Aller au contenu


Photo

L'agriculture


  • Veuillez vous connecter pour répondre
749 réponses à ce sujet

#741 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 334 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 14 septembre 2019 - 08:08

Produire du sucre bio c'est le pari de Tereos et d'une trentaine d'agriculteurs
Par Lisa Lasselin | Publié le 10/07/2019

Tereos lance sa filière betteraves bio, dont le sucre sera transformé à la sucrerie d’Attin en septembre. Arnaud et Sylvain Bailleul, à Troisvaux, font partie des premiers agriculteurs à se lancer dans l’aventure, avec environ trois hectares et demi. Explications.

«On cultivait déjà de la betterave fourragère, destinée à l’alimentation de nos bêtes. Tereos est venu nous proposer de semer des betteraves pour produire du sucre», explique Arnaud Bailleul, qui pourra désormais profiter de ce sucre produit pour l’inclure dans les yaourts fabriqués à la ferme. Depuis plus de vingt ans, l’exploitation est certifiée en agriculture biologique. Elle produit déjà ainsi du blé, des endives et des pommes de terre, ainsi que du lait.
Cette certification déjà acquise a pu «faciliter fortement» sa participation à la campagne de Tereos, puisque partir d’une exploitation conventionnelle requiert environ trois années de délais avant d’obtenir une certification bio. «On espère produire 50 tonnes de betteraves cette année, voire 60 tonnes si tout se passe très bien», ajoute l’agriculteur.

Palier aux difficultés
 
Après avoir mené des essais agronomiques en 2018, le groupe Tereos s’est associé à une trentaine d’agriculteurs bio et en conversion, qui ont semé près de 200 hectares de betteraves. Ces derniers bénéficient d’un accompagnement, notamment au regard du désherbage, qui demande un coût supplémentaire en termes de temps et de main-d’œuvre. Plusieurs parcelles ont fait l’objet d’un suivi avec des agriculteurs, ainsi qu’avec d’autres acteurs tels que la chambre d’agriculture, des sociétés de matériels agricoles ou encore l’Institut technique de la betterave (situé dans le Nord), afin d’expérimenter des techniques alternatives utilisées en agriculture biologique.

L’offre et la demande

«À l’échelle européenne, tous les sucriers regardent la filière bio, c’est un marché en croissance. Il faut diversifier cette filière dans un contexte difficile pour le conventionnel», rapporte Laura Loffler, responsable de la filière biologique de Tereos, lors de sa visite sur l’exploitation de la famille Bailleul. Si le groupe Tereos s’était déjà spécialisé dans le sucre biologique, à travers sa gamme de sucre de canne bio, il ne l’était pas à l’échelle locale. «Notre groupe va désormais produire son propre sucre bio issu de betteraves, répondant à une demande forte des consommateurs pour des produits bio et locaux», ajoute Philippe Huet, directeur de Tereos Commodities.

 
https://www.lavoixdu...-d-agriculteurs



#742 flanar l'ancien

flanar l'ancien

    promeneur égaré

  • Membres
  • 2 752 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:Ariège
  • Intérêts:8% Minimum.
    Éventuellement, on en discute.

Posté 14 septembre 2019 - 11:49

Tereos (3è fabricant mondial de sucre!) qui fait du bio, perso j'appelle ça du bio-opportunisme. C'est comme si Mc Do proposait un repas végan (ce qu'il fait déjà peut-être, je n'en sais rien): c'est de l'esbrouffe!

Après, ben tant mieux pour la trentaine d'agriculteurs concernés... jusqu'à ce qu'on leur mette la corde au cou quant aux prix des betteraves tant ils seront devenus dépendants de ce groupe mondial.


  • FLOYD aime ceci

#743 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

  • Membres
  • 14 942 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:LE MANS

Posté 14 septembre 2019 - 16:50

Pour la betterave, je trouve ton analyse pertinente.

Pour le burger végan, gagné: il existe bel et bien!   ;-)


  • flanar l'ancien aime ceci

#744 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 334 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 16 septembre 2019 - 09:37

Personnellement je préfère saluer les paysans qui ont le courage de faire le 1er pas (et pour certains en passant au bio il y a plus de 20 ans d'après cet article).

 

Et compte-tenu de la dégradation massive de l'environnement c'est indispensable.

