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Fermes communes et associatives


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98 réponses à ce sujet

#81 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 23 mars 2016 - 14:32

La Ferme des Volonteux
 
Venus d’Ardèche, Léon et Marie-Louise Métifiot, les arrières-grands parent de Rémy Léger se sont installés dans une ferme, quartier des Volonteux à Beaumont les Valence aux alentours de 1900. Ils y ont élevé leur deux fils, dont l’un, Elie a repris la ferme familiale avec sa femme Raymonde. Aucun de leurs trois enfants n’a souhaité poursuivre l’activité, et la ferme s’est arrêtée à la retraite d’Elie et de Raymonde Métifiot.

Après avoir fait des études dans le milieu forestier et des rivières, et travailler dans l’insertion, Rémy Léger a eu envie de faire revivre l’exploitation agricole de ses grands-parents (inactive depuis une vingtaine d’années).
Il a alors fait des formations dans le milieu agricole. C’est lors de ces expériences qu’il a pu vraiment se rendre compte des difficultés de travailler dans l’agriculture et d’autant plus lorsque l’on ne possède pas de terres.
Il a alors voulu partager sa chance d’avoir des terrains agricoles au sein de sa famille avec d’autres jeunes souhaitant s’installer.
C’est ainsi qu’il a créé la SCOP « La ferme des Volonteux » et que ce sont installés Benoit Terrail et Mina Haoussi sur 2 hectares en cultures maraichères lors de l’hiver 2011-2012.
Pour sa part, Rémy a planté 1,7 hectares de pêchers et abricotiers en novembre 2010, et 9000 m² d’asperges en mars 2010. Il a aussi repris en fermage une plantation de kiwis (actinidia).
Comme les anciennes bâtisses agricoles ont toutes été restaurées en habitation, il a fallu construire un hangar, afin de stocker le matériel et les productions.
Le meilleur moyen pour un agriculteur de vivre de sa production est de la vendre en direct. C’est ainsi que nous avons ensuite décidé de faire un point de vente au sein du hangar, afin de vendre la production de la ferme des Volonteux, et les produits d’autres producteurs locaux.
 
Qu’est-ce qu’une SCOP ?
C’est une Société Coopérative et Participative, c'est-à-dire un regroupement de travailleurs indépendants mais salariés qui mettent en commun les moyens de productions. Les décisions importantes sont votées, et chaque salarié-coopérateur détient une voix, quelle que soit la quantité du capital détenu. Le capital peut être ouvert à des associés extérieurs à la SCOP mais pas à plus de 49%, et 35% du droit de vote, afin de garantir aux salariés-coopérateurs la majorité.
Le fait d’être associé-coopérateur permet, contrairement au statut de travailleur indépendant, d’avoir une meilleure couverture sociale.
Chaque salarié-coopérateur verse une part de son résultat en « réserves », qui sont impartageables et servent à réaliser des investissements ou a traverser une période difficile (reversions en salaire si besoin).

 
Cette scop agricole regroupe 1 arboriculteur, 3 maraîcher-e-s (dont 2 sont aussi cuisinier-e-s), 3 épicières et 4 chevaux agriculteurs qui produisent et transforment 37 variétés de fruits et 40 de légumes.
+ d'infos : http://auxchampsdesvolonteux.fr



#82 Tis

Tis

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Posté 21 octobre 2016 - 09:23

Reçu par courriel :
 

Le collectif du maquis souhaite ouvrir le lieu pour permettre sa viabilité et sa pérennité. Actuellement le collectif du maquis compte 5 personnes engagées à long terme. Or, la surface et les possibilités du lieu permettraient de faire vivre une trentaine de personnes.
Le collectif du Maquis invite d’autres collectifs, associations, individus à se joindre à l’aventure en devenant acteur du lieu.

44e52d218aac5320317d913c353f6230.jpg?147

 
+ d'infos : http://cravirola.com...hp?newsletter75


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#83 Bill Imbi

Bill Imbi

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Posté 21 octobre 2016 - 09:54

Super info !



#84 Tis

Tis

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Posté 29 novembre 2016 - 10:48

Remise en route de prairie.
Publié le : 16 novembre 2016

Bonjour à toutes et à tous,

Nous venons vers vous pour vous annoncer la prochaine session de chantier solidaire qui aura lieu du lundi 09 janvier au vendredi 20 janvier 2017.

Au menu :
- Débardage de bois et fagots : Ramassage des bois coupés cet hiver, à l’aide d’un camion, mais aussi d’ânes, de chevaux, et de petits bras musclés...
- Restauration d’une prairie pour les biquettes, et si le beau temps est de la partie, pique-nique.
- Entretien de pistes et clôtures
.
Et bien sur, la vie du collectif ( bergerie, pain, bonne humeur et vie quotidienne)

Petite info pour les possesseurs de chiens, compte tenu des troupeaux présents sur le lieu, nous ne sommes pas disposé a accueillir vos chiens durant ces chantiers...

http://www.cravirola.com/



#85 Tis

Tis

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Posté 05 dcembre 2016 - 09:52

Oyez oyez Braves gentEs

Du 17 janvier au 10 février 2017, L'association La Clémenterie, ses permanentEs et tout l'univers vous invitent à sa coupe de bois annuelle.

