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Le Bois Raméal Fragmenté


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683 réponses à ce sujet

#1 lilirevival

lilirevival
  • Localisation:Auch

Posté 12 mai 2005 - 15:39

Bonjour,

Voici une technique agricole qui nous vient du Canada, afin de nourrir le monde en minimisant au maximum l'impact écologique.
Cette technique très prometteuse a besoin de se developper car elle permet de cultiver sans irrigation, rétabli le PH de la Terre, sans pesticides, plantations d'arbres...

" Le B.R.F. ou Bois Raméal Fragmenté est constitué de branches d'arbres de faible diamètre, broyées sous l'action mécanique d'un engin prévu à cet effet.
Via des techniques de compostage, de mulching ou d'incorporation directe cette matière peut être utilisée pour fertiliser la terre. Les résultats de ces techniques sont spectaculaires : régénération de sols devenus incultes, l'accroissement et le maintient de la fertilité tant forestière qu'agricole, elles se présentent comme autant de moyens efficaces de lutter contre la destruction de notre environnement (déforestation au sud, pollution des nappes phréatiques au nord) tout en assurant la sécurité alimentaire des populations. "

" Des économies considérables en eau d'irrigation : Ces économies sont dues à la capacité de rétention d’eau de l’humus formé (jusque 20 fois son poids) et à la capacité d’accumulation et de gestion de l’eau par les organismes du sol. Les champs traités sont donc moins sensibles à la sécheresse.

L’augmentation du rendement des cultures, jusqu’à 1000% dans certains cas (aubergine), en culture maraîchère, au Sénégal, 180% sur la tomate amère ; 290% sur les fraises au Canada, 175% sur les céréales, 260% sur une prairie,…"

Voici LE site Aggra qui référence tout sur le sujet, http://users.skynet....info/index.html
fouiller dans " Documentation " et nottament les comptes rendus du Professeur Gilles Lemieux de l'université de Laval et du Groupe de coordination sur les bois raméaux

Vaut mieux imprimer ( recto verso sur papier recyclé si possible bien sure ) car parfois long à lire mais c'est passionnant et très très très encourageant.
J'ai beaucoup aimé : " La forêt, trame honteuse de notre société : pourquoi ? " mai 2004
Et " Le bois raméal fragmenté : la clé de la fertilité durable du sol " publication suite à la demande de la banque interaméricaine pour le developpement, Washington.

Des expériences en Europe de l'ESt et en Afrique sont en cours et très prometteuses également :aureole7:

...

#2 korrotx

korrotx
  • Localisation:Euskal Herria

Posté 12 mai 2005 - 15:46

" Le B.R.F. ou Bois Raméal Fragmenté est constitué de branches d'arbres de faible diamètre, broyées sous l'action mécanique d'un engin prévu  à cet effet. [...]"

Le principe est très élégant mais c'est ce petit détail qui m'embête un peu : comment faire ça dans son jardin si on n'a pas l'engin en question? Sur l'un des liens que tu avais donnés j'ai pu voir qu'ils utilisent des branches d'un diamètre inférieur ou égal à 7 cm, ce qui n'est pas rien à fragmenter quand on n'est pas équipé pour. Connais-tu des trucs pour appliquer cette technique sans gros équipement? Ou alors n'utilise-t-on que des brindilles?

#3 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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  • Localisation:Limousin

Posté 12 mai 2005 - 16:45

Le B.R.F. ou Bois Raméal Fragmenté est constitué de branches d'arbres de faible diamètre, broyées sous l'action mécanique d'un engin prévu à cet effet.
Via des techniques de compostage, de mulching ou d'incorporation directe cette matière peut être utilisée pour fertiliser la terre.


Toujours pas compris la différence avec la méthode de Jean Pain (qui est antérieure) !

#4 dédé

dédé

    Grand diseux, petit feseux, mais feseux quand même !

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  • Localisation:Pffffffffffff !

Posté 12 mai 2005 - 18:35

Le principe est très élégant mais c'est ce petit détail qui m'embête un peu : comment faire ça dans son jardin si on n'a pas l'engin en question? Sur l'un des liens que tu avais donnés j'ai pu voir qu'ils utilisent des branches d'un diamètre inférieur ou égal à 7 cm, ce qui n'est pas rien à fragmenter quand on n'est pas équipé pour. Connais-tu des trucs pour appliquer cette technique sans gros équipement? Ou alors n'utilise-t-on que des brindilles?


merci de faire sécher les bois compris entre 3 et 7 cm de diamêtre et de faire une flambée pour moi...

aprés les cendres du poele peuvent aller fertiliser la terre...


