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Vigne et vin


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106 réponses à ce sujet

#21 juskiame

juskiame

Posté 24 septembre 2006 - 12:03

Salut jmiruch,
dsl de repondre un peu tardivement mais j'etais en pleine vendange .
Bon on resume, tu as du Chardonnay ( fort possible) et peu de matos, donc va falloir :calin:
Avant toute, une vinife en blanc ne se deroule pas de la meme facon que le rouge, donc d'entrée pas de foulage mais un pressurage (presse).
Je te file la marche à suivre et je detaille plus tard.
- recolte (vendange)
- pressurage (presse)
- pesage du mout (avec un mustimetre)
- sulfitage
- env. 24H plus tard débourbage (separation des bourbes (elements grossiers ) pour une clarification du mout).
- chaptalisation (ajout de sucre)
- fermentation alcoolique
-... suite plus tard.
Bon detail :
la recolte: ramasse ton raisin avec soin en rejetant les baies pourries (pourritures grise (botrytis) et ou acide (odeur de vinaigre sur baies eclatées et forte presence de moucherons).
le pressurage: consiste à presser tes grappes à l'aide d'un pressoir. Comme je suppose que tu n'en possede pas, essais d'inventer un systeme :) ou l'huile de coude peut faire l'affaire.
pesage du mout: cela se fait avec un appareil (mustimetre) qui te donnera la densité, la T° et surtout le taux de sucre de ton mout--> alcool (important).Bon "facultatif" car tu n'en possedes pas mais si tu souhaites acquerir ce genre d'appareil tu peux trouver ca dans une coop agricole (gamm vert etc..) ou un detaillant produits viti.
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#22 juskiame

juskiame

Posté 24 septembre 2006 - 12:04

Suite
sulfitage: consiste à proteger ton mout des attaques bacteriennes (mauvais etat sanitaire du raisin). Le sulfitage est l'apport de souffre liquide (SO2) . Le souffre a une action antiseptique et antioxygene. Il va bloquer l'activitée bacterienne nefaste pour le vin mais sans empecher le travail des levures de fermentation.
Tu trouves du SO2 liquide dans les coops agricoles (les dosages sont ecrits dessus). Si tu t'en procure je te donnerai le dosage qui varie bien sur selon l'etat du raisin.
debourbage: decantation du jus de raisin. En gros tu separes ton jus de goutte clair des elements grossiers (bourbes). Tu gardes que ton jus de goutte.
chaptalisation: pour cela il faut connaitre le degré d'alcool de ton raisin (mustimetre ou refractrometre) . Facultatif
fermentation alcoolique: transformation du jus de raisin ( sucre + eau==> alcool + gaz carbonique+ chaleur)

Bon j'ai fais le tour, j'espere que tu ne vas pas flipper :calin: lol
Pour le matos, le mieux c'est d'avoir une cuve fibro avec chapeau flottant pour l'etancheité. Mais bon, on va trouver une autre soluce. Ton container peut faire l'affaire à condition qu'il soit tres propre et qu'il n'est contenu aucun residus nefaste (hydrocarbure etc..). Pense à faire un trou en bas de cuve pour installer un robinet. Puis pour elever ton vin tu peux essayer d' utiliser une bonbonne en verre.
Je te laisse lire et te familiariser avec tout ca et n'hesites pas à me poser des questions.
Allez avec quelques bonnes idées et du courage tu peux y arriver :)

#23 jmiruch

jmiruch

Posté 24 septembre 2006 - 14:02

Super réponse !!!!! merci ! :calin: :) 8) :boire:

Je suis en train de ramasser le raisin. J'ai un tout petit peu trop attendu (à cause du mauvais temps) et le raisin est très mûr.

Je pense en ramasser environs 40 kg

Je te remercie pour tous ces précieux conseils auxquels je vais essayer de me conformer point par point.
Je te tiendrai au courrant de l'avancement des choses, et je ferai appel à toi dès que je rencontre une difficulté, si ça ne te dérange pas.

