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Le bois comme énergie renouvelable


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159 réponses à ce sujet

#21 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

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Posté 23 juin 2008 - 12:28

Les réticences vis à vis de l'ONF exprimées par Tis, sont largement partagées par le grand public. La futaie que l'on voit actuellement arrivée à maturité a été décidée il y a 100 ans, voire 200 ans et plus, ne l'oublions pas.

Les régions de petites propriétés forestières ont des atouts qui permettront plus de diversité botanique pour autant que les gestionnaires et surtout les propriétaires (souvent agés) acceptent d'investir à perte pendant encore 20 à 30 ans.


Merci anax de rappeler que l'état assigne à l'ONF trois missions fondamentales que je me permets de compléter ainsi:
• production et vente de bois,
• maintien du biotope et gestion écologique,
• ouverture et animation d'espaces de loisirs et de sensibilisation. (chasse)

Aucune forêt primaire en France métropolitaine, seulement des peuplements obtenus par plantation, par semis en place ou par semis naturel.
Les coupes à blanc ne sont pas pratiquées par l'ONF, qui gèrent les parcelles avec un savoir-faire accru en étant conscient que que la biomasse morte d'une forêt naturelle dépasse les 60% comme le souligne anax.

La formule "moissoner de la cellulose" évoque précisement cette idée de transformer la forêt en pétrole vivant; une erreur terrible que le Brésil commet actuellement.

Si chatelot16 peut observer près de chez lui une grande parcelle où l'ONF a planté une variété d'espèces c'est bien le témoignage que cette institution a su faire évoluer ses pratiques.
Les coupes sélectives sont décidées et exécutées afin de favoriser les arbres dits d'avenir. Il est hélas impossible de valoriser le petit volume obtenu à chcune des interventions. Ce ne sont pas les quelques fagots qui permettraient de rémunérer la main d'œuvre nécessaire, ni pour la coupe, ni pour la façon…
Ces travaux sont impossibles à mécaniser!
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#22 chatelot16

chatelot16
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Posté 23 juin 2008 - 12:43

ca se mecanise tres bien avec un petit tracteur et un broyeur pour en faire des plaquettes

ce n'est pas actuellement rentable avec les broyeurs actuel trop cher

ca n'est pas tres interressant avec les chaudieres a plaquette trop exigentes sur la regularité des plaquettes , en broyant du petit bois ca fait beaucouop de morceaux trop gros qui coincent les chaudieres trop delicates

mon but n'est pas de faire des plaquette pour les chaudieres : mais de faire des gazogene pour une exploitation rationnelle du bois : le bois broyé fait du gaz pour faire tourner un groupe electrogene a cogeneration : electricité et chauffage

cerise sur le gateau l'epuration du gaz entre gazogene et moteur produit un peu de metanol et d'acetone , pouvant servir de carburant pour les moteurs a essence

#23 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

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Posté 23 juin 2008 - 14:00

Que donne l'approche économique de la solution? Tant en euros qu'en unités d'énergie… amortissements et main d'œuvre compris.

#24 Tis

Tis

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Posté 23 juin 2008 - 15:28

L'ONF a en effet commencé à faire évoluer ses pratiques depuis quelques années mais on ne peut pas dire qu'il fut pionnier en ce domaine. Il a fallu que les pluies acides fassent des dégâts dans plusieurs pays européens pour qu'il sorte de ses habitudes.

Il suffit de lire le compte-rendu des "15 ans de suivi des écosystèmes forestiers" du réseau RENECOFOR (créé en 1992) pour s'apercevoir du déséquilibre des études entre feuillus et résineux :

Ce réseau (voir carte) a été conçu pour pallier à un manque de références sur l’évolution des écosystèmes forestiers en France et pour disposer de mesures fiables pour mieux les comprendre. La forêt française est caractérisée par une très grande diversité d’espèces arborées, qui devait être prise en compte dans ce réseau.
RENECOFOR est constitué de 102 mini-observatoires de 2 hectares pour 10 espèces principales (chêne sessile, chêne pédonculé, hêtre, pin sylvestre, pin maritime, épicéa, sapin, douglas, pin laricio et mélèze). Ces sites ont été volontairement choisis dans des situations moyennes à légèrement défavorable (fertilité des sols), afin de pouvoir avoir la chance d’observer des réactions aux évolutions environnementales pendant une période d’au moins 30 ans.