Si non ça me rappèle un doc sur Arte ou la Cinquième où ils montrent qu'au Brésil ils exploitent la "Terra Négra". D'aprés mes souvenir c'est une terre de couleur noire trés fertile et même réparatrice de sol dévastés. elle a une plus forte composition de petites branches de la végétation envirronnante en décomposition. Et dans les endroit où elle est prélevé elle se recompose en moins de 10 ans...

dédé

#5 lilirevival

lilirevival
  • Localisation:Auch

Posté 12 mai 2005 - 22:16

Attention je précise, le BRF n'est pas un compost à proprement dit, il est primordiale de l'épandre fraichement coupé. Par contre on peut amender avec du compost.

Au fait, Lemieux travaille avec Pain aussi :cpasmafaute:

Le BRF est considéré comme un Agrégant, à l'inverse de désagréger le sol il en produit ! Voilà pourquoi cette technique est formidable.

C'est aussi une très bonne façon de lutter contre l'érosion !

Dédé ! Alors là c'est criminel de prendre ces bois raméaux pour en faire de la cendre !
Sinon je connais la Terra Preta ou la Terre Noire des Incas. De la terre riche en charbon qui a permis de nourrir des millions d'âmes à cette époque. Le sujet m'interresse beaucoup aussi, j'ai vu un reportage aussi il y a un moment déjà. J'ouvre un fil à ce sujet :bravooo:

Sinon, pour nous aider à comprendre le fonctionnement du sol :
http://www.planeteco...SOL/0_0sol.html " le sol un milieu fragile "

KorrotX, j'ai trouvé ça, si tu n'as pas de broyeuse ! http://www.cresp.sn/.../compostage.htm et pour rester en Afrique : http://web.idrc.ca/f...1-DO_TOPIC.html ou comment faire son BRF avec un coutelas !

Sinon, pour le dossier :

http://users.skynet....ronc/Frame.html " découverte et developpement d'une technique canadienne "

http://www.nextcity....go/jardins.html : un exemple en images
http://www.commissio..._03_Lemieux.pdf

http://ibelgique.ifr...es/articles.htm :

