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interview d'un parent scolarisant en 2015


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13 réponses à ce sujet

#1 laurely

laurely
  • Genre: Femme
  • Localisation:france à la campagne
  • Intérêts:apprentis-sages...
    instruction hors école
    et le reste aussi

Posté 03 mars 2007 - 22:29

2015 : L'instruction à domicile est la norme éducative, homeschooling ou unschooling, après le crac pédagogique de 2010, l'école est en faillite,
les enfants scolarisés deviennent minoritaires, une loi autorise encore la scolarisation mais celle-ci est très contrôlée : les parents doivent
justifier leur choix et leurs enfants sont examinés tous les ans afin de constater que la scolarisation n'intervient que peu dans la perturbation
de leurs rythmes naturels (sommeil, repas, créativité, ...). Jules Rifé, journaliste dans la revue "Vivre et apprendre" a interrogé une mère de
famille qui scolarise ses deux enfants de 8 et 13 ans.

- Pourquoi ce choix de l'école ? Qu'est-ce qui un jour vous a poussé à faire ce choix ? Vous auriez très bien pu faire comme tout le monde et
faire l'instruction en famille.
- Je n'avais pas spécialement envie de m'occuper de l'instruction de mes enfants, et comme je savais qu'il y avait l'école... Je voulais
travailler aussi.
- C'est un mode de garde pour parents qui veulent travailler ?
- oui, mais pas seulement : l'école assure l'instruction des enfants, elle fait une pierre deux coups.
- Et votre mari, qu'en penses-t-il ?
- Nous étions d'accord pour la scolarisation, aucun de nous ne voulait mettre son emploi entre parenthèses et changer notre vie d'avant.

- Est-ce que ça n'a pas été trop dur au départ ? Comment avez-vous, vous et vos enfants, vécu la rupture ?
- Oui, ça a été difficile, Melvin a pleuré pendant un bon mois et demi au moment de ses 2 premières rentrées et Fiona, un peu moins, 3 semaines
seulement. Il m'en n'ont fait voir, même à la maison. C'était comme si je les avais abandonnés, ils ne me faisaient plus confiance, ils se sont
éloignés de moi aussi. Maintenant, ils se sont habitués, c'est oublié.

- Et les problèmes des adolescents justement, les traumatismes de la petite enfance n'arrangent pas les choses quand même, ne pensez-vous pas
que l'école est grandement responsable ?
- C'est vrai qu'il y a beaucoup moins de crises maintenant qu'il y a 10 ans, quand la quasi totalité des enfants allaient à l'école... Melvin
entre juste dans l'adolescence alors je vous dirai ça dans quelques années...

- Le regard des autres, la famille, comment ont-ils réagi ?
- Alors la famille..., ma mère m'a regardée avec des yeux ronds quand je lui ai dit que les enfants iraient à l'école, elle n'était pas d'accord
bien sûr, elle m'a donné les arguments habituels : le bruit, la promiscuité, l'apprentissage réel très limité, le manque de sommeil, le
désir de l'enfant, la perte de la spontanéïté... Avec les amis, les collègues de travail, je n'en parle pas vraiment, c'est étrange pour
eux, ils ne conçoivent pas ça dans leur vie, qu'on puisse envoyer les enfants à l'école...Je préfère éviter le sujet, je n'aime pas trop les
polémiques.

- Et le rythme des enfants justement, vos enfants ont-ils le temps de rattraper le sommeil perdu le week end ?
- Oui, le week end, je les laisse dormir jusqu'à 11 h ou midi et ils sont dispos pour repartir le lundi !
- A quelle heure se lèvent-ils les jours de classe ?
- A 7 heures, 7 heure 15, comme nous.
- C'est le rythme d'un adulte qui travaille...
- Oui, mais c'est comme ça si nous adultes voulons travailler.

- Comment concilliez-vous le rythme de l'école et vie de famille ou vie perso ? Vous reste-t-il du temps à passer avec votre enfant ? Combien de
fois par semaine ?
- Le rythme de l'école correspond à notre rythme de travail à mon mari et moi-même, alors c'est très bien. Les enfants vont à la garderie le
matin à 8 h, ils mangent à la cantine le midi, le soir c'est garderie et étude pour le plus grand, jusqu'à 18 h. le mercredi, ils vont chez leur
ancienne nounou ou restent à la maison, donc, il nous reste le week end pour être ensemble. Avec la petite, on peut bricoler ou sortir se
promener mais avec le grand... c'est plus difficile, il a ses copains et il n'a pas vraiment envie de faire des choses avec nous.