On voit bien où se situait encore largement l'intérêt de cet organisme il y a peu !
Et retourner 30 ans après dans de nombreux endroits du Massif Central est sacrément édifiant. Le paysage a complètement changé et je ne reconnais plus du tout ces endroits que je parcourais pourtant à pieds.
D'ailleurs les résultats de cette étude corroborent ce que je disais précédemment :

Les recherches et les réseaux d’observation ont permis de montrer, depuis une vingtaine d’années, que les écosystèmes forestiers répondent à ces modifications de l’environnement. Contrairement à un a priori écologique qui a longtemps prévalu, les forêts ne sont pas dans un état stationnaire. Après une révolution forestière, on ne revient pas à l’état initial, en raison des variations à long terme de l’environnement.
Quelles sont ces évolutions non cycliques de la forêt ?
· Celle -ci s’étend, à grande vitesse, et c’est probablement le changement écologique le plus important des forêts au cours du XXe siècle. Après des millénaires d’érosion, la forêt reconquiert les territoires abandonnés par l’agriculture.
· .La productivité des forêts s’accroît rapidement. Les causes de cet accroissement sont encore mal cernées.
· Les prélèvements de bois n’ont pas suivi cette augmentation de la productivité. Par suite de ces deux phénomènes, accroissement des surfaces et prélèvements inférieurs à la croissance, le stock de bois sur pied augmente rapidement.
Cela crée un puits de carbone aujourd’hui très important mais dont la pérennité n’est pas maîtrisée.
· Les arbres montrent, sous l’effet du changement climatique, un décalage significatif de leur phénologie : date de débourrement et de chute des feuilles, avec un allongement régulier de la saison de végétation depuis une trentaine d’années.
· L’alimentation des arbres en nutriments se modifie.
· Certaines espèces montrent déjà des déplacements de leur aire de répartition : végétaux lauriphylles, processionnaire du pin, mais on n’observe pas encore de déplacements massifs des écosystèmes. Dans ce contexte, les événements extrêmes (tempêtes, sécheresses ou canicules) constituent des « expérimentations » précieuses pour les recherches sur les impacts d’un futur plus chaud.

Encore un effort et il redécouvrira l'intérêt du débardage à cheval pour les coupes sélectives !

#25 FLOYD

FLOYD

    brainstormeur

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Posté 23 juin 2008 - 16:42

Quant à l'intérêt du débardage à cheval pour les coupes sélectives, les gens de l'ONF sont parfaitement conscients que les sols forestiers sont éminemment fragiles.

L'obligation de prendre soin des sols et de la végétation en place est inscrite dans le cahier des charges imposés aux entreprises forestières chargées du bardage. Les moyens employés ne dépendent que des conditions économiques et du bon vouloir des entreprises privées…

Le surcoût de la traction animale est semble-t-il impossible à payer pour des bois de peu de valeur comme ceux issus des coupes sélectives de résineux.

A l'inverse les bois de valeur, les billes de plusieurs mètres cubes pesant 3 tonnes et plus, sont trop lourdes même pour de petits attelages. Un cheval traine l'équivalent de son poids.

Mon interlocuteur de l'ONF, dument interrogé, a évoqué le recours à des cables téléphériques voire à des ballons dirigeables, comme les solutions à l'étude pour un débardage "doux".

Cela pour tenter de rassurer Tis, peu amène avec l'Office, mais celui d'aujourd'hui n'est plus celui des années 1970…

#26 chatelot16

chatelot16
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Posté 23 juin 2008 - 17:25

Que donne l'approche économique de la solution? Tant en euros qu'en unités d'énergie… amortissements et main d'œuvre compris.

(recuperation des dechet et gazogene )

c'est comme toutes les solutions nouvelles : tant que le bon materiel n'est pas disponible ca n'est pas rentable , et tant que ce n'est pas rentable personne ne fabrique le materiel ...

le materiel doit donc etre fabriqué en tant que bricoleur : on verra bien quand ca sera rentable

#27 Atlantis

Atlantis

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Posté 23 juin 2008 - 21:22

et puis on fera comme les biocarburants, qui eux aussi au départ ne devaient produire que sur la base de déchets agricoles ... :cpasmafaute:

#28 nicole sa tribu et sa ménagerie

nicole sa tribu et sa ménagerie

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Posté 24 juin 2008 - 06:13

Nous sommes dans une période de changement où tout semble possible, veillons à rechercher aussi des solutions individuelles, veillons lorsque nous les aurons trouvées à ne pas nous en laisser déposséder au profit des plus gros.
L'arbre semble être à la base de ce changement. Les végétaux de tout poil aussi.

