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planter un bois ou une forêt


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138 réponses à ce sujet

#121 ricmo

ricmo
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Posté 22 avril 2019 - 06:46

D 'ou peut-être l'intérêt d'avoir des forêts diversifiées en classe d'âge type futaie irrégulière, avec des coupes échelonnées tout au long de la vie du peuplement. qui permettent des revenus réguliers.

Quand à ce problème il peut être vrai à l'échelle d'une petite parcelle, mais pas à l'échelle d'un pays, ou en permanence des arbres arrivent à un âge d'exploitabilité : d'où l'incohérence de raccourcir le laps de temps entre deux coupes, si ce n'est de décapitaliser de tirer plus d'argent immédiatement. Mais la rentabilité financière totale sur l'âge de la forêt en patie largement, et que dire des méfaits écologiques, qui indirectement impactent fortement l'économie globale.

 

Et tu disais plus haut " il faut dégager une marge économique sinon pourquoi agir?" : Les actions doivent aussi s'inscrire dans une logique de rentabilité à long terme, c'est de l'investissement. Si l'on est incapable de se projeter, d'investir parfois sans retour financier immédiat alors la forêt  est perdue.

Et plus que les actes sylvicoles eux mêmes ce sont les politiques mise en oeuvre en amont qui sont a regretter : on entend de nouveau parler de politique d’enrésinement, on vend le centre de formation forestier national, on supprime la formation des ingénieur forestiers, on prône un raccourcissement des rotation, une hausse des prélévements, on veut favoriser les plantations, au dépit des régénérations naturelles.... Tout celà alors qu'on a sous les yeux des forêts rentables et diversifiées,  qui produisent des bois de qualité très recherché, on veut se positionner sur des marchers de production rapide de bois d'industrie, secteurs ou l'on est loin d'être concurrentiel en France, et qui impose des modes de gestions catastrophique écologiquement (peuplement monopécifiques, d'essences à croissance rapide, facile à gérer et exploiter mécaniquement)

 


#122 FLOYD

FLOYD

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Posté 22 avril 2019 - 08:46

La futaie irrégulière, un modèle certainement séduisant… sur le papier.  Particulièrement difficile à mettre en place, si par exemple on hérite d'un ou deux hectares de douglas arrivés à terme.

C'est particulièrement bien montré dans un film: le temps des forêts. (J'ai vu le film en Sarthe.)

https://www.facebook...TempsDesForets/



#123 ricmo

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Posté 22 avril 2019 - 11:55

pas que sur le papiers on a des exemples qui fonctionnent très bien. 

C'est évidemment plus technique qu'une banale coupe rase, mais je pense loin d'être impossible. 

Mais chaque lieu est différent, et la diversité n'est pas intéressante uniquement à l'échelle d'une parcelle, mais d'un territoire. Il ne faudrait pas faire la même chose partout. qu'on aie un hectare de douglas, a côté une chênaie-hêtraie en futaie régulière, ici une forêt privée "sans propriétaire" non exploitée, plus loin un taillis d’acacia... ne me choque pas temps. Pas obligé de faire de la futaie irrégulière absolument partout, c'était un exemple (mais j'aimerais voir des douglas en mélange avec d'autres essences en mode futaie jardinée, je vois pas trop le problème)

Malheureusement on a des politiques globales qui visent à tout homogénéiser pour produire du bois normé, de faible qualité, en grande quantité... et on lance des directives globales appliquées un peut partout, parfois, ça fonctionne, c super le douglas... pour l'instant.... jusqu'au beau jour ou viendra un petit scolyte, ou autre joyeuseté, qui nous ravage tout, et comme on en aura mis partout....! On a planté du frêne partout en reboisement il y a quelques années, on voit le résultat, on a mis des épicés partout, ou sont-ils aujourd'hui, et on continue, on recommence, encore combien de millions gaspillés, d'écosystèmes détruits...



#124 FLOYD

FLOYD

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Posté 22 avril 2019 - 14:34

Le film, "le temps des forêts", vraiment à voir, évoque la question du Douglas.

La demande de bois de construction sans traitement nécessaire, est une des raisons du succès de cette espèce. 