Au programme des festivités:
Coupe de bois de chauffage ultra local
Bois d'œuvre
Piquets de clôture méga résistant aux sangliers locaux
Élagage de la châtaigneraie.

Ce qui implique évidemment une formation pour celles et ceusse qui le souhaitent au travail des outils dont:
    - tronçonneuse: couper branches et arbres
    - Merlin: fendre bûches et confection de piquets
    - scie: couper branches moyennes à petites
    - hache

Une partie des bois abattus sera dévolue à du bois d'œuvre: d'une part de l'acacia, d'autre part du châtaignier, qui seront débardés à cheval(s)

Nous disposons de deux dortoirs chauffés, d'une cuisine collective, d'une salle polyvalente munie d'une bibliothèque, qui nous permettra de nous adonner à divers ateliers: lectures collectives, visionnage de documentaires édifiants, fabrication de musique et confectionnage intempestif de boums etc.
Pour bien vous accueillir, nous avons besoin de connaître vos dates d'arrivée et de départ, ainsi que vos besoins spécifiques.

Les ClémenterrienNes

http://la-clementeri...2017-a119491170



#86 Tis

Tis

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Posté 03 mars 2018 - 09:52

Certains parviennent à reprendre une petite ferme à plusieurs sans faire d'emprunt bancaire : 
 

1520066617.jpg
© Chloé MOSNIER


C'est "Pô commun" cinq jeunes entre 26 et 30 ans qui ont fait le choix de s'installer à 900 mètres d'altitude, à une heure de Clermont-Ferrand, sans être originaires du coin. Il s'agit d'un choix politique, faire vivre un territoire en déprise agricole et démographique.
Benoît, Charly, Mélina et Guillaume ont réalisé un BTS Génie Protection de la Nature (GPN) mention animation de 2004 à 2006. A cette époque ils se disent déjà qu'ils s'installeront ensemble sur une ferme, mais ils se donnent quelques années pour vivre d'autres expériences : voyage, travail et formation.
En 2010, ils décident de vivre en collocation, pour préparer leur projet, tester le vivre ensemble et se retrouver après quelques années passées sans trop se voir. Ils décident de s'installer dans le Massif Central, carrefour de leurs lieux d'origine que sont l'Ille et Vilaine, la Mayenne, le Loiret et le Doubs. Dans leur recherche de lieu ils s'appuient sur des structures comme la chambre d'agriculture, mais c'est sur le site internet "le bon coin" qu'ils trouveront leur bonheur, une maison avec quelques bâtiments attenants et 10 ha de terre ce qui leur suffit pour développer leurs quatre activités.
Ils bénéficient de l'aide du CREFAD*, de la maison des Paysans, du Parc du Livradois Forez, de la communauté de communes et de la commune de Vollore-Montagne. Soutiens précieux dans la recherche de foncier, sur l'acquisition de compétence en gestion et en agriculture de montagne.
 
Un habitat partagé
Benoit, Charly, Guillaume et Mélina achètent la maison en copropriété, quatre parts indivisibles. Chacun apporte sa part de capital (18.650 euros), qu'ils trouvent soit par des prêts familiaux ou avance sur héritage. Ils projettent de créer un jour une SCI* pour faciliter l'arrivée ou le départ éventuel d'habitants.
Le collectif fait le choix de la sobriété heureuse et souhaite approcher l'autosuffisance. La cuisinière à bois permet de chauffer la maison et l'eau ainsi que de cuisiner en hiver. Le frigo est un pot à lait plongé dans l'eau de la source à quelques pas de la maison. Pour l'alimentation, ils achètent les produits secs en vrac et cultivent leur potager.
Les tâches de la vie quotidienne sont partagées, cuisine, vaisselle, ménage travaux de la maison, consolidation des bâtiments attenants, potager, bois, soin de l'âne et de la jument. Pour organiser tout cela il y a une réunion mensuelle avec mise en place d'un planning qui porte sur la répartition des tâches. Celui-ci est reporté sur un tableau à craie dans le salon. Rien n'est figé ! Les habitants du Pô commun sont solidaires. Les repas sont partagés et favorisent la communication.
Le 20 de chaque mois les habitants du Pô commun font un point financier et partagent les différentes dépenses. Les produits de la ferme (œufs, pain, pesto, tisanes etc.) sont achetés par le collectif.
L'habitat est partagé mais les activités agricoles sont toutes souveraines et indépendantes. Cela permet à chacun d'avoir ses projets, son rythme, sa liberté. Ce fonctionnement fait l'unanimité au sein du collectif, cela rend possible le "vivre ensemble". Les premières années d'installation ne permettent pas beaucoup d'échanges car chacun est bien pris par son activité mais bientôt la saisonnalité des activités permettra plus d'échanges, en tout cas c'est un souhait !
 
