ne sais pas si c'est une souffrance; si elle existe, est elle pire que les autres souffrance anodines évoquées plus haut; est-elle défendable puisque le foie gras n'est pas un aliment mais un mets de plaisir ?

#68 _Shivaya_

_Shivaya_

Posté 14 dcembre 2005 - 13:17

Yéyé, nous sommes d'accord sur le fait que tout élévage ne respectant l'animal un minimum est un mauvais élevage, qu'il soit industriel ou artisanal... ce qui n'est toujours pas le débat ici.

Revenons donc au gavage... tu dis que tu ne crois pas à la souffrance des canards et oies gavés simplement parce que ton ami qui le fait en artisanal te l'a dit...

Tu sais, Yéyé, il y énormément de gens qui travaillent dans l'élevage intensif et ce ne sont pas des monstres sans coeur. Ce sont des pères de famille avec des enfants et des animaux de compagnie... seulement, pour pouvoir faire leur boulot ils ont passés un marché avec leur conscience : ils se sont convaincus que ce qu'il faisait était nécessaire ou autre. Cela peut etre différentes raisons, mais ils en ont trouvé pour pouvoir accepter de faire ce qu'ils font : ils sont peut etre persuadés d'apporter le bonheur aux autres en leur permettant de manger de la viande tous les jours, ou que les animaux n'ont pas de conscience, ou ne connaisssent pas la douleur, ou... enfin bref, ils ont trouvé de bonnes raisons pour faire taire leur conscience et ne plus voir les horreurs qui se passent dans les élevages en batteries... c'est indispensable pour eux sous peine de ne plus pouvoir bosser...
Alors tu peux ne pas etre d'accord avec eux, trouver que leurs excuses sont bidons, que rien ne justifie la souffrance et l'horreur qui existent dans ces endroits... et je te suivrais là dessus, mais eux en ont besoin...

Ton ami c'est pareil, il a fait un marché avec sa conscience pour pouvoir continuer à gaver ses animaux, que ce soit un marché qu'il a fait tout seul ou quelque chose qu'on lui a dit... Il y a quand meme une chose qui devrait t'étonner : sur quoi ton ami se base pour affirmer que les canards et les oies ne souffrent pas ? Il a posé la question aux volailles et elles lui ont affirmé en coeur que c'était le cas ?? je veux bien l'enregistrement de cette déclaration ;)

Sinon, en attendant tu pourrais me retourner la question : qu'est ce qui me permet d'affirmer que les canards et les oies souffrent ?
Je n'ai pas non plus posé la question, j'ai juste suivi un raisonnement basique :
- quand quelque chose compresse mon coeur, cela me fait mal et plus c'est long, plus c'est insupportable. Canards et oies étant des vertébrés avec un système nerveux central plutot semblable au mien, il semble logique que ce soit la meme chose pour eux : leur coeur est aussi sensible que le mien.
- quand mes poumons sont comprimés, que j'ai du mal à respirer profondément, j'ai mal, le moindre effort devient difficile, le manque de souffle agit sur l'ensemble du système circulatoire et tout devient difficile. Canards et oies étant des vertébrés respirant de l'oxygène, il semble logique que ce soit la meme chose pour eux : leurs poumons mal ventilés les fait souffrir et entrainent une dégradation général de l'état.
- quand j'ai une crise de foie, mon foie me fait mal. Quelqu'un qui a un foie en "cathédrale", un foie gonflé, souffre énormément. Canards et oies étant des vertébrés avec un système nerveux central plutot semblable au mien, il semble logique que ce soit la meme chose pour eux : leur foie est aussi sensible que le notre et le gavage entraine un gonflement bien plus important que ce que l'homme peut connaitre.
Bien sur si on parlait du système digestif et particulièrement du jabot ou du système de fabrication de l'oeuf pour les cannes et oies, je te dirais que je n'en sais rien, n'ayant pas d'éléments de comparaison... mais pour le reste, coeur, poumon, rein, foie, je ne vois pas pourquoi ce qui me fait souffrir ne ferait pas souffrir un canard ou une oie...