Pour le robinet à la base du fût (il est nickel), faut-il que le fasse au fond ou que je laisse une certaine hauteur pour les dépôts et bourbes à venir ?
Quand tu parles du moût, est-ce que tu parle des résidus du pressage ou de l'ensemble des fruits pressés + le jus ?

J'ai crû comprendre qu'il falait égrapper le raisin, pour le vin blanc, ai-je raison ?

à très vite, donc :calin:

#24 juskiame

juskiame

Posté 24 septembre 2006 - 15:04

Jmiruch,
je suis content que toute cette marche à suivre ne t'ai pas rebuté :)

Je suis en train de ramasser le raisin. J'ai un tout petit peu trop attendu (à cause du mauvais temps) et le raisin est très mûr.

Dans ce cas la fallait attendre encore plus et faire une vendange tardive humm (style viogner tardif ou tout liquoreux). Mais bcp de perte car tres peu de jus. Ou vin de paille (sechage du raisin sur claies ou cagette)<=== c'est que l'on va tenter cette année 8)
Bon 40 kg environ c'est un bon debut. En passant, pour tous ceux qui possede du raisin de table (muscat etc..) vous pouvez le couper en laissant la rame (bois) et la trempé dans l'eau, dans une piece sombre et les sortir pour noel :calin:
Pour ton robinet, oui il faut laisser une hauteur heuu de tete d'environ 5 à10cm pour un diametre de cuve de 50 à 60cm. Le top serai que tu fasse un filtre.
Le mout, c'est le jus plus la matiere (rafle, baies, pulpe etc..).
Pour l'egrapage, on le fait bcp en rouge pour eviter des tanins vert (gout herbacé à la degustation) dus aux rafles de raisin qui ne sont pas assez mures. En blanc les 2 sont possibles. Perso je suis partisan pour laisser les rafles (moins de boulot surtout quand on a pas la machine) mais dans ton cas et surtout si tu juge que tes rafles ne sont pas assez mures tu peux egraper, cela te faciliteras la tache surtout si tu presses à la main.
Allez bon courage je passerai faire un tour sur ce topic ce soir ou demain matin.
+

#25 Tis

Tis

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Posté 24 septembre 2006 - 15:39

Je persiste à penser que faire du vin dans du plastique ou du fibro est une hérésie, et dans du PVC une inconscience criminelle.
Tant qu'à faire son vin soi-même autant le faire bien et ne pas s'empoisonner avec.

Pour ceux qui préfèrent la qualité voici quelques conseils de culture de Nicolas Joly dans sa " Lettre ouverte d'un viticulteur aux passionnés du vin" : http://perso.orange....treouverte.html et le blog de Franck Pascal dont en particulier "La sagesse de l'age... récits" http://blogfranckpas...le-3546852.html

#26 jmiruch

jmiruch

Posté 24 septembre 2006 - 18:10

salut TIS

je suis bien d'acord avec toi. Mais je n'ai pas les moyens de m'offrir une cuve inox. Suite à tes conseils j'ai cherché sur mon conteneur un des logos vus sur ton adresse, mais je n'ai trouvé qu'un sigle en forme de montre avec tous les chiffres et une flèche sur en direction du 7... il me semble pourtant que ce conteneur est prévu pour des produits alimentaires.

Demain je descends "à la ville" essayer de trouver de quoi faire mon vin : mustimetre, SO2, seaux, bonbonnes...
Je te promets que je m'efforcerai de choisir des matériaux...plus nobles!

:calin: :)

#27 jmiruch

jmiruch

Posté 24 septembre 2006 - 18:33

Bon voilà, j'ai récolté un peu plus de 35 Kg de raisin.
Malheureusement comme je l'ai dit plus haut les fruits sont un peu trop mûrs et malgré mes précautions, il a été un peu malmené quand nous avons enlevé les grais pourris ou suspects et les rafles, et les grains sont un peu cassés sous leur propre poids. Il y du jus.
Je me doute qu'il ne faut pas laisser ça comme ça trop longtemps faute de quoi ça va s'oxyder.

