Aller au contenu


Photo

Eveil des consciences et totalitarisme grandissant


  • Veuillez vous connecter pour répondre
650 réponses à ce sujet

#641 gunday

gunday

Posté 18 juillet 2016 - 08:13

ça pourrait ressembler à :
"Le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis d'Amérique garantit pour tout citoyen américain le droit de porter des armes."
On sait ce que ça donne…

Justement, j'aimerai savoir ce qu'on sait à ce sujet ?
Prenons un autre exemple : le nigéria : 1 arme à feu pour 100 habitants. C'est pourtant un pays avec une violence importante.
(source)

Pour les morts par armes à feu, en France, en 1999, on compte 2607 décès, dont 78% de suicide.

En 2005, 2105 décès dont 1653 suicide.

Donc on est loin d'une épidémie de mort par arme à feu. (pour info, on est plutôt pas mal équipé en France)

 

 

Sinon, personnellement, ce qui me gène dans le sur-équipement de l'armée et de la police, c'est qu'en cas de régime totalitaire, le peuple est désarmé, et ne pourra donc pas se rebeller militairement.

 

Ceci dit dans mon département (d'ile de France), d'après la préfecture, le recensement des armes à feu n'est pas la priorité du moment.  :mad:

Réponse obtenu au téléphone 1 an sans nouvelles après la déclaration de vieilles armes retrouvés chez le grand père. Sans identification, pas possible de les revendre. (ce qui serai dommage vu que certaines sont totalement ciselé)

Ni même de les apporter chez un armurier pour neutralisation, car ce serait difficile d'expliquer la provenance d'une arme non déclaré.



#642 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

  • Membres
  • 14 699 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:LE MANS

Posté 18 juillet 2016 - 09:44

… en cas de régime totalitaire, le peuple est désarmé, et ne pourra donc pas se rebeller militairement.

Cela a toujours été et le peuple parvient à s'emparer d'armes en visitant les armureries des miitaires ou des revendeurs.

Il espère et obtient parfois le ralliement des soldats et gens d'armes.

 

Les évènements niçois prouvent qu'un camino frigo aux mains d'un gars décidé …



#643 Anonimo

Anonimo

    Bricoleur autonome

  • Membres
  • 1 615 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:Ztigania-celtika
  • Intérêts:Les plus divers, mais avant tout l'humain et l'environnement

Posté 04 octobre 2016 - 13:02

On frôle la dégénérescence assumé!! 
...a chaque jour je suis de +en+ écœuré.

http://finalscape.co...xJwoEVO0RFRo.99



#644 Anonimo

Anonimo

    Bricoleur autonome

  • Membres
  • 1 615 messages
  • Genre: Homme
  • Localisation:Ztigania-celtika
  • Intérêts:Les plus divers, mais avant tout l'humain et l'environnement

Posté 12 octobre 2016 - 20:06

Si la' je ne fait pas une dépression...

http://www.informati...es-enfants.html



#645 Kaddha

Kaddha
  • Genre: Homme
  • Localisation:Midi-Pyrénées

Posté 19 octobre 2016 - 19:55

Tu te moques des "jardiniers"… ça ne va plus!   ;)

Mais chacun se trouve des raisons de ne pas participer; rien que de tristes raisons, dont la consommation et la défiance.

 

A discuter avec des élus, du conseiller municipal de base au sénateur-maire, on entend qu'ils regrettent le peu d'intérêt des citoyens pour la vie publique, depuis les enquêtes publiques jusqu'aux réunions des comités de quartier… là où  passent les informations, se voit le travail de la municipalité, se perçoivent les options et les projets d'intérêts collectifs, se transmettent les demandes.

 

Bref, à délaisser la vie du quartier, on finit pas ne plus voir comment sont organisées les politiques de la ville/ du département/ de la région/ de l'état/ de l'Europe.

… et l'implication à tous ces niveaux de personnes qui par conviction passent des heures et des journées à travailler pour le collectif.

 

Beaucoup se trouvent des raisons pour ne pas participer c'est sûr, et "se trouver" et effectivement assez triste, car normalement, c'est plutôt des raisons, valeurs, que l'on a que les actes à faire doivent être trouvé (je sais pas si c'est très clair...), pas besoin de les chercher après coup (ça c'est la déraison...). Je peux de plus aussi retourner l'argument en disant que chacun des votant se trouve des raisons pour participer, et elles ne sont pas forcément meilleures...