#69 Yeye

Yeye

    Ziploïde gloupexiforme

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Posté 14 dcembre 2005 - 14:14

Tu as peut-être raison, tu as peut-être tort Shivaya, rien d'autre que ta conviction personnelle et ton imagination, tout comme moi.
Peut-être que c'est une souffrance pour eux, peut-être que c'est une drogue qui leur procure un bien-être au détriment de leur santé: nous n'en SAVONS rien.

Notre ignorance est ce qui nous rapproche sur ce sujet, chère Shivaya.


Ce qui nous différencie, c'est que je ne milite ni pour ni contre le foie gras, je m'insurge contre la souffrance animale qui elle est tout à fait légitimement interdite.
Tant que je ne sais pas si la souffrance est réelle ou non, je m'abstiens d'en manger mais ne m'engage dans aucune lutte.





Précision: mon pote ne vivait pas de son élevage, c'était genre 4 à 5 canards gras par an et je suis certain de la tendresse qu'il avait pour ses "bêtes", paradoxe classique du fermier qui aime les animaux qu'il va tuer, et que je commence seulement à comprendre depuis quelques années.

Modifié par Yeye, 14 dcembre 2005 - 14:16 .


#70 troapea

troapea
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Posté 19 dcembre 2005 - 13:21

Je viens d'entendre sur France infos (bon ca vaut ce que ca vaut mais bon ca donne une idée!) que 80% des français consomment du foie gras... d'où la passion du débat! :calin:

#71 Tis

Tis

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Posté 01 novembre 2017 - 10:50

Espagne : une exploitation « éthique » produit du foie gras sans gavage des oies

Eduardo Sousa dit jouer sur un mécanisme physiologique naturel chez les oiseaux migrateurs.
LE MONDE | 28.12.2013 | Par Sandrine Morel (Madrid, correspondance)

Dans la prairie vallonnée, peuplée de chênes, de figuiers et d'oliviers, du domaine agricole d'Eduardo Sousa, à Pallares, un village de 400 habitants situé en Estrémadure (Espagne), un millier d'oies se promènent en liberté. Elles courent dans la dehesa (des pâturages en sous-bois), mangent avidement glands et lupins, s'envolent jusqu'au parc naturel de Doñana, en Andalousie, à une centaine de kilomètres de là, et reviennent.
Elles finiront en foie gras. Mais jamais, avant l'abattage, elles n'auront été gavées ni privées de liberté. La Pateria de Sousa est la seule exploitation de foie gras bio homologuée en Europe, et sans doute dans le monde. Eduardo Sousa, corpulent fermier à l'accent prononcé, assure pourtant ne pas être un militant écologiste.
S'il produit du foie gras « éthique », c'est parce qu'il « ne sait faire que ça », confie-t-il dans un bar de Madrid, où il est venu participer à une réunion de l'Association nationale de producteurs d'aliments éthiques (Anpae) et parler de son projet de créer une salle de sacrifice éthique « pour qu'aucun animal ne souffre lors de l'abattage ».

SAVOIR TRANSMIS DE GÉNÉRATION EN GÉNÉRATION
Il a hérité de l'exploitation agricole de son père et, par la même occasion, d'un savoir transmis de génération en génération depuis 1812. Faire du foie gras sans gavage revient en effet à profiter d'un mécanisme physiologique naturel. Avant de migrer, les oies et les canards sauvages accumulent spontanément des réserves de graisse.
Pour parcourir 5 000 voire parfois 10 000 kilomètres, il leur faut de l'énergie. Or la synthèse des lipides se fait dans le foie, où l'accumulation de la graisse, la stéatose, est plus ou moins importante selon les espèces. « La stéatose hépatique est un phénomène naturel, une réponse physiologique normale à une activité boulimique intense. D'ailleurs, des chasseurs ont rapporté des cas d'oies ou de canards sauvages présentant des foies gras », rappelle Daniel Guéméné, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA).
Le défi n'est cependant pas mince pour Eduardo Sousa. « Pour qu'elles développent naturellement un foie gras, les oies doivent conserver leur instinct, explique le producteur avec une passion contagieuse. Elles doivent être sauvages ou croire qu'elles le sont toujours. Un oison né en couveuse ne nous donnera pas de foie gras. »