Il faut donc que presse demain. J'irai m'acheter de quoi me bricoler un pressoir, et un mustimetre si je trouve ça (et pas trop cher).
En attendant, j'ai recouvert le mout avec une feuille de plastique (sac poubelle découpé), bien appliquée par un lest et un plateau à la même dimension, pour éviter au maximum le contact de l'air.

Pour la suite je ne comprends pas bien la marche à suivre et notament les délais entre les opérations.
Si je presse, faut-il que je réintègre les residus au jus produit pour mesurer la densité ?
N'y a-t-il pas une période de "macération" avant de filtrer ?
Dans quel type de récipient dois-je stocker ce" premier jus", après l'avoir filtré une première fois ?
Faut-il laisser de l'air ou remplir complètement ce recipient ?
etc etc ... j'en pose des questions !

A+

Modifié par jmiruch, 24 septembre 2006 - 18:38 .


#28 juskiame

juskiame

Posté 25 septembre 2006 - 08:45

Je persiste à penser que faire du vin dans du plastique ou du fibro est une hérésie, et dans du PVC une inconscience criminelle.

Bien sur que les contenants en bois ou en verre sont particulierement indiqués. Facile de fabriquer une cuve avec un fut (piece de 220L ou demi muid) en bois mais son entretien est tres delicat (risque de contamination). Pour les petites quantités, le verre fait tres bien l'affaire.
Jmiruch,
tu as pris un risque de laisser ta vendange non pressée et achete vite du SO2.

Si je presse, faut-il que je réintègre les residus au jus produit pour mesurer la densité ?

NON, tu encuves que le jus clair.

#29 juskiame

juskiame

Posté 25 septembre 2006 - 08:46

Bon je t'explique la marche à suivre:
Presses, transvase le jus clair en cuve, mesure tes densités et alcool, sulfite (so2) si tu ne l'as pas fais sur la vendange entiere, 24 à 48H apres debourbe et reintegre ton jus de goutte en cuve en laissant un bon tiers non remplie (pendant la fermentation alcoolique le niveau va monté ca va bouillir! lol) la, tu pourra couvrir ta cuve avec du film alimentaire par exemple afin de garder des aromes. La fermentation alcoolique va durer environ une 15ene de jour.

#30 juskiame

juskiame

Posté 25 septembre 2006 - 12:12

J'ouvre une parenthese;
J'ai été faire un tour sur les liens donnés par Tis, ca parle de la culture en biodynamie, donc rien de nouveau ... je suis sensible à la protection de l'environnement bien sur et copie colle d'une certaine facon le travail à l'ancienne. Je precise aussi que debut d'année 2007 je vais enfin pouvoir planté ma vigne . Je reflechis au mode de conduite future mais beaucoup de problemes vont survenir. Par exemple:
suite à l'analyse de sol apres defoncement je pensais utiliser un engrais vert (enherbement) mais le manque d'eau malheureusement classique dans ma region me fait douter de ce choix. Enherbement = captation du peu d'humidité par les herbes et non par la vigne :calin:
Je pensais donc enherber, enfouir puis couper l'herbe en été.
1 er probleme ;)

#31 juskiame

juskiame

Posté 25 septembre 2006 - 12:12

2eme probleme: pour eviter cette captation d'eau par les herbes je peux labourer plusieurs fois. Mais, labour = retournement de la terre profonde (humide) en surface. ;)
Comment trouver un compromis pour palier à ce manque d'eau? l'emploi d'un desherbement "leger" les 3 premieres années? :calin: mais :calin:
Mon sol est de nature sableux granitique (en gros qui ne retiens pas l'eau).
Chaque probleme à une solution... ;)

#32 Tis

Tis

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Posté 25 septembre 2006 - 13:19

As-tu envisagé de faire pousser ta vigne sur BRF ?

#33 jmiruch

jmiruch

Posté 25 septembre 2006 - 21:59

:calin: :calin: Me revoilà :

Juskiame, j'ai tout fait selon tes directives (avec quelques erreurs que j'éviterai l'année prochaine)

J'ai rapidement sulfité : (trouvé dans une coop), en essayant de respecter les doses prescrites

J'ai pressé : je me suis servi d'un système de passoires que j'ai renforcée, d'un couvercle en bois et .... d'un etai de maçon calé sous la poutre maitresse de ma grange, en mettant bien entendu mon installation à l'abri de la poussière avec un film plastique. Je n'ai eu qu'à serrer progressivement l'étai.