 

Ce que je veux dire c'est que beaucoup ne votent par manque d'intérêt ou d'implication, ok, mais je pense que la majorité est consciente de ce que cela représente. L'abstention ne signifie pas un manque de volonté d'implication dans la société, nombreux sont même ceux qui ce bouge pour que des changements arrivent, mais des changements pour un monde plus égalitaire, sans exploiteurs/tés, plus collaboratif, etc.                     Ca marque juste un refus de continuer à vivre avec les règles de la société actuelle. 

Mais dire que si le FN passe (là c'est pas à tes propos que je réponds) c'est à cause des abstentionnistes, c'est quelque peu exagéré.

 

Après, c'est sûr que le mec qui s'abstient en disant "tous des pourris", sans chercher à comprendre davantage, et qui 5min après va perdre sa vie dans une usine qui lui permettra de payer son prochain Ipohne, ben c'est dommage pour lui car il est dans un état totalement contradictoire, et contrariant.

Tout comme l'est le type qui se désole du système anti-collaboratif et haineux dans lequel on est, et qui continue quand même à l'approuver en votant.

 

Enfin, ce n'est que mon point de vue


  • FLOYD aime ceci

#646 Livy-Dagore

Livy-Dagore
  • Genre: Homme
  • Localisation:France
  • Intérêts:L'écologie,les écovillage,la permaculture,la spiritualité,Le Yoga,et les alternatives éducatives.

Posté 28 octobre 2016 - 10:57

C'est qu'il y a des consciences qui s'éveillent,mais aussi un totalitarisme grandissant de la mondialisation.Mais il ne faut pas oublier aussi,que tous est impermanent.


  • laurely aime ceci

#647 laurely

laurely
  • Genre: Femme
  • Localisation:france à la campagne
  • Intérêts:apprentis-sages...
    instruction hors école
    et le reste aussi

Posté 28 avril 2017 - 09:36


  • Shivaya et Panthera Pardhus aiment ceci

#648 laurely

laurely
  • Genre: Femme
  • Localisation:france à la campagne
  • Intérêts:apprentis-sages...
    instruction hors école
    et le reste aussi

Posté 29 avril 2017 - 17:29

un autre court-métrage, que je trouve plutôt bien vu (20 mn)


  • Shivaya aime ceci

#649 Shivaya

Shivaya
  • Genre: Femme
  • Localisation:Sud est

Posté 02 novembre 2018 - 08:34

Un petit pas de plus vers Big Brother...

 

TES : cinq questions pour tout savoir sur le fichier qui recense l'ensemble des Français
01net

Déployé en France depuis les 30 mars 2017, le fichier des titres électroniques sécurisés (TES) a été définitivement validé le 18 octobre par une décision du Conseil d’Etat, qui a rejeté les derniers recours de la société civile. Il n’y a donc plus aucun obstacle au fichage biométrique de tous les Français. Voici cinq questions pour tout comprendre sur ce « mégafichier ». 

Le TES, c'est quoi?
La création du TES a été autorisé par le décret n°2016-1460 du 28 octobre 2016, dont le texte final intègre les modifications apportées par les décrets n°2017-910 du 9 mai 2017 et n°2017-1522 du 2 novembre 2017. Il s’agit d’une base informatique qui rassemble le traitement des données à caractère personnel relatif aux passeports et aux cartes nationales d’identité, deux fichiers qui existaient déjà auparavant.
Pour chaque Français, elle contient le nom, le prénom, la date et le lieu de naissance, le sexe, la couleur des yeux, la taille, le domicile et/ou la résidence ainsi que les images numérisées du visage, des empreintes digitales et de la signature. La base contient par ailleurs les noms, les adresses, les nationalités et les dates et lieux de naissance des parents. Ces informations sont gardées pendant 15 ans dans le cas d’un passeport et pendant 20 ans pour une carte d’identité.

