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Reclaimyourwork: la réappropriation du travail


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46 réponses à ce sujet

#41 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 05 novembre 2015 - 14:49

Elle donne son entreprise
31/10/2015

de-l-apprenti-au-futur-gerant-tous-reuni
De l’apprenti au futur gérant, tous réunis autour de Régine Deharvengt (au premier plan). Photo ER

L’IMPRIMERIE RUGE fait partie des plus anciennes entreprises d’Alsace. Créée en 1896 par Théodore Ruge, un immigré danois venu faire son compagnonnage dans la région, elle a toujours été gérée par la famille du fondateur. En 1901, celui-ci lançait le Journal des ménagères, un hebdomadaire qui existe toujours, tiré aujourd’hui à 3.000 exemplaires. Plus étonnant encore, la société n’a jamais quitté ses locaux d’origine, au 25 rue de la Fidélité, à Mulhouse. « Nous sommes restés fidèles à la rue de la Fidélité », plaisante Régine Deharvengt, 66 ans, arrière-petite-fille de Théodore Ruge. Celle-ci est encore à la tête de l’imprimerie, de la maison d’édition et du journal. Mais plus pour longtemps. « Pour prendre ma retraite, j’ai essayé de trouver un repreneur pendant quatre ans », révèle-t-elle. « Des candidats très intéressés m’ont contactée. Mais, tous me proposaient la même chose. Il fallait que je licencie mes six salariés et que je leur cède les locaux, les machines et, surtout, mes clients ! »

Des clients fidèles
Cette logique financière et purement capitaliste, Régine Deharvengt la refuse. Car son entreprise est viable. Certes, les locaux sont vieillots et un peu exigus. Mais la société possède des clients fidèles et fait du bénéfice. Sur le marché de l’édition régionaliste, en Alsace, elle est incontournable. Quant à son Journal de la ménagère, il s’agit d’un titre bénéficiaire malgré l’absence de publicité dans ses pages ! « Nous vivons grâce aux abonnements et aux annonces légales », affirme la patronne qui est également la directrice de la publication. La recette qui a fait le succès du Journal de la ménagère n’a pas varié en plus d’un siècle. Des articles d’information locale et générale, des recettes de cuisine, des conseils de jardinage, des jeux, de la mode, des romans et une page en langue allemande… La mise en page n’a pas évolué, ou si peu. Et aucun article n’est mis en ligne sur internet. Pour lire le Journal de la ménagère, il faut s’abonner, un point c’est tout.
Lorsqu’on se retrouve l’héritière d’un tel patrimoine local, on ne se laisse pas impressionner par quelques requins désireux de piller votre fichier de clients. « Trahir mes salariés pour vendre ma société et la voir disparaître, ce n’est pas mon genre », s’emporte la descendante du fondateur. « J’ai trois filles, elles ont toutes de bons métiers. Elles me l’ont dit clairement, elles ne sont pas intéressées par l’imprimerie. Il fallait donc que je trouve une solution pour mon personnel. »

Une saga à cheval sur trois siècles
Et cette solution passe par la création d’une Scop, une société coopérative et participative. Régine Deharvengt a tout simplement décidé de faire cadeau de son entreprise à ses six salariés ! Le nouveau gérant, Jean-Louis Weiss, qui est aussi le plus ancien salarié, a été désigné par ses collègues. Il apprend son nouveau métier aux côtés de son ex-patronne, laquelle a tout de même investi dans une superbe presse numérique à plus de 100.000 euros avant de passer la main. Comme dans la pub, voilà des employés qui peuvent clamer : « J’aime ma boîte ! »
Depuis qu’ils sont tous devenus actionnaires de leur entreprise, les imprimeurs de la rue de la Fidélité sont encore plus impliqués. Hier, ils craignaient de se retrouver à Pôle emploi. Aujourd’hui, ils se penchent ensemble sur les comptes, le carnet de commandes et les projets.
Parmi les bouquins qui sortiront bientôt des presses de l’imprimerie Ruge, il en est un qui leur tient tout particulièrement à cœur. C’est celui qui relatera toute l’histoire de l’entreprise, une incroyable saga à cheval sur trois siècles et deux guerres. A l’époque de son lancement, le Journal de la ménagère passait presque pour un brûlot féministe ! Après la Seconde Guerre mondiale, il se vendait à 40.000 exemplaires. Il a conservé quelques inconditionnels. Certains Alsaciens en exil se le font même envoyer l’autre bout de la France. Pour eux aussi, Régine Deharvengt n’a pas voulu jeter l’éponge.
 
Ludovic BASSAND

http://www.estrepubl...-son-entreprise


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#42 Panthera Pardhus

Panthera Pardhus
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Posté 13 mars 2016 - 21:47

Une autre vision du monde du travail:

 

http://www.reporterr...ir-aux-ouvriers



#43 DzC

DzC
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Posté 14 mars 2016 - 09:13

On vit une epoque formidable quand même. Avec notre beau gouvernement socialiste tout neuf on aurait pu se dire

qu une Loi sur le travail s articulerait sur ce genre d idées.