Tout le jus est maintenant dans un cubitainer que j'ai acheté à la coop et que j'ai équipé d'un tuyau étanche qui trempe à l'autre bout dans un flacon rempli d'eau pour laisser ainsi echapper les gaz sans laisser entrer d'air.
Je pourrai ainsi suivre la fermentation

J'ai obtenu en fin de compte environs 26 litres
Comme tu me l'as dit j'ai mesuré la densité avec le mustimetre (12 euros à la scoop) :

Résultat à T° 14°C = 1082 Après correction effectuée ...Densité à 20°C = 1080,5
soit teneur en alcool probable = 11,2 °

LA CHAPTALISATION : Est-ce que je dois rajouter du sucre pour augmenter le taux d'alcool ?
Est-ce que ça dénature le vin ? En gros, quels est l'avantage/inconvénient de cette opération ?

Merci pour ta patience ;)

Modifié par jmiruch, 25 septembre 2006 - 22:00 .


#34 juskiame

juskiame

Posté 26 septembre 2006 - 07:35

:calin: Jmiruch ;) ,
ca fait plaisir de voir que tu n'as pas tout envoyé bouler! :calin:

J'ai rapidement sulfité : (trouvé dans une coop), en essayant de respecter les doses prescrites

c'est du A8? tu as mis quelle dose? entre 3 et 4 sur vendange correcte c'est pas mal.

LA CHAPTALISATION : Est-ce que je dois rajouter du sucre pour augmenter le taux d'alcool ?
Est-ce que ça dénature le vin ? En gros, quels est l'avantage/inconvénient de cette opération ?

En gros, pour bien se conserver le vin a besoin d'une certaine quantité d'alcool, le taux recherché se situe entre 12 et 13° et bien plus pour les liquoreux. Je vois que tu as convertis les densité par rapport à la T°, c'est bien , cela t'a donné le taux d'alcool exact.

#35 juskiame

juskiame

Posté 26 septembre 2006 - 07:37

L'apport de sucre: Pour grimper de 1° il faut rajouter 17 grammes de sucre blanc (saccharose) par litre. Une chaptalisation correcte ne pose aucun probleme car les levures indigenes consommeront ce sucre pour les transformer en alcool. Si trop de sucre = desequilibre du vin car residus de sucre non brulé. Tu peux sans probleme le monter de 1 à 1,5°.
Veille à ta T° de mout car à 35 37° les levures meurent mais ce probleme se pose surtout sur de grosse quantité.
Pendant la fermentation alcoolique controle tes densités tout les jours et amuse toi à faire un tableau: densité/ nombres de jours/ T°

#36 juskiame

juskiame

Posté 26 septembre 2006 - 07:45

Tis,

As-tu envisagé de faire pousser ta vigne sur BRF ?

Ceci est une tres bonne idée qui merite d'etre creusée :calin: Je ne sais pas si cela se fait en viti. mais les temoignages que j'ai pu lire sur le net en maraichage m'interpelle. Si tu trouves des infos à ce sujet... ;)

#37 Tis

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Posté 26 septembre 2006 - 08:07

Je vais tâcher de te trouver ça Juskiame.

En fait, comme Korrotx (voir ici ), il me semble que le plus important c'est de reconstituer l'humus pour que les plantes puissent trouver tout ce dont elles ont besoin dans le sol et n'aient besoin ni d'engrais ni de pesticides.

L'herbe dans les vignes n'est pas un problème important car les racines de la vigne peuvent descendre à plus de 2 mètres de profondeur pour trouver de l'eau.
Si tu fauches 1 ou 2 fois par an en laissant l'herbe sur place, tu nourris tes vignes et tu les protèges de l'envahissement.