L'autre raison, la rapidité et la régularité de croissance, convient à une exploitation rationalisée.

 

Le douglas a été introduit en Limousin il y a plus de cent ans. Il y trouve des conditions de croissance favorables (sol filtrant, conditions climatiques appropriées). Depuis les années soixante- dix, il constitue la première essence de reboisement de la Région.

https://nouvelle-aqu...ette_dv_min.pdf

 

D'autres espèces présentées ici:

https://nouvelle-aqu...-melezes/n:2422

 

Je comprends tout à fait les craintes exprimées, ricmo.  Reste à trouver comment inciter/réguler les initiatives privées…



#125 ricmo

ricmo
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Posté 23 avril 2019 - 21:55

Comment inciter/réguler les initiatives privées : peut-être par la formation des propriétaires comme des cadres, incitations, aides financières aux projets de boisement très diversifiés...

Du côté des coopératives forestières (entre autre) étant des entreprises, et forcément veulent faire du benef a court thermes. sinon  les centres régionaux de La propriété forestière, font déjà du travail niveau formation

 

Il faudrait surtout que toutes ces instances, publiques comme privé soient gérées/dirigés par des gens n'ayant pas d’intérêts financiers dans l'histoire, et soient des techniciens avertis ayant pour objectif principal la pérennités de la forêt a long terme, 

 

Et que penser d'association comme pro-sylva?

 

mais hélas le système économique actuel visant essentiellement la plus grande rentabilité économique à court terme, je crains qu'il ne soit pas compatibles avec la forêt et la vision à long terme que sa gestion nécessite.


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#126 FLOYD

FLOYD

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Posté 23 avril 2019 - 23:03

Les formations existent; par curiosité j'ai pu assister à plusieurs séances de terrain… toujours très pointues et pertinentes.

L'une d'entre-elles portaient sur le calcul de l'indice de biodiversité forestière. Une façon comme une autre de  classer des boisements en fonction d'observations quantifiées de terrain.

 

Il reste que les propriétaires sont souvent à la fois agés et "conservateurs"… Souvent peu enclins à la nouveauté, et finalement ne rien faire d'un boisement permet d'obtenir un super-bon indice.

Personne ne peut prédire ce que les héritiers à terme, feront de leur héritage.

 

Pro-sylva, répond tout à fait à l'idée d'une forêt durable.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Prosilva



#127 FLOYD

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Posté 26 avril 2019 - 08:54

Un exemple de ce que propose la forêt privée, comme information et comme formation, intéressant si vous habitez dans l'Ouest.

https://bretagne-pay...-octobre/n:3478



#128 Tis

Tis

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Posté 15 mai 2019 - 11:07

Un autre outil pratique pour ceux qui veulent choisir eux-mêmes comment diversifier leur forêt :
 

Guide Delachaux des arbres d'Europe
Owen Johnson et David More

Ce guide richement illustré est l’ouvrage le plus complet en son genre, avec plus de 1500 espèces présentées. Pour chacune d’elles, une description précise les caractéristiques des différentes parties de l’arbre (silhouette, écorce, rameaux, bourgeons, fleurs, fruits, feuilles…) pour une identification en toute saison.
De superbes planches couleurs illustrent toutes les espèces et présentent non seulement les silhouettes, mais aussi plusieurs éléments de détails (notamment les feuilles, systématiquement reproduites). Sous-espèces, variations et espèces proches sont décrites elles aussi, pour la plupart illustrées. La clé de détermination, précise et efficace, comprend des centaines de croquis couleurs.


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#129 Tis

Tis

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Posté 21 fvrier 2020 - 08:38

Certains hôtes forestiers sont souvent très discrets mais bien efficaces pour nous aider à disséminer leurs arbres préférés  :

 

Le Cassenoix moucheté (Nucifraga caryocatactes) est un Corvidé dont le régime alimentaire est à dominante végétale. Il affectionne particulièrement les noisetiers en plaine, les pignons de pins en montagne ou dans la taïga. Pour passer l’hiver, il cache ses réserves de nourriture dans des centaines de caches qu’il mémorise et dispose sur tout son domaine. Sa mémoire lui permet d’en retrouver la plus grande part, tandis que les graines oubliées pourront germer et croître. Il agit donc en tant que un propagateur de certaines espèces. En Belgique, l’espèce niche sur le plateau ardennais.
Marc Fasol a publié en 2009 un article dans la revue belge La Grièche de l’association Natagora à propos de son habitude de collecter des noisettes à la fin de l’été et jusqu’en octobre, faisant de cette période la meilleure de l’année pour observer cet oiseau autrement discret.