(voir aussi http://www.lemonde.f...23_1698637.html )

ou bien sur ce qu on pourrait faire pour que diminue la souffrance au travail et son cortege de mal être, depressions, suicides et autres rejouissances.

Mais non, nos socialistes Canada Dry (ça a le gout, la couleur mais c en est pas) ont choisi une toute autre direction.

Moi je dis que Dr No travaille pour le MEDEF (une filiale de l'UNCLE) et a reussi à hypnotiser d ex-elus socialistes afin de leur faire mener une politique que même la droite

n'a pas osé mener ces dernieres decennies. Mais que fait James Bond ???



#44 DzC

DzC
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Posté 14 mars 2016 - 20:44

Le labo du Medef où l on transforme les politiciens en zombies :

 

160314085247497088.jpg



#45 Ricodusud

Ricodusud
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Posté 15 mars 2016 - 10:35

Hello

 

Sur les coopératives il y a ça "L'Utopie réaliste". Le renouveau de l'expérience coopérative de Jacques Prades

 

Jacques Prades est maître de conférences à l université de Toulouse 2 Le Mirail. Il y a créé un Master spécialisé en économie sociale et solidaire, au cours duquel ses étudiants montent des projets coopératifs. Il a aussi créé une fondation qui aide le milieu coopératif

 

Très très  intéressant, cours d'histoire au début, puis études des différentes réalisations, et des pistes pour l'avenir, Il fait partie des livres que j'ai lu récemment, merci l'Alcazar, biblio de Marseille


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#46 Tis

Tis

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Posté 03 mars 2017 - 12:49

Une opportunité à faire connaître :

 

Delta Meca fut en 2015 la première Scop d'amorçage de France. Elle est toujours l'unique société ayant utilisé ce dispositif de la loi ESS permettant à une entreprise de passer au statut coopératif tout en laissant aux salariés un délai de sept années pour détenir une majorité de tour de table. En l'occurrence, chez Delta Meca, la majorité du capital a déjà basculé en faveur des 40 salariés, en deux ans seulement, la croissance et les résultats de cette PME ayant permis cette accélération.

https://www.lesechos...nce-2068723.php
 



#47 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 19 mars 2017 - 14:38

D'abord ouvrier boulanger puis assistant social il est revenu a son ancien métier en choisissant comment le pratiquer à sa façon :
 

« Un métier n’est pas là pour vous emprisonner mais pour vous rendre libre »
par SideWays - 13 avril 2015

Daniel Testard est un boulanger atypique. Il ne travaille que deux jours par semaine pour pouvoir s’occuper de son jardin, pratiquer le chant et la musique, écrire et s’exercer à la méditation. Il ne vend pas lui-même son pain : il fait confiance à ses clients qui paient directement leurs achats, dans une corbeille. Il récupère l’eau de pluie, qu’il filtre et incorpore aux farines de blé anciens, biologiques, qu’il se procure illégalement. « J’ai toujours résisté à l’idée que soit on augmente son chiffre d’affaires, soit on disparaît. » Une pratique construite depuis 30 ans, à Quily, dans le Morbihan, qui vise à bâtir une vie harmonieuse où le travail n’aliène pas mais rend libre.

Un petit livret à la couverture orange, une impression ancienne, un objet que l’on a envie de garder précieusement. Il l’a écrit il y a quelques années, après avoir réinventé son métier. Parce que la formule vaut le coup d’être dupliquée, il voulait la partager... Avec son idée, il est possible de retrouver des commerces dans les villages, de la vie dans les campagnes. Des artisans qui sont heureux et qui ne manquent de rien.

À la base, il y a beaucoup d’envies : être proche de sa famille, produire sa nourriture, avoir du temps pour soi, écrire, avoir deux mois de congé l’été pour partir. La solution, il l’a inventée à partir de ces idées-là. Et au final, cela correspondait bien à son métier passion, à son métier d’origine, la boulange. Deux jours de pain dans la semaine, parce qu’il aime faire naître la vie dans la pâte, il aime son monastère panaire, ermite dans la nuit à converser avec les étoiles. Il participe ainsi à la vie du pays dans lequel il vit, 700 pains pour nourrir 150 familles, peut-être 300 à 500 consommateurs.

Et comme il ne pouvait pas vendre son pain en même temps qu’il le faisait, Daniel a choisi de ne pas le vendre lui-même. Il a ouvert son fournil à ses clients, qui viennent chercher leur pain quand ils le souhaitent et qui payent directement dans la caisse. « L’avantage du système, c’est que personne n’est prisonnier de l’autre. Les gens peuvent venir quand ils veulent, même la nuit, même le lendemain, et moi, je peux être là ou pas là. » Comme il faut autant de temps pour vendre son pain qu’il n’en faut pour le fabriquer, il gagne ainsi deux jours par semaine de liberté.
Et cela dure depuis 30 ans...

Pour voir la suite du reportage (photos, sons, vidéos).

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http://www.bastamag....pour-se-liberer