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maison soteria


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8 réponses à ce sujet

#1 david vincent

david vincent
  • Localisation:autour de Paris

Posté 01 aot 2007 - 15:26

Je voudrais vous faire partager quelque chose que j'ai découvert sur le net et qui pourrait se généraliser

Soteria House est une ressource alternative de traitement offrant une apporche très différente de celle du milieu hospitalier.Le personnel est non professionnel et les résidents ne sont pas soignés avec des neuroleptiques; On leur permet de vivre leur "fragmentation" et leur "rupture psychotique" en leur procurant ce dont ils disent avoir besoin et en interférant le moins possible avec l'expression de ces besoin.
Notre expèrience personnelle comme membre du personnel, et le vécu avec les résidents de Soteria House, nous ont donné l'occasion de vérifier cette approche et de se confronter avec les croyances véhiculées couramment à l'égard des psychotiques, à savoir qu'ils seraient irresponsables et incompréhensibles et nécessiteraient un milieu fermé, très professionnalisé et l'usage de neuroleptiques.
Soteria House met au défi aussi bien les formes de traitements traditionnels, que les soignants eux-mêmes et leurs outils. Il ne s'agit pas d'un traitement miracle mais d'une nouvelle façon de considérer l'épisode de rupture, c'est à dire "une expérience potentielle de coirssance positive et constructive qui permet à la personne de mieux affronter les exigences de la vie". Il faut donc que cette esmérience (psychotique) ne soit pas prématurément avortée par l'intrusion psycho-biologique ou chimique qui vient mettre une camisole de force à cette évolution.
...
Pourquoi ne pas esssayer d'autres pistes comme celle-ci pour enfin guérir de maladies mentales et qu'elles ne trainent pas toute la vie comme on traîne un boulet aux pieds?

#2 cixi

cixi

    Architecte de ma vie

  • Membres
  • 3051 messages
  • Localisation:Là où il y a de la place pour mes chaussures

Posté 01 aot 2007 - 18:09

Enfin un établissement qui traite les schizophrènes comme le psychiatre Stanislav Grof les voyait et voyait la plupart des cas mentaux: des personnes qui ont une ouverture particulière sur la "réalité" et ne peuvent l'exprimer. Ils ne sont pas à traiter avec des neuroleptiques.

Je crois qu'il serait plus facile pour nous d'exprimer les sons en visions ou les couleurs en goût que pour un schizophrène d'exprimer ce qu'il appréhende avec ses 5, 6 ou 7 sens et que nous n'expérimenterons jamais, peut-être parce qu'il nous manque quelque chose.

Quand on est totalement impuissant à exprimer ce qu'on perçoit à des gens qui n'ont pas la possibilité de comprendre, comment devient-on?

Je n'ai qu'une petite comparaison pour comprendre un peu l'impuissance et la frustration qu'ils doivent ressentir: c'est lorsque je voulais expliquer la neige aux Camerounais qui n'avaient jamais quitté leur pays, sans photos, bien avant l'époque d'internet et avant que la TV n'arrive dans le pays.

#3 _kidu_

_kidu_

Posté 01 aot 2007 - 18:29

Et comment est abordé la question de la souffrance à Soteria House david vincent? Comment vous gérez ça ?

#4 _Lohey_

_Lohey_

Posté 02 aot 2007 - 09:54

J'aime beaucoup apprendre que ce genre d'initiative existe. A mon sens, elles sont essentielles !

J'ai rencontré plusieurs soit-disant "psychotiques" (sic) que la médecine officielle s'empresse de médicaliser, et qui en fait avaient simplement besoin d'une attention respectueuse plutôt que d'un regard qui étiquète.

Quant aux personnes qui sont réellement dans un vécu très différent du notre, jeu me sens intimement en phase avec la conscience qui soustend l'approche de Soteria.