Aujourd'hui quatre activités complémentaires cohabitent sur la ferme du Pô commun. Charly élève des poules pondeuses et élabore un verger, Benoit est boulanger, Guillaume est animateur nature et Mélina récolte fait de la cueillette sauvage, cultive des aromates et des petits fruits. Malgré cette grande autonomie les compères éduquent ensemble une jument à la traction animale qui sera utile à tous les ateliers, mutualisent toutes leurs ventes et projettent de rénover un bâtiment dédié à la vente à la ferme.
Si vous voulez en savoir plus sur toutes ces activités elles sont présentées dans la suite de l'article. Bonne lecture.

*CREFAD : Auvergne Centre de Recherche d'Etude, de Formation à l'Animation et au Développement
*SCI : Société Civile Immobilière

 
https://www.croqueus...gne-63/article/



#87 Livy-Dagore

Livy-Dagore
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Posté 06 mars 2018 - 15:49

Mais ce serait très bien acquérir une petits ferme sans y faire d'emprunt?



#88 Tis

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Posté 20 juillet 2018 - 19:51

C'est possible puisque d'autres l'ont fait aussi :

 

La ferme collective de l’Oseraie cherche des forces vives

 

Depuis 2011, nous sommes installé-e-s à la ferme de l’Oseraie, à une vingtaine de kilomètres de Rouen, en maraîchage, arboriculture, pain au levain et micro-brasserie... et diverses activités. Vous voyez les petits détours de la Seine entre Rouen et Le Havre ? Eh bien on est dans l’un de ses méandres.

Inscrire notre lieu d’activité dans le monde qui nous entoure et dans ses problématiques a depuis le début fait partie de nos préoccupations. Ceux qui font vivre la ferme de l’Oseraie ne viennent pas du milieu agricole. Nous avons pour la plupart quitté un certain type de vie et de milieu qui ne nous convenait plus. La ferme est pour nous le point de départ de nos expérimentations, qu’elles soient du domaine technique ou de la pensée.

Il nous tient à cœur de faire vivre une paysannerie différente, où l’on a une prise sur ce que l’on fait, les décisions que l’on prend. Où l’on est maître de son temps et de son économie, dépendant le moins possible des emprunts.

 

Actuellement nous sommes cinq personnes dont un enfant de 4 ans. Nous habitons dans une grande maison en brique, achetée notamment grâce à des dons en statut associatif. Les 6 hectares de terres et les bâtiments agricoles sont loués, également par le biais d’une association. Nous avons choisi l’association loi 1901 car c’est une forme qui nous permet à la fois d’inclure des personnes qui désirent participer à nos activités d’une manière ou d’une autre, et également car cela sécurise le lieu, les choix individuels ne mettant pas en péril la poursuite du projet. Le foncier n’est pas rattaché spécifiquement aux personnes présentes, qui peuvent changer, ce qui est déjà arrivé plusieurs fois depuis le début de nos aventures.

Nous avons également souhaité réfléchir à la notion de propriété, et la rendre la plus collective possible. Tout d’abord, l’acquisition de la ferme n’a été permise que par la mise en commun d’argent, sous forme de dons et d’apports. Ainsi les nombreuses personnes qui ont rendu cette aventure possible ne sont pas uniquement celles qui y habitent et y travaillent mais aussi des proches et des personnes sensibles aux questions de l’agriculture et des expériences collectives.

 

Durant les six années passées, les terres, majoritairement des anciens pâturages, ont été remises en culture, des serres ont été montées, le vieux verger pommes-poires repris en main tant bien que mal, du matériel agricole acquis au fur et à mesure, la maison retapée. Des liens se sont tissés aux alentours, notamment à Rouen où nous livrons des paniers de légumes et où nous faisons le marché. Ces liens ne sont malgré tout pas strictement commerciaux car les allers-retours entre ville et campagne sont l’occasion d’échanges d’idées et de partages de projets. Que ce soit de Rouen ou de plus loin, des gens prennent plaisir à venir nous voir pour des coups de main aux champs, des bols d’air à la campagne, des projets communs comme la toute nouvelle micro-brasserie, ou encore se former au maraîchage ou à la boulange. Et parce qu’il ne faut jamais oublier de s’amuser, nous aimons aussi organiser de grandes fêtes sur la ferme, qui peuvent prendre la forme de concerts, de séances de tags ou de tournoi de belote !

 

Ceci étant dit, l’équipe a beaucoup changé et nous sommes aujourd’hui pour la plupart des personnes encore en mouvement, donc on a quand même fini par avoir la bougeotte et d’ici la fin de l’année 2018, nous prévoyons de tous et toutes voguer vers d’autres horizons. Constatant qu’il serait quand même dommage de laisser tout ça s’éteindre, on se dit que ça donnera sûrement envie à d’autres de profiter de tout ce qui est déjà là et se laisser libre d’inventer d’autres choses. On souhaite fortement que le lieu reste collectif, ouvert sur l’extérieur.

