Témoignage de Raphaël

La situation initiale

Il y a une trentaine d'année, après la mort de sa mère qui a été le premier déclic, Raphaël décide de parcourir le monde.
Refusant la médecine moderne, qui n'avait su sauver sa mère, et rompant avec sa vie d’avant, Raphaël va engranger les expériences et les savoirs.
Pendant 12 ans, il vit au Japon, où il apprend l’alimentation macrobiotique, le zen, les arts martiaux et la médecine chinoise.
Puis il part vivre 6 ans en Inde où il suit l’enseignement spirituel d’Osho Rajneesh puis finalement celui de Ramana Maharishi, par l'intermédiaire d'un disciple.
Il y a 7 ans, il vient s’installer dans les Pyrénées. Cela faisait déjà quelques temps qu’il était attiré par ces montagnes. Il voulait y vivre.
Son intention première était d’acheter un gîte à proximité de St Girons, mais cela n'a pas pu se faire. Néanmoins, il est tombé amoureux du coin et a finalement acheté un terrain de 6 hectares juste à côté de ce gîte.
Cette acquisition fut financée par un héritage.
Raphaël nous semble depuis longtemps déjà sur son chemin intime et personnel. Plutôt que de nous expliquer ce moment de rupture entre sa vie d’avant et cette vie qu’il a choisit, il décide d'approfondir l’étendue de ses choix de vie quotidiens. Comme il le dit lui même, Raphaël vit l’instant présent. Il suit au jour le jour cette philosophie taoïste du « non faire », ce n’est pas lui qui décide mais c’est la vie qui lui vient ainsi... il l’accepte comme telle.


L'idée originale

Son objectif premier était de construire un écovillage : il y a travaillé avec quelques amis. Cependant ils n’ont pas été pas assez nombreux pour démarrer un tel projet. Ils avaient pourtant remis en état une vieille grange et construit un chalet. Mais malgré cela, le projet fût abandonné et l’écovillage ne vit jamais le jour. Ce concours de circonstances signifiait pour lui que ce n’était pas ce qu’il devait faire, qu'un autre objectif l’attendait.
Un second déclic, la réalisation du soi (samadhi), l’incite finalement à s’installer seul dans une habitation simple. Ce lieu de vie personnel a coïncidé avec la fin de sa quête spirituelle en 1998. Depuis, toute ambition l’ayant quitté, il vit le plus simplement possible et profite pleinement de l’instant présent. Il a donc vendu la majeure partie de son terrain et s’est réservé 3000 m² où il vit encore aujourd’hui.


La vie au quotidien

Aujourd'hui Raphaël a 61 ans.
Sur son terrain, il a construit une hutte : les murs sont élaborés par l’assemblage de bottes de paille recouverts de chaux. Le toit est constitué de brandes, un assemblage de brindilles destiné habituellement à l’édification de clôtures. Le sol est également fait à base de chaux, car le béton coupe la connexion avec les énergies de la terre.
Il lui aura fallut 3 mois pour cette construction.
A deux pas de la hutte, Raphaël a monté une yourte, telle que l’on peut en trouver en Mongolie. Avec un ami il lui a fallu 3 jours pour l’installer car l’un et l’autre n’y connaissaient rien. Cependant, Raphaël affirme qu’une seule journée est nécessaire pour ceux qui savent s’y prendre. La sienne a coûté 3800 euros. Cependant, il nous a avoué que l’on pouvait trouver une yourte pour beaucoup moins cher. Par exemple en passant par l’ambassade de Mongolie, ou par internet, on pouvait s’en procurer une pour 2300 euros.
A l’époque, la yourte était le seul habitat qui convenait à son budget. Il a découvert ce type d’habitation en lisant un article de journal, il a trouvé le principe très intéressant. Il était également intéressé par la forme circulaire qu’il trouve plus harmonieuse. Sous la yourte est disposé un plancher qui comporte plusieurs avantages : il évite la remonté d’humidité de la terre, présente une certaine souplesse.
Il utilise la hutte comme habitation et la yourte comme dojo et salle de méditation.

Pour la plupart des matériaux, il n’a pratiquement rien payé : ce sont les amis, voisins et autres qui lui ont amenés ou indiqués les matériaux dont il avait besoin, qui provenaient d’un peu partout. Pour lui, "lorsque l’on accomplit ce qui doit être, tout vient à nous, cela se fait tout seul."
Il y a deux ans, il a subit un procès pour coupe de pins non-autorisée et construction illégale. On lui a demandé de payer une amende de 1200 euros. Il échappa à son paiement grâce à l’amnistie présidentielle. Une aide précieuse lui a été apporté dans la constitution de son dossier de défense, qui fut monté avec la collaboration de l’association « Vivre en montagne » (Brigitte Hart à Biert, 09).