Méthode canadienne des BRF

Contrairement à la méthode du compostage (en tas) les BRF ont pour origine une matière bien spécifique au départ; ils sont appliqués sur une surface nue du sol, suivie d'un léger griffage pour que les cryptogamies et les bactéries aérobies présent dans le sol et mis en contact avec les BRF puissent directement débuter leur activité de déstructuration de la matière organique.
Les BRF ne sont pas constitués de matière organique animale. Ils ne proviennent que de branchages vivants, d'arbres et arbustes, feuillus principalement de la classe des dicotylédones. Il est toutefois permis d'utiliser 20 % de BRF de provenance de conifères et de feuillus de la classe des monocotylédones. En pratique, dans nos contrées peu d'arbres et arbustes feuillus sont des monocotylédones.
Avant d'aller plus loin dans la technique d'utilisation des BRF voyons en quoi les BRF se distinguent des composts dans leur application dans nos terres de jardin de culture. Les BRF sont à la base d'un humus stable et de qualité qui est la matière première et est indispensable pour assurer toute vie dans la terre, vie qui est la fertilité du sol. Le compost, lui s'il assure un certain apport d'humus, celui-ci n'est pas stable et n'a pas les qualités requises pour assurer la viabilité de certaines bactéries telles que les azotobactères qui ne se développent que dans un humus d'origine ligneux et en présence d'un catalyseur qui est la vitamine B12.
Il faut savoir qu'il y a deux sortes d'humus:
1. l'humus d'origine celluloletique peu stable, vite disparu,
2. l'humus d'origine ligneuse très stable nourricier, entre autres des azotobactères, ces bactéries peuvent fixer jusqu'à 150 unités d'azote organique à l'hectare (azote gratuit). Cette forme d'azote est elle-même très stable et ne pollue pas la nappe phréatique.
NB: excusez-moi si mes explications sont un peu techniques, en fait pour simplifier, comparativement à notre organisme humain ou à un moteur, les BRF seraient les vitamines, les oligo-éléments l'huile qui permet au moteur de "tourner rond" tandis que le compost serait nos aliments, l'essence ou le mazout sans lesquels le moteur ne tournerait pas. Donc l'ensemble des deux font la vie saine et sans accrocs. Pour votre meilleure compréhension, vous trouverez un court lexique en fin d'article!
Comment pratiquer avec les BRF
Comme déjà dit, les BRF sont le résultats de la "fragmentation" (le F de BRF) des bois (B de BRF) en provenance de raméaux (R de BRF). Il s'agit des fixes branches (maximum de 7 cm de diamètre) d'arbres feuillus (déjà) décrits. L'idéal est que ces raméaux ou branchages soient de plein de sève donc avec leurs bourgeons ou leurs feuilles. Pourquoi? Parce qu'elles contiennent de la lignine en formation, plus attaquables par les champignons et les bactéries que la lignine adulte ou mûre telle que présente dans le tronc des arbres. Ces branches contiennent une matière azotée indispensable au développement de ces bactéries et champignons. Ces branchages, chez vous, peuvent provenir de la taille et de l'élagage de vos arbres d'ornement, de la taille de vos arbres fruitiers, de la taille de vos haies, à l'exception des buis et ligustrum de moins de deux ans.
Ces branchages, raméaux, etc., cette matière première sera lacérée, fragmentée dans une broyeuse. Pourquoi, (de nouveau!)? Pour faciliter l'attaque, par les bactéries et les champignons, de la lignine. En effet, la fixe écorce de ces petites branches est protégée des insectes et des bactéries par un germe de cuticule. La lacération met le bois à nu et immédiatement attaquable par les bactéries et les champignons.
Les BRF ainsi préparés sont épandus sur un sol nu. Si cet épandage se fait sur une terre qui a reçu des produits phytos, surtout des fongicides, il est bon d'étendre un peu de terre de sous-bois. Pourquoi (encore une fois?!)? La terre des bois est très riche en spores de champignons et en bactéries diverses. Cette terre va agir comme levain bactérien, donc ensemencer les BRF et l'action de déconstruction des broussailles va pouvoir commencer rapidement. La rapidité de cette décomposition, de cette transformation vers l'humus est primordiale.
La quantité de BRF à épandre la première fois n'est pas une question de poids mais d'épaisseur: de 1 à maximum 2 cm d'épaisseur. Sitôt cela terminé, si la terre n'est pas trop sèche il faut gratter légèrement avec instrument à dents de telle façon qu'un peu de terre soit mélangée au BRF. Lorsque le sol est très sec un enfouissement peu profond est préférable. Nous pouvons appeler cette technique compostage de surface. Cette technique a l'avantage de conserver le maximum de carbone (énergie) disponible pour le travail des êtres vivants dans le sol. Celui-ci est l'objet d'une activité intense dont la base est l'humus et les êtres vivants sont des micro et macro-organismes végétaux qui travaillent en symbiose. Tous ont une fonction bien déterminée. Comme tout être vivant, ils ont besoin de chaleur et d'air (qui est source d'oxygène et d'azote), de protéines pour leur développement et d'énergie (carbone) pour leur activité (travail). C'est l'activité de tout ce monde souterrain qui fait la fertilité du sol. Les plus connus sont parmi les végétaux, des champignons, des levures, des moisissures, des algues et bien d'autres moins connus; parmi les animaux des vers de terre (de 500 à 5.000 kg/hectare), des acariens, des insectes, des collemboles, des protozoaires (200 à 400 kg/hectare).
Au vu de cette explication, nous pouvons mieux nous rendre compte de la différence qu'il y a entre le compost et la technique des BRF, aboutissement des recherches canadiennes.