On est ouvert-e-s à la rencontre pour réfléchir ensemble à comment cette transmission peut se passer, et accompagner aussi sur les aspects techniques et administratifs.

N’hésitez pas à en parler autour de vous et à partager notre page facebook !

 

Le jardin des 400 goûts - 799 rue du vivier - 76480 Berville-sur-Seine

https://fr-fr.facebo...dindes400gouts/

https://a-louest.inf...orces-vives-301



#89 Tis

Tis

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Posté 11 dcembre 2018 - 11:17

La Ferme bio de Busserolles (fromages et yaourts Margo) est à transmettre à Flavignac (87)

 

Je souhaite transmettre ma ferme démarrée il y a plus de 30 ans et l’activité de production laitière, de transformation et de commercialisation (certifiée AB depuis 1992), pour un départ en retraite dans l’idéal début 2019. Transmission progressive ou parrainage souhaitable.
La propriété est constituée de 38 ha et de bâtiments, dont une maison habitable à rénover et une vieille maison à réhabiliter. Par ailleurs, je dispose de 43 ha en location, susceptibles d’être mis à bail pour des repreneurs.
La transmission comprend aussi l’outil de travail (matériel agricole et de transformation), le cheptel (38 vaches laitières normandes et montbéliardes, et 25 à 30 génisses d’élevage) et une dizaine de porcs valorisant le petit lait.
La production de lait est transformée à 95% (lait cru, yaourts, fromages lactiques...), les yaourts étant fabriqués à façon. Le tout est commercialisé pour 2/3 sur divers circuits locaux pour répondre à une demande croissante. La ferme étant en effet bien impliquée dans une forte dynamique locale : circuits courts, vente directe, magasins de producteurs, circuits bio, plate-forme de restauration collective...
Actuellement, la ferme fonctionne avec 4 personnes : je travaille avec 2 salariés permanents et un temporaire. Cette organisation peut évoluer différemment (associés, couple, collectif...)
Cette ferme peut en effet aussi constituer la base d’un projet collectif, avec ou sans diversification de l’activité (maraîchage, céréales, PPAM, petits fruits, activités pédagogiques...), et avec des possibilités de développement de l’activité de transformation (nouveaux produits laitiers.....).
Possibilité aussi de louer mes terres (voire faire appel à La Foncière Terre de liens).
Contact : 0685756446

https://terredeliens...d_article=11395



#90 Tis

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Posté 23 janvier 2019 - 19:51

L’une des premières fermes françaises en coopérative : de jeunes paysans explorent une alternative prometteuse

En Indre-et-Loire, la Coopérative paysanne de Belêtre est l’une des premières fermes françaises a avoir adopté, en novembre 2016, le statut de société coopérative de production (Scop). Une manière, notamment, d’éviter le piège du surendettement, et de garantir à ses salariés-paysans une protection sociale digne de ce nom. Mathieu, Lucie, Martin, Marion et Étienne expliquent les raisons et les modalités d’un choix aussi pratique que militant, et qui pourrait bientôt inspirer d’autres agriculteurs en quête de nouvelles solutions.
 
La recherche de cohérence est ce qui guide ce collectif agricole depuis sa création, en 2014. Mathieu Lersteau pose le constat de départ : « On entend trop souvent dire dans le monde paysan : "Il faut installer des jeunes", et quand l’heure de la retraite arrive : "Oui, mais ma ferme vaut 400 000 euros, j’ai travaillé dur toute ma carrière, remboursé des emprunts et je vais avoir une toute petite retraite". Le repreneur qui arrive, s’il veut s’installer, devra donc débourser, bien souvent emprunter, travailler dur pour s’en sortir à son tour avec une retraite insuffisante. Au passage, la ferme aura pris 100 000 euros de plus, et ainsi de suite à chaque génération. »
Pour les cinq associés de la ferme de Belêtre, en Indre-et-Loire, il y avait urgence à casser ce cercle infernal et à répondre au double enjeu de la protection sociale des paysans et de la transmission des entreprises déconnectée du capital. C’est ce qu’ils ont tenté de faire lors de leur installation, un parcours atypique issu de solutions « maison » après, pour certains, diverses expériences professionnelles au sein du réseau de développement agricole alternatif.