PARADIS POUR OIES
Nées et élevées en liberté, préservées au maximum des contacts avec les êtres humains, ses oies doivent donc amasser de la graisse comme si elles se préparaient à migrer… mais ne pas le faire. Comment ? « Il faut qu'elles aient envie de rester », résume M. Sousa, qui rechigne à dévoiler ses « secrets ».
Situé sur un couloir de migration, son domaine a tout du paradis pour oies. Les 200 hectares d'Eduardo Sousa, ajoutés aux domaines voisins, qui appartiennent à des proches, permettent à son millier d'oies de disposer de 500 hectares de terrain. Elles s'y nourrissent de glands et de lupins, mais aussi de figues, d'olives et d'herbe. Une alimentation à laquelle s'ajoute, un mois avant l'abattage, du maïs bio qu'Eduardo Sousa fait venir de France et leur jette le soir, dans la pénombre.
Six hectares de ce terrain sont entourés d'une clôture électrifiée, pour les protéger des renards, des fouines et des genettes. C'est là qu'elles vont dormir. Et « parce qu'elles préfèrent s'accoupler dans l'eau », Eduardo Sousa leur a aménagé un lac. Mais son véritable secret, ce sont les « ailes-cassées » : des oies qui ne peuvent plus voler depuis qu'elles ont été blessées par des animaux sauvages.

GESTION DU CALENDRIER
« Au lieu d'être marginalisées au sein des familles d'oies, ce sont elles qui soudent le groupe, elles qui sont les meilleures mères, elles qui persuadent les mâles de ne pas partir en les laissant seules », affirme-t-il, assurant même pouvoir compter sur des « ailes-cassées professionnelles », d'irrésistibles séductrices qui lui permettent de conserver presque toutes ses oies.
« Entre celles qui migrent et celles qui se font manger par les prédateurs, je perds environ 10 % de mes oies chaque année, reconnaît-il cependant. C'est mon impôt à la nature. » Celle-ci peut aussi lui réserver de bonnes surprises. « Parfois, une famille d'oies migre et revient à la saison suivante, plus nombreuse, raconte-t-il. D'autres fois, mes oies, au passage d'un vol de congénères sauvages, les appellent en battant des ailes, parviennent à en attirer sur le domaine et à les convaincre de rester. »
La gestion du calendrier peut aussi lui échapper. Cette année, comme la précédente, il n'y a pas eu de foie gras pour Noël : les premières gelées se font attendre et les oies tardent à faire leurs réserves. « Auparavant, je faisais le foie gras vers la fin octobre, mais, ces dernières années, le climat s'est adouci et les oies font leurs réserves de graisse de plus en plus tard, en janvier ou février », explique-t-il.
Quand vient le temps de l'abattage, c'est toute une mise en scène qui est montée pour qu'Eduardo Sousa et une poignée de travailleurs n'effraient pas les oies, qui pourraient s'envoler si elles percevaient le danger.

400 KG DE FOIE GRAS PAR AN EN MOYENNE
« Nous devons attendre une nuit sans lune, très noire, raconte-t-il. Nous marchons avec une petite cloche dans une main, pour leur faire prendre le bruit de nos pas pour celui des vaches, et avec une lampe LED dans l'autre main, parce que la lumière les hypnotise. On les attrape et on les emmène dans une salle où on les endort avec du gaz carbonique avant de les égorger. »
L'exploitation fournit 400 kg de foie gras par an en moyenne, qui sont vendus à Dubaï, à la Maison Blanche ou à la maison royale espagnole avant même d'être produits, malgré un prix de 163 euros les 180 grammes : le prix de l'éthique, comme inscrit sur l'étiquette des produits de la Pateria de Sousa, et de la rareté.
Même si des chercheurs de l'INRA confirment qu'il est possible d'obtenir du foie gras d'oie sans gavage, « les résultats sont très hétérogènes, aussi bien en ce qui concerne la taille des foies que le temps nécessaire pour obtenir le foie gras », souligne Daniel Guéméné, selon qui « envisager une production au-delà d'un cadre confidentiel n'est pas envisageable pour le moment ».
Eduardo Sousa épargne toujours une centaine d'oies, pour que leurs oisons naissent sur l'exploitation. Chaque femelle peut pondre jusqu'à vingt œufs, ce qui permet au producteur de renouveler son cheptel chaque année. « Mes oies naissent et meurent heureuses », assure-t-il.