#29 Tis

Tis

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Posté 26 juin 2008 - 10:32

Si les sols forestiers sont devenus fragiles, c'est encore une fois à cause des monocultures. Dans les bois qui ont poussé avec des espèces variées il existe une multitude de plantes rampantes ou buissonnantes qui maintiennent les sols en place.

Le cheval présente l'énorme avantage de passer presque partout sans dégâts majeurs en permettant une sélection individuelle des arbres à couper.
Quand à la puissance des attelages, il suffit de mettre plusieurs chevaux pour pouvoir sortir n'importe quelle bille. Si je ne m'abuse, c'est ainsi que l'on a fait pendant des siècles et il n'y a pas si longtemps que les tracteurs sont arrivés en forêt, en particulier en montagne.

Et si l'on calcule réellement le prix de revient en comptant l'impact des voies d'accès et l'amortissement du matériel, je pense que le cheval est sûrement plus économique qu'un gros tracteur, un téléphérique ou un dirigeable (sans compter que les manoeuvres avec ce dernier ne doivent pas être évidentes pour ne pas abîmer les autres arbres ou blesser les ouvriers forestiers).

#30 FLOYD

FLOYD

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Posté 26 juin 2008 - 13:20

Afin de poursuivre ces échanges sylvicoles avec Tis, je continue de faire appel aux informations données par Jean-François C. l'agent patrimonial ONF de la forêt de Bercé en Sarthe.

Les sols forestiers ne sont pas "devenus fragiles", ils l'ont toujours été mais l'impact des charrois anciens étaient moindre dans la mesure où ils n'avaient lieu que dans les meilleures conditions météo.

Les futaies de chênes et hêtres multicentenaires de Bercé ne sont pas exactement des monocultures. Le sous bois comprend principalement des houx, des ronces, des fougères. Ces espèces sont indispensables pour la protection des jeunes pousses contre les dégats liés aux herbivores.

Sans conteste le cheval présente d'énormes avantages.
Les attelages de plusieurs chevaux demandent un savoir-faire devenu rare pour pouvoir sortir les plus grosses billes. Les billes de chênes les plus recherchées (merrain, tranchage) peuvent dépasser les 10 tonnes.

Pendant longtemps avant l'arrivée des tracteurs en forêt, une partie du travail de sciage et d'équarissage étaient réalisée sur place. Les pièces de bois étaient ensuite levées et transportées par des diables à deux roues.

Les calculs économiques en cours démontrent l'intérêt du cheval dans certaines conditions et laissent espérer une meilleure efficacité par tout temps pour les technologies type téléphérique ou dirigeable.

Il y aura de nouveaux savoir-faire à diffuser, mais le levage de gros objets en toute sécurité est une technique connue (hélitreuillage, transport de pylone edf…)

#31 Tis

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Posté 28 juin 2008 - 06:27

Les sols forestiers ne sont pas "devenus fragiles", ils l'ont toujours été mais l'impact des charrois anciens étaient moindre dans la mesure où ils n'avaient lieu que dans les meilleures conditions météo.


Je ne partage absolument pas ce point de vue et, quoi qu'en dise ton agent de l'ONF, les monocultures d'épicéa ou de douglas qui ont envahi le Massif Central, remplaçant des forêts variées ou des prairies naturelles, ont énormément modifié et fragilisé le sol. Au point que leur sous-bois est quasiment nu.

A l'inverse, je connais de multiples lieux boisés aux pentes très raides où même les orages les plus violents ne ravinent jamais le sol. Il s'agit de forêts aux espèces multiples en semis naturel dont les plantes compagnes sont denses et enchevêtrées (lierre, fougères, pervenches, etc.).

Un forestier avisé se rend vite compte qu'un engin enlisé n'est pas rentable et évite de le déplacer sur un sol détrempé. Si les charrois avaient moins d'impact autrefois c'est surtout parce qu'ils étaient beaucoup moins lourds.

Je ne pense pas que les chevaux puissent être utilisés dans tous les cas, mais pour certains travaux (petites parcelles, pentes, éclaircissage, coupe sélective, etc.) ils présentent une alternative intéressante sous utilisée actuellement.
Comme cela a déjà été évoqué dans le forum, la conduite des attelages est de nouveau enseignée dans plusieurs lieux de formation (voir ici)

Tu aurais une photo de ton diable à 2 roues ?

Modifié par Tis, 28 juin 2008 - 06:28 .