Qui a eu l'idée, et pourquoi ?
Les fondements du fichier TES ont été posés dans le cadre du plan préfectures nouvelle génération, annoncé par le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve lors du Conseil des ministres du 16 décembre 2015. L’objectif est alors de faire face aux « défis majeurs auxquels la Nation est confrontée, notamment en matière de sécurité ». En effet, le TES simplifie le travail des forces de l’ordre qui peuvent désormais se connecter à une base unique pour effectuer leurs recherches et vérifier l'identité d'une personne.
Peuvent en effet accéder aux données du TES les membres de la police judiciaire « pour les besoins de leurs missions ». Les membres de la police nationale, de la gendarmerie nationale et des services de renseignement (DGSE, DGSI, DRSD, DRM, Tracfin) peuvent également fouiller dans ces données « pour les seuls besoins de la prévention des atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation et des actes de terrorisme ».
Mais il y a aussi des garde-fous. L’image numérisée des empreintes digitales est généralement exclue de toutes ces consultations. Elle ne peut être accédée « qu’en vue de la détection des tentatives d’obtention ou d’utilisation frauduleuse d’un titre d’identité ». Par ailleurs, le TES ne dispose pas de « dispositif de recherche permettant l’identification à partir de l’image numérisée du visage ou de l’image numérisée des empreintes digitales enregistrées ». On ne peut donc pas injecter une photo ou une empreinte dans le TES et faire tourner un algorithme de reconnaissance pour trouver une personne.

Peut-on refuser l’enregistrement des données biométriques ?
Non, c’est obligatoire dans le cadre d’une demande de carte d’identité ou de passeport. Toutefois, à la suite d'une saisie de la CNIL, les conditions de recueil des empreintes digitales ont été modifiés en mai 2017. Depuis, il est possible de refuser la numérisation des empreintes digitales pour l’établissement de la carte d’identité. Dans ce cas, elles seront « recueillies sur un formulaire joint au dossier de demande ». Précisons que, contrairement au passeport qui intègre une puce RFID stockant les images du visage et de deux empreintes digitales, la carte d'identité ne comporte aucun support de stockage informatique.
 
Une manière radicale de ne pas livrer ses données biométriques à l’Etat est de ne pas faire de demande de carte d’identité ou de passeport. C’est théoriquement possible car personne n’est obligé d’avoir ce type de document. Mais dans ce cas, il sera nettement plus difficile de passer un examen, de s’inscrire à pôle emploi, de voyager à l’étranger, d’effectuer des opérations bancaires, etc. En réalité, il est donc presque impossible de faire l'impasse.

Le TES présente-t-il un risque ?
C’est en effet ce que pense plusieurs organisations. Dans un « mémoire ampliatif », la Quadrature du Net a attaqué plusieurs aspects de ce nouveau dispositif devant le Conseil d’Etat. Elle estime que la centralisation de dizaines de millions de données biométriques « porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée ainsi qu’à la protection de données personnelles ». En particulier, elle craint que les citoyens seraient in fine soumis à une surveillance généralisée par le biais de la reconnaissance faciale ou de la collecte de traces d’empreintes.
De son côté, la CNIL a estimé qu’un tel fichier est « d’une ampleur et d’une nature inégalée » et qu’il présente à ce titre un « risque de détournement de finalité » (comme l’identification d’une personne à partir d’une empreinte) et qu’il serait une « cible privilégiée en termes de cybercriminalité ». C’est pourquoi l’autorité indépendante a préconisé la solution d’une conservation des empreintes digitales dans une puce électronique sur la carte, ce qui réduirait de façon considérable le risque d’un piratage massif et exclurait de fait tout détournement. A défaut, la CNIL recommande de ne conserver que des gabarits dans la base centralisée et non les photographies des empreintes. 

Quelles sont les conclusions du Conseil d'Etat?
Dans un arrêt du 18 octobre 2018, l’institution a rejeté tous les recours car elle estime que ce dispositif a une finalité légitime qui est justifiée par un motif d’ordre général – la lutte contre la fraude – et qui n’est pas disproportionnée. Certes, les forces de l’ordre ont accès aux images numérisées des visages, mais il n’existe pas de dispositif de recherche sur ces données. L’accès aux empreintes est par ailleurs strictement règlementé et ne peut servir qu’à confirmer l’identité d’une personne. Par ailleurs, le Conseil d’Etat ne voit aucune dérive ni excès de pouvoir en lien avec ce fichier.
Pour sa part, Félix Tréguer, membre fondateur de la Quadrature du Net, ne croît pas aux garanties mises en avant par le Conseil d’Etat. Il pense qu’elles « auront tôt fait de sauter (si elles ne sont pas d’ores et déjà bafouées par le Ministère de l’intérieur) ». Compte tenu de la multiplication des systèmes de vidéo-protection dans les villes, il pense que la base TES « préfigure en réalité l’utilisation des technologies de reconnaissance faciale à des fins de surveillance généralisée de la population ».
Le doute est clairement permis. Le fait que le gouvernement n’ait pas suivi l’avis de la CNIL et ait décidé de stocker les données biométriques de manière centrale plutôt que sur les cartes d’identité ou les passeports, est étrange. Ce choix a par exemple été retenu par l’Allemagne, sans que cela ne semble entraver l’authentification des personnes ou la lutte contre la fraude dans ce pays. On peut donc légitimement penser que la constitution d’une base centralisée puisse, un jour, servir à autre chose que ce qui est dit aujourd’hui. 
 