- Cela fait quand même des journées de 10 h, vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup pour des enfants ?
- Comme ça, ils s'habituent pour le travail plus tard ! (rires). Oui, c'est une grande liberté d'action pour chacun aussi, enfin pour nous, on
stresse moins et on peut travailler l'esprit tranquille.

- Et l'esprit de compétition, la violence verbale ou physique, le rejet par les autres, comment votre enfant vit-il cela, avez-vous un moyen
d'atténuer ces maltraitances ?
- Tout cela existe dans la vie aussi, alors plus vite ils l'apprendront, mieux ce sera pour eux. A la maternelle, ils nous parlaient de leurs
problèmes à l'école, qu'un tel les tapait, les disputes avec les copains ou les cris de la maîtresse, mais qu'est-ce que vous voulez... On leur a
dit d'être gentils avec les copains et la maîtresse mais nous n'avons pas de solution, ils ont leur vie, nous la notre. Maintenant, je suppose
qu'il n'y a plus de problème puisqu'ils ne nous disent plus rien... Enfin, je l'espère.

- Justement, ne croyez-vous pas que les enfants en allant à l'école ont une double-vie ? Qu'ils portent un masque, un pour la maison, un pour
l'école ?
- Sans doute, comme nous tous, je crois que l'école leur apprend à se retenir et à contenir leurs émotions, ça les prépare encore à s'insérer
dans cette société, au travail, vous savez, tout le monde sourit à son patron mais n'en pense pas moins...

- Vos enfants vous ont-ils parlé de la promiscuité et du bruit, comment font-ils pour supporter ces désagréments ?
- C'est sûr que 28 ou 29 dans une salle de classe, ça fait beaucoup, même moi, je ne me vois pas travailler avec 28 collègues dans une salle
!! Je crois que les enfants ont des capacités à supporter certaines choses que nous adultes ne supporterions pas. Mais ils ne me parlent pas
du bruit. Parfois, pouvoir se retrouver un peu seuls, c'est arrivé oui.

- Ont-ils encore un esprit créatif, pas facile quand même de créer sur commande à l'école..., non ?
- Heu...qu'est-ce que vous entendez par esprit créatif ?
- Peinture, bricolage, dessins, créer ce qu'ils ont envie...
- Disons, à la maison, ils dessinent, enfin , la plus jeune mais Melvin est au collège et il n'a plus le temps avec les devoirs et
les copains avec qui il chate sur le net. De la peinture, ils en font à l'école, je crois...

- Et les devoirs, c'est abuser, vous ne croyez pas ? Il les fait avec plaisir ?
-Ah, je reconnais que les devoirs, ce n'est pas tous les jours faciles... Melvin a énormément de travail à la maison. Environ 2 heures
chaque soir en rentrant du collège. Mais il a pris l'habitude et puis il sait qu'il ne pourra pas jouer à la Wii 3 le week end s'il ne fait pas
correctement ses devoirs. Avec Fiona, c'est un peu plus facile, elle a 8 ans.

- J'en viens à vous demander combien d'heures passent-ils par semaine consacrées à leur scolarité ?
- Voyons... Les jours de classe, c'est environ 7 à 8 h avec les devoirs et si on rajoute la cantine et la garderie ou l'étude, on peut rajouter
3 ou 4 heures de plus, donc 10 à 12 h par jour... Environ entre 40 et 48 heures.
- C'est beaucoup plus qu'un adulte qui travaille !
- Ils peuvent se reposer le week end.
- Vous aussi.
- Oui, mais ils récupèrent plus vite que moi ! (rires)

- Comment gère-t-il l'ennui à l'école ? On sait bien que les sujets d'étude n'intéressent que peu les élèves.
- Il ne me disent pas qu'ils s'ennuient à l'école, bon, c'est vrai qu'ils ne me racontent pas leurs journées alors, c'est un peu leur
jardin secret, l'école. A la maison par contre, ils s'ennuient vite en dehors de la TV pour Fiona ou de la console pour Melvin.

- Et ne sont-ils pas en manque de vrais copains, de relations sainement choisies ? Je ne parle pas des relations artificielles, créées par la
force des choses dans la promiscuité scolaire.
- C'est vrai que tous leurs copains ou copines sont dans leur classe, de toutes façons, ils n'ont pas le temps ni l'occasion d'en avoir d'autres,
alors autant prendre ceux qui sont sur place, je trouve que c'est un bon choix. Ils s'entendent plutôt bien avec eux, je crois.