A. Le compostage en tas est idéal et indispensable pour assainir et valoriser des matières organiques d'origine animale et des matières d'origine végétale mortes ou risquant de propager des maladies ou des semences de plantes adventives. Malheureusement, pour avoir une activité effective, le compostage a besoin de beaucoup d'énergie pour arriver à une température nécessaire à cet assainissement. Le compost obtenu met à la disposition des plantes des nutriments de qualité et sous une forme granuleuse, homogène et saine. Savez-vous que nos animaux domestiques sont friands de bon compost. Mettre un peu de bon compost à la disposition des porcelets les guérit de l'anémie!
B. Les BRF constituent le meilleur matériau pour revitaliser un sol mort et peu fertile. Toute l'énergie contenue dans le matériau de base est disponible pour la vie du sol, donc pour sa fertilité.
Il nous reste donc à éviter d'épandre sur la terre de nos jardins ou de nos champs toute matière qui pourrait porter atteinte à cette vie. Cela est un autre sujet à développer.
Lexique
· BRF: Bois Raméaux Fractionnés (néologisme canadien).
· Cellulose: constituant principal de la paroi de cellules végétales entre autres pailles, feuilles d'arbres et autres. Transformable en humus non stable.
· Lignine: substance organique complexe constituant principal du bois.
Remarque: c'est la lignine en formation qui nous intéresse parce qu'elle est encore attaquable par les organismes du sol, surtout par les champignons basidiomycètes et transformable en humus stable.
· Dicotylédone: plante dont la graine contient une plantule avec deux cotylédons, feuille primordiale charnue qui constitue une réserve pour le premier développement de la plante.



#6 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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  • Localisation:Limousin

Posté 12 mai 2005 - 22:23

En français on dit rameaux. Tout simplement.

Quand à Lemieux qu'il travaille avec Jean pain ça m'étonnerait beaucoup !

Encore une fois tu fais du copié-collé sur un sujet que tu ne connais pas.

#7 David

David

    Bricoleur du dimanche

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Posté 13 mai 2005 - 00:26

Korrotx, si tu n'as pas de broyeur ou si tu ne veut pas dépenser ton pétrole ou ton plutonium pour le faire fonctionner, tu peux aller à la scierie du coin, ça sera pas raméal, mais si tu défèques un peu dedans (tes animaux favoris aussi), et que tu laisses reposer deux ans, tu auras du bel humus aussi :cpasmafaute:.

Tis, c'est pas Jean Pain qui a inventé le compost, la nature fait comme ça depuis toujours : des petits bestiaux très laids fragmentent le bois, les animaux font ce qu'ils ont à faire dessus (au passage, les déjections des herbivores ne contiennent que quelques traces de matière animale), le tout en contact intime avec la terre, les feuilles... (pas taper, c'est pour rire :bravooo:

#8 lilirevival

lilirevival
  • Localisation:Auch

Posté 13 mai 2005 - 00:54

Heu David bonne idée ton filon, mais ce n'est plus la technique du Bois Raméal Fragmenté là !

Tis avant de critiquer et de monter sur tes grands chevaux, consulte donc et étudie le sujet un peu avant. Tu verras tu en ressortira grandie :cpasmafaute:
Enfin je dis ça car le sujet semble éveiller en toi une certaine inquiétude...

Cette technique s'appelle technique ce n'est pas pour rien. Il faut suivre un certain " protocole " pour maximiser l'effet sinon il risque d'être nul voir un gaspillage monumental.

A notre époque de déforestation intensive, cette technique apporte une VERITABLE SOLUTION DURABLE pour notre planète.

Ce qui me fascine et me rassure un peu, c'est que cela implique des plantations de haies, d'arbustes...plus d'insecticides non plus, pas d'engrais non plus

Franchement, en combinant avec d'autres méthodes telles que les jardins auto fertiles, la Terra Preta et la permaculture. Ca vaut le coup de se pencher sur ces questions primordiales qui nous concernent tous sans execeptions.

Car tout le monde sur cette planète a besoin de se nourrir et plus encore aujourd'hui où la population mondiale augmente de façon considérable dans un contexte fragile où la planète agonise et se meurt chaque jour un peu plus.

#9 _mirza_

_mirza_

Posté 13 mai 2005 - 06:51

en combinant avec d'autres méthodes

ah ben justement, moi je me disais encore une fois que c'est bien compliqué comme truc à appliquer à la lettre...

J'avoue, j'aime pas me prendre la tête avec des "techniques" et autres "méthodes" patentées. C'est sûr que ça inspire. Mais de là à devoir faire tout pile-poil pareil ça me saoule rien que d'y penser. Je garde l'idée du bois, de toute façon je le faisais déjà plus ou moins. Combiné avec d'autres choses, compost, paillage de toutes natures, etc. Sans apport d'engrais, à vrai dire sans apport extérieur mis à part le soleil et l'eau. Mon sol qui était tout pourri lessivé depuis des années redevient progressivement acceuillant. Mais je suis bien contente de ne pas utiliser de "technique" et que ce que je pratique ne porte pas de nom!

