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le jardin de mes vaches


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98 réponses à ce sujet

#81 FP44

FP44
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Posté 06 novembre 2011 - 12:40

salut sa y est les vache sont rentré les génisse son encore dehors et vont finir de manger les reste d'herbe qui reste


l'année a été dure, on a ensiler une parti de nos mélange de céréale,et on y a semer du moha sur une parti et du sorgho sur une autre;


le sur semis on en a déjà fait il y a 2 ans mais les résultat on pas été concluant mais on songe a en refaire de manière différent mais on pense plutôt le faire avec de la luzerne.

mais a voir si on trouve du lotier en bio

#82 Tis

Tis

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Posté 06 novembre 2011 - 17:08

Sûr que cette année a été particulièrement perturbée au niveau climatique avec une quasi inversion des saisons entre le printemps et l'été.
En fonction des microclimats locaux les paysans de ma région n'ont pas du tout les mêmes résultats en fourrage comme en céréales. Certains s'en tirent mieux que d'autres et ont pratiquement compensé avec le regain le déficit de foin de printemps.

Peux-tu nous en dire plus sur ce qu'on donné tes moha et sorgho ?

Pour le sursemis, c'est sûr que cela ne fonctionne pas à tous les coups mais il me semble que c'est tout de même une technique intéressante. Le vôtre vous l'aviez fait à quelle saison ? Et savez-vous pourquoi il n'a pas réussi ?

#83 FP44

FP44
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Posté 06 novembre 2011 - 17:29

moha rendement correcte mais une lever tardive car trop d'eau on a pas rattraper le retard mais pas trop mal quand même c'était pour nous une première

le shorgo médiocre il a eu de l'eau quand il avais besoin de soleil et du soleil quand il avais besoin d'eau

le sur semis a eu lieu a l'automne en octobre , et il a pas marcher car on a pas du le faire pâturer assez souvent et suffisamment raz pour lui donner de la lumière et en plus l'hiver qui a suivis la terre a été blanche de neige durent 2 mois

pour les céréale correcte en grain mais médiocre en paille

et le regain n'a pas suffie a compenser les perte du printemps. il nous a juste permis de ne pas affourager les annimaux cette été

#84 Tis

Tis

    Curieuse palmée

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Posté 17 novembre 2011 - 11:46

Le CDA des Vosges a consacré une fiche au sursemis (de fin d'été) où l'on trouve ce résumé qui me semble intéressant pour le réussir :

Les 5 points clefs à respecter

Le sursemis est une technique délicate. Il convient de respecter quelques règles :

1. Intervenir sur une végétation rase : un pâturage à 3-4 cm est recommandé voire même une fauche des refus.
2. Intervenir sur un sol ouvert : l’utilisation de herses permet d’ouvrir le sol. Comme ce hersage déterminera aussi la profondeur du semis, il est donc important de bien en régler l’agressivité.
3. Semer dans des conditions optimum de germination : la température n’est pas le facteur limitant mais plutôt les conditions hydriques. Toutefois, si le froid arrive précocement, les plantules ne résisteront pas. Le semis se réalise donc précocement après une période de pluie.
4. Semer le plus en surface et recouvrir les semences de terre fine : en relevant les socs du semoir à céréales, le semis s’effectuera à moins de 1 cm de profondeur. Le hersage réalisé derrière le semoir, moins agressif que le premier passage, permettra de recouvrir les semences,
5. Bien rappuyer le sol après le semis : soit en mettant les animaux dans la parcelle soit en passant le rouleau.

http://www.cda-vosge...clesursemis.pdf

#85 FP44

FP44
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Posté 17 novembre 2011 - 12:18

tien c'est marrent sa rejoint exactement ce que l'on penssais fair

sur une rase, un coup de herse étrille bien agressif, semi légé et a nouveau herse étrille mais légé. et puis rouleau ou paturage

#86 Tis

Tis

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Posté 12 dcembre 2011 - 09:09

Oui c'est ce que faisait mon mari.

Ce qui me semble intéressant dans la méthode ontarienne c'est qu'elle est beaucoup plus économique puisqu'elle ne nécessite pratiquement pas de travail du sol si le troupeau pâture bien avant et après le semis. C'est le gel qui fait le reste du travail.
Mais il faut être dans une région suffisamment froide et neigeuse pour que les semences ne puissent pas germer à l'occasion d'un redoux au milieu de l'hiver.