https://www.ornithom...-mouchete-00721

 

Le Geai des chênes (Garrulus glandarius), et les rongeurs comme le Mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus) et l’Écureuil roux (Sciurus vulgaris), jouent un rôle essentiel dans la dispersion des Chênes pédonculés (Quercus robur) et des Noisetiers (Corylus avellana) en Europe (lire Le Geai des chênes ne raffole pas des glands du Chêne rouge d’Amérique). Dès la fin de l’été et durant l’automne, il collecte puis cache de nombreux fruits, parfois dans un rayon de plusieurs kilomètres, puis il les consomme durant l’hiver (lire Les geais sont des planificateurs avisés). Un seul oiseau peut enterrer plusieurs milliers de glands (entre 2 200 et 5 700 selon Chettleburgh 1952 et Kollmann & Schill 1996) chaque année, et l’espèce joue ainsi un rôle crucial dans la propagation des chênes.

 

(...) En complément de cet article, Jules Fouarge nous a apporté ces précisions : « en Belgique, j’ai toujours constaté que le Geai des chênes plantait un gland à la fois, et dans les nombreuses germinations qui parsèment chaque année mon jardin et ma pelouse, je n’ai jamais noté deux plantules côte à côte. En cette année 2019, où ces fruits sont pratiquement absents, je leur donne des glands récoltés l’an passé et ils sont ravis, sélectionnant les meilleurs, rejetant les autres vides ou pourris, et venant même se servir dans les réserves quand j’oublie de les approvisionner. Ils collectent, cherchent un emplacement, placent le gland et le dissimulent.

https://www.ornithom...ar-cache-03005/


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#130 Tis

Tis

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Posté 13 septembre 2020 - 10:02

Un autre arbre, très prisé des animaux, peut lui aussi se propager rapidement  et diversifier friches, haies, bois et forêts existants :

 

En dépit des apparences, le noyer commun n’est pas une essence indigène en Europe occidentale ou centrale : originaire des montagnes du  bassin méditerranéen oriental et d’Asie, il a été introduit dès l’Antiquité et cultivé en grand pour ses fruits (voir la chronique sur les noix). Au cours de la seconde moitié du 20ème siècle, on a assisté à une naturalisation progressive de cet arbre cultivé sous sa forme sauvage notamment dans les grandes vallées au long des rivières dans les ripisylves et forêts alluviales, dans les bois des ravins ou sur les pentes en friches. En Europe de l’Est, ses populations sauvages ont explosé récemment suite à l’abandon des terres cultivées qu’il recolonise en masse grâce à l’aide de ses agents de dispersion dont les corvidés et les écureuils (...). Dans les Alpes centrales, on assiste à une forte progression du noyer sauvage sur les pentes boisées des vallées : cette fois, une étude pointe le réchauffement climatique comme cause première de cette expansion.

 

(...) Nous avons vu que le noyer n’était pas indigène dans les Alpes centrales et que les nouveaux noyers, pour l’instant, ne produisent pas de noix : ceci pose la question de l’origine de ces noyers sauvages et de leur dispersion dans les paysages. Ce n’est pas l’homme qui disperse les noix dans les pentes boisées mais les agents naturels de dispersion que sont des animaux consommateurs de noix : corneilles, corbeaux, geais, pies, casse-noix, pics, rongeurs. Ils récoltent les noix des arbres cultivés et les déplacent à plus moins grande distance pour les consommer ou les cacher comme provisions pour l’hiver ; comme une petite proportion finit toujours par leur échapper ou être oubliée, ils participent, « à l’insu de leur plein gré », à la dispersion des noix (voir la chronique sur le freux et les noix ou sur le geai et les glands).

https://www.zoom-nat...nsion-du-noyer/

 

voir aussi : https://permaforet.b...-partie-le.html

et https://permaforet.b...-ecureuils.html


Modifié par Tis, 13 septembre 2020 - 10:12 .