Un espace-test informel
La ferme de Belêtre a connu une belle ®évolution en dix ans : au départ, c’est une ferme familiale d’une quarantaine d’hectares où Jean-Luc Desplat a succédé à ses parents. Il y élève des vaches allaitantes et cultive des céréales qu’il transforme en pain vendu en direct. En parallèle, il accueille à plusieurs reprises des personnes en quête d’espace et d’équipements pour expérimenter et démarrer leur activité. La ferme est alors une sorte d’espace-test informel.
Dans cet esprit, Jean-Luc, militant de l’agriculture paysanne, libère en 2008 quelques terres pour l’installation d’un maraîcher. L’amap de Belêtre se crée et évolue pour fournir fin 2013 trente paniers de légumes chaque semaine. Aujourd’hui, l’exploitation de départ est devenue deux entités distinctes. Jean-Luc, le propriétaire, poursuit son activité agricole sur la moitié des terres ; l’autre moitié est louée à un collectif de cinq jeunes paysans qui pratiquent le maraîchage et l’activité de paysan-boulanger.

Les bonnes personnes, au bon moment, au bon endroit
De l’arrivée du premier de la bande, Mathieu, en 2009, à celui de Martin, le fils de Jean-Luc, fin 2014, l’histoire est forcément progressive. Mais elle se construit sur un projet politique et économique solide, peaufiné et mûri jusqu’après l’installation. Très tôt après son arrivée à la ferme et en parallèle de son emploi salarié au sein du pôle associatif InPACT 37 [1], Mathieu s’initie à la boulange avec Jean-Luc. Avec sa compagne, Lucie, et des amis, il projette une installation dans une structure collective, autogérée, avec de faibles investissements et une production bio écoulée localement. A l’été 2013, après avoir quitté leurs postes salariés, le petit groupe part à vélo de ferme en ferme à travers la France. Ce voyage contribue à deux années de recherches et de réflexion sur « un projet de ferme collective qui corresponde à notre vision ».
Au retour, tout s’enchaîne. A Belêtre, Jean-Luc force un peu pour passer la main à Mathieu pour la production de pain. Marion, ancienne collègue du réseau InPACT 37, vient à son tour apprendre la boulange. Au printemps 2014, Jean-Luc, Mathieu et Marion fondent une association, « A deux pains d’ici », qui achète la farine produite par le premier pour la fabrication des pains produits et vendus par les deux autres.
C’est à cette époque que le maraîcher installé en 2008 annonce son départ. Lucie, ancienne maraîchère-encadrante d’un Jardin de Cocagne [2], manifeste son intérêt pour s’investir dans la reprise de cette activité. L’idée d’une ferme collective regroupant plusieurs productions commence à se dessiner. Étienne, informaticien de formation, un temps colocataire de Mathieu à la ferme, saute le pas en rejoignant la petite équipe à l’été 2014. Martin, fils de Jean-Luc, qui termine ses études de pédologie, est également séduit par le projet. « Je n’avais pas imaginé revenir à la ferme familiale tout seul, mais la dynamique collective m’a intéressé. » Son engagement contribue à gagner la confiance de Jean-Luc pour laisser ainsi évoluer l’histoire de sa ferme. Fin 2014, le collectif est constitué et la Coopérative Paysanne de Belêtre est créée. Même si c’est une nouveauté dans le monde agricole, les cinq associés ont déjà l’idée de lui donner un statut de Scop. Il faudra deux ans pour y arriver.

En asso d’abord, en Scop ensuite
Au moment de la reprise des deux activités, officiellement au 1er janvier 2015, le statut associatif est privilégié. L’association signe avec Jean-Luc, le propriétaire, un bail agricole pour 19 hectares : 16 dédiés aux cultures céréalières destinées à la production de pain, et 3 dédiées au maraîchage. Lucie et Étienne se consacrent principalement à la production légumière, Marion et Martin à la boulange et aux céréales, Mathieu étant sur les deux ateliers. L’accueil pédagogique complète l’activité.
Mathieu : « Les administrations nous ont d’abord dit que passer en Scop n’était pas possible. Il a fallu beaucoup de détermination et de rigueur dans l’accomplissement des démarches administratives. » Si les conditions financières d’installation ont été plutôt favorables – débouchés préexistants, terres en location... – il faut cependant de la créativité pour construire un budget prévisionnel qui tienne la route et assure le passage de deux à cinq paysans sur la ferme sans emprunt bancaire et sans aides à l’installation. « Le statut associatif nous excluait de l’éligibilité aux aides JA (Jeunes agriculteurs, Ndlr), nous avons dû compenser, explique Mathieu. Nous avons monté des dossiers pour des contrats aidés par l’État, comme notre statut de salariés associatif et notre profil nous le permettaient ». L’association bénéficie de ces contrats aidés de type CUI-CAE pendant deux ans, et se transforme en Scop le 1er novembre 2016.
Un document de sept pages – « Nos fondements » – est rédigé, exprimant le fond politique et une vision commune. Quatre grandes idées émergent : « expérimentation », « autogestion », « agriculture paysanne » et « transformation sociale ». Parmi les lignes directrices, celle de l’auto-gestion les amène à choisir le statut de Scop. Dans une coopérative, chaque associé a une voix, quel que soit le nombre de parts sociales qu’il détient. « Nous sommes tous co-décisionnaires et co-responsables de l’activité et des choix qui sont faits. En statut associatif, en tant que salariés, nous n’étions pas responsables juridiquement de notre activité. Désormais, nous sommes tous les cinq co-gérants et portons solidairement la responsabilité juridique ».