Sinon après ça devient trop compliqué, j'aurais l'impression d'être au boulot quand je jardine :cpasmafaute:

#10 MakeLoveNotWar

MakeLoveNotWar
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Posté 13 mai 2005 - 10:11

Cette technique s'appelle technique ce n'est pas pour rien. Il faut suivre un certain " protocole " pour maximiser l'effet sinon il risque d'être nul voir un gaspillage monumental.

A notre époque de déforestation intensive, cette technique apporte une VERITABLE SOLUTION DURABLE pour notre planète.

Ce qui me fascine et me rassure un peu, c'est que cela implique des plantations de haies, d'arbustes...plus d'insecticides non plus, pas d'engrais non plus

Oui, mais qu'en est-il dans certains pays où le termite est endémique?

Ayant vécu en Afrique, en zone de savane arbustive, je certifie qu'un épandage de bois fragmenté est attaqué par les termites non pas dans l'année ni dans le mois mais dans la nuit qui suit!

Il est très possible que ces bébêtes participent utilement à la transformation dudit bois en éléments directement assimilables par les cultures...

Y-a-t-il sur le forum un spécialiste de culture bio dans ces régions?

#11 jackausse

jackausse
  • Localisation:causses du quercy

Posté 17 juillet 2005 - 09:05

Je suis un peu choqué de ce qui s'est dit sur ce forum concernant les Bois Raméaux Fragmentés !!!!
Qui a essayé ?
Je suis sur les terres des Causses du Quercy, et aprés avoir lu les publications du Professeur Lemieux de Québec, j'ai voulu essayer.
J'ai commencé en janvier 2004 : résultats étonnants !!! malgré la sécheresse du climat (pluie entre le 1 mai et le 1 aout 2004 : 55mm), je n'ai jamais arrosé et j' ai récolté de tout en plein causse : tomates courgettes betteraves courges et courgettes, navets oignons. J'ai agrandi le jardin en janvier 2005 (1000 m²) et cette année 600 pieds de tomates, 40 pieds de courgettes, petits pois, fraises !, poireaux, cives et echalottes, tout est là sans arrosage (depuis une semaine il fait entre 32 et38°c à l'ombre).
attention il faut tout changer dans sa tête, c'est une vraie révolution.
Ce n'est pas du mulch, ni du compost, ça n'a pas grand chose à voir avec la méthode Pain.
C'est tout simplement l'accélération d'un phénomène naturel qui se passe sous le couvert de la foret, appelon ça AGGRADATION, le contraire de dégradation.
Pas aujourd'hui (moissons !!) mais dans les jours qui viennent je peux reprendre.
Allez arretons la minéralisation des cerveaux !!!
Vive l'humification des âmes

Jackausse

#12 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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  • Localisation:Limousin

Posté 17 juillet 2005 - 10:02

Je suis tout à fait d'accord avec vous pour penser que cette méthode est très intéressante et utile mais ce qui m'a agacée c'est la manière employée par Lilirevival pour la présenter comme si c'était une innovation "révolutionnaire".

Comme David, je pense que la nature ne nous a pas attendus pour inventer le compostage en place.

Il me semble que tous ceux qui l'ont "réinventé" n'ont fait qu'observer la forêt ou mettre en pratique les techniques utilisées par les jardiniers qui les ont précédés, et je regrette qu'ils ne citent pas toujours leurs sources.

#13 lilirevival

lilirevival
  • Localisation:Auch

Posté 18 juillet 2005 - 19:39

:-) Salut Jackausse !
Quelle joie immense de lire ton témoignage, je suis actuellement au Québec ou j'étudie des méthodes culturales alternatives avec une nette préférence avec les jardins autofertiles et le BRF.
J'ai rencontré un homme formidable du nom de Jacques Hébert pres de Québec ou il travaille au BRF depuis 1979. Aujourd'hui il a un jardin de vivaces magnifique en BRF. Il est un des précurseur du BRF, a present meme le comité Jean Pain vient se former chez lui ! Un type formidable avec lequel je vais certainement travailler a répandre cette technique révolutionnaire oui, dans le sens ou elle révolutionne l'agriculture.

J'aimerai beaucoup en discuter avec toi et te rencontrer, car j'estime que cette méthode peut sauver une bonne partie de l'humanité, je mise tout sur le BRF, c'est la clef pour nourrir les populations, nettoyer les sols et faire de la terre car comme tu le reprécise, ils'agit d'un aggradant. Empécher la deforestation, entretenir les arbres, augmenter l'oxygene de l'atmosphere, arretter les engrais, pesticides et deserbants...