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#131 DzC

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Posté 02 novembre 2020 - 20:16

Nous plantons sur un terrain acheté par l'association 2000 arbres de plus de 30 essences. Le but, créer une nouvelle "vraie" forêt !

L'association est née début 2019 avec comme souhait de lutter contre l'effondrement de la biodiversité et le dérèglement climatique. Notre idée : créer de vraies forêts, indépendantes de toute exploitation, sur des terrains achetés au nom des "Semeurs de Forêts". L'un des buts : sanctuariser et pérenniser au mieux pour les siècles à venir la vie de ces arbres qui y seront plantés.

Notre association achète des terrains vierges, jachères, friches, afin d'y planter de nouvelles forêts riches en biodiversité d'une trentaine d'essences par forêt. Les nouvelles forêts, dont la méthode de plantation s'inspire de la méthode Myawaki, sont ensuite rendues à la nature pour y faire office de réserve de vie sauvage. Ses arbres ne sont pas coupés, la chasse y est interdite, elle n'est pas conçue pour s'y promener.

 

https://www.colibris...se-oct-nov-2020


Modifié par DzC, 02 novembre 2020 - 20:17 .


#132 Tis

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Posté 03 novembre 2020 - 09:33

Cet extrait des dernières nouvelles de leur site montre qu'en laissant agir la nature le plus possible ils pourraient obtenir une vraie forêt naturelle où les arbres ne seraient pas alignés et n'auraient pas besoin d'arrosage.
 

Étant donné la qualité nourricière du terrain, nous avons fait le choix de travailler sur sol vivant et voulions conserver et protéger les dizaines de jeunes plants qui ont trouvé de façon spontanée leur place sur le terrain (frênes, ormes champêtres, érables sycomores, érables champêtres, merisiers, églantiers, épines noires, aubépines monogynes…). Nous souhaitions également préserver les qualités du sol, à la fois bactériennes, mycorhiziennes et également tout ce qui y vit. Cela nous a demandé de ne pas utiliser tracteur et autre cultivateur qui nous auraient grandement facilité la tâche !

https://semeursdeforets.org

 

Cela leur ferait d'ailleurs économiser beaucoup d'efforts, de matériel et de ressources financières.

Ils n'auraient plus qu'à diversifier les variétés d'arbres en ajoutant, dans les trouées ou dans une haie autour du terrain, les espèces manquantes qui leur semblent intéressantes.



#133 Tis

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Posté 16 novembre 2020 - 14:38

Un projet plus vaste est en cours sur le département du Val-d'Oise où 1 million d'arbres vont être plantés en 8 ans pour constituer une forêt de 1 350 ha.
Le lieu choisi est la plaine de Pierrelaye-Bessancourt, hyper polluée aux métaux lourds (plomb, mercure, cadmium, cuivre, zinc, etc.) par les épandages d'eaux usées qui y ont été effectués pendant un siècle.
 
Curieuse d'en savoir plus, j'ai cherché la page consacrée à cette création forestière à 84,5 M€ et le moins que l'on puisse dire c'est que la transparence n'est pas le fort de l'ONF !
 

Seront introduites 30 essences forestières et 18 essences arbustives : chênes, tilleuls, érables, feuillus précieux…

https://www.onf.fr/o...essancourt.html
 
Des fois que l'on puisse avoir envie de s'en inspirer, les responsables de cette opération ne fournissent aucune autre info sur la liste des espèces choisies, les proportions des différents arbres par hectare suivant les sites, les semis éventuels, etc.