Gilbert KALLENBORN

source : https://www.01net.co...se-1552684.html



#650 Shivaya

Shivaya
  • Genre: Femme
  • Localisation:Sud est

Posté 12 mars 2019 - 10:42

Peut être qu'il faudrait commencer un topic sur la dérive totalitariste du gouvernement actuel parce qu'après la loi anticasseur qualifiée de loi de Vichy par un très modéré député et toutes les autres démonstrations du fascisme grandissant des gouvernants et haut fonctionnaires actuels, ça commence à faire beaucoup...

 

L’Europe veut protéger les lanceurs d’alerte

Un projet de directive européenne devrait être adopté malgré les réticences de la France, alliée à l’Autriche et à la Hongrie.

Par Stéphane Horel Publié le 09 mars 2019 à 10h48, mis à jour hier à 02h03

La protection des lanceurs d’alerte ne relève pas de l’évidence pour tous. Pendant des mois, la France s’est employée à vider de sa substance un texte européen qui imposerait aux vingt-huit Etats membres la mise en place d’un cadre juridique spécifique.

Présentée en avril 2018 par la Commission européenne, la directive « sur la protection des personnes dénonçant les infractions au droit de l’Union européenne [UE] » a pour objet de mettre les lanceurs d’alerte à l’abri de représailles, de pressions ou d’un éventuel harcèlement judiciaire. Les discussions à son sujet devraient s’achever lundi 11 mars.

Enjeu fondamental pour la liberté d’informer

Les lanceurs d’alerte (« whistleblowers » en anglais), ce sont ces personnes qui, au sein d’une entreprise ou d’une administration, détiennent des informations concernant des activités illicites – corruption, fraude... – ou d’autres actes répréhensibles pouvant « causer un préjudice grave à l’intérêt public ». Les organisations mises en cause étant très souvent leurs employeurs, ces personnes s’exposent à de graves conséquences s’ils décident de les révéler.

 

source (payante) : https://www.lemonde....73b51-195334001

 

Si vous ne pouvez accéder parce que pas abonné, voici un petit résumé : https://www.arretsur...ferie-francaise



#651 Shivaya

Shivaya
  • Genre: Femme
  • Localisation:Sud est

Posté 26 mars 2019 - 08:27

Et pendant ce temps là, La Poste se transforme tranquillement et discrètement en Gafa français...

 

 

Comment La Poste tente de constituer une base de données géante sur « tous les Français »

 

Une entreprise française sait beaucoup de choses sur vous : où vous habitez, quand vous déménagez, de combien de membres se compose votre famille, quel type de colis vous recevez et de qui… Cette entreprise, c’est La Poste, déjà connue pour revendre des fichiers d’adresses à des entreprises pour leurs prospections commerciales. Un nouveau cap pourrait être franchi : La Poste a racheté une start-up grenobloise spécialisée dans l’intelligence artificielle, qui permet de collecter et d’organiser des milliards de données personnelles. Le Postillon, journal local isérois partenaire de Basta !, a enquêté sur ces pratiques. Ou comment l’ex-établissement public utilise sa position pour s’approprier un gigantesque patrimoine de données privées.

 

Ça vous est sûrement déjà arrivé : déménagement, donc changement d’adresse. Vous voulez faire les choses bien alors vous signez un contrat avec La Poste pour que votre courrier soit réexpédié. Et puis les semaines suivantes, vous ne comprenez pas. À peine arrivé dans votre nouveau chez-vous, vous recevez dans votre boîte aux lettres plusieurs publicités de grandes surfaces situées juste à côté. Qui leur a donné votre nouvelle adresse ?