Une autre méthode originale à découvrir est celle d'Anne-Marie Lavaysse dans le Minervois :

 

(...) Vient Anne-Marie. Nous lui présentons le projet qui nous a conduit jusqu’à elle et la discussion s’engage, dans l’agréable fraîcheur de la maison. La fin d’après-midi est bientôt là, et avec elle, l’heure de la traite… Tiens, faire la traite dans un vignoble, c’est pas courant !?! Ce n’était pourtant que la première d’une longue série de surprises…

Après s’être munie d’un seau pour recueillir le lait et d’un second qu’elle remplit à moitié de son, nous rejoignons Rosalie, la vache du Petit Domaine de Gimios ! Elle est là et semble attendre son tour. Anne-Marie nous invite à passer la clôture électrique – précaution à la gourmandise de la belle jersiaise – tandis qu’elle l’attache à un chêne et s’installe sur un petit tabouret de bois. L’atmosphère est paisible dans cette étable à ciel ouvert. L’image est belle et il flotte dans l’air une quiétude surprenante.

Chaque soir c’est le même rituel. Paroles et caresses accompagnent la venue du lait. Le lendemain, il sera transformé en fromage, en faisselle, en yaourt, en beurre, ou bu tel quel, comme nous avons eu le plaisir de le faire.
C’est qu’Anne-Marie aime les vaches. Avant d’être vigneronne, elle était maraîchère et elle avait des vaches. Pas question donc en changeant d’activité de s’en séparer ! Et avant cela encore, lorsqu’elle était petite, elle se sentait, elle se savait avant tout paysanne.

Anne-Marie Lavaysse pousse très loin les « provocations » : sa vache est dehors l’hiver, avec pour abri la garrigue. Sa vache l’hiver broute et bouse au milieu des vignes. Pour la culture et l’entretien de sa vigne, elle ne met ni souffre ni cuivre pour éloigner parasites et maladies. Lorsqu’elle fait sa vinification, Anne-Marie utilise ses propres levures, et ici non plus, elle ne met pas de souffre (note : employé depuis l’antiquité, le souffre est facteur de stabilité pour le vin, il permet d’arrêter la fermentation du raisin).

Ses vignes ainsi traitées ne présentent que très peu de problèmes sanitaires. Lorsque cependant il s’en trouve un, la plupart du temps, les vignes se « débrouillent », c'est-à-dire qu’elles ont les « armes » nécessaires à leur propre guérison…

Incroyable ?

Non, préventif ! Je dirais même qu’Anne-Marie préfère la prévenance à la guérison. Elle considère la vigne comme une égale et elle le lui rend bien.
Autrefois, lorsqu’elle est arrivée il y a une dizaine d’années, elle mettait du souffre. Elle n’y « connaissait rien » et faisait comme la plupart des bio. Chaque fois qu’elle taillait ses bois ou ses ceps, l’odeur d’œuf pourri l’incommodait tandis que la sève de la vigne, amère, ne lui convenait pas. Pour elle bientôt, ce souffre est un poison. Alors elle a prévenu : « les filles, l’année prochaine, il n’y aura plus de souffre, c’est fini, mettez-vous bien ça dans la tête ! ».
Et chose dite fut faite. La sève alors est devenue douce et les feuilles de vigne comestibles.
Tout le travail d’Anne-Marie est basé sur cette attention, sur cette écoute. Et avant d’être en harmonie avec la vigne, la douce Anne-Marie est d’abord en harmonie avec elle-même.

Ses vins ont le label « Demeter » puisqu’elle pratique la biodynamie. Elle est donc soumise comme tous ses confrères à un cahier des charges très strict. (...) Là où sa démarche nous a touchés, c’est qu’elle ne s’arrête pas à ce cahier des charges. Point ici de méthode. Elle pousse plus loin ce dialogue avec elle-même et avec sa vigne et comme elle nous dit « je fais comme je sens que c’est le mieux ».
Elle pratique une biodynamie vivante, car non cantonnée au seul cadre posé.