 

Mais que ce soit opportuniste de la part des industriels c'est évident et leurs concurrents s'y intéressent aussi car ils y sont enfin contraints par l'évolution de la consommation et de la législation sur certaines substances chimiques éminemment toxiques :

 

18/01/2019

 

La coopérative sucrière Cristal Union porte, en concertation avec les Chambres d’Agriculture de la Marne et de l’Aube et l’association Bio en Grand Est, un projet expérimental autour de la culture et de la transformation de la betterave sucrière en agriculture biologique, expérimentation aidée par l’Agence de l’eau Seine-Normandie.

 

Ce projet comporte deux volets : une expérimentation au champ : « comment faire de la betterave sucrière en agriculture biologique ? » et une expérimentation de transformation industrielle : « comment faire du sucre biologique à partir de la betterave ? ».

 

En effet, les auxiliaires technologiques (antimousses, floculants etc) utilisés pour faire du sucre à partir de la betterave conventionnelle ne sont pas autorisés par la réglementation française pour la production biologique. Pour relever ce défi technologique, deux pistes sont actuellement étudiées par Cristal Union : soit une adaptation du process « normal » via de nouveaux auxiliaires technologiques, soit un process totalement nouveau, rendu possible par des innovations technologiques.

 

En l’absence de débouchés, la betterave sucrière n’est pas cultivée en agriculture biologique (ce qui justifie l’expérimentation agronomique, car les références manquent pour cette culture) et cela freine la conversion de certains exploitants avec des parts importantes de betterave dans leur assolement. Si une solution de transformation est trouvée, cela pourrait lever certains freins à la conversion dans les plaines productrices de betterave.

 

Un développement de 1000 à 1500 ha de betteraves biologiques est prévu pour 2019 dans le cadre de ce projet. Afin de favoriser ce développement des surfaces en priorité dans les aires d’alimentation de captages, du temps sera consacré à la prospection et l’accompagnement des exploitants spécifiquement dans ces territoires à enjeu eau.

http://www.eau-seine...rave_biologique



#745 flanar l'ancien

flanar l'ancien

    promeneur égaré

  • Membres
  • 2 752 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:Ariège
  • Intérêts:8% Minimum.
    Éventuellement, on en discute.

Posté 16 septembre 2019 - 12:13

Moi, perso, je préfère cette approche là:

Pour la transformation, 2 voies existent :

  • Utiliser les grosses sucreries conventionnelles, en traitant les betteraves bio séparément, souvent en début de campagne avant les betteraves conventionnelles. Cela peut permettre d’éviter certaines maladies de fin de cycle, mais risque de diminuer les rendements potentiels et la densité en sucre… avec le problème du surdimensionnement des usines par rapport aux volumes bio.
  • Créer des unités de transformations spécifiques, plus petites, voire artisanales.

C’est cette 2e voie qu’envisage le groupe expert qui pilote l’étude de marché avec le Gabnor, mais aussi la Bretagne: des outils de transformation de petite taille, artisanale ou intermédiaire.

Qui plus est, on ne subventionne pas la recherche pour des gros groupes.

https://www.produire...ferences-champ/


  • Shivaya aime ceci

#746 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 334 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 17 septembre 2019 - 08:15

Bien sûr Flanar mais avant de construire de nouvelles usines plus petites encore faut-il avoir des betteraves bios à y transformer.

Et jusqu'à présent pratiquement personne n'en cultivait car on ne pouvait pas les vendre.

 

Ceux qui voudront se lancer devront faire attention à le faire sur des terres riches bien nettoyées car elle est difficile à désherber au départ.

 

Beaucoup d'essais seront très intéressants à tester sur les variétés de semences, les précédents culturaux,  l'aide éventuelle des cochons élevés en plein air, l'adaptation du matériel agricole, les techniques sans labour, les couverts végétaux, etc.



#747 flanar l'ancien

flanar l'ancien

    promeneur égaré

  • Membres
  • 2 752 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:Ariège
  • Intérêts:8% Minimum.
    Éventuellement, on en discute.

Posté 17 septembre 2019 - 14:51

C'est un peu ce qui est dit dans l'article que j'ai mis en lien, Tis.