 

La Poste, bien sûr ! Car il y a de fortes chances pour que vous n’ayez pas coché dans le bon ordre les petites cases à côté des petits caractères qui permettent que « vos données personnelles soient utilisées à des fins de prospection commerciale ». Avec les contrats de réexpédition, La Poste a le meilleur fichier d’adresses de France. Plein d’entreprises envoient des milliers de publicités à partir de leurs propres fichiers, bourrés d’adresses périmées. La Poste, elle, se vante d’ « une base, actualisée mensuellement, de plus de 15 millions de foyers français », validée sur le terrain par les postiers qui doivent vérifier votre pièce d’identité au moindre geste.

 

Des « données enrichies de critères géographiques, socio-démographiques et comportementaux »

Sur le site internet de Médiapost, la filiale de La Poste qui revend vos données, on peut lire des accroches comme : « Partez à la conquête de nouveaux clients. Artisan, TPE, PME ou grand compte : vous devez régulièrement recruter de nouveaux clients pour entretenir et développer votre portefeuille. La location de nos fichiers d’adresses postales, régulièrement mis à jour, vous permet de vous faire connaître rapidement de vos cibles au meilleur coût. »

Mais La Poste ne vend pas simplement une adresse afin d’« optimiser votre budget communication », elle croise ses données avec « des sources fiables, répondant à une charte rigoureuse : Insee, Direction générale des finances publiques, LSA, référentiels La Poste, études terrain et base Médiapost », pour proposer des « données enrichies de critères géographiques, socio-démographiques et comportementaux (âge, pouvoir d’achat, composition du foyer, caractéristiques de l’habitat, habitudes de consommation, loisirs, taux d’équipement...) ». La Poste peut ainsi satisfaire un « client » qui voudrait acquérir les coordonnées de – par exemple – femmes d’un quartier aisé âgées de 30 à 50 ans qui font des achats en ligne et possèdent une voiture.

 

« C’est un bonheur ! Une infinité de données clients, toutes celles qu’on peut collecter via nos échanges avec eux »

Depuis son passage en société anonyme en 2010, La Poste s’est « diversifiée ». C’est désormais une multitude de métiers et 350 filiales dans le monde entier : des banques, des assurances, un opérateur de téléphonie et des dizaines d’entreprises qu’on n’imagine pas liées à La Poste comme Asten Santé, société.com ou Kiss Kiss Bank Bank. Chaque entreprise produit des milliards de données sur la vie et le comportement de ses utilisateurs, pas juste leur adresse et un mail. La puissante Direction du numérique de La Poste déclare « rassembler ces données au sein d’un Data Lake (puits de données) » et par cet anglicisme esquive la réalité brutale : La Poste nourrit un méga-fichier sur presque toute la population. Et l’entreprise sait qu’il y a des profits à en tirer.

 

À la question « Qu’est-ce que la donnée à La Poste ? », Pierre-Étienne Bardin, « Chief Data Officer » de La Poste, répond avec enthousiasme dans une interview interne : « C’est un bonheur ! Une infinité de données clients, toutes celles qu’on peut collecter via nos échanges avec eux : quels produits ils consomment, quelle satisfaction, quelles réclamations… Des données relatives au service universel, industrielles, aux services à la personne, bancaires, assurantielles, immobilières… Un patrimoine inestimable que beaucoup nous envient ! » Mais comment extraire l’or de cette mine de données sur laquelle La Poste est assise, et faire parler ces milliards d’informations décousues ? Grâce à l’intelligence artificielle (IA), évidemment !

 

L’analyse prédictive des données : proposer les bons produits et services au bon moment

En 2016 Médiapost, la filiale communication et marketing de La Poste, a racheté Probayes, une start-up grenobloise spécialisée en IA qui travaille étroitement avec l’industrie de l’armement. L’intérêt de Médiapost pour Probayes réside dans sa spécialité « d’analyse prédictive des données ». Un document de la start-up intitulé « l’analyse prédictive au service de la performance de votre entreprise » se vante de pouvoir multiplier par sept l’efficacité des campagnes commerciales en « proposant les bons produits et services au bon moment ». L’idée n’est plus seulement de divulguer vos coordonnées, mais de prédire vos comportements, de pouvoir dévoiler aux entreprises quels produits il faut vous proposer, quand et comment. En partant d’informations récoltées minutieusement, vérifiées et actualisées sur le terrain par des salariés traqués et surveillés – un sujet pour un prochain numéro du Postillon ? –, l’efficacité serait d’autant plus redoutable.