- Comment se passent les contrôles et à quelle est leur fréquence ?
- Pfff, c'est toujours contraignant. L'assistante sociale nous posent des questions sur le pourquoi de notre choix et pour voir aussi s'il n'y
a pas carence éducative, si nous respectons les rythmes des enfants...etc elle vient tous les 2 ans à notre domicile. Puis chaque
année, les enfants sont contrôlés, ils passent des tests de QE, des tests de créativité et des tests de socialisation pour voir s'ils sont à
l'aise et capables d'avoir une conversation avec des individus de tous âges et de tous milieux.
- Ah, oui, parce qu'à l'école, ils voient toujours les mêmes personnes : des enfants du même âge et les mêmes adultes.
- Oui, c'est pour ça.
- Et comment est l'ambiance dans ces moments-là ?
- Plutôt tendue. On sent bien que les personnes qui contrôlent sont contre la scolarisation... Une fois que c'est terminé, on est soulagé,
même les enfants sont stressés par ces contrôles... Si le contrôle se passe bien, c'est ok, on peut continuer avec l'école.

- Financièrement, votre emploi, comble-t-il toutes les dépenses dues à l'école (cantine, garderie, vêtements à la mode, fournitures scolaires,
trajets en voiture...) ?
- On arrive à joindre les deux bouts parce que nous travaillons tous les deux mais c'est vrai qu'en plus, nous n'avons pas l'AIF, l'allocation
d'instruction en famille. Et nous payons plus d'impôts parce que la scolarité d'un élève coûte cher, environ 10 à 12 000 € par an et par enfant.
- C'est très important, effectivement.
- Oui mais c'est un choix mûrement réfléchi !

- Vous savez quand même que l'école est une institution très polluante, rien qu'à sa consommation de papier, cela ne vous gène-t-il pas de
participer à la dégradation de notre environnement ?
- Nous ne sommes pas à la place des enseignants, c'est à eux qu'il faudrait poser la question. Non, je ne me sens pas responsable de la
dégradation de l'environnement. C'est aux professionnels de trouver des solutions aux problèmes qu'ils créent.

- Bon courage dans votre aventure de la scolarisation et merci d'avoir accepter cette interview.
- Merci à vous de consacrer un article à ce sujet qui n'est pas toujours compris...
  • juseppe aime ceci

#2 Koyoko

Koyoko

Posté 29 mars 2007 - 19:06

;) Si CA s'était l'interview d'une famille de "blaireaux" tout ce qu'il y a de plus normale, dans quelques années, le monde serait drôlement beau!!!!!

Je suis sûrement un peu jeune pour parler de ça, mais je rêve d'avoir des enfants (et mes envies physiques se limitent à un endroit agréable pour les élever), de les faire naître naturellement, et ensuite de les élever moi-même. je sais que c'est très prenant, etc etc, mais je suis aussi consciente que si on surprotégeait un peu moins nos petits, ils seraient moins dépendants!!

Petite j'étais seule avec ma mère. Elle n'était pas toujours sur mon dos car elle travaillait, et moi je jouais de mon côté (poulailler, champs, livres et peluches...) Je n'ai jamais été négligée, elle s'occupait de moi, mais en dehors, je pouvais m'activer comme un individu (et pas comme une partie de ma mère). Ca m'a permis d'être très indépendante et je pense que c'est bien mieux pour le développement. (En plus, ça ne prend pas TANT de temps que ça... beaucoup de temps, mais ce n'est pas l'annihilation que décrivent beaucoup) :cogite:

#3 la nissarte

la nissarte
  • Localisation:chateauneuf
  • Intérêts:orchidée, cuisine, potager et jardin, travaux d'aiguille, éducation des enfants