Au passage, des expériences en Afrique sont tres tres tres encourageantes, plus de nématodes, et en ce qui concerne les termites, elles s'attaquent au bois sec, et LA CONDITION PREMIERE DU BOIS RAMEAL FRAGMENTE est qu'il est épandu frais sur une couche de 1 cm sur le sol, une fois par an et basta !!!

Plus d'irrigation, de desherbage, de traitements. Meme les azalées poussent a merveilles alors que le sol est rendu neutre.

Bref, c'est fabuleux et si seulement le monde entier pouvait adopter cette technique, ce serai la fin de moultes problemes écologiques, économiques, alimentaires, sanitaires...j'en passe et des meilleurs.

Au plaisir cher Jackausse, ah vraiment quel bonheur !!! :-)

#14 lilirevival

lilirevival
  • Localisation:Auch

Posté 18 juillet 2005 - 19:54

Voici les coordonnées de Jacques et un petit article que j'ai écris sur lui apres cette visite phénoménale de ses jardins.

Jardins vivaces de Jacques Hébert


  Au bas de l’allée d’arbres, on aperçoit tout d’abord un panneau de bois gravé «  Jardins de vivaces ». Apparaît ensuite, de magnifiques couleurs sous la pluie battante d’un début de juin frais et humide. Quel spectacle enchanteur de voir toutes ces plantes, arbustes offrant leur palette de tons et senteurs. Jacques Hebert, le jardinier concepteur et créateur de ce havre de paix, nous accueille et nous présente son petit domaine d’un hectare.

  A l’orée de la forêt, cet homme a ensemencé ce jardin voila 7 ans. La création d’un plan d’eau fut la première ébauche de son installation sur fond de permaculture. Pour préparer ces plantations sur cette terre argileuse de climat classé en zone 5, cela a nécessité sur son idée, d’un apport de terre et de composte de feuille la première année. Inspiré par les buttes autofertiles, il décide de les monter plus basses afin de limiter les pertes en eau. Un épandage de bois raméal fragmenté et le tour était joué.

  Ainsi était né ce petit coin de paradis ou poussent désormais quelques 3000 variétés ornementales sans jamais pratiquer, ni labour, ni traitements, ni arrosages, ni désherbages. Elaboré dans les règles de l’art, le jardin est entouré de haies de toutes sortes afin de créer, en plus de la mare, des refuges et réserves aux insectes, animaux et plantations, créant ainsi un écosystème riche de biodiversité.

  Aujourd’hui, le terrain est tellement enrichi de biomasse et de vie, qu’il est passé en zone 4 et des végétaux qui habituellement ne pousseraient pas dans cet environnement, croient et se développent majestueusement avec une grande vitalité.

  Sur aucun espace la terre n’est laissée a nue. Une fine couche d’un centimètre de BRF recouvre également les allées. L’épandage est renouvelé une fois par an.

Par endroits, au travers de ces vaillantes vivaces, poussent des champignons, rien a voir avec ceux qui se développent a quelques centimètres dans le sol, les fameux Basidiomycètes ( appelés grossièrement pourriture blanche ) pullulent dans ce sol fertile.

En effet, ce champignon est le gage de la resussite pour améliorer la structure d’un sol. Ils sont les principaux micros organismes capables de digérer la lignine du bois, recyclant et aidant les végétaux à absorber et assimiler l’eau et les substances nutritives en formation dans le sol. Ils sont le point de départ de la chaîne trophique avec les bactéries, suivies des insectes. Générateurs d’antibiotiques naturels, les cultures sont protégées des parasites et maladies.

  Grâce a la lignine du BRF, la température est stable et moyenne, le PH est neutre, l’humidité vitale constante. Plus besoin d’irriguer ni d’engraisser.

En même temps que se font les échanges entre ce monde grouillant de vie, de la terre se créée ! Source alimentaire pour tous les êtres vivants, l’harmonie est établie.

  Autodidacte précurseur, Jacques Hébert a débuté ses expérimentations en  1979. Travaillant alors auprès d’Edgar Guay, attachés au ministère des forêts de Québec, sur l’idée de recyclage des déchets forestiers, étaient nés les bois rameaux forestiers.

