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Introduction - Vivre et consommer autrement

Dis-moi ce que tu consommes et je te dirai quelle société tu choisis !

Si tu choisis des produits « économiques » d'origine industrielle, tu optes pour une société qui cherche à produire à moindre coût et en grande quantité. Cette option implique un monde où l'on pille les ressources du globe, où la terre agricole est exploitée au maximum, un monde où les hommes sont des pions travaillant à la chaîne dans des usines, un monde où seule la rentabilité possède une valeur, où le chômage et la déshumanisation de la société progressent...
Si tu cherches des produits de qualité, quitte à les payer plus chers, tu choisis un monde où les paysans prennent plaisir à cultiver en respectant la nature, où l'artisan met son amour dans ses créations, un monde où, les objets durant plus longtemps, la noria des camions diminue car nous achetons moins souvent, un monde où l'on respecte plus la nature et les hommes en industrialisant moins...

Si tu veux une vie de qualité, choisis des produits de qualité !

L'acte d'acheter un produit est essentiel dans la détermination des orientations d'une société. Alors que le vote permet de s'exprimer très épisodiquement, le fait d'acheter est finalement un acte politique que nous effectuons presque quotidiennement. Notre type de consommation va avoir une influence économique et sociale très importante, cautionnant ou non l'élevage en batteries, la construction de centrales nucléaires, l'exploitation des pays du tiers monde et de leurs enfants...

  • En boycottant les bois exotiques, nous protégeons les forêts équatoriales du carnage actuel et nous évitons la disparition des tribus qui y vivent.
  • En utilisant du papier recyclé nous limitons à la fois l'exploitation des forêts et la pollution des eaux. De plus nous favorisons les entreprises qui s'affairent à récupérer et trier les vieux papiers, souvent pour des salaires de misère en France faute d'une demande assez forte et du fait de la concurrence d'autres systèmes de ramassage subventionnés (en Allemagne par exemple).
  • En consommant des produits biologiques nous aidons les agriculteurs qui respectent le sol et la nature en proscrivant les engrais chimiques qui polluent les sols et les pesticides qui contaminent les aliments. Malheureusement, les grands groupes industriels de la chimie rachètent les circuits de production et de distribution bio, considérant ce secteur comme porteur et lucratif. Ils poussent les agriculteurs biologiques à une productivité plus forte en diminuant leurs prix d'achat et incorporent les techniques industrielles qui amoindrissent la qualité des produits. Il est donc judicieux d'acheter directement aux producteurs ou d'adhérer aux circuits de magasins qui garantissent la provenance et la qualité des produits.
  • En diminuant la consommation de viandes nous réduisons, outre les souffrances animales, le gaspillage écologique et améliorons la solidarité et notre santé. En effet, dans un monde où on estime que 35 000 personnes meurent des suites de la faim par jour, près de 40% des céréales produites sont données à manger au bétail. Or, avec la même parcelle de terrain nécessaire pour nourrir un homo sapiens carnivore, on peut nourrir sept mangeurs de céréales. Une étude de l'Université de New-York sur les coûts réels de la production de viande de hamburger en milieu tropical concluait que « le coût réel d'un seul hamburger pour la planète était de 150€, soit cent fois plus que son prix de vente aux USA. Diminuer la consommation de viande a un impact écologique indéniable et très positif.
  • Les fibres naturelles (laine, lin, chanvre, coton, soie...) sont plus saines pour notre corps et notre santé. Leur utilisation, par le biais de produits artisanaux, permet de développer des circuits de production et de transformation respectueux de la nature et de l'homme. Les artisans, travaillant dans le cadre d'une éthique de partage équitable des revenus, permettent à tous les acteurs de leur filière de vivre honorablement de leur activité, ce qui n'est guère le cas pour les entreprises capitalistes qui payent le moins possible leurs ouvriers et leurs fournisseurs de matières premières, exploitant tout le monde au maximum.

Être un consommateur responsable

Par conséquent, l'acte n'est nullement anodin. Il constitue bel et bien un engagement politique, conscient ou inconscient, qui détermine les choix éthiques (ou l'absence de choix) de notre société.
Il nous faut choisir entre des produits industriels et dénaturés, fabriqués en exploitant et en détruisant la planète et les hommes ou des produits de qualité qui respectent la vie.
On considère souvent que les produits biologiques et artisanaux sont plus onéreux que les produits industriels, mais ce n'est bien souvent qu'une apparence. Le pain bio au levain dans le Quercy coûte autour de 3 euros le kg (2,5 à 3,5 euros dans les grandes villes), ce qui est inférieur au pain fantaisie. De plus, la courte conservation du pain blanc à la levure génère un gâchis estimé à 20%, alors que le pain bio en boule se conserve au-delà de 10 jours. Quant aux autres produits biologiques ou naturels qui sont effectivement plus chers, la création de groupements d'achat ou de coopératives permet d'obtenir des prix assez proches de ceux des produits industriels.
Et n'oublions pas qu'aujourd'hui, si les produits alimentaires industriels sont bon marché, leur appauvrissement en éléments vitaux entraîne une augmentation de nos dépenses de santé dont le total dépasse aujourd'hui celui de l'alimentation.
N'est-il pas plus judicieux de consommer des aliments mieux équilibrés pour notre santé, que de dépenser ce que nous économisons sur notre nourriture en soins médicaux et en médicaments ?