Posté 29 mars 2007 - 22:37

J'adore ton faux article.
Comme ca fait du bien de revivre les choses sur un ton de plaisanterie.
Je me revoyais expliquer à ma fille pourquoi elle pouvait rester à la maison. Qu'elle ne devait pas en avoir honte....
Et la tête des gens dans le bus ou au parc, lorsqu'on lui demandait : "Et l'école, ca te plait???" et qu'elle répondait "Je vais pas à l'école, c'est maman qui m'apprend les choses"...
Dans la famille ca a été, un grand-père désco (et oui à l'époque c'était même chic), et j'ai fait une part de ma scolarité à la maison ainsi que mon mari.
Mais on a toujours le tonton, ou le grand-oncle qui se sent obligé de vérifier si à 2 ans elle sait déjà faire ses additions (et pourquoi pas des divisions aussi !!!).
Mon plus grand plaisir c'est que ma fille est super bien dans ses baskets, et qu'elle n'a peur de rien et surtout pas de rentrer dans le lard d'un adulte qui ne comprendrait pas sa position.
Le pire c'est que comme elle est plus tot en avance qu'en retard, on vient en douce après l'école me demander comment je m'y suis prise pour lui apprendre à lire, compter etc...
Et que maintenant je "bosse" comme intervenante dans l'école. ;)

J'oubliais juste de rajouter par rapport à ton article : les maladies enfantines. Aucune de déclarée, la Sécu peut me dire Merci...

Modifié par la nissarte, 29 mars 2007 - 22:38 .


#4 yoanth

yoanth
  • Localisation:aix en provence
  • Intérêts:poules

Posté 30 mars 2007 - 08:03

Bonjour à tous ! ton article est vraiment génial...l'humour sauvera le monde. Je voudrai témoigner de mon expérience en tant que maman. Avec mon mari nous avons fait le choix de travailler pour pouvoir avoir un toit sympa sur notre t^te (nous rénovons un bâtiment agricole en nous battant contre la mairie...), d'avoir beaucoup d'animaux (poules lapins...) tout en consacrant une grande partiede notre temps à nos enfants (nous faisons donc peu d'heures en essayant de les décaler). Au départ, le choix de la descolarisation s'imposait donc (même si c'était une grande première dans notre famille). Dans mon village un groupe d'influence "Montessori" s'était formé, je m'y suis donc inscrite. Et là cela a été la desillusion : c'était un groupe anti-école (tout est mauvais dans l'école), anti biberon (oups ! je n'avais pas pu alaiter)...anti tout ! Et même parfois le but de certaines maman était que les petits prennent de l'avance... ;) Là, j'ai vite pété un plomb et je me suis rendu compte que ce n'était pas tant la structure qui comptait mais la force du parent à dire : c'est mon enfant ! Je veux que cela se passe ainsi et non autrement ! Et j'ai tenté l'expérience à l'école ! Cela fait maintenant quelques années et je crois que je vais laisser un souvenir inoubliable (en bien et en mal ) aux maitresses : j'ai pu faire naitre des poussins en classe, j'ai fait faire des fouilles archéologiques aux enfants, je me déguise en fraise ou en panda lors des carnavals, je suis tête de liste des parents d"élève, je suis à toutes les commissions avec la mairie (qui pourtant n'est pas ma tasse de thé)....je propose, je râle, j'ecris, je rencontre...bref je me bouge dans l'école de mes enfants. Cela ne s'est pas toujours bien passé et souvent je me suis entendu dire "l'école est obligatoire donc...(et en pensée : mettez la en veilleuse) mais comme je sais que c'est l'instruction qui est obligatoire, je me plais à leur répéter assez souvent. :cogite:
Le plus drole c'es que cette année, la maîtresse de mon fils a une formation plutôt "freynet" et je me suis dit, génial, l'année va être super ! C'est l'horreur !, elle ne sait pas vraiment "diriger " les débats dans sa classe et mon fils qui n'a pas sa langue de sa poche ne rate pas une occasion pour la destabiliser. C'est un garçon de 8ans charmant mais trés taquin qui ne laisse rien passer, il reprend ses arguments et arrive à l'embrouiller ce qui fait marrer tout le monde ! Pour la premiére fois de ma vis je demande à mon fils le matin de ne pas se faire remarquer car je le trouve un peu cruel sur ce coup là...
Toujours est-il que à chaque rentée, je me positionne clairement par rapport à l'école : si cela ne nous convient pas, nous pouvons soit trouver des solutions, soit faire autrement.
A bientôt
Mary

#5 la nissarte

la nissarte
  • Localisation:chateauneuf
  • Intérêts:orchidée, cuisine, potager et jardin, travaux d'aiguille, éducation des enfants