#32 FLOYD

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Posté 28 juin 2008 - 07:02

Voilà un lien pleinde photos qui devraient te plaire, Tis.
Au moment de chercher "diable" le mot trinqueballe m'est revenu en mémoire.
Un exemple anglais:
http://hippotese.fre...nk/trinkbal.htm

#33 Tis

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Posté 28 juin 2008 - 07:31

Superbes tes photos !

Un document de la FAO regroupe pas mal d'outils forestiers simples et pratiques avec des schémas. : http://www.fao.org/d...F/T0129F03.htm#

#34 FLOYD

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Posté 28 juin 2008 - 18:32

Ah que j'aimerais avoir fait ces photos! J'ai l'impression que nos voisins anglais ont bien de l'avance en matière culture patrimoniale…

On y voit des attelages à trois chevaux, tout de même.

Ah le rôle de la FAO, le meilleur et le … tiens à propos d'OGM;
http://www.sommetjoh.../frame-fao.html

en milieu de page, on lira que "Le Directeur Général exhorte les pays à réfléchir avant de rejeter l'aide alimentaire génétiquement modifiée" : Déclaration de M. Jacques Diouf au Sommet mondial sur le développement durable à Johannesburg sur l'aide alimentaire contenant des OGM (30 août 2002)

#35 Tis

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Posté 29 juin 2008 - 09:22

Comment penser que les sols ne sont pas fragilisés quand aujourd'hui encore on voit cela ?
 

 

1477626788.jpg

Ceci est une forêt.


Lorsque vous abattez et déracinez au bulldozer tous les arbres d'une forêt, pour l'administration française cela reste une forêt. Pour vous cela ressemble à un champ de bataille infâme, mais la loi continue de voir une forêt. Tout juste l'administration vous demandera-t-elle, dans les deux ans, de remplacer la défunte forêt par une plantation de résineux, comme cela s'est tellement vu dans le massif central et dans le Morvan...
Pendant des décennies, raser une forêt vous valait même des faveurs particulières : exonération d'impôts fonciers pendant trente ans, plants gratuits offerts par le gouvernement... Comme quoi, le délire productiviste n'aura pas touché que l'agriculture...
Les choses ont un peu changé dans la réglementation, mais les esprits n'évoluent pas aussi vite, des générations de forestiers ayant été formés aux vertus de la coupe rase.
Là où tout un chacun voit l'abominable saccage d'un paysage et d'un milieu naturel, certains professionnels continuent de considérer la coupe rase comme un mode normal de gestion d'une forêt. Puisque cela se fait ailleurs... Puisque la loi l'autorise...

En prenant un tout petit peu de recul, comment peut-on penser que détruire entièrement un milieu est une façon comme une autre de l'exploiter ? Appellerait-on « pêche » le fait de vider entièrement une mer, d'en retirer tous les poissons, avant de remettre de l'eau et des poissons d'élevage ?

Et si l'aspect de nos espaces boisés nous renvoyait finalement une image assez fidèle de l'intelligence à géométrie variable de notre société ? Les plantations de résineux témoigneraient de la violence contemporaine à la poursuite des bénéfices, de la course à la facilité au détriment du long terme. Les forêts jardinées, aux arbres d'âges et d'essences variées, honoreraient quant à elles la diversité, le foisonnement, la vitalité, l'alliance bien comprise entre les savoir-faire humains et les capacités régénératrices de la nature.

P.S. La photographie a été prise à Villapourçon, dans la Nièvre.

http://tcmada.zeblog...un-et-le-morvan



#36 FLOYD

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Posté 29 juin 2008 - 10:18

Un cliché bien désolant, j'en conviens. Le texte et le blog sont là pour dénoncer et mettre en avant les bonnes solutions, et c'est bien.

Si sur la forme ce militantisme est utile, sur le fond l'image manque d'informations sur le contexte. Difficile de prédire ce qui va être replanté, par qui, pourquoi, comment…

Trois types de gestionnaires, l'ONF pour les forêts domaniales, les collectivités locales, les privés. Je connais assez bien quelques responsables et quelques uns des techniciens forestiers de mon département. Je sais leur sensibilité à l'écologie forestière et les efforts développés pour faire évoluer et pour transmettre les nouvelles pratiques sylvicoles.

Il n'en reste pas moins que la forêt, hormis sa valeur patrimoniale, n'apporte pas un rendement économique et financier suffisant pour couvrir les coûts de gestion, d'exploitation voire de renouvellement.

La mécanisation et l'industrialisation sont des "fuites en avant" qui prouvent plus le désespoir des propriétaires que leur réussite capitaliste.