 

Et, même dans les journaux, les nouvelles des plantations effectuées sur les 30 premiers hectares sont franchement succinctes :
 

67% des jeunes arbres de la future forêt du Grand Paris ont survécu à l’été

Les effets conjugués de la canicule et de la sécheresse avaient laissé craindre le pire fin août sur la plaine de Pierrelaye-Bessancourt (Val-d’Oise). Le diagnostic est finalement un peu moins alarmiste.
(...)
Les résultats des investigations ont également permis d'établir lesquelles des huit essences plantées voilà un an se sont le mieux adaptées. « Les érables planes et champêtres, les alisiers blancs et les chênes pubescents présentent des taux de reprise qui s'élèvent à 90 %, poursuit le Smapp. Ces essences seront choisies pour le remplacement des plantations défaillantes. »
Mais pas forcément pour les nouvelles plantations prévues fin novembre sur une dizaine d'hectares, à Frépillon et à Saint-Ouen-l'Aumône. « Ce sont des terres moins sablonneuses », indique-t-on du côté du Smapp, sans préciser quelles essences seront choisies.

https://www.leparisi...020-8405371.php


Modifié par Tis, 16 novembre 2020 - 14:40 .


#134 DzC

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Posté 21 novembre 2020 - 08:29

Ils font des trucs bien à lONF qd ils veulent :

 

https://alternatiba....ace-les-arbres/

 

De mon coté je mets souvent en terre un noyau/un fruit ici et là. Même si la probabilité qu'un arbre adulte en résulte est faible,

je contribue comme d'autres animaux à la perpetutation de ces êtres sublimes que sont les arbres.


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#135 Tis

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Posté 28 avril 2021 - 19:46

Forêts secondaires : des mécanismes de croissance complexes et une biodiversité favorisée
 
Les chercheurs montrent que les mécanismes de croissance de forêts secondaires présentent une grande complexité et sont très dépendants du contexte dans lequel elles s’établissent. Ils ont ainsi observé que le reboisement spontané favorise la connectivité d’habitats forestiers, et qu'il ne provoque pas une diminution de la diversité d’habitats à l’échelle des paysages européens. Les nouvelles forêts se caractérisent par une croissance rapide des arbres, qui tend à rendre ces forêts des puits de carbone particulièrement efficaces. Elles montrent une résistance aux périodes de sécheresse similaire et parfois même meilleure que les forêts plus anciennes. Le caractère « sauvage » de ces forêts non gérées, avec des arbres d’âges variés, leur végétation diverse et leur exploitation peu systématique, pourrait aider à améliorer leur résistance à un climat plus chaud et plus sec.

Les chercheurs ont également observé que la diversité et l’hétérogénéité des forêts secondaires non gérées favorise la diversité des insectes herbivores dans les paysages fragmentés. Plus généralement, les nouvelles forêts peuvent rapidement accumuler une richesse notable de certains organismes (ex. plantes ligneuses), alors que l’arrivée d’autres (ex. ectomycorrhizes) peut être plus lente.

https://www.inrae.fr...ien-etre-humain


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#136 Tis

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Posté 11 juillet 2021 - 16:21

A propos des douglas, il est amusant de constater que ce qui semble très compliqué pour les professionnels est tout simple pour la nature, à laquelle le mélange des espèces ne pose pas de problème :
 

Le village de vacances d'EDF abandonné du Lac du Chammet à Faux-la-Montagne (Creuse) a accueilli pendant une semaine [en 2018] les rencontres de la forêt.
 
Ainsi plusieurs dizaines de personnes ont pu faire des sorties en forêts, assister à des conférences, écouter des lectures, assister à des concerts, et surtout vivre et s'organiser en communauté le temps d'une semaine bucolique sur les rives du Lac du Chammet.
 
Avenir Forêt a pu faire (re)découvrir les principes de sa vision sylvicole à 25 personnes qui ont pu réfléchir ensemble au devenir d'un peuplement de douglas de 70 ans bénéficiant d'une régénération pléthorique mais aussi observer une parcelle de pré qui a été recolonisée par la forêt depuis 70 ans et qui présente une structure naturellement irrégulière et diversifiée (chênes, douglas, épicéas, mélèzes, hêtres, sorbier, etc)..

https://www.avenirfo...s-1/evènements/
 
Un autre exemple en photos montre comment un paysage peut radicalement changer en 17 ans :

 

La source de la Vienne a changé d'écrin.
 