Posté 30 mars 2007 - 08:25

Je suis bien d'accord avec toi, j'ai fait parti aussi d'une liste déscolarisante. Et là j'ai eu peur. J'ai fait des rencontres très simpa avec des parents sains de corps et d'esprit, mais la grande majorité des parents désco sont très extrémistes et trouvent que tout est mauvais dans l'école.
A Nice, la maternelle où Océane devait aller à bruler 5 fois le premier trimestre (dont deux fois ce sont des enfants de 6 ans qui ont mis le feu) Je ne voulais de cela pour ma fille. En plus j'avais rencontrer la directrice à plusieurs reprises (pour des animations culturelles et lui proposer de profiter gratuitement du potager que nous avions juste derrière l'école - juste une grille à pousser) et là j'ai déchanté : elle était odieuse, avec un ras le bol de tout. Son seul but était de les amener jusqu'à la fin de l'année sans y laisser trop de plume. Elle ne voulait rien faire, et rien laisser faire.
Maintenant au village, il y a une grande vie autour de l'école. Les vieux viennent raconter leur vie, on fait des randonnées. On va récupérer les oeufs et on s'occupe des lapins (il y a 10 poules et une vingtaine de lapins dans l'école) il y a le potager, les courses d'orientation, de fond, les sorties, etc...
D'ailleur les portes ne sont jamais fermées et il y a toujours pleins de mamans et de papas dans l'école (on vient aider, faire la cuisine, faire le potager si la maitresse doit aider les enfants qui ont des difficultés, etc... on donne de notre temps). Il n'y a pas de divergeance non plus avec le Maire donc cela aide, et moi j'ai adhéré à l'école comme ca. Il n'y a pas de prise de tête, et on a pas l'impression de laisser son gosse dans une Administration.
D'ailleur la maitresse est la première à dire, le gamin est fatigué aujourd'hui il reste à la maison faire la sieste.

Lorsque le bien être de l'enfant est vraiment la priorité de Tous, alors l'école est un lieu simpa. Il y a des étrangers qui amènent des gouters originaux et nous font découvrir un peu leur mode de vie, on fait souvent la fête, on apprend des anciens et les enfants s'éclatent tout en apprenant.
Les classes sont toutes à niveaux multiples donc on a pas de problèmes de redoublement etc... et les 3 enfants handicapés du village y sont les bienvenus. Mais je reconnais que les maitresses sont supers investies elles viennent les week-ends pour les sorties, les spectacles, les animations. Et ca on ne le trouve pas partout. En échange lorsque la maitresse est malade on garde nos gosses et on ne rale pas parce que aujourd'hui y a pas d'école.

Lorsque l'école arrive a être un lieu vivant dans le village c'est Génial, ce qui n'empèche pas les mamans de faire pleins de choses aussi le soir après l'école.

Modifié par la nissarte, 30 mars 2007 - 08:29 .


#6 suzievagabonde

suzievagabonde
  • Localisation:Sud de la France

Posté 10 avril 2007 - 19:13

J´ai lu l´article avec plaisir. Meme nous les adultes on aime bien apprendre de facon ludique!
Merci de vos témoignages.
:tss:

#7 longuesjambes

longuesjambes
  • Localisation:Belgique
  • Intérêts:la vie et tout ce qui vient d'Elle. la danse, la peinture, le dessin, aimer, l'anarchie (dans le sens étymologique du mot ) La Nature bien sûr !<br><br>Disons plutôt ce qui ne m'interesse pas, la liste sera plus courte : les courses automobile, les tournois de tennis, la visite des châteaux, la superficialité, la vulgarité.

Posté 19 juillet 2007 - 14:25

bonjour,

Ceci n'est pas tellement impossbile : l'école à la maison.

je l'ai fait pendant un an avec mon fils dont l'expérience à été notée de jours en jours sur un blog. Nous n'vons pas poursuivi uniqument parce qui'l manquait d'un ami. Un seul ami pour "faire l'école à la maison" lui aurait suffi.

parfois, il me redemande de reprendre cette expérience.

Voici le blog, au cas où....
http://ecole-ala-mai...skynetblogs.be/

#8 laurely

laurely
  • Genre: Femme
  • Localisation:france à la campagne
  • Intérêts:apprentis-sages...
    instruction hors école
    et le reste aussi

Posté 22 mai 2015 - 20:29

un petit up, puisqu'on y est en 2015 !

 

(je précise au passage que ce texte n'est pas de moi, mais que je le trouve tjs aussi fortiche...)


Modifié par laurely, 22 mai 2015 - 20:31 .