A la fois associés et salariés
Mais pourquoi tenir à ce statut de Scop, et ne pas fonder un groupement agricole, par exemple [3] ? « Pour au moins deux raisons, précise Mathieu. Pour la protection des travailleurs, qui en Scop ont droit à la protection sociale relative au statut de salarié ; et pour permettre une transmission de la ferme qui soit déconnectée du capital. »
Dans une Scop, les travailleurs cumulent les statuts de salarié et d’associé. Grâce à cela, ils cotisent à la MSA au titre des assurances chômage, retraite et maladie comme tous les salariés. Les taux de cotisations sont plus élevés qu’en statut de chef d’exploitation non salariés agricoles mais la protection sociale s’en trouve améliorée. Par ailleurs, dans une Scop, l’augmentation du capital de l’entreprise est impartageable : l’apport initial des associés ne peut pas faire l’objet de plus-value. C’est la pérennité de l’entreprise et du projet qui importe avant tout.
Chaque associé a apporté 3 000 euros au capital social lors de la création de la Scop, et le montant de la part a été fixé à 50 euros. A l’avenir, de nouveaux-associés pourront intégrer l’entreprise en plus ou en remplacement d’anciens, en prenant une part sociale et en signant un contrat de travail. Ils deviendront co-gérants, et bénéficieront du même salaire que les autres associés. Pour Mathieu : « S’installer en agriculture en tant que chef d’entreprise avec un apport de 50 euros seulement, c’est inédit dans le monde agricole ! ». Bien entendu, cela fait écho : « Des paysannes et des paysans nous contactent pour se renseigner sur notre Scop, désireux d’en savoir plus avant d’éventuellement s’installer ou de faire passer leur ferme sous ce statut ».
Benoît Ducasse

La Coopérative paysanne de Belêtre, en bref :
puce.gif Statut : Scop SARL
puce.gif 5 associés-salariés, co-gérants, en CDI
puce.gif Surface agricole utile (SAU) : 19 ha en location
puce.gif Maraîchage : trois hectares, 60 paniers par semaine : pas de prix de légumes, pas de prix de panier, abonnement forfaitaire de 500 € pour 6 mois.
puce.gif Boulange paysanne : 16 ha de culture (froment, seigle, petit épeautre, sarrasin), 400 kg de pain par semaine, vente à la ferme, en AMAP, groupement d’achats, magasins bio et deux collèges.
puce.gif Animation pédagogique : accueil régulier de public en situation de handicap (tous les 15 jours), accueil ponctuel de scolaires et centres de loisirs (à la journée), prestations pour soirée, fêtes et festival (four mobile).
puce.gif Certification : AB + Nature et progrès.
 L’équipe de la Coopérative paysanne de Belêtre est membre du Réseau d’échanges et de pratiques alternatives et solidaires (Repas) - et autoconstruit une partie de ses outils avec la Scic l’Atelier Paysan.

Cet article est tiré du numéro de septembre 2017 de Campagnes Solidaires.

https://www.bastamag...ion-prometteuse



#91 FLOYD

FLOYD

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Posté 24 janvier 2019 - 00:17

Alternative prometteuse…  J'y vois 16 Ha de monoculture de céréales et 3 Ha de maraichage.

L'article rapporte une histoire séduisante, mais ne détaille pas vraiment le modèle agroécologique développé sur cette SAU; mode de fertilisation, bocage, façons agricoles.

Visiblement la ferme ne comprend pas de bêtes, ni en traction animale, ni pour des productions lait/viande, ni accessoirement pour la production de fumier.

 

Je comprends que l'équilibre économique pourrait être atteint par la valorisation sous forme boulangère des céréales, par des animations pédagogiques et des prestations festives.

Cette diversification est bénéfique; elle témoigne d'un esprit d'ouverture et de la recherche de compléments au chiffre d'affaires.

 

J'espère que le modèle peut être amélioré pour être durable.



#92 Tis

Tis

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Posté 24 janvier 2019 - 07:38

Si tu savais lire sans a priori tu aurais compris que Jean-Luc continue à élever des vaches allaitantes sur une vingtaine d'hectares, soit l'autre moitié de la ferme.

 

Ce qu'ils produisent les uns et les autres n'est d'ailleurs pas ce qui m'intéresse le plus dans cet article car, comme souvent, cela peut évoluer en fonction de leurs envies, du climat, des besoins locaux, etc.

 

Ce qui me semble beaucoup plus intéressant c'est le choix de la Scop qui est encore très rare actuellement en agriculture mais qui pourrait se développer rapidement.

C'est un statut beaucoup plus protecteur pour les paysans associés et qui permet aussi, comme l'indique cet article, de lutter contre la spéculation foncière.