Et il semble que ça fait quelques années que des producteurs européens coordonnent les résultats de leurs recherches et expérimentations:

 

"...Des essais de production de betterave bio ont été menés en Belgique, Suisse, Grand-Est, Hauts-de-France et Normandie. Les principales difficultés pour la production sont liées au salissement et à la fertilisation. Au début des années 2000, des essais ont donné des rendements de 50 t/ha (à 16% de densité en sucre) en Champagne-Ardenne, 60 t/ha dans le Nord-Pas de Calais. Mais le coût de production de la betterave est plus élevé en bio, notamment en raison de charges de désherbage (en partie manuel) plus élevées. Des essais au champ ont été menés en 2016 en Hauts de France et en Bretagne, avec des résultats provisoires encourageants (66 t/ha).

Pour démarrer une production de betterave bio avec des références techniques communes, le groupe technique inter-régional du réseau FNAB a initié un travail collectif entre producteurs et techniciens. "


  • FLOYD aime ceci

#748 michmuch80

michmuch80
  • Genre: Homme
  • Localisation:Picardie
  • Intérêts:Nature, environnement et développement durable et plein d'autres choses

Posté 18 septembre 2019 - 09:10

des résultats provisoires encourageants (66 t/ha).

Pour cela il faut mettre tout les atouts de son côté :  Prairie récemment détruite, 30t/ha de fumier composté enfoui à l'automne, travail du sol très fin pour éliminer les larves de taupin, faux semis, voir repiquage et désherbage accru, les contrats avec les sucreries sont très exigeant la dessus. https://www.betterav...ique-semis.html


  • flanar l'ancien aime ceci

#749 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

  • Membres
  • 14 942 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:LE MANS

Posté 18 septembre 2019 - 19:16

 

Au cours de la première décennie du XIXème siècle, les deux premières fabriques métropolitaines sont établies en région parisienne à Chelles et à Saint-Ouen. D’autres fabriques sont créées dans la Somme, dans l’Aisne et le Pas de Calais. La naissance de la sucrerie de betterave est donc l’aboutissement  d’un long processus de maturation scientifique et intellectuelle, concrétisant une idée qui était "dans l’air" depuis plusieurs années.

 

Avec le blocus continental instauré en 1806, une guerre économique s’installe et ferme l’Europe au  commerce anglais. Le remplacement des produits coloniaux comme le sucre de canne devient indispensable.

 

En 1811,  Le Ministre Montalivet  présente à Napoléon 1er des pains de sucre, fabriqués par le chimiste et pharmacien de l’Empereur, Deyeux.

 

Napoléon 1er, voulant  favoriser le développement de cette production et avec l’influence décisive du chimiste Chaptal, signe le 25 mars 1811 un décret ordonnant la mise en culture de 32 000 hectares de betterave.

https://www.lesucre....t-du-sucre.html

 

Qui sera le Napoléon du sucre bio?   ;)



#750 Tis

Tis

    Curieuse palmée

  • Membres
  • 7 334 messages
  • Genre: Non spécifié
  • Localisation:Limousin

Posté 24 septembre 2019 - 07:41

Merci Flanar, le site que tu as mis en lien évoque une autre expérience passionnante faite dans une ferme bio.
 

Implanter une culture après une prairie sans labour et en Bio, mission impossible ?

Publié le : 31 juillet 2019

En vue d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences en Techniques de Cultures Simplifiées (TCS) en système polyculture-élevage, un groupe de producteurs bio et non bio s’est constitué en Vendée dans le cadre du dispositif « 30 000 fermes vers l’agroécologie ». La FNAB et le GAB Vendée ont pu suivre Julien Guéneau, agriculture bio au sein du GAEC Les Jonquilles (L’Herbergement – 85), au travers de 7 épisodes (A venir prochainement, le 8ème épisode : La récolte du maïs. Cette série vous permettra de découvrir la philosophie de ces paysans, et les intérêts agronomiques, économiques et humains de cet itinéraire technique.


Episode 1 : le pari du GAEC Les Jonquilles
Comment réduire le travail du sol, pour quels objectifs et quels sont les impacts agronomiques et économiques ? Découvrez la philosophie de cette ferme laitière convertie au bio depuis 2010 et qui a cessé la pratique du labour depuis 20 ans.

 

 

 
La suite : https://www.produire...ratiques/31490/


  • flanar l'ancien et FLOYD aiment ceci