 

Le « Gafa » français est-il jaune ? Bien entendu, tout cela n’est pas proclamé aussi clairement. Dans sa communication grand public, La Poste évoque l’intelligence artificielle et Probayes, mais pas le ciblage publicitaire. Pour illustrer la nouvelle diversité des métiers postaux, La Poste a réalisé une campagne présentant plusieurs de ses salariés en fonction de leur lieu de travail. Pour Grenoble, c’est forcément tombé sur les nouvelles technologies. Une pleine page présente ainsi Leslie et son charmant métier : « À Grenoble, j’analyse des datas pour votre entreprise, je suis postière. Leslie est data analyst chez Probayes, filiale de La Poste. Elle utilise l’intelligence artificielle pour optimiser le transport et la livraison des colis. » « Optimiser » le transport et la livraison de colis, qui peut être contre ? Ça passe forcément mieux que « Leslie utilise l’intelligence artificielle pour que La Poste vende des fichiers nominatifs à des entreprises dont le but est de vous faire acheter des choses dont vous n’avez pas besoin ».

 

Une base de données géante sur tous les Français pour faire comme Google et Facebook

Comme Leslie a l’air épanouie dans son travail, on a voulu en savoir un peu plus sur ces nouveaux métiers postaux et on est tombé sur des offres d’embauche étonnantes. La Poste recherche par exemple un chef de projet données client. Son rôle : travailler sur « le Programme prioritaire commun Connaissance clients, qui a pour mission de constituer une base de données centralisant les données des clients du groupe La Poste (hors données bancaires) et à terme potentiellement de tous les Français » pour « faire de la connaissance clients le levier de la performance de chacune des branches du groupe ». Une base de données géante sur tous les Français pour faire comme les Américains de Google et Facebook : transformer vos vies en données pour les revendre sur le marché de la connaissance client.

 

Mais le ciblage publicitaire, « l’optimisation » d’un des plus gros fichiers de France, c’est forcément un sujet sensible. Probayes et La Poste le savent. Jean-Michel Lefèvre, directeur général de Probayes, assure que sa boîte a « historiquement attaché beaucoup d’importance à l’éthique dans le traitement des données ». Pourquoi pas ? Ça coûte rien de le dire et rien ne permet de le prouver. Aucun contrôle ne peut être fait sur la « valorisation » de ces millions de données. Bien entendu, ce n’est pas un problème créé par Probayes ou La Poste, mais un danger global dans une société gouvernée par des algorithmes.

 

Double discours

La Poste et Probayes ont refusé de répondre à nos demandes d’interview, mais le PDG de La Poste lui-même paraît inquiet des dangers de la vie numérique. Dans un long texte sur le réseau social LinkedIn, Philippe Wahl, c’est son nom, regrette la « servitude volontaire » de ses contemporains : « Comme l’abordait Étienne de la Boétie, jeune écrivain et humaniste français, au 16ème siècle dans son Discours de la servitude volontaire, tout pouvoir ne peut dominer et exploiter durablement une société sans la collaboration, active ou résignée, d’une partie notable de ses membres. Si les technologies numériques ont investi notre vie quotidienne, il ne faut pas oublier leurs revers. (...) Accepter la servitude volontaire des technologies numériques n’est en aucun cas une obligation. Finalement, que faut-il laisser, ou ne pas laisser, de son intimité, de sa vie personnelle pour que l’ensemble des algorithmes fonctionne et nous rende la vie plus facile ? Nous sommes les seuls responsables de la mauvaise utilisation de nos données, de notre servitude volontaire. »

 

Après avoir lu La Boétie, Phillipe Wahl devrait se documenter sur la dissonance cognitive. Car s’il semble déplorer cette « servitude volontaire », l’entreprise qu’il dirige fait tout pour la développer, en poussant ses clients à préférer les services numériques plutôt qu’humains, en finançant une série d’innovations plus ineptes les unes que les autres comme cette tirelire connectée conçue par Yellow Innovation, le « laboratoire numérique » du groupe La Poste, un gadget qui apprend aux tout petits à devenir capitalistes et technophiles avant de savoir lire, ou en transformant les facteurs en simples robots devant suivre les machines. Mais aussi en donnant plus de pouvoir aux algorithmes grâce à Probayes. Phillipe Wahl a beau jeu de renvoyer à la « servitude volontaire » de tout un chacun – par ailleurs réelle –, il n’empêche qu’en ce qui concerne nos adresses postales, il est le premier « responsable de la mauvaise utilisation de nos données ».

 

Le Postillon

source et photo : https://www.bastamag...te-sur-tous-les