Pour le moment je n'en connais que 3 mais il y en a peut-être d'autres :

La ferme des Volonteux dans la Drôme et Bélêtre en Indre et Loire (déjà citées) et celle de Quéménès dans le Finistère où les anciens fermiers sont restés pendant 10 ans sur l'île (locataires du Conservatoire du Littoral).


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#93 FLOYD

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Posté 24 janvier 2019 - 10:19

D'accord je n'avais pas saisi la partition en deux de la ferme.

Je suis d'accord qu'il est important de faire connaitre les Scop pour leur souplesse et surtout pour la meilleure protection des paysans-coopérateurs.

Important également de prendre des mesures contre la spéculation foncière qui renchérit le prix d'acquisition des meilleures exploitations.

 

pm: En Sarthe, les vaches allaitantes (race à viande) restent au pré (prairies permanentes) et aucun fumier ne s'accumule dans une étable ou une stabulation.  



#94 DzC

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Posté 24 janvier 2019 - 10:22

On en a deja parlé mais voici une petite ferme / centre de vacances et pedagogique qui existe depuis 36 ans :

 

Perchée à 930m d’altitude, la ferme de la Batailleuse est très attachée au projet pédagogique de l’association, qui milite pour l’éducation populaire en milieu rural et la sensibilisation à la découverte de la Nature. Elle est un lieu éducatif, mais n’en est pas moins une ferme productive. C’est d’ailleurs en cela qu’elle représente un outil pédagogique concret qui s’adresse à tous.

 

http://claj-batailleuse.fr/la-ferme/


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#95 FLOYD

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Posté 24 janvier 2019 - 14:30

La multi-activité semble utile et nécessaire pour assurer la pérennité de telles structures.

C'est un modèle économique intéressant, mais pourrait-il être démultiplié à l'échelle des 450 000 exploitations dénombrées par l'INSEE?

 

En France métropolitaine, entre 2010 et 2013, le nombre d'exploitations agricoles baisse de 8 %, passant de 490 000 à 450 000. Cette diminution se poursuit à un rythme annuel moyen proche de celui de la décennie précédente. En revanche, la superficie agricole utilisée par ces exploitations (SAU) ne diminue quasiment pas, et s'étend sur près de 28 000 000 d'hectares. La superficie agricole moyenne des exploitations métropolitaines s'agrandit de 8 %, atteignant 61 hectares en 2013 contre 56 en 2010.

https://www.insee.fr...ommaire=1906743



#96 Tis

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Posté 31 janvier 2019 - 12:34

Pourquoi toujours vouloir que tout le monde rentre dans le même moule ?

Ce qui fait la force de l'agriculture paysanne dans notre pays c'est sa diversité et la recherche de la qualité dans des fermes de taille différentes dans divers biotopes.

 

Pour ceux que le statut Scop intéressent, Rémy Léger explique dans une vidéo récente le fonctionnement de celle des Volonteux qui leur a permis de passer de 3 à 17 associés salariés : http://www.agriliens...7-scop-agricole



#97 FLOYD

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Posté 31 janvier 2019 - 21:22

J'apprécie bien entendu la diversité des fermes paysannes.

Ces pionniers sont parfois mis en avant, ou souvent se montrent comme exemple d'une manière alternative de production.

 

Trop peu hélas parviennent à convaincre que leur pratique dépasse les besoins de l'autonomie.

D'ailleurs nos concitoyens sont également trop peu nombreux à envisager de partager durablement ces expériences rurales, artisanales, artistiques, formatrices, soignantes…



#98 Tis

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Posté 03 dcembre 2019 - 14:06

Cela me semble être plus un a priori de ta part que la réalité de ces fermes.
 
Un autre exemple Isérois prouve lui aussi qu'on peut le faire :
 

À 1.200 mètres d’altitude, une ferme collective et équitable depuis vingt ans
24 octobre 2019 / Gaëlle Ronsin (Silence)

Depuis vingt ans, la ferme de Sainte-Luce, en Isère, produit du lait, du fromage, de la viande... et bientôt de la bière ? Rencontre avec des paysans qui ont créé une belle ferme de montagne collective, dans un souci d’équité.

La ferme de Sainte-Luce (Isère) peut être présentée comme la success story des alternatives agricoles qui fleurissent dans les médias aujourd’hui. Au-delà, le récit de ses habitant∙es et leurs modes de vie mettent en lumière des réflexions et pratiques qui promeuvent l’équité.

L’histoire commence curieusement en Russie à la fin des années 1990. Pendant cinq ans, Anne, Sergueï, Florence et Vincent ont travaillé dans l’agroalimentaire et appris à se connaître. L’envie de devenir paysan en montagne a grandi chez les deux couples trentenaires, qui ont alors cherché une ferme à reprendre pour s’associer. Personne ne voulait s’installer seul, principalement à cause de la contrainte du lait, « les quatorze traites par semaine effrayaient tout le monde ». Leur prospection les ont menés à la ferme familiale de Sainte-Luce, dans le sud de l’Isère, à 1.200 mètres d’altitude. Les exploitants n’étaient pas encore à la retraite mais souhaitaient léguer une exploitation dynamique.