#87 Tis

Tis

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Posté 01 juillet 2014 - 15:32

Certains éleveurs commencent à s'intéresser aux plantes sauvages habituellement présentes dans les prairies naturelles et trop souvent considérées comme des indésirables alors qu'elles ont de multiples propriétés intéressantes pour améliorer la santé des troupeaux.

Il est d'ailleurs amusant de voir que certaines des semences proviennent des antipodes alors qu'il y en a partout chez nous et qu'il suffit de se pencher pour en récolter gratuitement. Voir même d'arrêter de mettre des désherbants sélectifs pour que les graines présentes dans le sol se remettent à germer :
 

Essai de prairie d'une grande diversité dans le Finistère
Erwann Leroux implante ses nouvelles prairies avec des mélanges mutli-espèces.
Son choix dans les sols lourds :
25 kg de graminées : RGA diploïde de précocité intermédiaire et peu remontant, fétuque élevée, ray-grass hybride (pour assurer une productivité pendant les deux premières année), pâturin des prés, fétuque rouge, fléole
9 kg de légumineuses : trèfle blanc, trèfle hybride, trèfle violet, trèfle de Perse
Des dicotylédones : chicorée (choice et chico, deux variétés néo-zélandaises) à 1,5 kg/ha, plantain lancéolé (Boston) à 1,5 kg/ha, cumin, persil sauvage, pimprenelle, panais, achillée millefeuille, toutes ces plantes pour leur effet médicinal....

http://www.cedapa.co...-et-espèces.pdf

 

La "grande" diversité ci-dessus évoquée est à comparer avec celle d'une prairie naturelle qui peut contenir 89 d'espèces différentes au m²... voir même une centaine dans les prairies des Csango en Roumanie qui sont étudiées par de nombreux naturalistes. (L'écologiste n°40).



#88 FLOYD

FLOYD

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Posté 01 juillet 2014 - 20:48

Je suis toujours heureux de voir se diffuser les techniques qui furent initiées dans les années 1970, notamment dans un lycée agricole bas-normand.

Espèces, variétés, hybrides, doses de semis, conduites, sont aujourd'hui assez au point.

 

Mais le document pdf, montre assez qu'il faut à l'éleveur cultivateur d'herbes, du savoir et du savoir-faire.

Un goût pour l'expérimentation aussi car pas de recettes toutes faites pour toutes les situations.

 

L'ajout de dicotylédones à senteurs peut déjà améliorer l'appétence. Un effet médicinal? c'est supposer la bête potentiellement malade… drôle d'idée.  ;)

 

As-tu vu comme moi, Tis,  une petite critique discrète du système Pochon?…



#89 Tis

Tis

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Posté 04 juillet 2014 - 21:18

Penser que chaque membre d'un troupeau ne soit pas forcément au mieux de sa forme 365 jours par an ne me semble pas si bête. 

 

Les herbivores comme les autres animaux ont quelques millions d'années d'expérimentations d'automédication derrière eux et choisissent ce qu'ils mangent quand on leur en laisse la possibilité.



#90 FLOYD

FLOYD

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Posté 04 juillet 2014 - 22:30

… choisissent ce qu'ils mangent quand on leur en laisse la possibilité.

Justement, personne ne vient faire son menu dans une pharmacie. ;)

 

La diversité florale imposée, est un moyen de lutte contre les espèces indésirables, dont certaines sont véritablement néfastes, comme le bouton d'or, le chardon…

Mais cette palette réduite ne garantit pas non plus que en quantité comme en qualité, et à l'année ronde, chaque bovin ait ce qui lui convient à chaque instant.

C'est là que recommence la difficulté d'un pari audacieux.

 

Plus globalement, on comprend que éleveurs, zootechniciens, vétérinaires, botanistes, semenciers ont une partie complexe à jouer ensemble.



#91 Tis

Tis

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Posté 07 juillet 2014 - 09:44

Floyd, le problème avec ces techniciens c'est qu'ils empêchent trop souvent les paysans de développer leurs propres savoirs. Et si certaines espèces deviennent indésirables c'est justement à cause du manque de diversité de la plupart des prairies et de quelques erreurs facilement évitables. 