#9 _Darryl_

_Darryl_

Posté 23 mai 2015 - 10:26

Au-delà de l'absurdité du système éducatif scolaire, je me demande si  "l'école à la maison" n'est pas aussi une forme de formatage. je dis ça parce que les matières sont imposées et en tous points pareilles à celles de l'école. C'est toujours le même angle de vue puisque le but recherché est l'obtention d'un diplôme officiel.

C'est parfois difficile, pour certains enfants non-sco, puisqu'ils ont l'occasion de vivre plein d'expériences différentes, de revenir se pencher régulièrement sur les cours officiels.

Ton avis, laurely ? 



#10 _Auguste_

_Auguste_

Posté 23 mai 2015 - 12:06

A partir du moment où on éduque un enfant, peu importe les méthodes, ça reste du "formatage" (même en s'afranchissant des matières imposées) ; l'enjeu est de choisir le formatage le plus ouvert pour l'enfant. Il me parait utopique de vouloir échapper au déterminisme des systèmes famililiaux. C'est d'ailleurs pour cette raison que je ne crois pas en la solution miraculeuse de l'école à la maison ; c'est un outil précieux, parmis d'autres. A ce propos le récit de Laurely est un bel exemple puisque son fils s'est épanoui en pratiquant différents types de méthodes éducatives.


Modifié par Auguste, 23 mai 2015 - 12:32 .


#11 laurely

laurely
  • Genre: Femme
  • Localisation:france à la campagne
  • Intérêts:apprentis-sages...
    instruction hors école
    et le reste aussi

Posté 23 mai 2015 - 13:07

Darryl, j'ai écrit ceci pendant qu'Auguste postait :

 

déjà faudrait savoir ce que tu entends par "formatage"...
pour répondre tout de même je dirais que si tu ne veux pas influencer tes enfants il ne faut pas en faire...

cependant en non-sco (mais tu as dis "école à la maison", et ça aussi ça se discute : école à la maison ? instruction en famille ? unschooling ? cours par correspondance ? CNED ? autre chose ? méthode montessori ? autre méthode ? pas de méthode ? apprentissages informels ? et en quelles proportions de ceci et de cela ?), donc je disais en non-sco tu as le choix du type d'éducation et d'instruction.

"formatage" en non-sco ? sans doute moindre qu'à l'école puisque toutes les familles procèdent différemment, mais il y a plus sans doute plus de différences d'une famille à l'autre qu'avec l'école.
Moi j'apprécie les choix qui respectent mieux l'enfant (rythmes de sommeil de travail, centres d'intérêt, côté ludique des choses, choix de l'enfant...)

Ensuite les matières ne sont pas forcément "imposées et en tous points pareilles à celles de l'école"... sur le contenu (il y a l'officiel à savoir et le reste... qui sera pas demandé aux contrôles mais que l'on apprend quand même, on a du temps pour ça), le temps passé à étudier, le choix de travailler, de faire une pause, etc.
Le problème c'est que c'est un vaste sujet (tu pourrais relire toutes les discus à ce propos, sur ce forum, et sur d'autres sites aussi en fait pour alimenter la réponse) , ça dépend des choix des parents, choix qui évoluent selon le contexte (professionnel, familial...), l'âge, la personnalité de l'enfant.

Et "le but" ? ça dépend aussi mais je dirais en premier : souhaiter instruire toi-même ton enfant, ne pas laisser son éducation à un système scolaire auquel tu n'adhères pas assez, le "diplôme officiel" vient après, certains non-sco s'en fichent mais je pense que bcp de non-sco en arrivent là tout de même...
Même si la société actuelle ne me plaît guère nous sommes dedans et mon enfant doit y trouver sa place, le vrai but premier, sco ou pas, étant la survie. Et qu'on trouve ça bien ou pas, de nos jours l'obtention d'un diplôme officiel peut faciliter les choses.

en grandissant l'enfant non-sco participe aussi (c'est comme ça que je le vois en tout cas) de plus en plus aux choix le concernant, ses apprentissages, ses études ou pas... et ces choix dépendent de pas mal de choses...
tu ne peux pas tout imposer à l'enfant mais l'enfant ne peut pas tout choisir non plus, les choix sont limités par les moyens et le côté "raisonnable" des choses... et ce qui nous semble raisonnable dans notre contexte...

c'est compliqué de te répondre car la non-sco est en mouvement, et ça dépend de chaque famille, de chaque enfant (personnalité + histoire + âge/maturité...), du contexte...

dis-donc, je ne sais pas si mes pistes de réponse te conviennent mais ça nous a fait drôlement cogiter, mon ex-non-sco et moi... (post écrit à nous deux)
la question est à la fois trop imprécise, trop vaste et avec qques approximations pour que je sois plus précise...

