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Articles sur la périnatalité en Europe


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2 réponses à ce sujet

#1 EcliptuX

EcliptuX
  • Genre: Homme
  • Localisation:sur Terre
  • Intérêts:la Vie et les gens :)

Posté 13 octobre 2007 - 00:16

Venez réagir à ces 2 approches très différentes de la périnatalité en Europe :

#2 abcdefghijk

abcdefghijk

Posté 13 octobre 2007 - 08:48

Comment les femmes accoucheront-elles demain en France?
peut-être seules (de plus en plus de femmes le font, je l'ai fait) pour éviter de ne pas être traitées correctement dans les structures médicales.
Il y une forte demande pour accoucher autrement mais les sages-femmes à domicile sont rares... et nous refusons d'être dépossédées de la naissance de nos enfant!
Et puis tous ces examens, quel stress! Qu'ils nous lâchent un peu!! Ils n'ont pas encore compris que la meilleure façon d'améliorer les statistiques, c'est de relâcher la pression autour de nos ventres ronds.

#3 elbereth

elbereth
  • Localisation:Louvain-la-Neuve

Posté 17 octobre 2007 - 15:43

Bonjour,

Je suis nouvelle sur le site, j'ai souvent lu, mais pas souvent posté. Je vais faire ici le récit de mon expérience: j'ai accouché par césarienne de ma première fille pour cause de siège. C'était une césarienne programmée.

Durant ma grossesse, je n'étais pas du tout bio, écolo, consciente ou autre... Je suis belge, chez nous, habituellement, le suivi de la grossesse se fait chez un gynécologue (pas chez une sage femme), habituellement rattaché à une maternité. Ayant confiance en mon gynéco habituel, j'ai naturellement été chez lui pour le suivi de ma grossesse. J'ai eu un suivi classique: beaucoup d'échographies, touchers réguliers du col de l'utérus... et ce malgré une grossesse sans le moindre problème. Seul hic: ma petite Florence ne se retournait pas. Quand vers 5 mois j'ai lu sur le compte rendu d'échographie "siège", je SAVAIS qu'elle allait rester comme ça. Bien sûr, à 5 mois, tout peut encore changer, mais mon sentiment était que ça ne changerait pas. Quant à moi, je menais de front un DEC en théologie et un mi-temps de prof dans une école professionnelle (ce qui équivaut plus ou moins à un sport de combat ). Je n'étais pas satisfaite de la manière dont je pratiquais mon métier: j'aurais souhaité des classes coopératives, et moi qui suis très intéressée par les pédagogies Frennet, Montessori et autres, je me retrouvais sans savoir les appliquer, et nerveusement, j'encaissais... Si j'avais su, j'aurais fait de l'haptonomie, j'aurais arrêté de travailler plus vite...

J'ai arrêté de travailler le 15 janvier. La césarienne a été programmée pour le 2 février. Dans mon entourage, tout le monde trouvait ça normal de programmer une césarienne pour un siège chez une primipare, je trouvais cela donc normal aussi, j'ai fait de la sophrologie pour aborder le tout avec sérénité. La césarienne était programmée à 9h. Je suis arrivée à l'hôpital avec mon mari à 7h du matin. En quelques minutes, j'ai été transformée en malade: perfusion, sondage urinaire... Mon mari et moi nous avions très peur, nous nous accrochions l'un à l'autre. Heureusement, le personnel de l'hôpital a été très humain avec nous, nous expliquant tout ce qu'on allait me faire. Heureusement, mon mari a pu rester presque tout le temps avec moi. Il a juste dû partir pendant qu'on me faisait la piqûre d'anesthésie.

Ma petite est née à 9h39. On l'a sortie de mon ventre, je l'ai juste entrevue: j'ai eu le temps de penser "elle est toute rose, donc elle a respiré", puis je l'ai entendue crier. On l'a emmenée avec mon mari, et moi, je me suis retrouvée toute seule, avec envie de pleurer, je demandais tout le temps où elle était. Rien que le fait de me souvenir de ça, et me revoilà à pleurer devant mon ordi.

D'après mon mari, on a aspiré les glaires qu'elle avait, et puis on l'a séchée et habillée. Mon mari est revenu avec elle dans les bras au bout d'une dizaine de minutes. Moi, cela m'a semblé une heure. Quand elle est revenue, elle ne pleurait pas. J'avais toujours les mains attachées, alors mon mari l'a mise contre ma joue. Peu de temps après, on ma mise sur mon lit et on me l'a donnée pour l'allaiter.

Les jours qui ont suivi ont été particulièrement durs: je ne pouvais pas me lever, donc mon mari s'occupait de tout... et le bébé a été attaché A LUI. Moi, c'était juste la nourriture. Elle se calmait chez lui, dans son odeur, au son de sa voix... Je me sentais une mère épouvantable. Comme si le fait que, comme le premier contact peau à peau avait été avec mon mari, elle le reconnaissait lui et pas moi. J'ai accouché un vendredi. Le samedi, malgré que mon mari et moi avions demandé qu'on nous prévienne avant de venir, nous avons été envahis par un tas de monde. Le soir, ma maman sentant que je n'allais pas bien a mis tout le monde dehors. Je lui en suis très reconnaissante. C'est aussi ma maman qui m'a appris à allaiter (si on devait compter sur les maternités pour ça... ), et qui m'a dit de faire comme je sentais avec le nouveau-né. Car autour de moi, on me disait que je le prenais trop, qu'il fallait la laisser crier... chose que j'étais incapable de faire. Je l'ai gardée contre moi quasi tous le séjour à l'hôpital, et pendant un mois, j'ai été incapable de la laisser dans une autre pièce que moi. Même pour aller faire pipi, je la prenais.

Le dimanche soir, j'avais toujours des crises de larmes... Mon mari, lui, devait retourner travailler. Son entreprise, en pleine restructuration, ne lui a pas laissé prendre d'affilée tous ses jours de paternité. Je me suis demandée comment nous réparer ma petite et moi. Instinctivement, je lui ai dit "c'est dur, hein?", et on a pleuré toute les deux. C'est à partir de ce moment-là que notre lien s'est vraiment fait et qu'elle s'est accrochée à moi.

Après, je me suis demandée pourquoi je souffrais tellement psychologiquement. C'est là que je suis tombée sur des sites comme celui-ci, ou peau-à-peau, ect, et tout ça a trouvé des résonnances en moi. Je ne culpabilise pas de ma césarienne car à ce moment là, je n'aurais pas pu prendre d'autre décision, mais ce serait à refaire, j'accoucherais normalement. En bientôt 9 mois, j'ai radicalement changé et mon mari essaye de suivre. Mon entourage a arrêté de suivre depuis longtemps

Voilà mon témoignage. Une césarienne, ça fait mal à l'âme, ça laisse des cicatrices dans le coeur. Je sais que ça sauve des vies, mais si vous pouvez l'éviter, évitez!

Pour un prochain accouchement? Je pense me faire suivre par une sage-femme libérale, et accoucher à l'hôpital mais avec elle: il existe ici des maternités qui laissent l'accès au plateau technique aux sages-femmes. Et ensuite, revenir à la maison le plus vite possible. L'accouchement à l maison m'aurait tenté, mais ici en Belgique, on n'accepte pas les AVAC à domicile.

Voilà.