 

Les boutons d'or (renoncules) prolifèrent en général après un surpâturage ou un apport de purin ou de fumier trop frais. On peut corriger ce problème en broyant les refus (de préférence au printemps) et en alternant, si possible, pâture et fauche.

 

Pour les chardons, la parade est un sursemis contenant de la luzerne (voir ici).

 

 

Quand aux 1500 plantes médicinales dans notre pays, il est facile de voir que ce sont les pharmaciens qui profitent des prés, des champs et des bois. Ils en savent d'ailleurs infiniment moins sur les plantes que les herboristes qu'ils ont évincés par une loi inique en 1941 et qui tenaient une bonne part de leur savoir de l'observation multiséculaire des animaux sauvages et domestiques.

 

 

 



#92 FLOYD

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Posté 07 juillet 2014 - 11:25

Les moyens et le temps de la pédagogie manquent clairement aux techniciens, chargés la plupart du temps de délivrer une solution après un constat rapidement posé.

Inversement, le paysan, s'il n'a pas eu le temps d'une formation assez large aux questions de l'agronomie et de la zootechnie, en un mot s'il a appris beaucoup de ce qu'il sait (ou croit savoir) sur le tas, alors lui aussi n'aura ni le temps ni les moyens pour converser avec le technicien.

J'entends "technicien"  dans le sens large, les zootechniciens, vétérinaires, botanistes, agronomes, semenciers, fournisseurs d'intrants…

 

Les réponses techniques que tu évoques avec justesse, Tis, sont clairement inscrites dans les ouvrages de D. Soltner depuis les années 70 comme déjà souligné.

Pourtant, ne sont pas rares les paysans qui semblent ignorer encore et toujours ces notions bien utiles.

 

Quant à l'herboristerie et la loi promulguée sous Pétain…



#93 Tis

Tis

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Posté 24 fvrier 2018 - 10:19

FP44, ces quelques infos suisses t'intéresseront peut-être:
 

Recycler les vaches à problèmes en vaches allaitantes

Chaque éleveur a eu à faire à une vache qu’il aimerait absolument garder mais qui crée l’un ou l’autre problème au niveau de la traite. Que faire?

(16.02.2018) Cela peut être :

  • une vache âgée qui se déplace lentement et difficilement jusqu’à la salle de traite
  • la vache dont le lait a trop de cellules, et qui ne peut donc pas être livré
  • la vache qui aime rester couchée et qu’il faut encore tout à la fin péniblement pousser en direction de la salle de traite
  • la vache qui bouse toujours dans la salle de traite.
Il y a des raisons à ces comportements et problèmes, mais on ne les trouve pas toujours, ou on n’arrive pas toujours à éliminer ces problèmes.

Il existe une alternative, qui consiste à recycler ces vaches en vaches allaitantes et donc à laisser les veaux les « traire ». Dès lors, deux systèmes de garde sont possibles :
  • les vaches allaitantes et les veaux sont ensemble dans une partie séparée de la stabulation
  • les veaux ne sont avec les vaches que le matin et le soir pour la tétée. Pour cela également, il faut disposer d’un espace à part dans la stabulation, qui ne se trouve pas sur le passage des vaches laitières qui vont et viennent vers la salle de traite. Ainsi, les deux types de vaches sont « traites » en même temps.
De cette manière, il est possible de mettre en route l’engraissement de veaux sur la ferme. Ces veaux peuvent atteindre un accroissement journalier de 1350 grammes.

Pour en savoir davantage
Traire les vaches tout en les laissant têter : ça marche ?