Mon message n'apporte pas grand chose, mais jeu voulais vraiment soutenir cette conscience de tout mon coeur. Lalala... :calin:

Voici un lien, en anglais : http://www.moshersoteria.com

#5 david vincent

david vincent
  • Localisation:autour de Paris

Posté 02 aot 2007 - 12:27

Je vous cite des mots du docteur Pinero, psychiatre qui a vécu 48h heures avec eux:
"Je pense que le plus grand atout du personnel de Soteri House est la vigilance, l'écoute et l'acceptation du droit de chaque individu à chosir sa propre réalité. J'ai été agréablement surpris de voir comment les membres du personnel aussi bien que les volontaires pouvaient être conscients de leurs propres fantaisies, peurs ou même "délires" au point que ce qui était exprimé ou vécu pendant la crise psychotique n'était point perçu par eux comme une expérience lointaine, étrangère, ou inhumaine".
...
Le docteur Tribolet dans la folie, un bienfait pour l'humanité insiste aussi sur le fait d'écouter les fous, leur donner des neuroleptiques ne va pas les guérir, mais les mettre dans une camisole chimique délétère.

Ca, c'était pour répondre à Kidu.

#6 cacha

cacha
  • Localisation:Lyon
  • Intérêts:Lectures de toutes sortes (sociologie, SF, romans contemporains), voyages (par documentaires interposés)

Posté 04 aot 2007 - 08:35

Bonjour,

Forum décroissance m'a orienté vers vous.
Je suis tout-à-fait d'accord avec vos courriels, en particulier celui de Lohey.
J'aimerais "soigner" de manière douce et alternative ma fille de 20 ans, considérée comme psychotique, sans que les docteurs soient d'accord sur sa "maladie" (schizophrénie, psychose infantile, léger retard mental?).
Quels sont les lieux où se pratique la soteria ? Et surtout, connaissez-vous un ou des psychiatres lyonnais (ou proche de Lyon) ne pratiquant pas la chimiothérapie (ayant peu ou pas recours aux médicaments, ayant une autre approche des soins, plus basée sur la parole et l'écoute)? Existe-t'il dans cette région un lieu de soins du même genre?
Merci de votre aide.
Cacha

#7 berg

berg

Posté 04 aot 2007 - 08:51

Beau message qu'est le votre où tant d'autres iraient à la facilité chimique aussi simple à gerer que nefaste.

Amitiés.

Berg

#8 david vincent

david vincent
  • Localisation:autour de Paris

Posté 04 aot 2007 - 22:08

Dans d'autre pays peut-être, mais il suffit qu'on soit différent en France pour que l'on soit classé comme secte.
Personnellement monter un projet comme ça me réjouirait et m'enthousiasmerait. Je veux prouver que les patients en souffrance prychique ont besoin de calme, de compréhension, de quelqu'un qui les écoute sans les juger et qui les aide à faire s'épanouir les qualités qu'ils ont en eux.
Ils sont différents? Qu'on les accepte tels qu'ils sont, il retrouveront leur calme et commenceront par assumer leur différence. Qu'on leur laisse une chance avant de leur faire perdre toute personnalité avec les neuroleptiques.
Pour le moment j'en parle, j'espère qu'un jour cela prendra forme.

#9 cacha

cacha
  • Localisation:Lyon
  • Intérêts:Lectures de toutes sortes (sociologie, SF, romans contemporains), voyages (par documentaires interposés)

Posté 05 aot 2007 - 09:51

Bonjour et merci de vos réponses.
Peut-être qu'une psychothérapie serait bénéfique à ma fille?
C'est sûr, il lui faut beaucoup d'écoute et d'explications pour comprendre la vie (et ne pas se mettre en danger).
Elle a la chance d'avoir rencontré un nouveau copain très compréhensif et attentionné, mais comment la faire reprendre contact avec la réalité, sans abdiquer pour autant sa propre personnalité ?
J'avoue que ces soucis nous épuisent et surtout remettent en question toute ma conception (politique) de la vie d'autant plus que j'ai dû me résoudre, en mai, pour la protéger, à une HDT ; heureusement, elle n'a pas alors été abreuvée de médicaments.
A +
Cacha