à+


Modifié par laurely, 23 mai 2015 - 13:08 .


#12 _Darryl_

_Darryl_

Posté 23 mai 2015 - 15:24

Moi aussi ça me fait cogiter  ;)

 

 

Même si la société actuelle ne me plaît guère nous sommes dedans et mon enfant doit y trouver sa place, le vrai but premier, sco ou pas, étant la survie. Et qu'on trouve ça bien ou pas, de nos jours l'obtention d'un diplôme officiel peut faciliter les choses.

C'est là qu'est le paradoxe (ceci n'est pas un jugement mais une réflexion). Il est possible d'apprendre une multitude de choses sans passer par la voie officielle mais, dans la plupart des cas, les connaissances ne valent rien sans le sacro-saint diplôme. Et une fois ce diplôme obtenu, comme tu le précises, l'enfant devenu adulte va vouloir trouver sa place dans la société. Ce qui signifie qu'au final, rien n'évoluera dans le bon sens. Les employeurs cherchent très rarement des travailleurs qui vont chambouler les habitudes de l'entreprise, qui vont refuser l'autorité au profit du dialogue et tous ces concepts qui font que la société est ce qu'elle est : une gigantesque entreprise à système pyramidal.

Plus les gens auront un esprit "éveillé" et moins ils supporteront les conditions de travail et le mode de vie des sociétés capitalistes. Tu vois où je veux en venir ?



#13 _khalil_

_khalil_

Posté 23 mai 2015 - 15:55

il faut arrêter de penser en termes d'employeur, d'entreprise....il y a un tas d'activité s créatrices qui permettent de trouver sa place au sein de la société....ma femme qui a suivi un cursus Montessori, n'a pas de diplômes, n'a jamais travaillé pour un patron, mais elle est créatrice de sa vie, indépendante..etc...d'autres voies sont possibles.

 

http://www.letoutpet...Montessori.html  (je ne sais plus si c'est encore dans le sujet..)



#14 laurely

laurely
  • Genre: Femme
  • Localisation:france à la campagne
  • Intérêts:apprentis-sages...
    instruction hors école
    et le reste aussi

Posté 23 mai 2015 - 21:47

 

C'est là qu'est le paradoxe (ceci n'est pas un jugement mais une réflexion). Il est possible d'apprendre une multitude de choses sans passer par la voie officielle mais, dans la plupart des cas, les connaissances ne valent rien sans le sacro-saint diplôme.

 

mmm... Je pense que nous sommes d'accord sur ceci : déjà ces connaissances non reconnues, théoriques et pratiques, non "validées" par un diplôme valent pour ce qu'elles sont, ce qu'elles apportent et permettent à l'individu et à son entourage.

Après qui sait si demain (ou après-demain ?) ces mêmes connaissances ne seront pas mieux reconnues ? Et quand bien même elles ne le seraient pas, c'est important de les transmettre...

Et Khalil vient de donner une réponse qui complète aussi

 

 

Et une fois ce diplôme obtenu, comme tu le précises, l'enfant devenu adulte va vouloir trouver sa place dans la société. Ce qui signifie qu'au final, rien n'évoluera dans le bon sens.

ben... les choses évoluent de toute façon, et il faut être réaliste, c'est pas une poignée de non-sco (qui d'ailleurs non pas tous les mêmes raisons d'être non-sco, ni les mêmes valeurs, ni les mêmes objectifs... si ça s'trouve parmi les enfants des dirigeants de Monsanto y a des non-sco... ça fait mal !), c'est pas une poignée de non-sco, donc, qui changeront la marche du monde... Mais... déjà ils auront appris de manière plus plaisante que coércitive, plus respectueuse de leur individualité (je laisse de côté les très rares dérives sordides qui font le bonheur des journaleux et des anti-sectes de temps en temps), et plus concrète.

C'est déjà bon pour eux-même... et pour leurs parents qui auront eu moins de concessions à faire avec la "machine" Education Nationale.