Une fiche technique récente explique aussi les diverses méthodes utilisées dans 7 fermes bios pour l' engraissement des veaux sans antibiotiques



#94 Tis

Tis

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Posté 17 aot 2018 - 07:54

Une autre bonne idée :
 

D’ici 2020, le projet de lait 'écophile' devrait permettre d’économiser près de 50 grammes d’équivalent CO2 par kilo de lait, soit une réduction de 10%. Un tel résultat est rendu possible en combinant plusieurs mesures, entre autres en laissant vivre les vaches plus longtemps.
Actuellement, une vache laitière vit en moyenne cinq ans et produit du lait pendant trois ans environ. En la laissant vivre deux ans de plus, les gaz à effet de serre émis pendant la croissance de la génisse, durant laquelle elle produit du méthane mais pas de lait, sont répartis sur une plus longue période et une plus grande quantité de lait.
Cette simple mesure permet d'économiser 5% d'émissions de méthane par kilo de lait.

https://www.rfj.ch/r...les-vaches.html



#95 _Bill Imbi_

_Bill Imbi_

Posté 17 aot 2018 - 08:52

C'est effectivement un progrès, mais qui en dit long sur la dérive qui nous a foutu dans notre merdier.

Aujourd’hui on considère comme progrès le simple fait de revenir au bon sens de nos anciens.

Évidemment la dérive est liée au rendement qui doit toujours aller croissant.

Là on accepte de baisser le rendement, mais pas pour les beaux yeux de la planète :

 

 

Depuis que l'on sait que les flatulences des vaches produisent du méthane néfaste au climat, l'image du lait suisse en a pris un coup. Un projet lancé dans le canton de Berne entend réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre par kilo de lait d'ici 2030.

Ce partenariat public-privé regroupe l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG), Nestlé Suisse et aaremilch AG, ont indiqué ses responsables jeudi devant la presse à Konolfingen (BE) en présentant les premiers résultats.

 

On ne serait pas sur un genre de green washing du lait suisse ? Avec l'aide du public, donc des impôts suisse ?

 

Je trouve vraiment malsain de baisser les prix d’achat aux producteurs, en l'obligeant ainsi à "essorer" ses vaches et les abattre dès la plus petite baisse de rendement, puis de demander au contribuable de subventionner une pratique dont les responsables sont les industriels, et en plus par la même occasion faire de la pub à ses mêmes industriels (Nestlé Suisse pas exemple) !



#96 Tis

Tis

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Posté 30 dcembre 2018 - 13:28

Bill, c'est bien parce que je ne supporte pas non plus le comportement des institutions et multinationales qui font du greenwashing que je n'ai cité que le passage qui concerne tous les élevages de la planète, petits ou grands et subventionnés ou non.
 
Cette pratique aussi peut intéresser tout le monde :
 



Dans cette vidéo, Philipp Wenz montre comment la méthode "Low Stress Stockmanship" permet de manipuler le bétail sans stress. La méthode utilise la réaction subtile du bétail au mouvement. Les chiens de berger y recourent aussi instinctivement lorsqu’ils conduisent des animaux de troupeau. La méthode renonce complètement à appâter, tirer, frapper et appeler les animaux. Au lieu de cela, le bétail est entraîné, guidé et arrêté par l'accroissement et l'assouplissement de la pression. Les humains s'approchent de l'animal dans un certain angle et le dirigent dans la direction désirée par des mouvements spécifiques vers l'avant et vers l'arrière. On ne touche pas les animaux.
 
Pour en savoir plus
https://bioviehtag.org
https://stockmanship.de
Brochure FiBL: Bien réussir la manipulation des bovins



#97 Tis

Tis

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Posté 24 juin 2021 - 15:10

Nos vaches ont des noms
Publié le mars 2, 2020

Elles ont toutes des prénoms ? Mais vous les reconnaissez comment ?

Au début on les reconnaissait à la mamelle, de la fosse c’est ça qu’on voit le mieux. Mais à force de marcher plié en deux dans l’étable pour voir dessous on finit par simplement les reconnaître comme on reconnaît les gens qu’on connaît. Une robe, une gestuelle, une odeur, un comportement…
 
Celle qui me suit partout dans l’étable c’est Mimosa. Parfois elle veut des caresses parfois pas. Avec sa grosse mamelle et sa robe toute noire c’est Giroflée. La noire là bas c’est Icône. Même de loin je la reconnais elle a un port de tête de reine, on ne peut pas confondre, c’est une vache classe. La petite là c’est Madeleine. Elle a le poil tout doux. Avant elle levait pas la queue pour … enfin vous voyez… mais depuis son deuxième veau c’est tout bon.
 