source-vienne-1988.jpgsource-vienne-2005.jpg


La vieille borne de granite qui marque la source de la Vienne au pied du Signal d'Audouze est le seul témoin permanent de ce petit coin du plateau qu'on ne reconnaîtrait plus si elle n'était pas là. En 1988 les plantations résineuses qui encerclaient la source venaient d'être coupées (une coupe rase manifestement). On voit les troncs abattus, les andains regroupés en tas et seuls deux ou trois perches maigres indiquent sur l'horizon la hauteur que devaient atteindre les sapins. C'est le vide qui domine cette photo, un vide qui n'est pas sans rappeler les paysages dévastés par la guerre que Roger Vulliez a photographiés au Sri Lanka. Au dessus du chaos du chantier forestier, un grand ciel vide permet au soleil d'inonder tout le paysage. En 2005, on a changé de décor et d'impression. La végétation a repris possession de l'espace dénudé de 1988. Des essences colonisatrices ont poussé (sans doute des sorbiers ou des alisiers) et la végétation pionnière caractéristique du "tiers paysage" de Gilles Clément (voir IPNS n° 9) s'est imposée : on voit essentiellement les fougères dont certaines atteignent largement la hauteur d'un homme. Autour de la borne, l'herbe piétinée et l'absence de végétation anarchique laisse penser que la source de la Vienne reçoit régulièrement quelques promeneurs qui descendent jusqu'au creux du vallon où la rivière prend sa source. Pour cela on s'enfonce dans un fouillis de feuillus intime et secret qui empêche désormais toute vue un peu générale sur le paysage alentour : "C'est un trou de verdure où chante une rivière".

 

https://www.journal-...lateau-en-image
 
Et de ce que j'ai pu voir, sur une autre commune voisine, là encore quelques années après une coupe rase, on peut aussi ajouter des bouleaux, saules, sureaux, houx...
 
Les 3 lieux évoqués sont dans le même secteur du Plateau de Millevaches, entre 700 et 900 m d'altitude.


Modifié par Tis, 11 juillet 2021 - 16:30 .

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#137 DzC

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Posté 12 juillet 2021 - 07:31

En un peu plus lointain, il y a aussi ce bel exemple :

 

https://creapills.co...arbres-20190424


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#138 DzC

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Posté 14 juillet 2021 - 15:26

Tjrs en Amerique du sud :

 

https://ishpingo.org/agroforesterie/

 



#139 Tis

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Posté 30 juillet 2021 - 10:37

En regardant attentivement les photos de la reforestation des 710 ha du "ranch" de la famille de Sebastião Ribeiro Salgado, j'ai l'impression que la nature a elle aussi largement fait sa part, car le verdissement a été rapide dès les premières années.

C'est sans doute lié à plusieurs facteurs naturels (climat, présence de nombreuses graines dans un sol fertile, fréquence et quantité des pluies, semis naturels par le vent et la faune sauvage) et humains (mise en défens, arrêt de l'élevage et des coupes de bois) qui ne sont pas évoqués dans l'article mais que l'on peut deviner facilement.

Ce qui n'enlève rien au mérite de ce couple et de son association qui ont effectué un travail magnifique.

 

La puissance et l'efficacité de la nature sont impressionnantes comme le montre aussi ce qui s'est passé ici au cours des dernières décennies et qui a permis à la biodiversité de persister dans de nombreux lieux :

 

 

La surface boisée et reboisée a atteint au cours des 52 années de mise en œuvre du FFN un total 2 257 000 hectares (arrondi à 2,3 millions d’ha), soit une moyenne annuelle d’environ 44 000 ha. |...]

 

On voit également que le rapport de boisement/reboisement reste à peu près constant à 60 % de reboisement, soit environ 0,9 Mha de boisement et 1,2 Mha de reboisement. Compte-tenu d’un taux de réussite des plantations avoisinant les 80%, l’augmentation de la surface boisée par le FFN est de l’ordre de 0,8 Mha. Cette valeur est à rapprocher de l’augmentation très importante de 5 Mha de la surface boisée en France durant la même période (1945 : 11 Mha et 2010 : 16 Mha)13. Ainsi ce sont très majoritairement des boisements spontanés dus à la déprise agricole et à l’exode rural qui se sont installés ; pour un 1 ha planté artificiellement, environ 5 ha de friches se sont boisés naturellement.

https://fr.wikipedia...estier_national