Et c’est ainsi qu’elle se « sent » de planter des arbres fruitiers dans sa vigne, de ne pas labourer le sol ni désherber toutes ces belles herbes sauvages qui y poussent et qui, comme elle nous l’explique, concourrent par leur diversité à la bonne santé et au bon équilibre du sol et des vignes. Entre la vache et un fauchage de temps en temps, pas besoin de plus. Les poireaux et les salades sauvages ? « Si elles s’y plaisent, pourquoi les arracher ? Ils me fournissent mes légumes toute l’année ! »
Comment alors dénommer ce vignoble-potager-verger ?
Un bel endroit à la limite entre sauvage et cultivé… un lieu d’agri-culture, où l’homme, la femme, ont leur place.

Comment vous dire le sentiment de liberté que nous éprouvions à déambuler tous les trois entre ses vignes qu’elle n’a pas souhaité « palisser » afin de ne pas les contraindre et les entraver. Quel plaisir de se balader comme on l’entend sans être contraint à ces lignes droites, à ses fils de fer et à ses tringles d’acier plantées dans le sol ! Etonnant contraste avec les vignes alentours, alignées comme des petits soldats, taillées au scalpel, le sol roussi, sagement désherbé avec un peu de chimie toxique et le passage, tout bien préparé pour le tracteur.
D’ailleurs, c’était amusant, mais le jour où nous visitions son vignoble, les viticulteurs voisins sulfataient justement leurs parcelles. Sourires complices... Nous, nous étions bien dans les vignes amicales d’Anne-Marie. C’est lorsque l’on entend ces bruits de moteur, de tracteur, de pulvérisateur, et ces odeurs agressives de produits chimiques que l’on se rend compte que décidément, il y a quelque chose qui cloche dans ces pratiques agricoles qu’on dit « conventionnelles »… Elles ne le sont pourtant que depuis une quarantaine d’années. Quel tour de force d’avoir réussi à imposer au nom d’un hypothétique progrès cette agriculture chimique et productiviste ! Des millénaires d’agriculture pour tout oublier en l’espace d’une génération !
Comme les voisins traitent consciencieusement à côté, Anne-Marie nous explique sa façon à elle de soigner sa vigne. Lorsqu’elle sent qu’elles auraient besoin d’un petit coup de pouce, elle cueille sur le terroir des plantes sauvages avec lesquelles elle fait des préparations infusées au soleil ; dynamisées et pulvérisées selon les rythmes cosmiques de la méthode biodynamique elles feront office de soin.
Elle nous raconte également la vendange, moment clé de la vinification, où elle maintient une faible production de l’ordre de 10 à 14 hectolitres à l’hectare pour obtenir une qualité parfaite. La vendange se fait manuellement en cagettes pendant les heures fraîches du matin.
Anne-Marie nous explique qu’elle veut conserver cette sensation de croquer dans le fruit lorsque l’on déguste ses vins. C’est pour cela qu’elle a choisi également lors de la vinification de ne pas ajouter de souffre (...)

https://web.archive.....php?Prod_Id=24


Modifié par Tis, 13 juin 2014 - 07:21 .


#38 Tis

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Posté 26 septembre 2006 - 15:10

Dans quelques jours auront lieu à Auch, dans le Gers, les 1ères Rencontres nationales de la Haie Champêtre (du 5 au 7 octobre 2006).

Parmi les très nombreuses interventions intéressantes, deux me semblent particulièrement utiles pour ton projet : d'une part, l'entomologiste Maarten VANHELDEN évoquera "La haie et les auxiliaires de la vigne" et, d'autre part, Benoit NOËL et Gilles DOMENECH feront le point sur le BRF:
http://www.haie-champetre.fr/

#39 juskiame

juskiame

Posté 27 septembre 2006 - 07:41

Tis,

L'herbe dans les vignes n'est pas un problème important car les racines de la vigne peuvent descendre à plus de 2 mètres de profondeur pour trouver de l'eau.
Si tu fauches 1 ou 2 fois par an en laissant l'herbe sur place, tu nourris tes vignes et tu les protèges de l'envahissement.