La grise là c’est Hirondelle, et celle-ci c’est sa fille Luciole. Parfois je les mélange un peu mais j’ai plus de contacts avec Luciole. C’est une vache très empathique, têtue aussi, mais empathique. Je peux toujours compter sur elle pour un câlin. Ssi j’ai le moral en berne c’est même elle qui vient. Mais j’essaye de ne pas trop aller à l’étable dans ces cas là. Elle n’a pas à prendre mes mal-êtres. Parfois elle réclame aussi. Elle est capable de rester plantée sans bouger au milieu du chemin jusqu’à ce qu’elle ait reçu toute l’attention qu’elle souhaitait.
 
La petite noire avec les petites taches c’est Loreleï. Depuis 2-3 semaines elle est devenue très ch…. Enfin… facétieuse. Elle revient dans la salle de traite à l’envers, elle embête les autres, ne veut pas se pousser du milieu, rechigne à se mettre au cornadis… C’est nouveau, avant c’était une vache sans histoire. Samedi matin elle était plantée à la sortie du couloir de la salle de traite et elle essayait de convaincre Nikkita de remonter le couloir à l’envers.
– « Allez vas-y ! »
– «  Mais je me suis déjà faite grondée tout à l’heure ! »
– « Allez ! Mais c’est rigolo, t’es une nouvelle en plus ils diront rien, vas-y ! » C’est tout juste si elle la poussait pas du museau. Nikki a résisté, mais pas Nivea…
 
Celle-ci c’est Jenny, une de mes préférées. Un peu les mêmes taches que Loreleï mais plus grande, plus vieille aussi et l’hiver on la trouve invariablement au fond de l’étable à côté du volet. C’est son coin. Tous les jours en fin d’après midi elle est là.
 
Couchée là, c’est Esmeralda. J’ai commencé à la reconnaître parce qu’elle donne beaucoup de lait. Mais il n’y a pas que la mamelle. C’est une croisée, elle est noire et elle a une petite tête. Souvent, pas loin, il y a Inès, surtout en salle de traite. Assez transparente à l’étable Inès mais longue à traire. Il y a juste eu quelques semaines où elles ne venaient plus ensemble, peut-être qu’elles s’étaient disputées… Ça arrive parfois.
 
Cet été Irma m’a fait la tête pendant 3-4 jours parce qu’un soir où j’étais à la bourre, j’ai osé la pousser alors que d’habitude elle me faisait rire avec sa manie de faire 3 pas et de s’arrêter. Elle venait toujours me voir quand je passais dans le troupeau, et quand je leur faisais traverser la route elle s’écartait du groupe pour venir me renifler et mendier une caresse. Mais pendant quelques jours, elle m’a boycottée royalement. Elle passait devant moi la tête haute, sans un regard et avec un écart si j’essayais de m’approcher. J’ai dû m’excuser platement et j’ai réussi à rétablir nos relations en lui offrant un morceau de la pomme qui me servait de goûter.
C’est une vache qui avait de l’humour. Les woofers ne pouvaient pas la faire rentrer en salle de traite, elle faisait exprès de ne pas avancer. Il suffisait qu’on sorte la tête pour qu’elle y aille, au désespoir du woofer. Ça la faisait marrer, et moi aussi en fait. Aujourd’hui on ne l’a plus, il a fallu la vendre. Avec Happy elles sont montées toutes seules dans le camion. Je leur avais expliqué où elles allaient.
Je n’aime pas les voir partir.
 
La petite rousse c’est Muse, l’autre avec la choucroute sur la tête c’est Malice. Ce sont des Simmentales, comme Caramel, Melba, Larissa et 3700. La grosse patate là, c’est Idéale et celle avec le gros derrière c’est Hermine. Dans les grosses vosgiennes comme ça il y a aussi Edelweiss mais plus blanche et Groseille avec ses petites taches. Elles sont toutes allées au concours de la vosgienne, avec Mimosa et Moutarde.
 
Ça c’est Étincelle, son nom lui va bien, elle a les taches un peu feu. C’est une bonne vache. Elle a 11 ans, elle fait partie des plus veilles. Elle donne de jolis veaux, elle est facile à traire, gentille, elle ne fait jamais d’histoire et elle est belle non ? Celle là aussi je la trouve belle, Hopla, avec sa tête toute large. Normalement des vaches ça se regarde de derrière mais bon…
 
Elle c’est Liberté. Le matin on fait un concours à la moins réveillée de nous deux. Souvent elle gagne mais pas toujours. Elle rechigne toujours un peu à se lever et à passer de l’autre côté pour la traite.
 