Aujourd’hui équipé d’une broyeuse, il transforme le BRF et prépare de la litière forestière sur place, et tout a chacun, peut venir se fournir chez lui ainsi qu’en plans de vivaces, récoltés au moment de l’achat.

Jacques s’essaye aussi à créer de nouvelles variétés et prévoit désormais d’étendre ses cultures à du maraîchage et alimentations du bétail.

Végétarien, autonome, humble et sûr de lui, cet homme déterminé est à l’origine de tout un mouvement philosophique ou la conception du respect de la vie prend toute son ampleur.

  Ce jardin est la preuve vivante que nous avons les moyens simples, efficaces de régénérer le cercle de la vie. Celui la même, actuellement en péril a cause de politiques agricoles productivistes ou l’artificiel a pris la place du naturel. Comme le dit l’adage : «  Chasses le naturel, il revient au galop «, les Jardins de Vivaces de Jacques Hébert, directement inspirés de la forêt, source de vie de notre planète, en sont le parfait exemple et même plus, ce sont des références au « chant des possibles ».

Savant mélange de permaculture, de jardins autofertiles et de bois raméaux fragmentés, ils sont à l’image de la nature originelle. Un véritable reflet qui prouve une fois de plus que le renouveau existe malgré les ravages écologiques dramatiques qui menacent la survie planétaire. A commencer par le problème de l’eau.

Ces jardins touchent au cœur et pour ceux qui auront la chance de les visiter, la sérénité qui y règne laissera un souvenir incommensurable.

Jardins vivaces de Jacques Hébert
594, Georges Muir, Charlesbourg, Québec,
Canada G2N 2H2
tél: 418-849-7609


E-mail: jhebert@mediom.qc.ca
Site intenet : http://www.nextcity....go/jardins.html


Et des photos de notre visite sur le lien de mon maitre de stage Stéphane Groleau :
http://www.vegecultu...ins_vivaces.htm

:-)

#15 _mirza_

_mirza_

Posté 19 juillet 2005 - 06:29

moi j'ai une question technique: si on veut épandre ces "bois raméaux fragmentés", est-ce qu'il y a une époque de l'année précise à laquelle il faut le faire?

#16 jackausse

jackausse
  • Localisation:causses du quercy

Posté 21 juillet 2005 - 13:05

bon j'y reviens,
je viens d'attacher 600 pieds de tomates en plein soleil, jamais arrosés, sur un sol ensemencé en BRF en février 2004.
et je vous le dis avec émotion "c'est bien révolutionnaire" et c'est bien "miraculeux" car la nature est par essence révolutionnaire et miraculeuse; et nous nous sommes imaginé contrôler domestiquer et plier à notre petite conscience des choses ce phénomène fantastique qu'est la pédogénèse !!!!
Jour après jour je vois le travail de cet être vivant et complexe qu'est le sol. imaginez vous que par 35°c à l'ombre vous trouverez des vers de terre à 3 cm de la surface du sol !!! ça ne défie pas les notions néolithiques de l'agriculture ?
pour répondre à la question de quand on fait ça; l'épandage, et bien de préférence quand il n-y-a plus de feuilles aux arbres (caduques !), broyer et épandre dans les 24 heures pour éviter toute chauffe (minéralisation), le chêne est le meilleur ! riche en tanins qui donneront un humus stable.
Moi aussi je pense et je ressens que cette "technique" (ah le vilain mot!!), allez disons que ce n'est que l'accélération du phénomène naturel qui se passe sous le couvert de la fôret, et bien oui, c'est sans doute la solution déjà pour nous sortir du marasme agricole occidental, à la botte de l'agro-pétro-chimie manipulatrice des opinions et des modes de consommation.
les BRF appelent un changement de paradigme, ça bouleverse complètement l'"agriculture" qui n'a pas changé fondamentalement, depuis son invention.
Ca bouleverse notre perception du monde vivant, le nôtre compris, ça appelle aussi certainement, un changement de comportement social;
Je réponds un peu dans le désordre, à TIS:- non, il ne s'agit pas de compostage de surface et quant aux sources , je tire mon chapeau et je lui rends hommage dès que je peux à Mr Gilles Lemieux, le découvreur, le passeur, car ça fait 25 ans qu'il se coltine à la techno-science qui ne veux surtout pas entendre son discours et lire ses travaux; car ça les dérange, ça les empèche de vendre leurs poisons, et c'est aussi pour ça que c'est "REVOLUTIONNAIRE" il n'y a rien à vendre !!!!!
Pour Lilirevival, ben écoute moi je suis dans les Causses du Quercy près de Figeac, tu me préviens à l'avance et tu passes quand tu veux!!
Pour Miette; j'ai plein de photos, des analyses de sol, des synthèses écrites des échanges de mail avec le professeur Lemieux des textes de Claude Bourguignon qui est maintenant lui aussi convaincu de la méthode, il y aura bientôt un site qui décrira mon expérience sur les Causses. (courant aout)
Pour Mirza , je veux te rassurer, tous les jours je travaille avec ce sol et j'suis pas au boulot, parce qu'il s'établit un lien très particulier entre ce sol et celui qui y pose les pieds je crois que Lilirevival comprendra ce que je dis!! et attention le bois c'est de la cellulose, le Bois Raméal c'est vivant c.à.d. avec de la sève, de la lignine non polymérisée, riche en polyphènols. Si tu as observé les petits ruminants (chèvres,brebis), à toute époque de l'année ils raffolent des bourgeons des arbres ce n'est pas pour rien, c'est plus riche que la plus riche des herbes!!!
Pour David, ta solution n'est pas des plus simples, et la sciure ou les débris de bois que tu utilises ils ont bien été travaillés avec "notre pétrole" et "notre plutonium", et comme je le disais sciures et copeaux de bois ce n'est que de la cellulose, et tu peux faire caca dedans, l'effet au bout de 2 ans ne durera que 12 à 18 mois car ce sera du minéral que tu donneras à la terre; pas de la vie.
voilà, maintenant je vais aller faire la sieste.
jackausse