Le probleme de l'herbe est critique les 4 premieres années quand la vigne developpe son systeme racinaire donc peu profond. Par contre j'ai trouvé quelques solutions bien sympa ici: http://www.eap.mcgil...ions/eap64f.htm :o
Par contre je ne connaissais pas les "vertues" des haies (sujet de ton lien) et je comprend mieux apres lecture pourquoi il y en a tant qui bordent les terrains agricole dans le centre (Creuse, Allier..).
Pour le BRF je me demande si cela ne denature pas le vin à savoir le gout du terroir?? :bleu: dans le negatif, je penses adopter cette technique (j'ai deja le nom d'un possible "fournisseur") ainsi que celle du paillage (paille et dechet vert (ortie pour l'azote..)) ;)

#40 Tis

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Posté 27 septembre 2006 - 10:15

L'herbe dans les vignes est utile dès les 1ères années.
Hier je suis tombée sur quelques messages sur le forum d'Econologie.com que je trouve très instructifs à ce sujet.

si tous les gars du monde...

depuis longtemps (du haut des mes 59 ans !), je ne crois plus aux mesures spectaculaires, à la répression, mais à la pédagogie par l'exemple.

à part les jardins d'amateur (les non-bio, CQFD) qui sont avec les allées de cimetières, les talus SNCF et autres zones industrielles les endroits les plus gavés en pesticides, la France est (comme pour les antidépresseurs) leader dans la consommation de pesticides, et la vigne en France est, avec le maraîchage et l'arboriculture, parmi les métiers de l'agriculture, les plus voraces en pesticides.

hors, la production de ces produits consomme énormément de pétrole ; il en va de même pour les engrais chimiques. Dans les vignobles de Coteaux (Champagne, Bourgogne, vignobles du Centre...), l'érosion est telle que les vignerons achètent des tractopelle pour remonter les milliers de m3 de terre qui descendent au moindre orage.

je suis très fier d'avoir fait enherber l'interligne des vignes depuis 10 ans à mes clients. le résultat est tellement probant et visible en matière d'arrêt de l'érosion que les voisins de mes clients s'y sont mis aussi. Dans certains villages, on avait creusé des bassins écrêteurs d'orage qui se remplissaient de boue au mins deux fois chaque été. Maintenant, l'herbe y pousse sans être recouverte de boue...

j'ai assuré la promotion de la micro motoviticulture au détriment des tractosaures de 180cv qui pèsent plus de 6 T à vide, qui bousillent les sols tout en consommant des quantités ahurissante de fuel. Moyenne annuelle de mes clients 240l/ha de fuel, contre plus de 800lha chez vigneronnum vulgaris Là aussi, les fabricants de petits matos se frottent les mains, tandis que ceux qui n'ont que des monstres au catalogue font la gueule !

Par le biais de Georges TOUTAIN, nous espérons aller vers le zéro pesticide très rapidement Déjà, les consommations de phytosanitaires et engrais ont été divisés par deux. Le cuivre des bios, est un métal lourd, et donc un petit Tchernobyl pour la bimasse des sols par accumulation. Nous l'avons ramené à la portion congrue, et espérons le supprimer en utilisant des huiles essentielles.

Nous avons aussi réussi à nous faire détester des betteraviers : la démarche complète (conduite de la vigne, entretien du sol, protection) favorise aussi la synthèse et la migration des sucres... La chaptalisation (sucrer les jus pour obtenir un degré d'alcool suffisant) est inutile pour nous... et le fait de nuire à cette culture polluante qu'est la culture intensive de la betterave n'est pas pour nous déplaire !

Rien n'est essentiel, mais rien n'est vraiment futile. Il n'y a pas de petits progrès...

La suite de ce débat est tout aussi passionnante : http://www.econologi...8070.html#18070

Pour le BRF, je ne comprends pas tes craintes. Si tu épands des copeaux de bois non traités il ne devrait pas y avoir de problème.
Et si les légumes sont meilleurs et plus sains avec cette technique, pourquoi crains-tu qu'il en soit autrement pour la vigne ?
Les pires ennemis des goûts de terroir sont pour moi les produits chimiques qui malheureusement sont trop souvent déversés massivement dans les vignobles.