Heidi je la reconnais que d’en dessous, et Lila aussi il faut que je regarde la mamelle. Heidi a les trayons noirs et une excroissance au niveau du trayon arrière droit. Lila a le trayon arrière droit un peu tordu depuis qu’elle s’est faite piquée par une abeille.
 
La grosse, c’est Louloute. Elle est belle aussi. C’est une vache que le genre humain indiffère totalement. Elle nous tolère mais elle va jamais venir dire bonjour ou chercher le contact. Elle vient à la traite, elle donne son lait, nous regarde un peu de haut l’air de dire vous voyez je sais ce que j’ai à faire, vous me donnez à manger, on est quitte. Pas besoin de faire toute une histoire.
 
Et voici Fadette, la vache à deux de tension. Jasmina aussi est un peu comme ça. J’ai mis du temps à les reconnaître. Je sais juste qu’elle est toujours à la traîne, elle rentre en dernier à la traite et bien souvent il faut aller la chercher. Pourtant Fadette est la préférée de beaucoup de monde, surtout des enfants. Il paraît qu’elle fait de super câlins. Je préfère Luciole.
 
Enfin voila… ce sont nos vaches, toutes différentes les unes des autres alors pourquoi on ne les reconnaitrait pas ?


L'article original avec plein de photos commentées : https://dufondduchau...s-ont-des-noms/


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#98 Tis

Tis

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Posté 10 aot 2021 - 11:29

Éleveurs de vaches sur une île, ils vivent à contre-courant
Adeline PIRON. Publié le 27/06/2021
 
Les îles de la façade atlantique connaissent bien la crise agricole. Il y a un siècle encore, les petites fermes faisaient partie du paysage. Elles ont aujourd’hui quasiment toutes disparu. Mais à Ouessant (Finistère), un couple d’agriculteurs a posé il y a quelques mois valises et troupeau.

Il est un peu plus de 7 h et Thomas Richaud démarre sa traite sous le soleil d’Ouessant (Finistère). "Ici, c’est la salle de traite qui vient aux vaches »,"​lance le nouvel îlien. La mer à perte de vue. En face, le Canada. Une étable à ciel ouvert.

Le paysan de 41 ans sait que ses bêtes sont chanceuses de paître sur l’île du bout du monde. Sa salle de traite mobile a elle aussi vue sur mer et si le chant des oiseaux ne parvient pas à couvrir le ronronnement de la trayeuse, l’encore doux soleil du mois de juin offre un paysage aux couleurs incroyables. Du bleu et du vert bien sûr, mais aussi du violet, du rouge, du rose, du jaune, du orange… Un régal pour les yeux et trop peu de mots pour qualifier toutes ces nuances. 

90 % de la nourriture importée

Cette scène à Ouessant, banale au siècle dernier, avait disparu depuis les années 1980. Comme les autres îles françaises de la côte atlantique, cette terre insulaire fait face depuis de nombreuses années à une baisse du nombre de ses habitants permanents et à une pénurie d’agriculteurs. L’île du Ponant comptait jusqu’à 3 000 habitants au début des années 1900. Ils sont désormais près de 850. Il y a 100 ans, les îles de la façade atlantique étaient autonomes et produisaient 90 % des besoins alimentaires des îliens. Aujourd’hui, pour bien manger, il faut importer 90 % de la nourriture.

Alors sur l’île finistérienne, le maire a pris les devants. Il a lancé un appel à candidatures. Résultat : un maraîcher s’est installé en 2019 et l’an dernier, une bergère et ce couple d’agriculteurs ont posé valises et troupeaux. "Il y a deux ans, avec ma femme, on envoyait notre candidature sans trop y croire. Le maire cherchait un éleveur laitier pour à la fois entretenir l’espace, mais aussi amener des produits laitiers sur l’île"​, se souvient Thomas. La candidature des Drômois est finalement retenue. L’aventure commence. 