#37 chatelot16

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Posté 29 juin 2008 - 11:02

pour gerer la foret il faut voir a long terme : quand Louis14 commandait de planter des arbre il pensait que ses successeur serait la 200 ans apres pour en profiter

nos elu actuel ne sont jamais sur de se faire reelire 7 ans apres : ca a meme ete racourci a 5 ans ...

les proprietaire privé ne sont pas mieux placé , meme si moralement ils aimeraient penser a l'avenir , c'est la finance qui commande , si il faut massacrer pour payer les frais il n'ont pas le choix

il n'y a qu'un moyen de pousser les gens a une bonne gestion , c'est que l'etat qui doit commander taxe ce qui et mauvais et exonere ce qui est bon , et le fasse de facon logique et comprehensible ... il y a du travail ...

#38 Tis

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Posté 29 juin 2008 - 12:31

Apparemment la pression vient des négociants en bois qui achètent au prix fort, aux particuliers comme aux collectivités, une matière première de qualité. Mais le problème vient surtout des méthodes employées par les entreprises de bûcheronnage et du remplacement des feuillus par des résineux.
Le contexte morvandiau d'où provient cette photo :
 

 

L'histoire et la culture du Morvan sont intimement liées à sa forêt. Au début du XIXème siècle, elle couvre 30% du territoire ; il s'agit d'une hêtraie-chênaie, dans laquelle s'insèrent ci et là des bouleaux, des charmes et des châtaigniers.
L'enrésinement apparaît au milieu du XIXème siècle dans quelques forêts privées. Ces pratiques restent très marginales, au point que 135 ans plus tard, au milieu des années 70, les surfaces enrésinées ne représentent pas plus du quart des surfaces boisées.
Ensuite, cest l'emballement au point que le taux d'enrésinement dépasse 50% en 2003. Ce chiffre résume à lui seul la profonde mutation subie par la forêt morvandelle : enrésinement massif, généralisé, incontrôlé. Grâce à des subventions publiques et des allégements fiscaux, les plantations ont pris la place des forêts traditionnelles de feuillus, mais également dans une moindre part d'anciennes terres agricoles.
Si rien ne change, le feuillu du Morvan est bel et bien en voie d'extinction. De nombreux peuplements résineux arrivent à maturité ; l'association se bat pour leur exploitation selon des pratiques sylvicoles proches de la nature : arbres de tous âges, essences mélangées

http://www.autunmorv...ement-forestier


Modifié par Tis, 12 mai 2014 - 18:02 .


#39 FLOYD

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Posté 29 juin 2008 - 14:56

Oui Tis les négociants achètent au prix fort les bois de qualité, quand cette matière première devient rare. Les arbres les plus rares sont exploité à "culée noire" c'est à dire que l'arbre est arraché avec sa souche pour ne pas perdre quelques décimètres de bon bois.

Les méthodes employées par les entreprises de bûcheronnage, tu évoques la mécanisation je suppose, s'expliquent pas la rareté et le coût de la main d'œuvre qualifiée.

La culture des résineux fut lancé dès le XIX siècle (les Landes) pour tirer parti de terrains difficiles. La bonne venue du pin a fait école…
Après chacune des deux guerres mondiales la tentation de faire du bois rapidement a incité tous les décideurs au remplacement des feuillus par le douglas.

Coopératives forestières et centre de la propriété forestière privé (CRPF) ont répondu à la demande, demande d'autant plus forte que les aides et les déductions fiscales gérées par l'administration, tombaient à pic.

Les hommes et les techniques évoluent dans la bonne direction. Il reste à exploiter les plantations de résineux d'après guerre.
Je veux croire que la photo prise dans la Nièvre révèle précisement le résultat d'une coupe à blanc d'une parcelle de résineux… et qu'elle sera replantée avec toute la biodiversité possible.

C'est une supposition, un espoir, mais le blog hélas, ne donnait pas de précision sur l'avenir du site en question.

#40 Tis

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Posté 08 juillet 2008 - 17:49

Le remplacement des résineux pose tout de même un sacré problème dû aux modifications importantes de certains sols.
Je ne suis pas sûre qu'il sera facile de réintroduire après eux toutes les plantes qui les ont précédés.


1451211507.jpg    1477626906.gif

Le site de l'IFN d'où proviennent ces 2 cartes propose un article consacré aux relevés effectués grâce aux plantes bioindicatrices forestières: http://www.ifn.fr/sp...?id_article=552
Voir aussi : http://www.ifn.fr/sp...ication_RA1.pdf