Ensuite c'est vrai que diplôme pas diplôme, j'en parlais avec mon fils ce midi, et on se disait que si il avait l'opportunité de travailler dans qqch qui lui plait à l'avenir, même avant de passer le bac, et bien... pourquoi pas ? Là ça ne se présente pas et ça ne l'intéresse pas mais c'est un exemple, si demain il pouvait travailler avec un pote à nous en maraichage bio pas loin de chez nous... et bien pourquoi pas ? Il arrêterait le lycée, et puis si un jour il avait besoin d'un diplôme pour faire autre chose qui réclame ce diplôme il le préparerait et voilà...

Perso j'ai eu un bac général qui ne m'a pas précisement servi (j'ai lâché la fac peu après) et j'ai passé un BAFA puis un C.A.P. 20 ans après, en V.A.E., car j'en avais besoin pour continuer de travailler auprès des jeunes enfants (on a commencé avec moi car j'étais dispo de suite puis comme je convenais, plusieurs mois après on m'a demandé de passer le diplôme, question de quota de diplômés nécessaires... )

Rien n'est figé... et le besoin de diplôme dépend aussi de ce qu'on veut faire, de si on connaît des gens, du hasard parfois...

Du moment qu'on est ouvert, confiant, pas idiot et qu'on sait qu'on peut apprendre à tout âge (y compris apprendre d'éventuelles expériences difficiles)... sur le tas ou écoles, cours à distance ou formations, VAE... y a moyen !

 

et puis... (je vais encore écrire une tartine, désolée) on peut faire des métiers utiles de manière intelligente, faut infiltrer le monde du travail ! (mouarf, d'un côté je crois pas trop aux grands changements par l'intérieur, de l'autre... que faire d'autre ?)

et sinon, je vais vous dire : si demain fils me dit que son projet est de rendre notre maison plus autonome, d'y travailler sérieusement, de se consacrer à cela... et bien... j'en serais ravie (quoique je préférerais qu'il "passe son bac d'abord" MAIS moins pour le bac en lui-même que pour les relations avec les autres vu que notre maison est isolée... eh, y a les hormones aussi à prendre en compte... chut !, s'il lit ça, ça craint pour moi !)

 

 

Les employeurs cherchent très rarement des travailleurs qui vont chambouler les habitudes de l'entreprise, qui vont refuser l'autorité au profit du dialogue et tous ces concepts qui font que la société est ce qu'elle est : une gigantesque entreprise à système pyramidal.

 

dieu que je le sais ! (du vécu) mais on est malin ou on ne l'est pas... tranquillement (ou pas) on fait son chemin, on ménage quand c'est possible, on fait passer les messages petit à petit (même si c'est frustrant ou que ça énerve parfois), on montre l'exemple, on tente des changements, on se répète... on se prend la tête et on se fait jeter à l'occasion, et... on avance ! eh, on peut le faire ou pas ? on fait ce qu'on peut dans notre contexte, avec ce qu'on est et ce que sont les gens qu'on rencontre...

 

 

Plus les gens auront un esprit "éveillé" et moins ils supporteront les conditions de travail et le mode de vie des sociétés capitalistes. Tu vois où je veux en venir ?

 

oui... et non... (enfin oui je crois que je vois mais je suis d'accord et pas d'accord)

non car capacités d'adaptation au changement, de ciblage des pbs, d'éfficacité, d'autonomie dans les apprentissages, auprès d'autres gens et par des recherches (comme apprendre à gérer les relations dans les équipes, à faire passer des critiques constructives, etc.)

et entraînement rigoureux (mouarf) aux réactions extrêmes dès le plus jeune âge : de "tu vas pas à l'école, la chance !" à "mais ! t'es pas à l'école ? feignant !" et à prendre du recul sur la norme, sur ce qui est important dans la vie et sur l'homme préssé des temps modernes...

 

et oui tout de même, et tant mieux car quand on supporte trop bien ce qui est difficile, injuste, tordu dans notre monde on est pas près d'y apporter ses petites graines...

 

tout est question d'équilibre, encore et toujours... plier juste assez, ne pas casser... et j'en reviens à l'importance du vrai dialogue, du respect, de la confiance (en soi, en ses proches), de l'imagination...

avec ça un bon jus de carottes tous les matins et zou !

 

tout ceci étant ce que je pense ici et maintenant... en cours de construction et sans doute bien incomplet...

 

et cette discu me dit aussi que mon fils est au lycée mais que ma mission auprès de lui est à la fois toujours la même et a à la fois pris un tournant...

 

aller, ciao


Modifié par laurely, 23 mai 2015 - 21:50 .

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