#17 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 21 juillet 2005 - 15:46

Le B.R.F. ou Bois Raméal Fragmenté est constitué de branches d'arbres de faible diamètre, broyées sous l'action mécanique d'un engin prévu  à cet effet.
Via des techniques de compostage, de mulching ou d'incorporation directe cette matière peut être utilisée  pour fertiliser la terre.

Je réponds un peu dans le désordre, à TIS:- non, il ne s'agit pas de compostage de surface

Je ne veux pas polémiquer, je veux comprendre.

Et il ne me semble pas qu'il y ait beaucoup de différence entre cette méthode et celle du semis direct sous couverture végétale permanente, dont nous avons parlé plusieurs fois. Par exemple :
http://www.onpeutlef...pic.php?p=40007
http://www.onpeutlef...pic.php?p=47109

Dans les 2 cas il s'agit de rendre à la terre des végétaux vivants pour reconstituer l'humus, non ?

#18 jackausse

jackausse
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Posté 24 juillet 2005 - 14:02

alors pour comprendre, lire les documents édités par l'université de Laval(québec), dont un qui fait la synthèse de toutes les techniques d'amélioration des sols, ensuite essayer, en ayant l'humilité nécessaire, c-à-d en appliquant à la lettre, en demandant conseil aussi.
pour le reste ne pas confondre technique culturale (semis direct sous couvert) avec aggradation des sols.
IL FAUT VRAIMENT LIRE LES DOCUMENTS DU PROFESSEUR LEMIEUX !!!! faciles à lire et qui libèrent l'HUMUS.
libèrons l'humus, libérons l'humus !!!!
allez la sieste !!
bonne sieste à vous
jackausse

#19 _mirza_

_mirza_

Posté 24 juillet 2005 - 15:00

le chêne est le meilleur ! riche en tanins qui donneront un humus stable.

Ça tombe bien, c'est bien ce que je comptais utiliser en majorité vu qu'il y a en plein par ici. En fait je comptais ajouter à ce que je récupérerais dans le jardin, et qui ne sera sans doute pas suffisant, des éléments que je rapporterais de la forêt autour.

Bon sinon faudra que je révise, il m'avait semblé lire qqpart qu'il fallait que les branches aient encore des bourgeons et tout ça au moment où on les coupe-broie-épand, et là tu me dis de le faire quand les dernière feuilles sont tombées... d'après mon expérience y'a pas des masses de bourgeons à cette époque :-)

Modifié par mirza, 24 juillet 2005 - 15:02 .


#20 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 24 juillet 2005 - 17:38

"Il existe des sols à proscrire, se sont les fonds de vallées humides, les sols hydromorphes qui restent constamment humides et froids.
Les conditions anaérobies qui y règnent ne permettent pas la décomposition des B.R.F."
http://users.skynet....Methode.html#12