Pour choisir l’emplacement, les dimensions des deux constructions ainsi que diverses autres choses, il utilise un pendule. Souvent ce qu’indique cet instrument ne correspond pas exactement à ce qu’il souhaiterait, mais avec le recul il réalise que ce fut toujours le meilleur choix.
Il a aussi cherché à savoir s’il y avait de l’eau sous le sol de sa propriété. Pour ce faire, il a déplacé le pendule au-dessus de la carte du terrain en posant la question. L’instrument a indiqué un endroit précis, qui fut ensuite confirmé par un radiesthésiste et un sourcier. Il a donc creusé et il a trouvé la source. Il utilise cette eau pour boire.
Il a élaboré un autre système pour collecter l’eau de pluie. Un bassin a été aménagé sous la yourte pour collecter l’eau argileuse qui ruisselle naturellement car il habite à flanc de montagne. Étrangement, même en août 2003, durant la forte canicule, le bassin fut toujours remplit de manière suffisante. Celui-ci n’est fait que de manière naturelle, sans plastique ni béton, simplement à base d’argile, de sable de briques pilée et de chaux.
Il utilise cette eau principalement pour sa douche solaire. Cette dernière est formée d’un tube noir contenant l’eau qui est chauffé par les rayons du soleil. L’inconvénient est l'épuisement trop rapide de l’eau chaude ; de plus en hiver le système ne fonctionne pas, le soleil n’étant pas assez présent.
Au départ, il avait utilisé des panneaux solaires pour sa consommation électrique, mais le résultat fut insuffisant. Selon lui, il n’avait pas assez de panneaux pour assurer toutes ses dépenses énergétiques. Il a donc abandonné ce système. Pour information, il en coûte 900 euros pour se raccorder à EDF, ce qui est trop cher pour lui.
Sinon il se chauffe au feu de bois aussi bien dans la hutte que dans la yourte.
Raphaël a aussi mis en place des toilettes sèches avec de la sciure. Tous les 6 mois, il les vide en s’en servant comme compost.
Ce compost est recyclé dans son potager, qu’il ne cultive pas tous les ans. Raphaël n’a pas vraiment de règles ni d‘obligations.
Pour la disposition de tous les éléments : terrasse, mobilier, plantes… Raphaël se sert de ses connaissances en Feng Shui.
Pour s’approvisionner, il va faire ses courses à St Giron à ½ heure en voiture. De même pour la lessive, il se rend dans une laverie.
Il n’utilise pas de produits chimiques pour la vaisselle, etc… sauf à de rares occasions.

Ses sources de revenus sont principalement le RMI, ainsi que des séances telles que du shiatsu données ici et là.
Le projet qu’il est en train de mettre en place, et qui lui donne droit au RMI, est la création d’une association qui se nomme «Bouddha Nature» qui aura pour objectif de proposer divers services : Shiatsu, Feng Shui, méditation Zen, alimentation macrobiotique… Il veut développer un site Internet où sera présenté ce qu’il offre avec les tarifs et tous les détails.
Avec ses voisins, Raphaël a de bonnes relations. Il échange des services (des séances de Shiatsu) contre d’autres services. Cependant il sent parfois qu’il ne doit pas continuer. Il travaille beaucoup en tenant compte de son intuition.

Raphaël se déplace en 4x4 et fait le plein en stations services, mais il envisage l’utilisation de carburant alternatif.
Bien qu’ayant 61 ans, il jouit d’une très bonne santé. En 30 ans, il n’a jamais rendu visite à un médecin, ni pris de médicaments. Selon lui, il doit sa très bonne santé à son alimentation macrobiotique basée sur le Yin et le Yang, végétarienne, sans lait, rarement des œufs et du poisson, ainsi qu’à la pratique du Taï Chi et de la méditation.

Il n’a renoncé à rien, il dit plutôt avoir transcendé certaines choses. Quand il n’a plus besoin d’une chose, il la laisse ; mais il n’y a pas de renoncement. Il ne pourrait plus vivre en ville, il se sentirait comme un poisson dans un bocal. La nature le «nourrit».
Bien qu’ayant mené et menant toujours certains projets, il insiste bien sur le fait qu’il ne se projette pas dans le futur, il dit vivre pleinement l’instant présent.

Propos recueillis par Yoananda

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depuis le 18/09/03
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