Florence s’est formée à la fabrication de fromages, Vincent à la boulangerie
Le groupe s’est établi définitivement dans la commune en 2001. Les 70 hectares, les 30 vaches laitières et les 120.000 litres de lait de quota leur permettaient de se projeter, quatre revenus pouvant être dégagés grâce à la transformation de fromage et la possibilité de fabrication de pain dans le four du village. Les deux femmes se sont installées comme paysannes en groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) et Florence s’est formée à la transformation de fromage à l’extérieur. Vincent a pris le statut d’artisan boulanger pour commencer tout de suite à produire du pain, « une bonne façon de rémunérer nos heures de travail, et puis cela va bien avec le fromage ! »

Il a créé une entreprise individuelle de boulangerie, bio au levain et four à bois, qui est devenue une société à responsabilité limitée (SARL) commune aux deux familles et qui existe toujours, à côté du Gaec [1]. Les associé∙es ont racheté les bâtiments, le cheptel et le matériel agricole grâce à des aides et à des prêts. L’appui pratique et technique des anciens fermiers a été essentiel pour l’installation de ces nouveaux venus. Le système de la ferme a changé, l’ensilage arrêté et la ferme passée en bio.
 
En septembre 2001, c’est le début des grands travaux avec l’auto-construction de la fromagerie et de la boulangerie à la place du vieux silo, avec des chantiers participatifs. Les couples travaillaient beaucoup, se rémunéraient peu les premières années et « se donnaient à fond dans ce projet de vie ». Les premiers fromages sont sortis des mains de Florence le 30 novembre 2002. L’activité a augmenté progressivement jusqu’en janvier 2004 où tout le lait de la ferme est transformé, la collecte de la laiterie s’est alors arrêtée.
 
Cette histoire s’est répétée quinze ans plus tard lorsque deux jeunes couples, Jean et Christeline avec Manu et Natacha (seule cette dernière est issue du monde agricole) ont lancé les démarches pour s’associer au Gaec. La ferme de Sainte-Luce a alors sacrément changé. Dix-huit personnes y travaillent aujourd’hui dans un esprit collectif et avec des principes d’équité inhabituels dans ce secteur.
 
L’arrivée de salariés a permis de développer l’activité
Rendre l’agriculture biologique et paysanne vivable et équitable, économiquement mais aussi socialement est un principe directeur à Sainte-Luce. Les premièr·es salarié∙es arrivent rapidement : « Cela s’est fait de façon très progressive, en embauchant environ un plein temps par an pour les besoins de la ferme. » L’arrivée des salarié∙es conduit en retour à développer l’activité, qui croît sans s’arrêter depuis : les volumes de production augmentent, notamment pour le pain.
 
La collectivisation des activités s’est instaurée au fur et à mesure à Sainte-Luce. Elle a commencé par la garde partagée des enfants des deux familles : trois personnes travaillaient à la ferme pendant qu’une, à tour de rôle, assurait les tâches de la crèche familiale. Le même principe est reproduit aujourd’hui, quelques jours par semaine, entre Jean, Christeline, Manu et Natacha.
Rapidement les associé·es se sont entendu·es pour être polyvalent·es sur les différents ateliers : traite, pain, fromage etc :
« On distingue la tâche et la responsabilité : il y a des responsables d’atelier, avec une position hiérarchique mais on travaille aussi sur l’atelier des autres comme tâcheron. Cela dilue l’autorité. Avec cette polyvalence on s’ennuie moins, on se comprend mieux, on s’enrichit de la présence des autres et on améliore ainsi l’atelier en termes d’ambiance, de technique, etc. Quand on est devenus très nombreux, on n’a plus réussi à avoir cette polyvalence : on ne peut pas être 18 à faire les tournées de livraison, sinon les informations se perdent. Le fonctionnement est donc basé sur une polyvalence partielle : tous les ateliers sont partagés par au moins quatre personnes et toutes les personnes font plusieurs tâches. »
Christeline est par exemple responsable des Amap de Grenoble et travaille dans trois autres ateliers : le pain, la fromagerie et la gestion des terres pour planifier des cultures.


L'article complet : https://reporterre.n...ve-et-equitable



#99 FLOYD

FLOYD

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Posté 03 dcembre 2019 - 17:16

Un fonctionnement à 18 personnes!  Cela mérite effectivement un sacré coup de chapeau.

 

Mais c'est logique et indispensable pour permettre de maitriser, production, transformation et distribution. De quoi ne pas laisser fuir des "marges" faciles à conserver.

Le concept est bon, "pain et fromage" des aliments du quotidien, qui peuvent être produits presque à la demande. Pas de stock inutile, pas de perte. (pas trop…)

La valorisation des produits finis  est la clé de ces activités, car 70 hectares et 30 VL, c'est court pour 18 personnes en conventionnel.