#72 _Bill Imbi_

_Bill Imbi_

Posté 01 novembre 2017 - 13:49

Toute ma famille est originaire d'Estrémadure, région que je connais donc très très bien. Pour ceux qui connaissent, mes grands parents sont d'un petit village près de Navalmoral de la Mata.

Pour dire que je n'ai rien contre ces espagnols "éthiques".

 

Alors certes, ça semble largement mieux que ce qu'on fait en France. Et je veux bien croire que sur de l’extensif, dans ce coin où on élève des cochons aux glands (encinas en espagnol, quercus ilex - arbre typique de là-bas, comme aussi le chêne liège), on peut nourrir des oies au point d'engraisser leur foie. C'est vrai aussi que le stockage du gras dans le foie pour préparer les longues migrations est un phénomène naturel, mais qui n'a rien à voir avec le gavage pratiqué en France.

Là si les oies se nourrissent seules et "engraissent" leur foie comme elles le font naturellement, un peu comme les marmottes avant l'hiver, effectivement, ça n'a rien à voir avec le gavage à l'entonnoir.

Le fait qu'elles ne s'évadent pas je pense tient au fait que, grassement nourries, elles restent de manière opportuniste. D'où la nécessite de ne pas les affoler lors du ramassage.

Mais je pense qu'ils doivent avoir des fugitives. Ils acceptent les pertes, c'est tout.

 

Mais on fini quand même toujours par les zigouiller...

 

Je dirais que cette production de foie gras n'a rien de pire ni de mieux que l'élevage sur herbe des bovins, dans les alpages par exemple. c'est pas scandaleux, les animaux sont bien traités durant leur courte vie, mais bon, ça reste une très courte vie quand même....

 

La seule chose que je vois très positive dans ce cas, c'est que ça se  passe en Espagne, dans une région pas très riche. C'est encourageant de voir que dans un pays pas très réputé pour son respect de l'animal (on connais le sort des galgos, les lévriers espagnols), des initiatives de ce genre existent, dans des coins qui roulent pas sur l'or. Le paysan extremeño est encore plus pauvre que l'andalou cultivateur d'olive, c'est dire... Alors q'il se met à faire de l'élevage éthique, là clairement, y'a de quoi espérer...

 

Après relecture de tout (j'avais lu rapidement en diagonale) je vois qu'ils utilisent des "ailes cassées" pour marquer le site comme lieu de repos voir de vie des oies. Et qu'il est sur un couloir de migration. Enfin, il a effectivement des pertes, mais aussi des retours... Normal, ce lieu est maintenant connu comme accueillant : températures douces, sauf un ou deux mois de fort frimas l"hiver, pas de prédateur, gite et couvert, humains pas chiant, enfin, sauf à la toute fin... Les oies sont intelligentes, elles voient leur avantage à rester ou revenir, quoi que pas toutes.

Pour les ailes cassées pourtant je m'interroge : est-ce que ce n'est pas le paysan qui éjointe les oisillons, les mutilant pour qu'ils ne puissent voler

Je sais, je vois toujours le mal partout :grognon2: .

 

Moi je dirais que dans le meilleur des cas, c'est juste une manière pour l'homme de se donner la possibilité de prélever quelques bêtes pour son alimentation, ça me choque pas vraiment. Mais à l'inverse, si l’appât du gain commence à se faire sentir, c'est le début des dérives... Bref, je demande à voir comment c'est et comment ça va évoluer...


Modifié par Bill Imbi, 01 novembre 2017 - 14:08 .

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