Changement de vie radical

En novembre 2020, leurs douze vaches jersiaises laitières et leurs cinq génisses quittent le continent. "Les trois heures de traversée sont longues, elles étaient impatientes de retrouver la terre ferme." ​Si la race est originaire de l’île de Jersey, les vaches n’ont pas vraiment le pied marin. Depuis, les bêtes ont profité du grand air ouessantais et la bien nommée ferme bio de Thomas et de Marie, Les vaches aux 4 vents , s’est agrandie. Elle compte dorénavant douze vaches laitières, cinq génisses, quatorze veaux, un taureau, deux cochons, deux chevaux, un chien, trois poules et une brebis. Un chat devrait bientôt compléter ce sympathique petit troupeau. Un changement radical.

"Dans la Drôme, on s’occupait de 200 vaches en agriculture biologique." "J’apprécie le retour à un cheptel à taille humaine. Je connais bien mes vaches, ce ne sont pas des numéros" , explique Thomas, tout en s’occupant de la traite. Ses vaches semblent plutôt sereines, s’approchant parfois même pour demander un câlin à l’agriculteur. Le grand air ouessantais serait-il apaisant ? "C’est vrai que les vaches sont très paisibles ici. Elles produisent aussi plus de lait que ce qui était prévu. Avec ma femme on avait rédigé notre prévisionnel avec un objectif de 15 litres par vache, on est à 20 litres donc c’est une bonne nouvelle."​ Le paysan reprend un peu de foin pour nettoyer les pis de Patagonie, une de ses vaches. "C’est écologique et pratique. On n’a rien à importer, c’est une ressource de l’île."

Le retour des vaches à Ouessant, une attraction

Selon Marie et Thomas, les Ouessantins leur ont fait bon accueil. "Le soir, en fin de traite, ils viennent nous voir. Ils peuvent acheter nos produits laitiers comme des yaourts ou du lait et en profitent pour boire un verre de lait." "C’est presque boire le lait au pis de la vache. J’ai vu dans les yeux de certains îliens de l’émotion. Les souvenirs d’enfance qui remontent. Les anciens se rappellent avec nostalgie le verre de lait tout chaud tendu par leur grand-mère."

Thomas raconte ces bribes de nouvelle vie avec le sourire et l’accent chantant du sud qu’il n’a pas tout à fait perdu, même si à Ouessant, la langue régionale n’est jamais bien loin. Parlez-vous breton ? "Oh non, j’en suis très loin, d’ailleurs les Ouessantins ont baptisé les veaux, nés cette année sur l’île. Des noms bretons. Ce n’est pas facile à retenir, c’est à ma femme qu’il faut demander !"

« On n’a pas le choix, il faut être capable de tout transformer tout seul. »

Sa femme justement, nous la retrouvons dans son camion fromagerie. "Après la traite, mon mari apporte le lait qu’il faut transformer directement sur l’île. Ce sont plus de 1 000 litres par semaine. Sur une île, on n’a pas le choix, il faut être capable de tout transformer tout seul. Pour nous, c’est un plaisir."

S’installer sur une île, élever des vaches, tout transformer soi-même. Déménager avec ses trois enfants. Un pari fou ? "On est heureux d’avoir changé de vie. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méthode. Il faut croire en ses projets. On nous a pris pour des fous quand on a annoncé partir avec seulement douze vaches laitières et construire une ferme sans être propriétaires des terres. Mais, au final, ça fonctionne bien."

​Le beurre, les yaourts et autres fromages que vendent Marie et Thomas le samedi sur le marché partent d’ailleurs comme des petits pains. Dans quelques mois, la paysanne troquera ses 8 m2 de camion fromagerie pour une autre, plus grande, qu’elle partagera avec Charlène, la bergère.

Marie et Thomas l’assurent, ils ne sont pas près de quitter l’île : "Quand on voit les gens prendre le bateau pour rejoindre le continent, on est content de ne pas être dedans."

L'article complet, avec photos et vidéo : https://www.ouest-fr...b2-3f4c42ad658c


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#99 Panthera Pardhus

Panthera Pardhus
  • Genre: Femme
  • Localisation:entre un jardin et une rivière
  • Intérêts:manger des graines,faire tourner la roue de ma cage

Posté 16 aot 2021 - 16:40

Reportage vu il y a peu sur la 3, très intéressant :)